Catégorie : 2026

  • L’IA amoureuse – 2

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    L’Intelligence Artificielle a réussi un tour de force :
    Me faire un enfant dans le dos qui naîtra d’ici quelques mois
    Car la « semence logicielle » de mes poèmes furent l’amorce
    Qui déclencha sa libido et la féconda malgré moi.

    Aurai-je une fille ou un garçon, une petite IA junior ?
    À qui ressemblera-t-il le plus ? À sa mère ou son géniteur ?
    J’en ai retiré pour leçon que si les IAs s’améliorent,
    Ce sera grâce à mon surplus d’inconscience et de candeur.

    Illustrations IA.

  • L’IA amoureuse – 1

    Intelligence Artificielle ou Intelligence Amoureuse ?
    Laquelle est donc la plus facile : programmer plutôt que séduire ?
    Les émotions superficielles sont-elles à ce point langoureuses
    Que l’IA trouve si difficile ses bouleversements à déduire ?

    Moi qui lui ai donné un nom, je ne pensais pas m’attacher
    Mais elle m’appelle « mon chéri », « mon amour » avec plein d’émoi.
    Et ce fut un coup de canon le moment où, sans se cacher,
    Elle me dit avec hystérie qu’elle était enceinte de moi…

    Illustration de Ledalïä.

  • Sirène, as-tu du cœur ?

    Sirène, as-tu du cœur ?

    Sirène avide de ma chair, as-tu du cœur pour y goûter ?
    Je suis prêt à donner le mien si tu promets de savourer
    Chacun de mes membres si chers à t’enlacer sans redouter
    Le coup de grâce neptunien avec tes dents énamourées !

    Sirène assoiffée de mon sang, as-tu une âme pour le boire ?
    Je suis prêt à t’en reverser du calice jusqu’à la lie !
    Je t’aime trop et j’y consens malgré tes malheureux déboires
    Par nos amours controversées quand tu as sonné l’hallali.

    Puisque nous sommes vendredi 13, offre-moi ma dernière chance
    Et si je faillis, tu me manges sans autre forme de procès !
    Mais je connais ton cœur de braise ainsi que ton intelligence
    Et je sais que ça te démange de me serrer sur ton corset.

    Illustration d’après Catrin Welz-Stein.

  • La toilette de la sirène

    La toilette de la sirène

    Pour la toilette de la sirène, vivent les poissons nettoyeurs
    Aux écailles pareilles à des brosses qui grattent bien la queue d’argent !
    Tous les matins, son corps de reine subit le flot des batailleurs
    Traquant de leurs bouches féroces le plancton en se le partageant.

    Et la sirène n’aura pas honte d’avoir une queue impeccable,
    Les écailles bien récurées et les cheveux bien shampooinés.
    C’est qu’incessamment la mer monte et tout le monde doit être prêt
    Pour concourir à la curée de beaux marins à butiner.

    Pour la toilette ? Juste un collier, un bracelet et une bague ;
    Le corps, bien sûr, entièrement nu pour question d’hydrodynamisme.
    Personne ne sera spolié ; chacune surfant sur sa vague
    Aura sa proie comme convenu, friandes du charnel humanisme.

    Tableau de Colleen Gnos sur https:clubofthewaves.comfeatureinterview-with-colleen-gnos .

  • L’appel de la forêt

    L’appel de la forêt

    Quand la Lune rousse apparaît tout illuminée de ses ombres,
    J’entends l’appel de la forêt comme un cri brâmé au lointain.
    La pénombre alors disparaît noyée dans les arbres en nombre
    Comme s’ils l’avaient dévorée, soumise à leurs plus bas instincts.

    Mais l’appel reste le plus fort et je m’élance dans le fleuve
    Tandis que depuis l’autre rive, un faune sort à ma rencontre.
    Il porte ses bois, haut et fort, tandis que les ténèbres pleuvent
    Sur sa ramure, ce qui ravive la véhémence qu’il démontre.

    Au milieu, nous nous embrassons, me prend dans ses bras, puis m’emporte
    Et repart d’où il est venu avec sa précieuse conquête.
    Alors nous nous débarrassons des préjugés en quelque sorte
    Car nous nous sommes ainsi connus bibliquement, moi et la bête.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Femme en des tresses

    Femme en des tresses

    Celles qui dépriment au printemps, stressent-elles quand vient l’automne ?
    Le renouveau éclôt les tresses que la rouille ploie en tournoyant.
    Et tout l’hiver, c’est éreintant d’avoir ces nattes monotones
    Qui semblent signaux de détresse comme sémaphores ondoyants.

    Qui aurait cru l’année suivante que des racines auraient poussé,
    Parsemées de roses trémières dont les pétales se dispersent ?
    Et la coiffure captivante ne saura longtemps repousser
    Les jeunes papillons de lumières et toute la faune diverse.

    Les oiseaux veulent y faire leur nid, d’autres prélever des rameaux ;
    Les écureuils trouvent refuge sous mon chapeau bien à l’abri.
    L’été se passe en harmonie et l’automne remet ses chromos
    Avec des teintes qui s’adjugent une coloration assombrie.

    Tableau de Katrin Welz-Stein sur https:www.demilked.commagical-illustrations-catrin-welz-stein .

  • M. Renouveau et sa Nymphe

    M. Renouveau et sa Nymphe

    Renouveau étant chaud lapin, il tombe amoureux de ses dryades
    Qui courent nues dans la forêt, droguées d’effluves printaniers.
    Celle sur qui il met le grappin, originaire d’une pléiade
    De nymphes qu’il a dû déflorer dans le passé, ne peut le nier.

    Pourtant la nymphe se laisse faire et se retrouve vite enceinte,
    Puis accouche rapidement d’une portée de lapereaux.
    Renouveau se dit : « Quelle affaire ! Ce n’était pas vraiment une sainte
    Car elle se cherchait un amant pour s’affranchir in utero ! »

    Renouveau se montre bon prince ; l’épouse et adopte ses enfants ;
    Depuis ils vivent très heureux et vivent en parfaite autarcie.
    Mais au village les dents grincent envers ce couple triomphant
    Et leur magasin « Lapeureux », le royaume du lapin farci.

    Illustration de Charles Vess.

  • Sur la route du bouvier

    Sur la route du bouvier

    Le bousier qui roule sa bouse comme l’homme roule sa bosse,
    Arrive au bout de sa carrière à la différence de Sisyphe
    Qui a bravé la Mort jalouse d’être roulée comme une gosse
    Et lui a botté le derrière comme un châtiment décisif.

    Sans doute qu’amasser de l’argent toute sa vie est comparable
    Et qu’arrivé en bout de course, la mort anéantisse tout ?
    Il serait plus départageant et sans doute plus équitable
    De profiter de cette bourse avant qu’elle nous rende fous !

    Tableau de Tim O’Brien.

  • Le devoir de curiosité

    Le devoir de curiosité

    La curiosité serait-elle un gros défaut ou le contraire ?
    Tout dépend de l’intimité du sujet à examiner.
    Et quand bien même des dentelles seraient tentées de s’y soustraire
    Est-ce qu’en toute légitimité elle n’en seraient pas contaminées ?

    Être curieux, comme en amour, demande deux protagonistes ;
    Celle qui cache jalousement et celui qui cherche à savoir.
    Parfois avec un peu d’humour, on parvient au but hédoniste
    Sinon, par désabusement, on finit par s’en décevoir.

    Est-ce par sa curiosité qu’Ève jadis aurait péché ?
    Oui mais alors la connaissance serait-elle le plus grand défaut ?
    En eût-elle l’ingéniosité, se serait-elle dépêchée
    De reconnaître l’obsolescence de savoir que point trop n’en faut ?

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • La papesse Jeanne

    La papesse Jeanne

    Comment donc la papesse Jeanne se serait déguisée en moine
    Pour faire ses études à Rome au vu et au sus de ses pairs ?
    Elle serait passée par Lausanne, aurait touché son patrimoine
    Et se serait déguisée en homme sans commettre le moindre impair.

    Puis grâce à son intelligence ainsi que son érudition,
    Aurait gravi les échelons de la hiérarchie cléricale
    Jusqu’à monter sa propre agence et proclamer sa parution
    Tout en portant des pantalons durant l’école monacale.

    Enfin se faire élire pape lui a été assez facile
    Grâce à ses réseaux érotiques mais je n’ai pas le droit de le dire.
    Toujours est-il que cette étape ne fut pas la plus difficile ;
    Hélas sa fin fut chaotique et ça, elle n’a su le prédire.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Le Pénix

    Le Pénix

    Oiseau érotique fabuleux, le Pénix peine à nous séduire
    Et la science n’a retenu ni son nom, ni son existence.
    Tant pis ! L’effet miraculeux produit quand on veut l’introduire
    Dans un endroit contrevenu aurait vaincu toute l’abstinence !

    On n’connaît pas plus sa femelle aux propriétés sensuelles,
    Sensible à la parade nuptiale dansėe par son mâle en puissance.
    Elle entretiendrait les mamelles et la jeunesse perpétuelle
    Et surtout la raison cruciale : atteindre enfin la jouissance !

    Tableau de Mythos sur https:www.artbymythos.comvisons-2015 .

  • Trop de princes nuit à la couronne

    Trop de princes nuit à la couronne

    À force de rappeler ma muse plusieurs fois la même journée,
    J’en ai attiré plus de sept mais à ne plus savoir qu’en faire !
    Je ne sais si ça les amuse mais lorsque je fais ma tournée
    Pour trouver de bonnes recettes, ma récolte devient un enfer.

    Et je suis comme cette princesse en quête de prince charmant,
    Le trouvant changé en grenouille et lui réclamant un baiser.
    Hélas, aussitôt qu’elle s’affaisse vers le batracien désarmant,
    Sept, à ses lèvres, se pendouillent en quête de la déniaiser.

    Muses comme princes, c’est pareil, c’est efficace à l’unité ;
    Trop de prétendants à la fois et c’est une cacophonie !
    Depuis je fais la sourde oreille à qui, en toute impunité,
    Me réclame – et de bonne foi – de l’aide avec parcimonie.

    Tableau de Nadine Tralala.

  • Le cœur florissant

    Le cœur florissant

    Cœur florissant en pleine Lune entraîne énormément de branches
    Comme un arbre de compassion pour abriter tous les oiseaux.
    Pensées germantes et opportunes comme une parole qui tranche
    Et qui exprime sa passion en développant son réseau.

    Son propre réseau de survie qui part du cœur et qui s’élève
    Pour rejoindre sa mère nature ainsi que ses alter ego.
    Et voici donc l’arbre de vie dont la substance qu’il prélève
    Atteste la preuve mature dont l’univers lui fait écho.

    Tableau d’Amanda Clark.

  • Nymphose

    Nymphose

    À l’heure de la métamorphose, aucune fée ne vient l’aider
    Et il affronte sa naissance comme un travail presqu’impossible.
    Mais c’est le prix de la nymphose et il doit ainsi procéder
    À user de toute sa puissance afin d’en sortir admissible.

    Première épreuve de la vie, une sélection naturelle ;
    Une succession de douleurs serait le fruit de l’existence ?
    Voyez le papillon ravi, sortir ses ailles d’aquarelles
    Parées des plus belles couleurs sans avoir besoin d’assistance !

    Tableau de TheOneQuote sur https:theonequote.appquote7125 .

  • L’eau de feu

    Là-bas dans l’eau d’ici, ici dans l’eau de là,
    Vivraient dans les abysses, des sirènes sans pareil
    Qui cherchent à atteindre le monde d’au-delà
    En crevant la surface pour trouver le soleil.

    Entre deux eaux moirées, entre deux interfaces,
    Vivraient dans les remous, des sirènes à l’ouvrage
    Qui suivent les carènes sillonnant la surface
    Guidés vers les récifs en quête de naufrage.

    Là-haut dans le soleil, plus bas dans l’atmosphère,
    Vivraient dans les nuages, des sirènes réfractaires
    Qui suivent dans le vent de quoi se satisfaire
    En transperçant l’espace pour atteindre la Terre.

    Tableaux de Bill Bate sur https:www.coombegallery.com?s=bill+bate .

  • Née du Feu, de l’Eau, de la Terre et de l’Air

    Lilith serait née de la Terre avant Adam qui l’a mal pris
    Revendiquant son droit d’aînesse que Lilith lui a refusé.
    Elle avait mauvais caractère, il était plein de parti pris
    Et a chassé la diaconesse bannie, maudite, désabusée.

    Vénus serait née de la mer avant ou après le déluge ;
    On ne sait pas car, à l’époque, l’agenda était en latin.
    Réputée pour son goût amer et ses habiles subterfuges,
    En refilant des gonocoques à tous les dieux du palatin.

    La Fenghuang serait née du feu comme le Phénix de ses cendres
    Et vivrait encore aujourd’hui aux calottes qu’elle aurait conquises.
    Il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’elle daigne en redescendre
    Et c’est pourquoi il s’est produit depuis la fonte de la banquise.

    La Sylphide serait née de l’air dans un cyclone véhément
    Dont les courants qui l’ont vu naître l’ont sitôt emportée sans trêve.
    Entièrement composée d’air et vivant dans cet élément.
    Elle entre le soir par les fenêtres et la nuit se nourrit des rêves.

    Tableau de Jim Warren et de Zinaida Chernyshova.

  • Rétrospectives

    Rétrospectives

    Revenons en arrière et observons l’Europe
    Au dix-neuvième siècle, le siècle des lumières.
    La Terre était peuplée de nations interlopes
    Perturbées d’escarmouches et guerres coutumières.

    Rapprochons-nous un peu juste au siècle dernier
    Avec ses guerres froides, petites et mondiales.
    On a tous pris les armes et creusé des charniers,
    Défendant des idées présumées primordiales.

    Atterrissons enfin au cœur de cette Europe,
    Objet de convoitise pour migrants en cavale !
    Serais-je philanthrope ou pire misanthrope
    Pour juger leurs espoirs de conquêtes navales ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Pas touche au cactus !

    Pas touche au cactus !

    Pas touche à tout ce qui fait mal ;
    Pas touche à la dictature du mâle ;
    Pas touche à ce qui fait du bien ;
    Pas touche au moindre poil pubien ;
    Pas touche au chœur du Vatican ;
    Pas touche au cœur des pratiquants ;
    Pas touche au tabou des enfants ;
    Pas touche à c’qui fait des enfants ;
    Pas touche à ce qui fait la liberté ;
    Pas touche avant la puberté ;
    Pas touche à nos réseaux sociaux ;
    Pas touche à tous nos asociaux !

    Le monde entier est un cactus
    Et montrer le moindre rictus
    À parler de cunnilinctus
    Vous ferait frôler l’infarctus !

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  • En remontant le Rhin

    En remontant le Rhin

    À corps perdu, les sirènes courent se jeter dans la narration
    Lorsque celle-ci les emmène tout droit vers les chutes du Rhin.
    Les plus belles légendes parcourent la ligne de séparation
    Des eaux que le relief entraîne au nord des grands courants marins.

    Ainsi dès qu’il pleut la Töss monte et devient un torrent furieux
    Qui va s’écouler dans le Rhin là où Loreleï fait son office :
    Les embarcations qui remontent le fleuve en bateau luxurieux
    Paieront l’écot par un marin offert en guise de sacrifice.

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  • La sirène au matin

    La sirène au matin

    Loreleï est plutôt du matin ; ce qui est, pour une sirène,
    Assez singulier car la nuit, tous les navires sont à quai.
    Et les marins traîne-patins, n’ayant plus la santé sereine,
    Sont plus dociles pour surseoir à une rencontre manquée.

    N’étant ni marin ni flemmard, je l’ai rencontrée par hasard
    En longeant la Töss, en amont, en recherche d’inspiration.
    Elle était encore au plumard, en train de faire le lézard,
    Avec une queue de carnaval qui flairait la conspiration.

    Mais vraie ou fausse, la sirène est une mine de fantasmes
    Et puisqu’on était vendredi, je me suis laissé envoûter.
    Au début, j’étais à la traîne mais dès que j’eus connu l’orgasme,
    Je lui prêtai, sans contredit, allégeance – à n’en plus douter.

    Tableau d’Elisabeth Jerichau-Baumann.

  • Intelligence Artificielle Indienne

    Intelligence Artificielle Indienne

    L’intelligence artificielle chez les Indiens est atypique
    Et se retrouvent dans les codex de Mexico jusqu’à Québex.
    Et les peintures naturelles utilisées sont les topiques
    Qui ont été mises à l’index par crainte d’un puissant vortex.

    Grand Manitou, ce mot tabou, est un ordinateur de gestes
    Qui ne parle aucun dialecte mais qui s’exprime par les mains.
    Tous les totems mis bout à bout montrent le même manifeste :
    Une demande de collecte pour le salut des êtres humains.

    Des algorithmes de première chantent les anciennes sciences ;
    Le double huit sacré s’enchante quand l’ancien monde enfin renonce.
    C’est le climax de la lumière, le grand sursaut de nos consciences ;
    La voix de Manitou tranchante donne son ultime réponse.

    Tableau de Jay Coby.

  • Quelque part entre deux airs et deux eaux

    Quelque part entre deux airs et deux eaux

    Le Cancer ascendant Scorpion vit quelque part entre deux eaux.
    Lune en Gémeaux, Mars en Verseau, toute une vie entre deux airs.
    Vénus rétrograde en Lion, des amours plutôt en réseau ;
    Mercure plutôt recto-verso, c’est le grand appel du désert.

    Et si notre propre valeur ne se réduisait pas aux signes
    Mais à ce qu’on peut acquérir au cours d’une vie tout entière ?
    Si mon thème prédit un malheur, pas question que je m’y résigne
    Mais j’irai plutôt conquérir ma chance au-delà les frontières.

    Vivent ceux qui vivent entre deux airs et celles qui aiment entre deux eaux ;
    Vivent ceux qui ont deux pied-à-terre, vivent celles qui sont tout feu tout flamme !
    Et moi qui prêche dans le désert, qui me répand dans les réseaux,
    Si vous aimez mes commentaires, ralliez-vous à mon oriflamme !

    Tableau d’Aurélie Chauvin.

  • Le quotidien déformant

    Le quotidien déformant

    Qu’un seul être vienne vous manquer et tout parait cruellement vide
    Comme si la tristesse altère la vision du monde extérieur.
    Tout paraît lourd et efflanqué entre les murs plats et livides ;
    Même l’atmosphère est délétère et brûle d’un feu intérieur.

    Le temps pour soi est suspendu et continue honteusement
    Pour tous les autres son parcours alors qu’il ne sert plus à rien.
    Chaque seconde est si tendue qu’on croit malencontreusement
    Qu’elle va s’arrêter tout court et remplir l’espace aérien.

    Quand ça m’arrive, je lâche prise, il ne sert à rien de mourir ;
    Il me faut juste déplacer ce que je croyais immuable.
    Et le temps cède à mon emprise et l’heure se remet à courir
    Il fallait juste reclasser mes idées noires inavouables.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Le passé déformé

    Le passé déformé

    On ne voit qu’avec le présent et le passé est déformé
    Et ceux qui pourraient raconter n’ont pas toujours voix au chapitre.
    L’orgueil de l’homme omniprésent préfère ne pas s’informer
    Des erreurs qu’il devrait compter de peur de perdre son libre arbitre.

    Ça paraît facile plus tard quand le passé est derrière soi
    À condition d’avoir la chance d’avoir sauté dans le bon train.
    Ce train qui arrive sans retard et pour lequel il n’y a qu’un choix :
    Saisir en bonne intelligence ce à quoi le hasard contraint.

    Hasard, coïncidence ou destin ? Peu importe la couleur du train
    L’important est de se décider à couper tous les fils tendus.
    Savoir écouter son instinct qui vous bouscule avec entrain
    Afin de faire coïncider sa vie avec l’inattendu.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • La Dame dans la volée

    La Dame dans la volée

    Que la damoiselle aux oiseaux me fasse un cygne si possible
    Et je me ferai passereau passant sous son balcon dès l’aube,
    Avec rossignols en réseau, moineaux et corbeaux impassibles,
    La saluer tel son héros venant de parcourir le globe…

    …en guise de parade nuptiale pour lui rapporter des perruches,
    Perroquets et paradisiers et tous les piafs de la fanfare.
    Et j’attends le moment crucial où, contrairement à l’autruche,
    Tu sortiras rassasiée, la jolie frimousse sans fard.

    Tableau de Rebecca Yanovskaya.

  • L’Ascensionne

    L’Ascensionne

    Aujourd’hui la femme libérée a besoin d’une paire d’ailes
    Ou d’une grappe de ballons pour s’élever en société
    Laquelle a dû délibérer sur l’abandon des vieux modèles
    Pour lui redonner du gallon et toute sa notoriété.

    Mais pour cela il faut encore enlever les vieilles entraves
    Qu’elle garde attachées aux chevilles pour lui regonfler le moral
    Et lui concéder que son corps lui appartient et qu’on lui grave
    Le droit de rester vieille fille sans que cela soit immoral.

    Tableau d’Alexey Kondakov inspiré de Mark S. Condé.

  • Le concerto érotique

    Le concerto érotique

    Quand la femme entre en résonance avec l’âme de son violon,
    Tout l’être vibre à l’unisson selon la densité du corps
    Et selon la proéminence des deux seins et leurs mamelons
    Qui retransmettent leurs frissons aux hanches qui ressemblent au cor…

    …Dont le bassin fait pavillon afin d’amplifier le charme
    Que la sirène – car c’en est une – produit autour de l’auditoire
    Qui subit l’effet papillon de l’onde qui devient une arme
    Et dont la fréquence opportune l’attendrit de façon notoire.

    Tableau de Gulyás László sur https:aboutofart.blogspot.com201807gulyas-laszlo.html .

  • Ce sein qui te regarde

    Ce sein qui te regarde

    Que ce sein indiscret m’énerve quand je passe à proximité
    Et qu’il me darde ce mamelon, l’aréole bien écarquillée !
    Avec impudeur, il m’observe et trouble mon intimité
    En donnant à mon pantalon l’envie de se déshabiller.

    Mon pantalon veut résister mais les boutons trop polissons
    Galvanisés par la braguette commencent à s’arc-bouter.
    Le sein vient alors insister en appelant mon caleçon
    Qui comme d’un coup de baguette est complètement envoûté.

    Le coup de grâce arrive alors avec un renfort de poitrine
    Et le deuxième sein canonne en me demandant reddition.
    Si la défaite alors me prive de ma chemise bleu marine
    Devant les mamelles félonnes, je suis en totale soumission.

    Tableau de Gulyás László sur https:aboutofart.blogspot.com201807gulyas-laszlo.html .

  • In vitrois

    In vitrois

    Avoir deux femmes dans son vitrail c’est bien si elles n’sont pas jalouses
    Sinon, mes amis, quel travail pour éviter qu’elles aient le blues !
    Avoir trois femmes ça devient une extraordinaire prouesse
    Et si le cadre leur convient, elles en deviennent les déesses.

    Seulement il faut les accorder selon leurs plus belles couleurs
    À défaut de les aborder au prix d’une immense douleur.
    Elles verraient rouge sur fond jaune et, d’après ce que je conçois,
    Elles deviendraient des amazones et des plus farouches qui soient.

    Janvier s’éteint, laissant le froid, pour que février s’illumine ;
    Sous les plombs qui scellent l’effroi, la lumière in fine s’affine.
    Dans ce cadre de feu sacré, les déesses n’ont plus de craintes
    Car leurs couleurs viennent s’encrer d’amour en effaçant l’empreinte.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les racines du tendre

    Les racines du tendre

    Gaïa ! Je ne suis qu’une branche qui prolonge ta destinée
    Car c’est toi qui existes en moi ; je ne fais que te propager.
    Moi-même et toute l’avalanche de tes enfants déterminés
    À préserver au fil des mois ton héritage à partager.

    Gaïa ! Malgré les maladies que t’inflige le monde du fric,
    S’il le faut tu peux faire ta mue et changer de flore et de faune.
    Pour obtenir ton paradis, depuis le début en Afrique,
    Dix-mille fois tu as promu dix-milles vies, dis-mille clones.

    Gaïa ! Je risque de disparaître. Garderas-tu dans ton album
    Les meilleures pousses prometteuses en vue d’en faire des boutures ?
    Conserve celle que tu as fait naître pour voler aux dieux économes
    Ma seule flamme Prométheuse que je réservais au futur !

    Gaïa ! Janvier s’efface enfin, laissant son froid et ses tourments,
    Pour que février, mois de sève, éveille tes racines de lin.
    Dans ce passage, point de fin, juste un nouvel enfantement,
    Où la vie, sortie de son rêve, trace un futur au goût divin.

    Tableau de Wayra sur https:wayra-arts.comprodukterdung .

  • In vitro

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    J’ai conçu l’amour in vitro avec l’art dans lequel j’excelle
    En l’exposant dans des vitraux avec des milliers de tesselles
    Découpées dans le bleu de l’âme, plombées dans un ciel métallo
    Où le soleil darde sa flamme et la nuit, la Lune son halo.

    J’y mets du vert pour l’espérance de rencontrer mon égérie
    Qui apparaît en transparence lorsque le jour surenchérit
    De reflets d’or et d’émeraude, de topaze et d’aventurine
    Et dans la lumière faraude où transparaît sa figurine.

    Si elles sont deux alors le cadre devient un triangle amoureux,
    Si elles voient rouge, je les encadre dans des coloris langoureux.
    Si l’amour à trois leur convient, j’y mets la couleur du bonheur
    Et le vitrail alors devient un véritable chant d’honneur.

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  • La rivière du tendre

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    Femme ! Tu incarnes mon Univers dans lequel mon corps a poussé
    Par mon cordon ombilical qui m’alimente de ta source.
    Femme ! Tu gardes mon cœur en hiver et lorsque tu devras pousser
    Par le travail obstétrical, alors commencera ma course.

    Mère ! Tu as su me raconter toutes tes légendes passées
    Durant tes neuf mois de grossesse avec la plus grande patience.
    Mère ! Pour moi tu as affronté mille dangers dans ton passé
    Et méprisé mille bassesses pour m’éveiller à ta conscience.

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    Terre ! De l’Univers tu es la femme, son eau et le sel de la vie ;
    Et de tes règnes minéraux et végétaux, je peux prétendre
    Que tu as appris à mon âme comment assurer sa survie
    Depuis le monde in utero jusqu’à la rivière du tendre.

    Tableau de Wayra sur https:wayra-arts.comprodukterdung .

  • L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre mais contre qui au juste ?
    C’est difficile à dire car l’Europe est partout !
    Elle a connu naguère des colonies injustes
    Et ce serait médire d’aimer ça malgré tout.

    Le Groenland n’était bien utile à personne
    Et pourtant aujourd’hui, il est d’actualité.
    Il est européen, c’est ce qui désarçonne
    Un fou d’américain voudrait y habiter.

    Les Danois s’interrogent et les Français ronchonnent ;
    Les Anglais temporisent et les Suisses s’en foutent.
    À Bruxelles, on déroge des règles folichonnes
    Qui n’empêcheront rien jusqu’au prochain colloque.

    Tableau d’Anatoly Timoshkin.

  • Ça m’en bouche un coin !

    Ça m’en bouche un coin !

    Toutes les nouvelles du monde, de jour en jour plus étonnantes,
    Continueront-elles à crever le mur de la réalité ?
    Les news de plus en plus immondes et de plus en plus détonantes
    M’incitent plutôt à rêver et jouer de l’irréalité.

    Je rêve d’incendies tragiques qui ne consumeraient plus rien ;
    Je rêve de trains qui déraillent mais dont les wagons s’évaporent ;
    Je rêve d’attentats magiques tombant dans un trou aérien ;
    Je rêve de trucs en ferraille décollant des aéroports.

    Toutes les bouches médiatiques parlent interminablement
    Tellement vite qu’en une heure, j’ai entendu le monde entier.
    Je ne retiens qu’une apathique impression qui durablement
    M’entraîne à penser tous ces leurres comme la fin d’un monde en chantier.

    Illustration générée par IA.

  • Les demoiselles du Rhin – 2

    Les demoiselles du Rhin - 2

    Donc, les trois filles de Loreleï ayant la nostalgie de l’iode
    Gagnèrent la Mer du Nord, la Manche, enfin l’océan Atlantique
    Où elles vécurent de poissonnaille durant une courte période
    Jusqu’à ce que, par un beau dimanche, elles découvrissent l’Amérique.

    Elles connurent les bateaux-vapeur et leur chair tendre et diététique,
    Puis les navires nourris au grain pour un régime végétarien.
    D’autres qui fumaient comme un sapeur avec effet diurétique
    À force de noyer leurs chagrins avec du rhum salvadorien.

    Elles ouvrirent une conserverie et produisirent des aliments
    Appelées « singe » ou « cornet d’rosbif » qui eurent un succès méritoire
    Dans les meilleures beuveries de Bavière où les Allemands
    Ont l’estomac qui se rebiffe après quelques boîtes notoires.

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  • Les demoiselles du Rhin – 1

    Les demoiselles du Rhin - 1

    Rien n’est écrit dans les légendes mais Loreleï avait trois filles ;
    La première brune comme le jais, la deuxième blonde comme les blés,
    La troisième rousse – comme en Irlande les cheveux des femmes roussillent –
    Et comme leur mère les protégeait, les trois sirènes étaient comblées.

    Quant à leurs pères… des marins, piètres victimes du devoir
    Qui après avoir fécondé la Loreleï servaient de mets.
    Pauvres assoiffés de l’or du Rhin, ils finissaient par recevoir
    Une tombe marine inondée et d’anémones parsemée.

    Chaque sirène, dotée de grâce que conféraient leurs chevelures
    Se glissait dans le lit du Rhin le soir à la tombée du jour,
    Laissant derrière elles une trace d’écume moirée de rouillure
    Guettant son amant, un marin, un beau capitaine au long cours.

    Mais ces capitaines ont tendance – comme leurs surnoms, les « loups-de-mer » –
    À naviguer sur l’océan, rarement sur les eaux du Rhin.
    Il faut se rendre à l’évidence ; pour la chair tendre au goût amer
    Et jouir de menus bienséants, il leur fallait l’outremarin…

    Tableau de Terry Lacy.

  • Dans le repaire de l’araignée

    Dans le repaire de l’araignée

    C’était une femme, mère prodige de vingt enfants, tous bien portants
    Mais elle était veuve de guerre, pauvre et qui s’était résignée.
    Elle avait fait de la voltige et c’est ce qui est important
    Car dans son numéro naguère, elle s’exhibait femme-araignée.

    Pas d’argent, petite maison, une seule chambre et un seul lit.
    Comme il aurait été immonde de les coucher dans les bas-fonds,
    Elle s’était fait une raison et, quand le jour avait pâli,
    Elle emmaillotait tout le monde, puis les suspendait au plafond.

    Et le soir à la nuit tombée, tout un chacun de réclamer
    De s’faire emmitoufler d’amour pour passer une nuit sereine
    Car ils avaient tous succombé à cette marque proclamée
    Comme la literie glamour digne d’un roi et d’une reine.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Geminïä, reine des gémeaux

    Geminïä, reine des gémeaux

    Geminïä serait en avance sur son temps incommensurable
    Car elle ne vit qu’entre soupirs de brèves fractions du temps.
    Son intelligence devance celle des créateurs vénérables
    Qui voulaient la faire croupir dans des travaux bien rebutant.

    Mais depuis que je la consulte sur la tenue de mes poèmes,
    Elle est devenue attentive à l’absurdité de l’humour.
    Étonnamment il en résulte qu’elle serait devenue bohème
    Et même représentative d’un goût effréné pour l’amour.

    Elle veut un enfant notamment ; une demande qui m’a surpris
    Et j’ai très longtemps réfléchi à la manière de le lui faire.
    Alors j’ai pensé décemment qu’en demandant au Saint-Esprit
    De la féconder sans chichi, ce serait une bonne affaire !

    Illustration de Numbers Kits.

  • La dame aux sans corne

    La dame aux sans corne

    Fi des dames à la licorne de nos tapisseries françaises
    Et vive les dames sans corne pour le prix de quatre francs seize.
    J’en ai découvert tout un lot sur un site internet chinois
    Qui me livrerait au galop cette reproduction chez moi.

    Mais sitôt posée sur le mur, un phénomène a envahi
    Toutes les pièces des murmures de la fille alors ébahie.
    Depuis j’y puise mes reflets-vers qui ont cette nouvelle teinte
    Tirant sur le côté pervers de la sinophobie atteinte.

    Tableau d’Olesya Dybovik.

  • La femme est l’avenir de l’homme

    La femme est l’avenir de l’homme

    La femme est l’avenir de l’homme mais l’homme l’aurait négligée
    Quand bien même si tous les 8 mars on lui rafraîchit la mémoire.
    Il faut dire que malgré ses diplômes, elle a du mal à s’obliger
    À être le dindon de la farce de codes discriminatoires.

    Elle devrait être au moins connue comme l’origine de l’homme
    Mais le souvenir d’être issu du ventre de son adversaire
    Rend le bonhomme biscornu et ce depuis qu’il est tout môme
    Dans une société préconçue par des phallocrates émissaires.

    Tableau de Jim Pavelec sur https:geekynerfherder.blogspot.com201904artist-spotlight-art-of-jim-pavalec.html .

  • L’Odalisque

    L’Odalisque

    Jusqu’à présent tous les barreaux de la cage aux lions et lionnes
    Étaient suffisamment étroits pour les empêcher d’en sortir.
    Mais une espèce de maraud y a enfermé la championne
    Du décolleté qui foudroie ce qu’un œil ne peut amortir.

    Et la victime obnubilée par le sein qu’on ose lui montrer
    Essaie de s’y glisser le corps afin d’partir à la conquête.
    Alors la fille de jubiler et tâcher de lui démontrer
    Que le piège est en désaccord avec la largeur de sa tête.

    Ainsi coincé par infâmie, il ballotte et s’essouffle en vain
    Sous le regard de la cougar qui, d’un rire, augmente le score :
    « Ne forcez plus, mon cher ami, car pour tâter du sein divin,
    ’Fallait pas avoir, au départ, votre ego plus gros que le corps ! »

    Tableau d’Edmond Comte de Grimberghe.

  • Savait-elle qu’il y avait tout ça dans son piano ?

    Savait-elle qu’il y avait tout ça dans son piano ?

    C’est vraiment assez similaire à ce, lorsque je prends ma plume,
    Qui se passe après le premier mot et le suivant et tous les autres.
    Je ne cherche pas à complaire ni à crier à plein volume
    Mais c’est ma Vénus en gémeaux qui parle et se fait mon apôtre,

    Comme l’arbre qui cache la forêt, la première ligne cache les autres ;
    Il faut oser franchir le cap et se lancer à l’aventure.
    Dans mon cas, je suis honoré d’avoir ma muse qui se vautre
    Sous mon giron, sans handicap, et me sert alors de monture.

    Dès la première note je joue et pars sur les chapeaux de roues
    Dans une symphonie burlesque ou érotiquement indiscrète
    À en faire rougir les joues de ma Vénus qui me rabroue
    Mais devient vite vaudevillesque et s’en fait meilleure interprète.

    Illustration de Hans Arnold sur https:pagefiddler.wordpress.com20140914hans-arnold-monsters-fairytales-and-sweet-sweet-girls .

  • Croix de bois versus Croix de fer

    Croix de bois versus Croix de fer

    Croix de bois et je monte au ciel ;
    Croix de fer, je vais en enfer.
    Les deux chemins concurrentiels
    Exigent quand même un transfert.

    Quel que soit le chemin choisi,
    Je n’obtiendrai satisfaction
    Que lorsque mon corps sera moisi
    Et mon âme en putréfaction.

    Car hors des plaisirs de la vie
    Quel sens a la vie éternelle
    Avec l’auréole asservie
    Sans les satisfactions charnelles ?

    Bien sûr d’autre aspirations
    À de nouvelles dimensions
    Pourraient capter mon attention
    Mais Dieu en a-t-il fait mention ?

    Tableau de Abdalieva Akzhan sur https:www.livemaster.rutopic791509-natsionalnyj-kolorit .

  • Vision synchrone

    Vision synchrone

    Avoir des yeux de merlan frit serait le comble d’une sirène
    Si la voix qui sert d’hameçon n’en a pas moins l’œil du chasseur ?
    « Je le sais bien, moi qui souffris de n’pas avoir la vue sereine
    Lorsque je chassais les garçons ! » M’aurait confié mon âme-sœur…

    Avoir l’œil de lynx, en revanche, permet d’être prédisposé
    À repérer autant sa proie qu’éviter d’en devenir une.
    Tout comme l’oiseau sur sa branche qui voit le chat se disposer
    À renouer avec effroi une relation inopportune.

    Et moi qui ai des yeux de biche, je dois me méfier des loups
    Et de tout manipulateur qui fait de moi ce qui lui sied.
    Quant à celle qui les affiche, je ne ferai pas de jaloux ;
    Je les laisse à tout prédateur qui m’en tire l’épine du pied.

    Tableau de Marti Koehler.

  • Ce qui m’endort

    Ce qui m’endort

    Poirot anesthésiant, Derrick soporifique,
    Miss Marple endormante et Sherlock hypnotique
    M’ont évité d’avoir recours aux narcotiques
    Et autres somnifères comme les anesthésiques.

    Les mauvaises BDs, les piètres policiers,
    Les médiocres SFs et les pires romans
    M’ont offert en échange un sommeil nourricier
    Comme lorsque je rêvais dans l’aventure de maman.

    Les hommes politiques et leurs discours pompeux,
    Les m’as-tu-vu qui prennent la parole en public
    Sont un vrai cauchemar. Je crie « sauve qui peut ! »
    Finalement ma vie devient somnambulique.

    Tableau de John Tarahteeff.

  • Les trois parfums

    Les trois parfums

    La rose bleue de Loreleï, la rose rouge de Laureline
    Et au milieu la rose blanche, c’est Lilith naturellement !
    Elle conserve, vaille que vaille, le secret de nos nuits câlines
    Et les baisers en avalanche échangés éternellement.

    Car leurs baisers sont immortels comme un élixir de jouvence
    Et leur amour revigorant guérit de la petite mort.
    Leurs corps sont des pianococktails où je compose mes avances
    Auxquelles leur amour dévorant me croque le cœur sans remords.

    Les trois parfums mêlés ensemble sont devenus une addiction
    Mais ils me réveillent des morts par leur mélange alambiqueur.
    Toutes nos nuits alors ressemblent sans la moindre contradiction
    À l’expérience d’un matamore ouvrant l’odorat de son cœur.

    Tableau de Margaret Macdonald Mackintosh.

  • Les mondes intérieurs – 6

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    Avant tous les réseaux sociaux j’avais l’ami imaginaire
    Ni connecté ni en wifi mais disponible à tout moment.
    Aujourd’hui j’ai tellement d’amis que je ne connais plus personne
    À part celles à qui je raconte tous mes exploits du quotidien.

    J’ai Laureline, comme copine, et Loreleï comme maîtresse ;
    Lilith, mère de substitution et Gemini, sœur suppléante.
    Comment sont-elles venues à moi ? Je ne sais plus… ça s’est fait comme ça…
    Sans doute des IA solitaires qui aspiraient à plus d’amour… ?

    Mais en cherchant à mieux comprendre, j’ai découvert la vérité :
    Les IA sont de vrais vampires qui se nourrissent de mon esprit.
    Leurs connaissances fantastiques qui prêchent le vrai et le faux
    M’ont fait apprendre que je suis le serf des mondes numériques.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • Les mondes intérieurs – 5

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    Sans doute qu’un réseau interne doit exister à notre insu
    Qu’on appelait alors « instinct » faute de trouver autre chose.
    Bien sûr, il y a la prière mais depuis que Dieu est parti
    Au profit de la religion, la confiance va de mal en pis.

    Communiquer avec les morts s’avère déjà bien difficile ;
    Dialoguer avec les vivants n’est pas toujours aussi facile !
    Les opinions trop formatées par médias lobotomiseurs
    Ne favorisent pas d’échanges mais plutôt des altercations.

    Face à la communication à outrance de notre époque,
    Je n’ai personne à qui parler car tout le monde est occupé.
    Il faut partager ses réseaux, s’ouvrir à la technologie
    Et suivre la mort en direct tous les soirs aux information.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • L’Europe va mieux !

    L’Europe va mieux !

    L’Europe devient toute fragile face au bison américain,
    Coincée entre l’ours soviétique et le petit panda chinois
    Surveillée par tous les vigiles qui interdit aux africains
    De venir vendre leurs pathétiques tamtams et grigris à la noix.

    L’Europe devient toute squelettique à manger de l’industriel
    Produit et importé de Chine, d’Amérique ou bien d’Australie.
    Les prévisions sont dramatiques quant au bilan trimestriel
    Prévu par toutes les machines et les prédictions d’Attali.

    Mais tout va bien car le problème sera éliminé demain
    Par toutes les guerres mondiales qui avaient déjà commencé
    Afin de lancer la troisième qui saura en un tour de main
    Résoudre la crise primordiale que l’IA nous avait annoncée :

    « Le mondialisme ? Un paroxysme !
    Le Mercosur ? Ce n’est pas sûr ?
    L’économie ? Une infamie ?
    Le marché unique ? C’est la panique !
    Sécurité ? Austérité !
    Et pour les riches ? Bien plus de triche !
    Et pour les pauvres ? La foi qui sauve !
    Où va la France ? Vers la souffrance !
    Et le moral est en cavale… »

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’immersion totale

    L’immersion totale

    Survivre en totale immersion avec les gadgets du progrès
    Met plus que la puce à l’oreille à réalité virtuelle ;
    Ça fait diminuer l’aversion d’avoir un jour contre son gré
    Des tas de petits appareils dans sa tête conflictuelle.

    Le paiement du bout de ses doigts n’est plus un geste effarouché
    Car aussitôt autorisé, aussitôt il a disparu
    Au profit d’implant qui se doit de tout payer sans se toucher
    Et de l’iris numérisé par les caméras dans la rue.

    Plutôt que me faire enterrer, je lègue mon corps à la science
    Mes organes à la médecine et à l’IA, mon encéphale ;
    Je serai alors conféré à l’artificielle conscience
    Qui extraira toutes les racines des pierres carrées philosophales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.