Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Le jour où la Terre parlera

    Le jour où la Terre parlera

    Un jour la Terre parlera, un jour elle ouvrira les yeux,
    Un jour elle recrachera les égoistes, les orgueilleux.
    Puis il nous faudra l’écouter car nous serons désintégrés
    De nos corps humains pour goûter un .paradis réintégré.

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  • Le ballet du silence

    Le ballet du silence

    Dessous les nénuphars, les mignonnes gambettes
    Jouent leur ballet dansant tout au fond de l’étang.
    À l’abri des fanfares, à l’abri des tempêtes,
    Loin des roseaux pensants, loin des soucis du temps.

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  • Le massacre du printemps

    Le massacre du printemps

    Comme le printemps, cet ingrat, s’était cassé aux sports d’hiver,
    Il a fallu le remplacer par un spécialiste entraîné.
    Alors j’ai trouvé cet extra, venu du fond de l’univers,
    Pour tenter de nous déglacer avec son violon déchaîné.

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  • Petites annonces

    Petites annonces

    Petites fleurs de glace, en dentelle de givre,
    Cherchent pensées du jour dans un appartement.
    S’il y a de la place, il ferait bon y vivre
    Quitte à fondre d’amour mais plutôt lentement.

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  • Ceux qui ont toujours vingt ans

    Ceux qui ont toujours vingt ans

    Parfois les yeux demandent au cœur de lui raconter les couleurs
    Que l’amour peint sur les maisons de ceux qui ont toujours vingt ans.
    Parce que ce qui nous rend vainqueur de nos chagrins et nos douleurs
    C’est de savoir, non sans raison, qu’après l’hiver, vient le printemps.

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  • Les maisons d’ocres et de pastels

    Les maisons d’ocres et de pastels

    Je ferais bien des mosaïques ou bien de la peinture à l’eau
    Dans un pays où les maisons sont faites d’ocres et de pastels.
    Loin de nos villes prosaïques, où le soleil forme un halo
    Qui décline chaque saison sur les remparts et les castels.

    Dubrovnik en Croatie.

  • Bangalore

    Avez-vous atteint Bangalore par le voyage d’un roman
    Où la mousson noie l’aventure dans la folie du radjaïdjah ?
    Dans les palais multicolores où l’on se prélasse un moment
    Couché sous les riches tentures, souvenir des maharadjas.

    https:fr.wikipedia.orgwikiBangalore

    Le radjaïdjah est le poison qui rend fou dans les aventures de Tintin « Les cigares du pharaon » et « Le lotus bleu ».

  • L’escalier de l’infini

    L’escalier de l’infini

    Monter vers l’infiniment grand, demande des pas de géant,
    Mais vers l’infiniment petit, là, il faut des pas de fourmi.
    Dans cet escalier, c’est flagrant, créé à partir du néant,
    On ne sait où il aboutit, aucune explication n’est fournie.

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  • L’amour en téléphérique

    L’amour en téléphérique

    Faites-la grimper aux sommets dans des sensations féériques,
    Invitez-la à consommer l’euphorie du téléphérique !
    Au-delà du septième ciel, ce moyen de locomotion
    Ira direct à l’essentiel et la fera jouir d’émotions.

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  • La fille aux épines

    La fille aux épines

    Elle est tapie dans la nature entre le houx et l’aubépine,
    Car elle n’aime pas montrer son joli corps de vingt printemps.
    Il faut dire qu’elle est très mature mais qu’elle cache ses épines
    Et tous ceux qui l’ont rencontrée en ont le cœur tout palpitant.

    http:espacebotanique.blogspot.ch201110aubepine-eglantine.html

    J’ai toujours confondu l’aubépine et l’églantier, et vous ?

  • L’éternité, c’est dépassé !

    L’éternité, c’est dépassé !

    En voyageant dans l’univers à des vitesses extraordinaires,
    Vous ne vieilliriez plus jamais ou alors très, très lentement.
    Quand vous reviendriez en hiver pour fêter votre anniversaire,
    Vous seriez alors acclamé(e) pour mille ans de prolongement.

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  • Le look Libellule

    Le look Libellule

    Le dernier cri en maquillage, c’est d’avoir le « Look Libellule » !
    Mesdames, ne soyez plus coincées pour nous en mettre plein les yeux !
    Car, en cas d’un déshabillage par le regard d’un noctambule,
    Il aurait déjà l’œil rincé par votre style merveilleux.

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  • Tout feu, tout femme

    Tout feu, tout femme

    Un beau châssis, de « bielles » jambes et, bien sûr, airbags de série.
    Mesdames, il faut vous préparer à être super carrossées !
    Avec du rouge sur les jantes, vous serez au top, mes chéries
    Et pour ne pas vous égarer, je n’aurai qu’à vous caresser.

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  • Chat lit, chat lu

    Chat lit, chat lu

    N’ayez pas peur qu’il disparaisse et tombe au fond d’une oubliette !
    Le livre a beaucoup d’intérêt pour tous nos amis, les minets.
    Ça leur permet, avec paresse, de faire des siestes grassouillettes
    Dans l’arbre où ils se sont terrés et qui leur sert d’estaminet.

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  • Le secret de l’horloge

    Le secret de l’horloge

    Certains sûrement s’en souviennent de l’horloge de la télé
    Qui nous donnait l’heure en spirale et nous rendait fous à lier.
    On se disait « quoi qu’il advienne, ce secret doit être révélé ! »
    Fin de l’énigme générale : ce n’était rien qu’un escalier.

    Photo de Michal Dzierza.

  • Du Pérou à l’Argentine

    Du Pérou à l’Argentine

    Avez-vous l’esprit d’aventure pour repartir encore un an ?
    Si oui, prenez le dirigeable des lignes Amérique latine.
    Durant cette villégiature, tous les matins en déjeunant
    Vous aurez, ce n’est pas négligeable, et le Pérou et l’Argentine.

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  • Les dessous dévoilés

    Les dessous dévoilés

    Dans notre moderne existence, on ne peut pas tout dévoiler.
    Qu’on le taise ou qu’on le confesse, certains sujets restent tabous.
    Moi, j’aurais plutôt eu tendance d’écrire en mots à peine voilés
    De beaux tétons, de belles fesses, mais j’en reçois le coup de bambou.

    Dessin de Lorenzo. « Qu’on le taise ou qu’on le confesse… » est de Georges Brassens dans sa chanson « 95 pour cent ».

  • Les clefs du printemps

    Les clefs du printemps

    Quand j’ai le blues et le cœur froid, quand l’hiver verrouille les portes,
    Rien ne sert de forcer le seuil, rien ne sert d’accuser le temps.
    Alors j’écoute sans effroi les nouvelles que le vent m’apporte
    En commandant de mon fauteuil, aux anges, les clefs du printemps.

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  • L’amour (dé)verrouillé

    L’amour (dé)verrouillé

    L’amour se ferme à double tour lorsque deux personnes ont les clefs
    Qui permettent de (dé)verrouiller les inhibitions formatées.
    Enfilez vos plus beaux atours, faites-vous belles et bien musclés,
    Et si c’est un peu sec, mouillez ! Et si c’est profond, colmatez !

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  • Chat s’est croisé

    Chat s’est croisé

    Chat va, chat vient puis, chat revient.
    Chat rit, varie, c’est Mistigri.
    Chat ne fait rien, c’est un vaurien.
    Chat part tout seul, gare à ta gueule !
    Chat fait du bien, oui Ô combien !
    Chat s’est croisé, ratiboisé.
    Chat teigne en vrac, quel bric-à-brac !
    Chat dort encore sous le drap d’or.
    Chacun son chat et puis voilà !

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  • La pyramide

    La pyramide

    Au sommet de sa pyramide, le riche est heureux comme un roi
    À l’abri de la protection bien assurée de sa police.
    Si elle est fière, qu’elle intimide et fait bien respecter la loi
    C’est qu’elle veut sa promotion sans prétention et sans malice.

    Si nécessaire, on consolide avec des hommes de premier choix
    Qui materont l’opposition grâce au renfort d’une milice.
    Il suffit de rendre invalide tout un peuple en plein desarroi
    En lui donnant l’information qui le comblera de délices.

    Mais s’il le faut, on dilapide ! On matera les rabat-joie
    Qui pourraient avoir intention de résister, d’entrer en lice.
    C’est avec les moyens morbides d’une armée qu’on tuera les voix
    Des obscures populations qu’on opprime et qui en pâtissent.

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  • Reflette Rose

    Reflette Rose

    J’exprime mes aspirations dans l’encre noire de ma prose
    En vers, c’est mieux pour la santé, surtout s’il y a de bonnes rimes.
    Quand je manque d’inspiration, je m’en vais voir « Reflette Rose »,
    C’est un peu ma muse enchantée, un vrai remède anti-déprime !

    Dessin de Robert Sammelin.

  • L’éducation des canetons

    L’éducation des canetons

    Quand il fait un froid de canard, les palmipèdes sont à l’aise
    Et leurs amours font les cancans dans les rivières et les étangs.
    Les cols-verts font des traquenards et les canettes font des malaises.
    Tout ça finit en éduquant des canetons en rouspétant.

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  • Histoires d’oiseaux

    Histoires d’oiseaux

    Monsieur, en habits du dimanche, a collecté, de branches en branches,
    Tout ce qu’il lui fallait comme mousse pour bâtir un nid de coussins.
    Madame, dans sa robe pervenche, séduite par la queue-de-pie blanche,
    Lui pond deux œufs, puis se trémousse et ça finit par des poussins.

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  • Le cœur en escalier

    Le cœur en escalier

    Quand l’escalier déploie ses marches comme coquille d’escargot,
    Je sens mon corps qui se déroule vers ses étages inférieurs.
    Quand je fais la même démarche en gagnant le cœur de Margot,
    Alors c’est l’amour qui s’enroule vers mes fantasmes supérieurs.

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  • Le capitaine du moulin

    Le capitaine du moulin

    Vieux capitaine du moulin, toutes tes croisières immobiles
    Ont moulu les graines du temps pour en produire des souvenirs.
    Certains t’ont rendu orphelin de tes échecs indélébiles
    Mais d’autres t’ont porté autant que permettait ton avenir.

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  • Le couloir du temps

    Le couloir du temps

    Dans toutes ces pièces alignées, sens-tu le courant d’air du temps
    S’insinuer dans le couloir sans jamais claquer une porte ?
    Vois-tu l’empreinte de tes lignées, quand tu n’étais que débutant,
    Qui ont empreint, sans le vouloir, toutes les marques que tu portes ?

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  • Résurrection

    Résurrection

    Les belles feuilles du temps jadis, ont-elles droit au paradis ?
    Seront-elles un jour honorées d’être mortes un jour mordoré ?
    L’hiver leur offre un linceul bleu pendant le froid miraculeux
    Et les fait renaître au printemps en ailes d’anges, évidemment.

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  • La vérité n’est pas absolue

    La vérité n’est pas absolue

    Les illusions sont résolues comme l’optique les a prévues ;
    J’en ai toujours été avide et je ne m’en suis jamais plaint.
    La vérité n’est absolue, car tout dépend du point de vue ;
    Comme le verre à moitié vide qui est aussi à moitié plein.

    Le premier qui me trouve la même photo avec des reflets verts et roses plutôt que jaunes et bleus, je suis preneur.

  • Pas con, cupidon

    Pas con, cupidon

    Ne pas se monter le bourrichon est devenu pour Cupidon
    Une devise à toute épreuve pour les cas les plus difficiles.
    Quand il tombe sur un cornichon, ou une espèce de Stupidon,
    Il troque ses flèches, pourtant neuves, pour une salve de missiles.

    Celui-ci œuvre en Mongolie et traque les gourdes et les benêts. « Se monter le bourrichon » a été inventé par Gustave Flaubert pour signifier « se faire des illusions ».

  • Le feu de joie

    Le feu de joie

    On peut comparer l’amitié à un immense feu de joie !
    Chacun apporte sa moitié et on peut faire l’amour à trois…
    Au temps pour moi, c’est mal tourné ! Ça, c’est plutôt une partouze !
    Un coup de vent m’a retourné les pages de mon gros Larousse.

    https:www.lalanguefrancaise.comorthographeautant-au-temps-pour-moi

    « On dit Au temps pour moi pour admettre son erreur – et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début. L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie. »

  • Le ferry-boat

    Le ferry-boat

    À Marseille on a retrouvé le Ferry-boat qu’Edmond Dantès
    Avait volé pour s’échapper du Château d’If, la belle affaire !
    Figurez-vous qu’on a prouvé que ça s’est produit de justesse
    Car le chauffeur, handicapé, n’était autre que le masque de fer.

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  • L’île hypothétique

    L’île hypothétique

    Parfois s’échappe du brouillard un genre d’île hypothétique
    Comme des limbes inachevés qui ne seraient pas terminés.
    Même les rayons vasouillards d’un soleil pâle apoplectique
    Ne parviennent à parachever cette vue indéterminée.

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  • Paysage de cuivre

    Paysage de cuivre

    Sous les pâles rayons cuivrés d’un soleil d’hiver fatigué,
    Le peintre a couvert de rosée sa toile blanche, immaculée.
    Hélas, ne sera délivré, qu’à coups de printemps prodigués,
    Ce paysage nécrosé qui attend l’été miraculé.

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  • 365 degrés autour du monde

    365 degrés autour du monde

    C’est parce que la Terre est ronde de trois-cent-soixante-cinq degrés
    Que la lumière crée des orbes et des tableaux crépusculaires.
    Et c’est la course autour du monde des voyageurs, des émigrés,
    Que les soleils couchants absorbent dans leurs rayons tentaculaires.

    C’est juste à la fin du verseau que se glissent entre les poissons
    Les petits bateaux colorés qui vont embrasser les couleurs.
    Le cul calé dans leurs berceaux, on voit les jeunes polissons
    Qui vont tenter de déflorer la mer avec ou sans douleur.

    Je ne sais s’ils sont fils du vent, fils de la mer ou l’océan,
    Mais ils se transforment en corsaires dès que l’on gratte un peu leurs gènes.
    Les voilà partis au levant, vers l’aventure, vers le néant,
    Partis combattre l’adversaire pour les beaux yeux d’une indigène.

    Christophe Colomb vit quelque part entre les vagues dérivées
    Parmi les étraves croisées que leur sang peine à maintenir.
    Ils n’aiment pas trop les départs et préfèrent les arrivées
    Car les bagages entretoisés ne peuvent pas tout contenir.

    Et ce sont ces vaisseaux chargés d’un sang nouveau de découvertes
    Qui les poussent à l’appareillage et partir loin vers le couchant.
    Souvent les peines ont surchargé juste un peu trop leurs plaies ouvertes
    Mais espérons que leurs voyages seront remèdes escarmouchants.

    Escarmouchant : qui gagne en faisant de petites batailles ou quelque chose comme ça.

  • Mélusine Enfaillite

    En face de chez moi, on démolit l’usine
    Afin de transformer ça en lofts pour les riches.
    Alors au fil des mois, des grues démagasinent
    Les métaux déformés que l’on va mettre en friche.

    À Sennhof, l’usine Hermann Bühler ferme après 200 ans d’existence. Les tonnes de métaux sont vendues et expédiés en Chine et nous entendons le vacarme des ouvriers qui démontent depuis début décembre. D’après ce que j’ai compris, ce sera transformé en loft pour les riches et les ateliers en espaces à louer. Comme j’ai le spectacle juste en face, derrière la Töss, je vous tiendrai au courant des évolutions.

  • L’heure du café

    L’heure du café

    À l’heure du café, les dames se délassent
    Pour parfois s’esclaffer, assises en terrasse,
    Quand passent les messieurs, tentant de les draguer,
    Avec des audacieux compliments prodigués.

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  • La frontière de l’illusion

    La frontière de l’illusion

    Là, quelque part à la surface, où naissent les reflets du temps,
    La gauche et la droite s’inversent à la frontière de l’illusion.
    Ce lieu où se replie l’espace c’est un présent, juste un instant
    Et les images qui le traversent sont des mirages en collision.

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  • Les pièges de lumière

    Les pièges de lumière

    La flore coutumière à sortir du sommeil,
    Absorbe la lumière, capture le soleil.
    Quand les branches s’écartent sous les assauts du vent,
    Toutes les fleurs repartent pour un nouveau printemps.

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  • Les fruits triomphants

    Les fruits triomphants

    J’ai dû grandir vers la lumière et hisser mes plus hautes feuilles
    Pour me nourrir d’un ciel d’azur et porter mes fruits triomphants.
    J’ai dû agrandir ma chaumière pour que les oiseaux s’y recueillent
    Et y bâtissent à leur mesure un nid d’amour pour leurs enfants.

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  • L’étendard tricolore

    L’étendard tricolore

    D’azur comme un ciel de printemps pour peindre l’espace infini ;
    D’or comme le blé en été pour développer la matière ;
    Rouge comme les fleurs des champs pour tous les temps indéfinis ;
    Mon drapeau flotte à satiété, symbole d’une vie entière.

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  • Le grain de sable

    Le grain de sable

    Parfois j’imagine le temps comme un enchaînement de rouages ;
    L’exacte comptabilité qui recompte chaque seconde.
    Et j’aime, car c’est important, y glisser en guise de péage
    Un grain de sensibilité pour que l’amour change le monde.

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  • La machine à dépoquer

    La machine à dépoquer

    La machine qui dépoque s’est recouverte de rouille
    Car j’avais abandonné de poquer comme un robot.
    Mais je vois qu’à notre époque, on se fâche et on se brouille
    Alors, bien intentionné, je vous remets le turbo.

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  • Le printemps démodé

    Le printemps démodé

    « Pourquoi le printemps tarde tant ? » Me dis-je, les pieds dans la neige.
    Alors j’imagine la fée devant ses placards plein de robes
    Qui sont usées depuis longtemps et ne sont plus son florilège.
    Et remplacer tous ses effets prend tout ce temps qui se dérobe.

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  • La présence invisible

    La présence invisible

    Et si les années traversées laissaient un sillon dans l’espace
    Comme une présence invisible constituée de nos mémoires ?
    Alors arrêtons de verser des larmes sur le temps qui passe
    Car nos pensées sont invincibles quand le cœur se met à y croire.

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  • L’ombre bigarrée

    L’ombre bigarrée

    « Que faisiez-vous pendant l’été ? » demandait hier la fourmi
    À une cigale égarée qui cherchait la voie du printemps.
    « Je suis tellement allaitée de mes souvenirs affermis
    Que j’en vois l’ombre bigarrée des fleurs d’été par tous les temps ! »

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  • Le canard steward

    Le canard steward

    Tout allait bien dans mon voyage jusqu’à ce que ce volatile
    Vienne frapper sur mon hublot à grands coups de bec répétés.
    « Je vais escorter ton sillage ! » me dit-il assez versatile,
    « Tu m’as l’air, là dans ton huis clos, un peu sinistre et hébété ! »

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  • L’anniversaire du roi des souris

    L’anniversaire du roi des souris

    Pour l’anniversaire du roi des souris,
    Celles-ci s’attablent autour du gâteau.
    Mais un adversaire soudain leur sourit
    D’un air redoutable mais non moins pataud.

    Le chat :
    « Gentilles voisines, j’ai là un cadeau
    Pour l’événement à vous partager ! »

    Les souris :
    « Va dans ta cuisine, desesperado !
    Toi, évidemment, c’est pour nous manger ! »

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  • La rose de février

    La rose de février

    Il faut saluer la première rose qui ose s’élancer
    Dans l’atmosphère d’un hiver à peine vêtue de satin.
    Dès que sonnera la lumière, regarde la rose danser
    Comme sa sœur, la primevère, lui a conseillé ce matin.

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  • Les échecs

    Les échecs

    « L’état c’est moi ! », disait le Roi « et il ne peut y en avoir d’autre ! »
    « J’suis la plus belle ! », disait la Reine « il n’y a pas plus belle que moi ! »
    Comme ils se sentent à l’étroit dans le palace où ils se vautrent,
    Le Roi et la Reine, à sa traîne, vont faire la guerre tous les mois.

    D’abord les pions paient un impôt, ce n’est que juste précaution.
    Les cavaliers paient leur fourrage pour la santé de leurs chevaux.
    Les tours doivent faire un dépôt de garantie pour la caution.
    Les fous n’ayant pas de courage, ils feront les pires travaux.

    Le noir et blanc est de rigueur, on abandonne les couleurs.
    Finalement, tout est en gris, c’est plus facile à assortir.
    Tous ceux qui ont de la vigueur paieront leurs taxes sans douleur ;
    Les gros, les grands, les rabougris, sinon on les fera sortir !

    Mais si on veut quitter les règles, il faut des avocats marrons
    Et si on veut gagner des cases, la politique est nécessaire.
    Avec quelques hommes espiègles, des margoulins et des larrons,
    On guettera la bonne occase pour évincer ses adversaires.

    L’échec arrive à chaque fois mais ça ne change rien du tout !
    Il y en a qui changent de camps, d’autres s’échangent leurs couleurs.
    Jamais la Reine ni le Roi ne se retrouvent sans un atout.
    Les pions sont plus pauvres qu’avant et chacun compte ses douleurs.

    Tableau de Fabienne Barbier