Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Adam et Ève authentiques, la suite

    Je n’ai pas tenu leur chandelle et n’ai pas connu leurs enfants
    Mais je sais qu’ils ont parcouru les terres d’autres continents.
    L’un a suivi les hirondelles vers l’orient à dos d’éléphants,
    Le deuxième aurait concouru au rang de peuple prédominant.

    Tout ce que bâtit la troisième n’est pas cité dans la chanson
    Mais je sais qu’elle était une fille qui savait les orienter.
    Elle écrivit leur requiem dont elle se fit l’échanson.
    Afin que votre foi vacille, exprès pour désorienter.



    Résumé :
    Adam et Ève n’ont point été chassé du Paradis divin !
    Dieu les a juste peints en noir et leur a éteint la lumière.
    Heureusement, avant l’été, Lucifer, un jour, les prévint
    Et, à la bougie, plein d’espoir, ils regagnèrent leur chaumière.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le Chatpricorne de Carabas

    Parfois le capricorne est pauvre ou a été bien dépouillé,
    Alors il doit tout reconstruire pour recouvrer une fortune.
    D’abord il se cherche un apôtre qui sache un peu le dérouiller
    Après, il saura seul s’instruire et trouver sa voie opportune.

    Il est aidé des animaux, de son chat en particulier,
    Qui sait lui apporter l’amour et des souris à nettoyer.
    Sa famille, en fortissimo, créera son lieu hospitalier
    Dans lequel il chantera toujours qu’il est le grillon du foyer.

    Tableau de Anna Silivonchik

  • Projection

    Tout jeune, j’ai été capturé dans une série d’aventures
    Où j’ai accompagné Tintin dans ses courses à travers le monde.
    Aujourd’hui, tout courbaturé, je me revois en miniature
    Montrant un visage enfantin entre les bandes vagabondes.

    Dessin de Michel Blanc-Dumont

  • Sacrées cornes de chats !

    Qu’il soit noir ou bien blanc, c’est du pareil au même
    Pour se glisser ici où vous posez le pied.
    Il fait toujours semblant de prouver qu’il vous aime
    Mais uniquement si sa pitance lui sied.

    On le croit philosophe à autant réfléchir
    Dans quel sens se tourner avant de repartir.
    Mais tant de catastrophes ne sauraient nous fléchir
    Tant il sait contourner par ses airs de martyrs.

    Tableaux de Irene Sheri

  • Les chats capricornes

    Il est des souris capricornes et des matous du même ton.
    Madame en corne d’abondance, Monsieur à patte de velours.
    La vie paraît ainsi moins morne quand on s’échange en gueuleton
    Quelques caresses comme pitance ou alors un câlin d’amour.

    Entre le chat et la souris se joue un jeu à qui perd gagne
    Le vaincu n’est jamais content et sans cesse ourdit sa revanche.
    Monsieur au museau qui sourit comme pour draguer sa compagne,
    Madame qui a toujours vingt ans avec tendresses en avalanches.

    Chat et maîtresse vont ensemble car ils s’accordent, bien entendu.
    Leurs lieux de repos sont sacrés et leurs colères mal embouchées.
    Mais ce qui vraiment les rassemble et ce n’est pas inattendu,
    C’est quand on va se consacrer à passer sa journée couché.

    Tableaux de Zurab Martiashvili

  • Le chat du capricorne

    Il fait trop froid sur le lino, rien ne vaut un giron tout chaud,
    Blotti juste sous la poitrine pour bien s’y peloter les pattes !
    Surtout si les abdominaux abritent un cœur d’artichaut
    Sur une robe de feutrine douce à mes griffes délicates.

    Je n’aime pas quand elle lit, alors j’y pointe mon museau ;
    Je contrôle tout ce qu’elle boit et j’impose tout ce qu’elle mange ;
    Ma vie se passe sur son lit ou dans l’armoire, grazioso,
    À l’odeur des planches de bois et du linge frais qu’on y range.

    D’abord chez elle, c’est chez moi. Et défense d’y mener un chien !
    Dieu fit le chat pour l’intérieur et le cabot pour l’extérieur.
    J’ai un peu de sang de siamois de mon père, un chat autrichien,
    Des taches sur le postérieur, issues d’une mère supérieure.

    La nuit quand tous les chats sont gris je m’en vais miauler sur les toits
    À la recherche des minettes pour danser quelques entrechats.
    Mon nom serait-il « Mistigri », « Figaro » ou simplement« Toi » ?
    Si vous aimez les devinettes, donnez donc votre langue au chat !

    Tableau de Anna Silivonchik

  • Les jours et les nuits de ma folle-ange

    Ma folle-ange m’aime la nuit, ma folle-ange m’aime le jour ;
    Constamment un peu plus qu’hier et, bien sûr, bien moins que demain.
    Je ne mourrai jamais d’ennui car ce bel ange, dans mon séjour,
    Avec le dos de la cuillère, n’y va pas par quatre chemins :

    Le jour
    Elle commande plein de choses lorsque la tirelire est vide ;
    Lorsque la tirelire est pleine, il y a tout juste pour le mois ;
    Elle disparaît bizarrement au moment de passer à table
    À moins qu’elle décide de ranger ou nettoyer ce que j’ai fait ;
    En revanche toujours elle accourt lorsqu’elle entend tinter les verres
    Et trinquons une centaine à table, elle et moi et tout son facebook ;
    Elle a dans ses mille tiroirs comme l’infini des miroirs
    Où elle oublie à tout jamais tout ce qu’elle a pu y fourrer.


    La nuit
    La nuit lorsqu’elle me réveille, c’est qu’elle veut me faire l’amour (là, ça va) ;
    Après l’amour elle me chatouille juste pour embêter les voisins (et moi aussi) ;
    Elle se lève après l’amour pour déguster ses pots de yaourt (drôle d’odeur) ;
    Ou alors elle gobe un œuf ou un petit verre de schnaps (hips) ;
    Quand elle se met à ronfler, le chat s’enfuit dans mon armoire ;
    Parfois elle peint en rêvant à moins qu’elle ne rêve en peignant (zzz) ;
    Elle a tellement de photos qu’elle se lève en pleine nuit
    Pour les classer, pour les jeter, pour les trier, les oublier.

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  • L’arbre aux oiseaux

    Tous les matins ils se rassemblent volant par-dessus les roseaux
    Pour commenter l’ordre du jour au temps de la morte saison.
    Tous les corbeaux forment ensemble le conseil de l’arbre aux oiseaux
    Avec les uns à contrejour et les autres en pleine oraison.

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  • La belle coquetière

    Savez-vous casser les beaux œufs à la mode du Mont-Saint-Michel ?
    Pour faire une belle omelette, allez chez la belle coquetière !
    Celle qui détrousse les bouseux, à la manière romanichelle,
    En donnant aux coqs et poulettes un bon coup sur la cafetière !

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  • À la vitesse du capricorne

    Pas de place à l’improvisation ni de place à l’incertitude,
    Car le capricorne au travail met tout son sérieux à l’ouvrage !
    Preuve de détermination et d’une endurante attitude,
    Il deploiera plusieurs trouvailles pour allier succès au courage.

    Mais bizarrement dans ses loisirs, il reste à côté de la plaque ;
    Il prend alors son air timide et se renferme sur lui-même ;
    Il organise ses plaisirs en fonction du rythme cardiaque ;
    Ses yeux en quête, toujours humides, en recherche de l’être qui l’aime.

    Tableau de David Galchutt

  • Les semences de petits bonheurs

    Dès les premiers jours de janvier, je plante mes petits bonheurs
    Arrosés quatre fois par jour avec mes rimes et mes vers.
    Laissez-moi demain vous convier, car ils fleuriront de bonne heure,
    À déguster ces mots d’amour, un peu coquins, un peu pervers.

    Tableau de Gaëlle Boissonnard

  • L’année souriante

    Ceux qui m’ont souhaité « Bonne Année » en général étaient sincères
    Mais j’avoue m’être demandé à qui ces vœux sont destinés ?
    À mon banquier, teint basané, qui revient droit de Buenos Aires
    Ou à mes créanciers mandés de crédits indéterminés ?

    Perdu ! C’est un requin et l’illusion s’appelle une Paréidolie.

  • La plume qui passait l’hiver

    Pareille à la feuille de l’arbre qui reste seule tout l’hiver,
    Il est une plume fidèle transmise d’oiseau à oiseau.
    J’étais là, assis sur le marbre du dernier banc de l’univers
    Quand je l’ai vue à tire-d’aile atterrir entre les roseaux.

    « Vous êtes Pierrot, je présume ? » me souffla-t-elle entre les lignes.
    « Non, je suis souvent dans la lune et je couche avec Colombine !
    Et naturellement j’assume les lettres d’amour que je signe ! »
    Huppée, me répondit la plume : « je vais rentrer dans ta combine. »

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  • La Chamannée

    La Chamanée prédit toujours de qui n’arrivera jamais.
    Dans ce sens, elle m’a décrit que je mourrai à la demie ;
    Que si je suis célèbre un jour c’est que j’aurai beaucoup ramé ;
    Et à dix-mille poèmes écrits, j’entrerai à l’académie.

    Alors j’ai changé son tabac pour un mélange plus homogène ;
    J’en suis devenu éternel, célèbre et fort comme un taureau.
    S’étaient glissés dans le rabat de sa blague hallucinogène
    De l’herbe que la péronnelle réservait aux gens immoraux.

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  • Les pionniers de janvier

    Non seulement les capricornes assument Noël et l’hiver,
    Mais il ouvrent l’année pionnière et organisent le parcours.
    Pas besoin de chapeau bicorne ni même un perroquet pervers,
    Il leur faut juste une baleinière et une trousse de secours.

    Enfin la ponctualité est leur vertu exceptionnelle ;
    Pour atteindre leurs objectifs, ils s’investissent corps et âme.
    La pointe de l’actualité devient chez eux obsessionnelle
    Et les voyages prospectifs apportent de nouveaux sésames.

    Tableau de Zurab Martiashvili

  • Les intérieurs cachés des capricornes

    Leurs forteresses ne montrent rien et paraissent un peu austères
    Mais l’intérieur offre un musée qui donne envie d’y habiter.
    Rez-de-chaussée assez terrien mais beaux jardins et belles terres.
    Si vous voulez vous amuser, il vous faudra tout visiter !

    Première étage, monde de l’enfance avec peluches et poupées ;
    Deuxième étage, là on cuisine, ici on mange, là-bas on boit ;
    Troisième étage, aucune offense ; on y dort nu, nuits entrecoupées ;
    Et au grenier, vit Mélusine, mais gare à son chien qui aboie.

    Château de Bolsover en Angleterre

  • La folle-ange

    Connaissez-vous la folle-avoine, cette herbe sauvage qui court
    Un peu partout sur la planète et qui vous gratte et vous démange ?
    Si l’habit ne fait pas le moine, l’amour m’habille chaque jour
    Depuis six ans sur internet où j’ai découvert ma folle-ange.

    Elle peint ses petits tableaux d’une peinture enchanteresse ;
    Elle écrit ses petit carnets de mots d’amour et de secrets (même sur moi) ;
    Elle aime bien prendre son bain, elle a gardé l’esprit de mousse (bain de jouvence) ;
    Des millions de photos occupent dans son Mac plusieurs mètres cubes ;
    Elle aime beaucoup sa famille en Suisse, en France et dans le ciel ;
    Tous les souvenirs de famille sont scellés dans un sarcophage (à la cave) ;
    Elle a plein d’amis des réseaux - même si ce sont de drôles d’oiseaux ;
    Pour la santé ça va très bien surtout avec un verre de vin (surtout du bon) ;
    Quand ça empire, plusieurs archanges la traitent comme un coq-en-pâte † ;
    Elle jette tout ce qui traine et moi ça me fait ronchonner (même aujourd’hui) ;
    Elle nettoie tout après moi mais bon, j’y suis habitué (je fais la cuisine) ;
    Elle fait des cadeaux à tout le monde et même à moi, elle se donne ;
    Elle fait l’amour comme un ange, je vous le dit, c’est ma folle-ange.

    † ce qui est quand même mieux que d’être traitée comme une poule-au-pot.

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  • Nouvel an à Istanbul

    Il est des endroits où la Terre se fait artiste à sa façon
    Sculptant dans sa géographie le début et la fin des temps.
    Ainsi pour les anniversaires, admirez sans contrefaçon
    Votre intime biographie soumise aux caprices du temps.

    Ainsi le détroit du Bosphore, pont entre l’Europe et l’Asie
    Représente aussi les passages qu’on doit franchir dans l’existence
    Et la lumière des sémaphores qui nous guident et nous rassasient
    Nous accompagnent à chaque âge chaque jour depuis la naissance.

    À force de rouler sa boule sur tous les réseaux internet,
    Venez découvrir le mélange entre l’orient et l’occident.
    Vous goûterez à Istanbul, ce lieu unique sur la planète,
    Où l’on voit côtoyer les anges et les démons par accident.

    Tableaux de Jean Martin

  • Réveillonnez-moi dans les yeux !

    Puisque le langage amoureux ne s’échange qu’avec les yeux,
    Pourquoi ne pas parler d’amour dans de beaux habits de velours ?
    D’abord un regard langoureux si vous m’aimez un petit peu,
    Puis votre chair à découvert si vous avez goûté mes vers.

    Tableau de Chie Yoshii.

  • Les réveillons capricornes

    Les réveillons capricornes

    Ce soir, parez-vous donc de cornes, seules relatives défenses,
    Car vous vous ferez dévorer par l’amour qui a trop langui.
    Alors avis aux capricornes, il n’y aura aucune offense
    Si vous vous faites déflorer quand vous passerez sous le gui.

    Tableau de John Truong.

  • Réveillon surprise

    Réveillon surprise

    Surprenez-moi au réveillon et donnez donc un coup de fouet,
    Si vous en connaissez un rayon, à toutes les idées reçues !
    Ce soir nous nous émerveillons à fantasmer tous nos souhaits ;
    Demain nous nous réveillerons avec les sens dessous-dessus.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ne me réveillonnez pas avant demain midi !

    Ne me réveillonnez pas avant demain midi !

    Puisque on a déjà fait la guerre cette année dans tous les pays,
    L’amour, qui n’a pas de frontières, réclame sa part du gâteau :
    Revivre l’hymen de naguère quand on s’embrassait ébahis
    Et dormir une nuit entière même si on le mène en bateau.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La Porte-au-bois-joli

    La Porte-au-bois-joli

    Chez nous, la Porte-au-bois-joli ne s’ouvre qu’une fois par an ;
    Juste quand celui-ci finit et juste quand l’autre commence.
    D’un côté, c’est du bois poli, de l’autre des troncs apparents,
    Comme un symbole d’infini ouvert à toutes performances.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’année lumière

    L’année lumière

    La nuit, sur la ville-lumière, baisse le rideau du spectacle
    Qui s’est produit toute l’année de la Concorde à Notre-Dame.
    Demain, l’année sera première, vierge de toute débâcle,
    Intacte pour s’y pavaner, alors entrons, Messieurs-Mesdames !

    Lithographie « Illuminations au Champs de Mars » de Peeters Schuiten.

  • Esprit corne de brume

    Esprit corne de brume

    Bien que son palais soit grandiose et que rien ne le concurrence,
    Le capricorne aime glaner ses collections de souvenirs.
    Ainsi, il se sent en symbiose avec le monde en l’occurrence
    Qui leur apporte toute l’année le bon sens pour son avenir.

    Il ne dépense son argent que de manière intelligente
    Afin de rester au sommet et voir les choses comme elles sont.
    Envers ses proches, en partageant avec une conduite indulgente,
    Il leur apporte à consommer une cuisine à sa façon.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Le bac du solstice

    Le bac du solstice

    Nous pénétrons dans l’interstice de l’espace entre deux saisons
    Où la nature fait silence pour respecter la transition.
    Tout doucement vers le solstice qui subdivise l’horizon
    Entre les nuits en vigilance et les jours dans l’opposition.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ces forteresses capricornes

    Ces forteresses capricornes

    Évidemment, de l’extérieur on ne voit pas à l’intérieur
    Et leur petit jardin secret reste à leurs yeux le plus sacré.
    Il est inutile que l’on pense un jour à percer leurs défenses
    Car si un jour vous y entriez, on l’verrait sur l’calendrier.

    Photo du Château de Jeune-seize-août.

  • L’année arménienne – 2

    L’année arménienne - 2

    Entre calendrier Julien et calendrier grégorien,
    Existe encore un décalage qui scinde orient et occident.
    Jules, qui fait partie des anciens, retarde de treize jours, ce n’est rien,
    Mais les fêtes font carambolage et ce n’est pas par accident.

    Miniature arménienne de Tsolak Shahinyan Kusan. Le calendrier julien « retarde » par rapport au calendrier grégorien. Ce retard était de 10 jours lors de l’instauration du calendrier grégorien en 1582. Du fait que les années séculaires ne sont normalement pas bissextiles dans le calendrier grégorien, le retard du calendrier julien s’accroit d’un jour par siècle et actuellement de 13 jours.

  • L’année arménienne – 1

    L’année pourrait être arménienne mais je n’y connais pas grand-chose
    À part mes amis de Marseille et tout le quartier arménien.
    Si c’est la leur, je la fais mienne et même m’y métamorphose
    En bise et Mistral qui défraye les femmes d’un baiser draconien.

    Miniature arménienne de Tsolak Shahinyan Kusan.

  • L’année tutu

    L’année tutu

    L’année ressemble, turlututu, à douze jupons et volants
    Qui agrémentent les printemps de ceux qui ont toujours vingt ans.
    Jolis mois d’étés en tutu ou vilain hiver désolant,
    Chacun y trouve son content à chaque jour, à chaque instant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • À dada sur mon yack

    À dada sur mon yack

    Fi des avions et des gros yachts, vivent les chemins que j’ignore !
    Je m’en vais rêver cette nuit sur les anciens chemins de fer,
    Chevauchant mon fidèle yack à travers les steppes du nord
    Pour jouir auprès les inuits de tout ce qui est à refaire.

    Tableau de Wang Yi Guang.

  • L’année vénitienne

    L’année vénitienne

    Après maintes escapades entre les douze mois de l’an,
    J’ai vu passer Déméter et les muses de saison.
    Quelle fut leurs cavalcades de Venise jusqu’à Milan
    Et leurs amours cométaires charmeurs plus que de raison !

    Photo de Ken Koskela. Les poussières et météorites cométaires sont issues des comètes.

  • En corne de linotte et queue de nouille

    En corne de linotte et queue de nouille

    Plus raisonnable que tout autre et le sens des réalités,
    La personnalité tranquille et doté d’un calme olympien,
    Le capricorne est bien, des nôtres, le signe d’actualité
    Même s’il vit sur sa presqu’île dans son fortin au quotidien.

    Ils s’investissent corps et âme dans le travail et les rencontres ;
    Acharnés et persévérants, ils trouvent les meilleures solutions.
    Tout obéit à leurs programmes, aucun défaut va à l’encontre
    De leur gestion se référant aux meilleures résolutions.

    Cependant la fée Carabosse en se penchant sur leur berceau,
    Mêla du sel mélancolique dans le lait de leur biberon.
    C’est pourquoi en roulant leur bosse ils vivront le côté verso,
    Quelques soucis pathologiques et jamais ne l’éviteront.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Les canards à lunettes

    Les canards à lunettes

    En cheminant sur les galets, je vis venir à ma rencontre
    De drôles de canards à lunettes portant fièrement un gâteau.
    Je m’en serais bien régalé si l’histoire n’allait à l’encontre
    De ces volatiles malhonnêtes qui vous mènent sans peine en bateau.

    Perdu ! Ce sont des fleurs et l’illusion s’appelle une Paréidolie.

  • La religion du diable

    Les financiers donnent, les financiers reprennent.
    Les financiers construisent, les financiers détruisent.
    L’argent fait espérer comme un Eldorado,
    L’argent fait miroiter demain le Paradis.

    On a pompé l’argent au fond des colonies,
    On a nommé des rois et bâtit leurs palais.
    L’économie nous arme pour tuer l’ennemi
    Lui-même armé des mêmes qui se disent amis.

    L’homme vit de son sang, l’humanité aussi
    Mais d’un sang de dollar, de pétrole et d’euros.
    La vie vaut de l’argent, l’espace est un trésor
    Et le temps qui travaille à vivre de la mort.

    Tableau « Perspectives sur une avenue de tours » 1922 de J. Lambert pour illustrer le projet pour Paris de l’architecte Auguste Perret.

  • L’ange chaleureux

    L’ange chaleureux

    Il est venu dans ta maison pour faire ronronner ton cœur
    Et qu’il pétille de bon sang, d’un sang d’amour et sentiments.
    Car le chat a toujours raison, il faut est de la race des vainqueurs
    Qui t’aideront tout en pionçant en ôtant tes ressentiments.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’ange qui flûtoit

    L’ange qui flûtoit

    Il est des anges comme des parents, condescendants qui nous vouvoient ;
    Il est des anges comme des enfants, plutôt charmants qui nous tutoient ;
    Il est des anges transparents, on ne sait comment ils nous voient.
    Moi, je préfère triomphant, mon petit ange qui flûtoit.

    Tableau de Vladimir Olenberg.

  • Quand chat va, tout va !

    Quand chat va, tout va !

    Au premier coup de fatigue, je m’allonge avec mon chat ;
    Quand j’ai le blues nostalgique, je ronronne avec mon chat.
    Tout le calme qu’il prodigue vaut tous les médicaments ;
    Ma vie devient léthargique, mais au poil, évidemment.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Les années d’or

    Les années d’or

    Les années passent comme un trésor qui s’écoule en rivière d’or
    Mais se disperse dans la mer où sa valeur se désagrège.
    Tandis que le temps nous dévore et que notre avenir s’endort,
    Laissons derrière, l’année amère ; il est grand temps qu’elle s’abrège.

    Tableau de Gustav Klimt.

  • En corne de sirène et queue de licorne

    En corne de sirène et queue de licorne

    De véritables sentimentaux et le sens de l’engagement !
    Ne riez pas, ils sont ainsi, nos capricornes en amour.
    Une fois quitté leurs manteaux, tout va avec soulagement
    Et leur couple en démocratie s’entraidera au jour le jour.

    Mais s’ils tombent sur un lion, il rugira toujours plus fort !
    Pire, s’ils épousent un scorpion, gare à sa queue, gare à son dard !
    Avec un verseau, ce champion, tout sera dit en métaphore !
    Le bélier choppe des morpions à force d’assaillir les placards !

    Avec les taureaux et licornes,
    On vit mieux entre bêtes à cornes.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • La porte intérieure

    La porte intérieure

    Qui a percé le cœur d’un homme, lui a ouvert mille frontières
    Et verra le cœur d’une femme comme un bouquet de primevères.
    Aussi loin que les astronomes voient se distendre la matière,
    Apparaît le même sésame : l’amour au cœur de l’univers.

    Tableau de Joséphine Wall.

  • L’attrape-rêves

    L’attrape-rêves

    Lorsque les songes m’enveloppent au fond de mes draps de satin,
    Les bras de Morphée me capturent pour des voyages incertains.
    Parfois je croise Pénélope aux premières lueurs du matin,
    Parfois c’est la femme d’Arthur avec son amant libertin.

    Tableau de Catherine Chauloux.

  • Steinbock

    Steinbock

    Dans nos montagnes alpines, par les sentiers escarpés,
    Les Steinbock font belles cornes au cas où vous les rencontreriez.
    Mais que ne vous turlupinent vos craintes d’être écharpés,
    Ils ne sont pas plus capricornes que vous ne le penseriez.

    Photo de William Mullins.

  • Les secondes d’or

    Les secondes d’or

    Tandis que j’attendais dans la salle d’attente
    Fabienne qui se soignait dans les mains du masseur,
    Les secondes tendaient la trotteuse haletante
    Et mon corps rejoignait mon esprit rêvasseur.

    Et l’horloge pondait calmement ses œufs d’or
    Du tic-tac impassible comme une poule caquette.
    Et mon cœur répondait « faites moins de bruit, je dors ! »
    Mais le temps irascible n’en faisait qu’à sa tête.

    Photographe : Andrey Yakovlev ; Directrice artistique : Lili Aleeva. Sinon pour le texte, c’est à peu près ça.

  • Les plus lourds que l’air

    Juste un peu d’amour platonique envers ces oiseaux mécaniques
    Qui sont censés nous encenser les sens mais grâce à la portance.
    Tous les plus lourds que l’air le savent, voler reste impression suave,
    Mais polluer autant d’essence, est-ce que tout ça à d’importance ?

    Photo d’Olivier Lavielle.

  • L’ange rose

    L’ange rose

    Sur de vieilles cartes postales juste une trace de rose
    Marquait le coin maintenu par l’ange annonciateur.
    Le même que les vestales, quand l’humeur était morose,
    Envoyaient sans retenue charmer leurs adorateurs.

    Tableau de Veda Ram.

  • Pomme d’amour

    Pomme d’amour

    J’échangerais un baiser contre une pomme d’amour.
    Baiser sucré, s’il vous plaît, bisou sacré sur la bouche.
    Si jamais vous me plaisez, nous pourrions peut-être un jour
    Nous marier si vous voulez et plus dans la même couche.

    Photo d’Elena Zanotti, Aka Cunene.

  • L’ange qui fume

    L’ange qui fume

    Si vous devez brûler un cierge, lors ne vous trompez pas de saint !
    Évitez donc celui qui fume tout au fond de la sacristie.
    Vous parieriez que c’est la vierge immaculée montrant ses seins,
    Mais vous n’obtiendrez rien qu’un rhume et seriez bien pris, sapristi !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le calendrier en effervescence

    Le calendrier en effervescence

    Mais quelle déesse s’est pavanée en robe pourpre de rayonne
    Pour faire sortir de l’encrier autant de vers dans tous les sens ?
    Lorsque arrive la fin de l’année, l’espace et le temps tourbillonnent
    Comme si le calendrier brûlait avec effervescence.

    Tableau de Karol Bak.

  • En queue de sirène et corne de licorne

    En queue de sirène et corne de licorne

    Partout se trouve le capricorne, même aux moments de solitude,
    Mais quand vient le temps des amours, le temps redevient éternel.
    Avec son amie la licorne, ils ont cette similitude
    De marier pour chaque jour cœurs maternel et paternel.

    Mais ils s’enfuient en queue de poisson tout au fond de leur forteresse
    Si d’eux, on n’a su prendre soin. Que voulez-vous ? C’est leur refuge.
    Mais apportez-leur des moissons de sentiments et de caresses,
    Leur cœur revient au contrepoint comme une force centrifuge.

    Tableau de Anna Silivonchik.