Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Vivement l’automne !

    Vivement l’automne !

    « Vivement que mes feuilles s’envolent ! » Disait l’arbre aux branches d’argent,
    « Afin qu’elles transportent ma sève qui va fertiliser la terre.
    Mes messagères bénévoles vont mourir mais en partageant
    La vie qui prendra la relève de mon ferment élémentaire. »

    Création d’Annette Mangseth.

  • Chaud baiser

    Chaud baiser

    Les couleurs chaudes d’un baiser se captent quand les yeux se ferment
    Pour que la tendresse transforme la vie en lumière d’amour.
    Et rien ne viendra m’apaiser plus que ce lien des épidermes
    Dont les plus petits nerfs m’informent de la caresse de velours.

    Tableau d’Henri Lamy.

  • Femmes coquines

    Tant que vos regards tomberont béatement sur ma poitrine,
    Je lèverai les yeux au ciel afin de ne plus vous croiser.
    Bientôt vos yeux renonceront à examiner ma vitrine
    Pour remonter vers l’essentiel dans des baisers entrecroisés.

    Maintenant que vous regardez dans la meilleure direction,
    Alors je vous dévoilerai un peu de mon intimité ;
    À condition que vous gardiez dans mes yeux toute l’attention
    Tandis que je me dénuderai dans un strip-tease illimité.

    Voulez-vous me prêter la plume afin de m’écrire vos maux
    D’où jaillira de l’encrier toute l’encre de votre panse ?
    Faites-m’en un petit volume, je vous en ferai la promo
    Et vous en entendrez crier dans neuf mois votre récompense.

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  • Feuilles coquines

    Jamais vous n’auriez soupçonné qu’à la saison des feuilles mortes,
    Les plus audacieuses s’envolent pour vous murmurer à l’oreille
    Tous les mots qui ont bourgeonné et qu’aujourd’hui elles transportent
    Afin que votre cœur convole avant qu’elles tombent en sommeil.

    Comme les feuilles sont jalouses, vous n’en aurez jamais assez
    Car, dès que l’une vous dira un secret, les autres aussitôt
    Se jetteront sur la pelouse pour, juste à vos pieds, s’entasser
    Et le vent vous expédiera leurs baisers presto subito.

    La première feuille vous sourira et la dernière vous oubliera
    Jusqu’à la nouvelle saison pour renaître du souvenir.
    Ainsi la vie repartira et la nature s’embellira
    D’une nouvelle floraison et nouvelles feuilles à venir.

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  • Les colonnes de l’exploit

    Les Pierre-à-feu, les Pierre-à-eau, les Pierre-à-air et les Pierre-à-terre
    Ont, jadis, habité ensemble pour le meilleur et pour le pire.
    Ils ont tant semé de chaos par leurs escarmouches et leurs guerres,
    Que leurs souvenirs se rassemblent parmi les grottes qui transpirent.

    Colonnes basaltiques de la grotte de Fingal en Écosse.

  • Papa-Crêtu et Ramonette

    Papa-Crêtu et Ramonette

    Papa-Crêtu chantait bien fort pour attirer sa Ramonette
    Et la forêt résonne encore de ce beau ténor amoureux.
    Ils ont niché dans le confort en stridulant la chansonnette
    Dans un arbre en forme de cor pour un concerto savoureux.

    (Photo de Ben Pearce Parrot.
    « Papa-Crêtu et Ramonette » sont les oiseaux chanteurs de Mademoiselle Rigolette dans « Les mystères de Paris » d’Eugène Sue.)

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  • Dans la queue du Serpent

    Dans la queue du Serpent

    Dans le cœur des constellations, résonne la voix du passé
    Par la lumière enregistrée qui a vu notre monde naître.
    Voyez toutes les tentations que les hommes ont outrepassées,
    Des plus fortes aux plus sinistrées, dans les nébuleuses, apparaître.

    La nébuleuse de l’Aigle dans la constellation du Serpent.

  • Les histoires du chat qui pêche

    Les histoires du chat qui pêche

    Du plus profond du puits aux souhaits, là, sous les voûtes poissonneuses,
    Le chat qui pêche me remonte toutes ses meilleures histoires.
    Ainsi, je dois vous l’avouer, je recopie les plus fameuses
    Que je signe sans la moindre honte dans mes poèmes les plus notoires.

    Illustration d’Ira Sluyterman de Langeweyde.

  • Le sacre du printemps

    Le sacre du printemps

    Tandis que sur notre hémisphère nous célébrons l’heure de l’automne,
    De l’autre côté de la Terre, c’est le printemps. Ça vous étonne ?
    Ainsi l’équinoxe se danse à contretemps sur la planète
    Avec le temps, tout en cadence, au rythme des marionnettes.

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  • Le sacre de l’automne

    Le sacre de l’automne

    Lorsque leurs mains eurent caressé l’astre du jour en abondance,
    Elles en firent provision dès que l’automne fut annoncé ;
    Et le soleil leur adresser ses rayons de correspondance,
    Qu’elles cueillirent à profusion avant d’y bientôt renoncer.

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  • Les couleurs sorties de l’ombre

    Les couleurs sorties de l’ombre

    Je t’ai souvent croisée dans mes rêves d’adolescent, mais tu n’étais qu’une ombre.
    J’ai deviné ta silhouette dans les nuages éphémères, mais tu n’étais qu’informe.
    J’ai entendu ta petite voix dans mes jours de souffrances, mais tu n’étais qu’une onde.
    Alors j’ai tout quitté pour te rejoindre enfin et depuis tu es là et je t’aime en couleurs.

    Tableau d’Helenka Wierzbicki.

  • Couleurs de noces

    Mariages en roses, mariages en blanc,
    J’ai vu se marier, sous des couleurs étranges,
    Des mémoires en prose, des souvenirs tremblants
    Qui sont appariés à des roses orange.

    Ah que j’épouse enfin celle qui dans la nuit
    Brille comme une étoile et peint mes rêves en bleu ;
    Qui calmera ma faim, retirera l’ennui
    Et lèvera le voile qui aveugle mes yeux !

    Tableau de Marc Chagall.

  • Tout a une fin

    Tout a une fin

    Quand je vivais au paradis de l’enfance et de l’innocence,
    J’étais toujours de bonne humeur dans une jeunesse éternelle.
    Mais un jour, un serpent m’a dit, voulant m’offrir la connaissance :
    « Tout ce qui naît, vit et puis meurt, c’est la règle sempiternelle ! »

    Tableau « Adam et Ève chassés du paradis » par Marc Chagall.

  • La danse de la lune

    La danse de la lune

    J’aime la lune à quatre temps qui nous fait danser les marées,
    Qui rythme le cycle des femmes et adoucit les libidos !
    Toute la vie sans contretemps, sentir son corps redémarrer
    Quand son cœur remonte la gamme puis, décroît en decrescendo.

    Tableau de Holly Sierra.

  • Marie-Athéna

    Marie-Athéna

    Parfois les totems de sagesse se rencontrent pour pavoiser
    Pour échanger leurs mécénats et rassembler leurs armoiries.
    Ainsi la Chouette sauvagesse et la Colombie apprivoisée
    Scellent au courage d’Athéna, la sérénité de Marie.

    Photo de l’enfant bien-aimé à l’ Église de Grove City par Paul Fry.

  • La chanson de ma grand-mère

    La chanson de ma grand-mère

    Lorsqu’elle entonna sa chanson sur un air de vieille musique,
    Je n’en compris pas les paroles mais les nuances ranimèrent
    Le souvenir de l’enfançon au fond de mon cœur amnésique
    Qui découvrit, comme c’est drôle, le sourire de sa grand-mère.

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  • Le temps de la vierge

    Le temps de la vierge

    Voici septembre qui clôture les chorégraphies du solstice
    Qu’ont prodigué dans l’hémicycle les ballets d’étoiles filantes.
    Bientôt l’été en villégiature s’éclipsera dans l’interstice
    Du temps qui précède le cycle des feuilles mortes sanguinolentes.

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  • La vierge nacrée

    La vierge nacrée

    Il perce le flou de mes rêves, mes bleus de l’âme s’évaporent,
    Lorsque paraît en majesté l’éternel féminin nacré.
    Dans les dernières images brèves, je sens fuser de tous mes pores
    La sueur qui vient en attester l’amour de la vierge sacrée.

    Tableau de Daan Noppen.

  • La nuit des vierges folles

    Pendant la nuit des vierges folles, la lumière change de fréquence
    Et les sentiments se répandent sur le corps des folles d’amour.
    Les ombres créent des auréoles avec finesse et élégance
    Sur les rondeurs qui ne dépendent que de la caresse du jour.

    Les creux se transforment en fontaine de toutes sources de couleurs
    Et les rotondités deviennent des lanternes resplendissantes.
    Alors, mironton mirontaine, goûtons le plaisir sans douleur
    Qui flatte les régions pelviennes et les fesses rebondissantes !

    Quand l’amour devient une ivresse et les sensations colorées,
    La vierge folle révolutionne tout ce que vous croyiez savoir.
    La volupté enchanteresse illumine en teintes dorées
    Ce corps dont le cœur émulsionne de l’amour qu’il va recevoir.

    Tableaux d’Helenka Wierzbicki.

  • Apéritifs

    Pour hommes
    Entre grenadine et genièvre, parfois le choix est démentiel !
    Surtout lorsqu’une envie me presse : citron pressé ou menthe-à-l’eau ?
    Je demande à goûter des lèvres juste ce soupçon essentiel
    De qui me donnera l’ivresse et mettra mon cœur au galop.

    Pour femmes
    Si vous désirez découvrir l’extase et le plaisir des sens,
    Demandez donc à mon barres-man son cocktail spécial pour diablesses.
    Il parviendra à vous ouvrir, en dépit de toute décence,
    La vraie beauté d’un gentleman garnie des parties de noblesse.

    Mixte
    Pour bien réussir ce cocktail, saisissez votre partenaire
    Et retournez-la brusquement, secouée mais non agitée.
    Je tiens la recette immortelle d’un agent secret fonctionnaire
    Qui fut, chevaleresquement, expert en ingéniosité.

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  • L’âme pendue

    L’âme pendue

    Entre deux mondes de lumière, cette frontière inaccessible,
    Oscille la pensée humaine pendue entre deux infinis :
    L’illimité de la matière et ses particules fissibles ;
    Et ce qui incombe au domaine des étoiles en homogénie.

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  • Rêve de lune

    Rêve de lune

    Jamais aucun rêve de lune ne sait résister au soleil.
    Lorsqu’au matin l’astre paraît, tous mes songes s’évanouissent
    Sauf une réponse opportune, nichée dans le creux de l’oreille,
    Qui chuchote et puis disparaît pour que mon âme s’épanouisse.

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  • Trous de mémoire

    Trous de mémoire

    J’ai tellement de trous de mémoire que j’en ai écrit un roman
    À la manière d’un amnésique dont l’esprit se vide grain par grain.
    Aussi, je dédie ce grimoire à celles qui auraient, par moment,
    Besoin d’amour anesthésique pour oublier tous leurs chagrins.

    https:mymodernmet.comvisothkakvei-detailed-drawings

    Dessin de Visothkakvei.

  • Pietra Paon

    Pietra Paon

    Une robe en plumes de paon dissimulait sa nudité
    Gardée par les yeux vigilants de ses ocelles chatoyants.
    Sauf au milieu, entre deux pans, s’entrouvrait son intimité
    Pour le regard obnubilant d’un jeune faune, la côtoyant.

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  • Tandis que Maître Renard dort

    Tandis que Maître Renard dort

    Un jour, le corbeau s’oublia et le renard désappointé
    L’attendit toute la journée et s’endormit à poings fermés.
    Le lendemain, on publia que l’oiseau s’était accointé
    D’un canard faisant sa tournée dans des crémeries renfermées.

    Tableau de Louie Lorry.

  • Caravanes

    Caravanes

    Caravane du matin, tu te réveilles en plein mirage ;
    Caravane de midi, tu te restaures de couleurs ;
    Caravane au crépuscule, tu te remplis de souvenirs ;
    Caravane de la nuit, tu te reposes avec amour.

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  • La chatte bleue – 2

    La chatte bleue - 2

    L’intimité de la caresse commence dans le sens du poil
    Mais si l’on ose, avec paresse, la brosser à rebrousse-poil,
    D’abord la chatte un peu surprise grogne un peu en montrant les dents
    Mais finalement, elle est éprise et se laisse rentrer dedans.

    Tableau de Françoise Collandre.

  • La chatte bleue – 1

    La chatte bleue - 1

    Bien sûr, elle ne montre sa chatte qu’à ceux qui font patte de velours
    Avec une main délicate plutôt qu’à ceux qui sont balourds.
    Mais les caresses monotones l’ennuient dans le silence d’or ;
    Alors elle se pelotonne et, au beau milieu, elle s’endort.

    Dessin de Marini.

  • La moustiquaire

    La moustiquaire

    Préservant son intimité contre ses amants butineurs,
    Elle s’enveloppa d’un voile imperméable à leurs caresses.
    Mais c’est en nombre illimité que ses galants baratineurs
    Brillèrent comme des étoiles pour pénétrer sa forteresse.

    Dessin de Virgil Finlay.

  • Prendre la vie du bon côté

    Prendre la vie du bon côté

    Quand tu vois le monde à l’envers, tu changes de réalité
    Car tu perds tes points de repère comme une boussole qui perd le nord.
    En vérité, c’est l’univers qui t’offre l’éventualité
    D’abandonner ton vieux repaire pour vivre une vie après ta mort.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Super Vénus

    Super Vénus

    Les dieux l’avaient vêtue d’amour, symbole de fécondité,
    Comme une déesse héroïque dont l’arme était sa nudité.
    Alors Vénus, super-glamour, exposa sa rotondité
    Mais les prêtres, plus prosaïques, voilèrent son impudicité.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Psychœil

    Psychœil

    Comme mes yeux ne savaient voir que ce qu’un humain peut comprendre,
    J’ai demandé une vision quel qu’en soit le prix à payer.
    Si j’ai obtenu ce pouvoir, j’en ai senti mon corps se fendre
    Pour qu’en mon cœur en collision s’épanouisse l’œil éveillé.

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  • Yin Yang

    Yin Yang

    En joignant leurs boîtes à vitesse et leurs culasses débridées,
    L’homme et la femme sont carrossés afin de pouvoir s’emboîter.
    Pour égaler en robustesse leurs mécaniques hybridées,
    Ils les ont tellement cabossées qu’elles sont ardues à déboîter.

    Photo de Claudio Lara quelque part à Rio.

  • La femme du terroir

    La femme du terroir

    L’homme a voulu la confiner dans les caves d’obscurantisme
    Dont les voiles l’enveloppaient dans des comédies à tiroirs.
    Mais la femme s’est tant affinée dans ce sublime romantisme
    Qu’elle s’est ainsi développée comme une perle du terroir.

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  • Oiseaux lumière

    J’aime les oiseaux couronnés qui se penchent sur leur royaume
    Lorsque le soleil illumine leur auréole de lumière.
    Ils se tiennent encapuchonné d’un fier chaperon qui rayonne
    Perchés au trône qui culmine en position cérémoniaire.

    J’aime ces oiseaux pratiquant le culte de l’œuf créateur
    Et menant la cérémonie qui commémore leurs racines ;
    Solennellement s’appliquant, auguste artiste médiateur,
    À rejouer cette harmonie qui relie à nos origines.

    J’aime mes oiseaux renaissant du rituel sempiternel
    Que le phénix a instauré comme une loi universelle.
    Soyez, le soir, reconnaissants lorsqu’ils vous montrent l’éternel
    Pouvoir, sans cesse restauré, de l’impérissable étincelle.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • ¡ Viva la vida !

    Après la course contre la montre, la reine récompense son vainqueur
    Celui-là qui, dès le départ, disposait de tout l’inventaire.
    Alors deux consciences se rencontrent en fusionnant, de tout leur cœur,
    Chacun leur plus précieuse part, la plus petite élémentaire.

    Alors Dieu devient féminin et leur crée un petit royaume
    Où roi et reine ne font plus qu’un pour commencer leur pas de danse.
    Petit état, d’abord bénin, deviendra bientôt autonome
    En mettant un temps opportun pour se produire en abondance.

    Dans le temple secret de son ventre, la femme devient la prêtresse
    Qui apportera les offrandes à sa divinité intime.
    À l’intérieur, tout se concentre avec amour et allégresse
    Tandis que Femme-révérende devient la Mère-légitime.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La transe du cobra

    La transe du cobra

    Entendez-vous dans la savane danser ces farouches gardiennes
    Qui invoquent en levant les bras l’esprit du mâle de la montagne ?
    En transe au rythme de pavane, de farandole en file indienne,
    Elles implorent le cobra pour en jouir entre compagnes.

    Dessin de Ken Price.

  • La vue en rose

    La vue en rose

    Parfois mes rêves m’ont annoncé qu’un seul mot pouvait tout changer
    Et guider le monde morose vers le chemin de l’arc-en-ciel.
    D’un seul mot vibrant prononcé par le canal vert-orangé
    Du cœur qui voit la vie en rose et oublie le superficiel.

    Photo de Miguel « La Grande Vague Ángel quelque part en Espagne.

  • Les femmes de lettres

    Les femmes de lettres

    Je salue les femmes de lettre qui trempent leur plume du cœur
    Dans l’encre d’amours impulsives aux reflets couleur de passion.
    Conjuguant plaisir et mal-être au plus-qu’imparfait de rancœur,
    Dans les écritures cursives de leurs romans de compassion.

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  • Âges tendres et tronches de bois

    Âges tendres et tronches de bois, les lutins se mettent en transe
    Dès qu’ils entendent la musique gravée dans le creux des sillons.
    On rit, on chante, on danse, on boit et on conserve la cadence
    Jusqu’à ce que nos corps physiques nécessitent un bon roupillon.

    Mon gendre, ma fille et moi, revenant comme des joyeux lurons de la cueillette du bois avec nos fines tronches.

  • Vagues

    Vagues

    Que ce soit en vague de froid ou bien en vague de chaleur,
    La nature aime les caresses comme un fort reconstituant.
    Vague de crise, vague d’effroi ; vagues et fléaux de malheurs,
    Afin que la vie nous paraisse comme un navire fluctuant.

    Tableau « La Grande Vague » de Kanagawa.

  • La tâche

    La tâche

    Un petit monde organisé ne demandait qu’à s’évader
    De son gobelet de café pour une création divine.
    Dans un big-bang atomisé, les démons ont pétaradé
    Comme si Dieu avait gaffé en répandant sa caféine.

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  • Les faux coucous

    Les faux coucous

    Méfiez-vous des faux coucous qui font semblant de donner l’heure
    Sur un cadran falsifié ou une horloge désuète.
    D’abord, ils sonnent treize coups, juste pour vous donner le leurre,
    Lorsque minuit vient signifier que ce jour devient obsolète.

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  • La créatrice

    La créatrice

    Au début Dieu créa le monde qui n’était pas si bien que ça ;
    Les couleurs lui semblèrent immondes à tel point qu’il y renonça.
    Ce fut sa petite dernière, une angelette artiste en herbe,
    Qui les agença de manière que Dieu jugea l’œuvre superbe.

    Dessin de Karin Taylor.

  • L’impossible réalité

    L’impossible réalité

    Je prends le problème à l’envers quand tout me paraît impossible
    Car je ne puis m’imaginer que je suis mal positionné.
    Ainsi les lois de l’univers qui se montrent incompréhensibles
    M’apparaîtraient mieux machinées si j’étais moins conditionné.

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  • Les chemins à l’envers

    Les chemins à l’envers

    Si tu vis ta vie à l’envers et prends les chemins de traverse,
    Tu finiras par arriver là où personne n’est allé.
    Peut-être dans un univers qui tournerait à la renverse
    Où les dieux seraient dérivés de ta prouesse décalée.

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  • Déjeuner toute seule

    Déjeuner toute seule

    Toute seule, elle souhaitait déjeuner afin de nourrir de soleil
    Son corps qui présentait l’offrande de son exquise nudité.
    Par le parfum doux des genêts, elle fut plongée dans un sommeil
    Qui fit fantasmer la gourmande vers des envies préméditées.

    Photo de Jacques Henri Lartigue.

  • Les ondes courtes

    Les ondes courtes

    Te souviens-tu des ondes courtes qui nécessitaient du doigté
    Pour capter la partie sensible afin que nous nous connexions ?
    Dans ces fréquences ultracourtes, l’auditeur pouvait convoiter
    Des jets d’émissions transmissibles par son antenne en érection.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Derrière ma fenêtre bleue

    Derrière ma fenêtre bleue

    J’ai percé les murs insondables de l’enveloppe de mon corps
    Par la fenêtre de mon âme qui développe ma raison.
    Frontière sur l’indécidable qui me trouble encore et encore
    Mais qui ouvre, comme un sésame, l’obscurantisme de ma prison.

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  • Sous les pavés bleus

    Sous les pavés bleus

    Le sable est bleu sous les pavés, le sable est d’or dans le silence
    De la nuit aux tons d’outre-mer que la marée vient déposer.
    Demain, les espoirs délavés par les ombres et la rutilance
    Des jolis rêves éphémères viendront au jour s’y reposer.

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