Lorsque la femme ôta le voile qui obscurcissait sa nation,
Elle apparut en évoquant la vérité sortant du puits.
Ce trésor caché sous la toile qui n’était qu’imagination
Devint le charme provoquant jamais inégalé depuis.
Tableau de Timothy M. Parker.
Lorsque la femme ôta le voile qui obscurcissait sa nation,
Elle apparut en évoquant la vérité sortant du puits.
Ce trésor caché sous la toile qui n’était qu’imagination
Devint le charme provoquant jamais inégalé depuis.
Tableau de Timothy M. Parker.
Lorsque Princesse fut venue, Renard fut pris au dépourvu.
Par une rose, sans pavoiser, il tenta de l’apprivoiser.
Elle exigea son héritage mais il répliqua sans ambages :
« Jolie princesse, de ton tonton, j’ai dévoré tous ses moutons ! »
Tableau de Dimitri Milan.
Quand la voiture est flambant neuve, l’homme paraît très attentif ;
Quand la fiancée est nouvelle, l’homme accède à la perfection.
En quoi que ce soit qui l’émeuve, l’homme deviendra préventif.
En conséquence, mesdemoiselles, roulez en caisse de collection !
Tableau de Héléna Lam.
En suivant le train des saisons, passer de l’automne en hiver
Revient à changer de couleur en plusieurs méandres éreintants.
Et je m’endors là, sans raison, dans le brouillard des faits divers
Pour hiberner de mes douleurs jusqu’à la station du printemps.
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Aujourd’hui en pleine lumière,
Hier, déjà plongé dans la nuit,
Demain derrière la barrière,
L’éternité quand vient l’ennui.
Le temps qu’il fait ou transitoire,
Nous le vivons et l’éprouvons,
Toute une succession d’histoires
Qui pleuvent, ventent et puis s’en vont.
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Un feu rissole sous le sable, un soleil d’or crève son œuf,
Un vent d’épice fouette les vagues, une femme ajuste son foulard.
Sur la jetée, mon cœur divague d’un affect qui n’est plus tout neuf :
Ce souvenir impérissable de l’omelette de la mère Poulard.
Photo des vagues d’or de la baie du Mont Saint-Michel par Mathieu Rivrin sur www.mathieurivrin.com
De l’autre côté du miroir, le poète a choisi son camp
Loin de la raison du plus fort : soit manger ou être mangé.
Son monde à lui, dans ses tiroirs, parmi ses cahiers conséquents
Où l’humour rit en métaphores d’amours et d’humeurs mélangées.
Tableau de Norman Rockwell.
Foin des matheux, des intellos ! Fabienne a choisi ses pinceaux
Pour mesurer le vaste monde et l’exprimer par la peinture.
Désordonnée, méli-mélo, mais cœur vaillant in extenso,
Son inspiration vagabonde colore ma belle aventure.
Tableau de Norman Rockwell, 1930.
Aujourd’hui brille comme l’or, demain s’enfuit en décalage ;
L’effet Doppler met, sur le temps, une distorsion métaphysique.
Puis, au moment où je m’endors, quand l’esprit lâche l’attelage,
L’au-delà m’ouvre ses battants et hier devient amnésique.
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N’en déplaise à l’amirauté, le capitaine leva l’ancre
Préférant aux combats navals l’attrait de la marine marchande
Au fil des pages numérotées, saturées de l’odeur de l’encre
Et de zouaves de carnaval pour faire face à la contrebande.
Les doigts tachés de lotus bleu, les yeux en boule de cristal,
Le front haut, l’oreille cassée et le nez pointé vers l’ouest,
Nous avons fait bois de tout feu, fini parfois à l’hôpital,
Bras et jambes escagassés mais bien vivants, tonnerre de Brest !
Ainsi, à bord de la Licorne, les aventuriers taciturnes
Abordèrent l’île mystérieuse sans trouver le moindre trésor.
« Cornes de bouc et triple cornes ! » cria le marin de fortune,
« Cette aventure est laborieuse. Mille millions de mille sabords ! »
Tableau de Ludo D. Rodriguez.
Il suffit de passer le pont … Aussitôt les arches ont du lait !
C’est une particularité très appréciée des connaisseurs
Qui remontent sous le jupon, sous le tablier ondulé,
Pour boire la singularité de ce nectar rajeunisseur.
Tableau de Marco Demasi.


Lorsque les reflets s’échappèrent de la lumière capturée
Par un miroir fourbe et jaloux qui les gardaient indivisibles,
Les sept couleurs s’émancipèrent de l’image caricaturée
Pour s’en aller à pas de loup et disparaître dans l’invisible.
Le miroir devenu sans tain, abandonné par sa lumière,
En appela à l’occultisme pour anges et démons infléchir.
Alors un sorcier plaisantin lui enferma une chimère
Afin de sortir du mutisme et de parler sans réfléchir.
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Au plus profond de ma mémoire, je ressens cette rémanence
De la carte des dieux antiques que les étoiles me révèlent.
Ces souvenirs dans cette armoire scellée de ma grise éminence
Décoiffent mon cœur romantique que la Voie lactée échevelle.
Quand l’œil a besoin de lumière, quand le cœur a besoin d’amour,
Les nuits infinies cauchemardent comme un aveugle désespoir.
Mais ce ciel couvert de poussière demeure jusqu’au petit jour
Où s’enfuit enfin la camarde dans un premier rayon d’espoir.
J’aime ce moment de silence juste à la levée du rideau
Dans le brouhaha volatile des oiseaux sacrificateurs.
Seule une étoile en vigilance luit sur les toits pyramidaux
Du scintillement versatile du jour nouveau annonciateur.
Ciels nocturnes sur l’île de Santorin.



Mon passé ressemble au miroir dans lequel mon présent se mire ;
Mon futur ne reflète rien sinon une mise en Abyme.
Toutes ces histoires à tiroirs ne font rien d’autre que m’endormir
Et les échos des ivoiriens me précipitent dans l’Abîme.
Mais si mon imagination me permet de me dupliquer
De l’autre côté de la glace à l’infini mais à l’étroit,
Il me faudra faire attention car ce sera plus compliqué
De gagner ma véritable place soit à l’envers, soit à l’endroit.
Ce serait vraiment renversant d’apercevoir tous mes complexes
Complètement à l’opposé de mon caractère imparfait.
Je trouverais bouleversant de m’entrevoir dans l’autre sexe
Et que mon passé composé se retrouve au plus-que-parfait.
La mise en abyme est un procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre – un tableau dans un tableau, un texte dans un texte – et l’accent circonflexe de cime est tombé dans l’abîme, c’est bien connu.
Demain, nous serons en décembre, le mois préféré des enfants.
Je propose de mettre à l’honneur ceux qui ont charmé mon enfance :
Instaurons le trente novembre comme la fête des éléphants ;
Un jour dédié au bonheur d’enfin rétablir leur défense.
Poster de Jan Mlodozeniech, 1966.
Pour quitter novembre en beauté, les chevaux forment une parade
Sans ignorer de rappeler toutes les couleurs honorifiques.
Quatre fers en or aux sabots, un peu de rouge de Léningrad,
Au temps où l’histoire l’appelait Saint-Pétersbourg la magnifique.
Poster de cirque russe.


Quand le moment semble imminent, quand l’instant propice est venu,
Mon cœur arrête de respirer et mon souffle cesse de battre.
Ô corps divin proéminent ! Que sont mes pensées devenues ?
Plus rien ne saurait transpirer de mes grands yeux couleur d’albâtre.
(Tableau de Michael Carson.
Eh oui, la première fois que j’ai vu une femme nue, mes yeux en transpiraient !)
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Lorsque les chevaux s’échappèrent du carrousel de mon enfance,
Leur liberté creva le voile qui serrait en vain son étreinte.
Puis, les chevaux s’émancipèrent et abaissèrent leur défense
En chevauchant sous les étoiles, affranchis de toute contrainte.
Tableau de Tracie Grimwood.
Avant le résultat final qui atteindrait l’être suprême,
L’évolution fit des femelles, toutes solutions confondues.
Ainsi le plus original échantillon de ce harem,
Fut l’exemplaire aux deux mamelles et son petit fruit défendu.
Dessin de Jean-Claude Mézières.
La météo de mes humeurs prévoit des pluies de souvenirs
Et des vents d’images d’enfance comme une bande dessinée
Colorée selon les rumeurs et les réclames d’avenir
Qui défilent en connivence dans ses échos disséminés.
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Au fond du cœur de l’univers, l’amour serait né d’une étoile
Infinitésimalement réduite à sa seule expression.
Mais après tout, à quoi ça sert d’utiliser une grande toile
Pour n’y peindre finalement que sa plus divine impression ?
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Quand le jour épouse la nuit, le ciel se tait en somnolence ;
Le soleil luit d’un rayon vert et voici la première étoile.
Sous le rituel, plus un bruit ; la faune et la flore en silence
Cérémonieusement révèrent la mariée jetant son voile.
Tableau de Séréna Malyon.
J’aime la voix de la sirène le soir au fond des océans
Dont les vagues longues envoyées enchantent mon cœur apaisé.
J’aime la chanson souveraine de la maîtresse des céans
Dont les ondes iront me noyer sous ses caresses et ses baisers.
Tableau de Gabriel Pacheco.
La petite reine se maquille en rose
Pour farder son phare et sa chaîne en or.
Jamais à la traîne, jamais se repose
Le timbre en fanfare quand elle est dehors.
Lorsque sa maîtresse va chez son copain,
La garde, elle monte, fidèle pucelle.
Mais elle se redresse quand un galopin
Propose sans honte un tour sur sa selle.
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L’arithmétique de l’univers attribue au nombre dix-neuf
Le bel atome de Potassium symbolisé par un grand K.
Ainsi donc si tu persévères à conserver un regard neuf
Et développer ton consortium, tu gagneras dans tous les cas.
On extrait des eaux de la mer cette substance prolifique
Qui offre les meilleurs produits à l’industrie agronomique.
Toi, tu as germé de ta mère pour une voie honorifique
Et entreprends dès aujourd’hui une carrière astronomique.
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Quels rêves forme un capitaine qui va s’embarquer pour un an
Dans sa course autour de la Terre pour acquérir une expérience ?
Et vers quelles terres lointaines va-t-il naviguer maintenant
Qu’il montre un nouveau caractère qui s’aguerrit avec vaillance ?
Tableau de Michiel Schryver.
Là où les couleurs s’entremêlent dans un désert de souvenirs
Qui semblent identiques à moi-même jusqu’à l’horizon infini,
Ici, l’enfance se jumelle aux expériences à venir
Mais jamais n’en vois le dilemme ; rien n’est encore prédéfini.
Après dix ans de traversée dans l’obscurité du passé
Depuis les aurores naissantes aux crépuscules du parcours,
Après avoir ri et versé des larmes fausses et compassées
Parfois aussi reconnaissantes de me nourrir jour après jour.
Heureusement l’adolescence secoue le rythme quotidien
Et badigeonne de couleurs les murs de ma chambre-prison.
Dont je m’évade pour l’essence d’un nouveau flux thyroïdien
Qui donne aux premières douleurs la soif de nouveaux horizons.
Pour échapper à sa misère, l’animus aime imaginer
De tracer de nouvelles routes et tisser de nouveaux réseaux.
Mais la traversée du désert fait place au monde halluciné
D’un futur qui met en déroute l’anima parquée dans des zoos.
Rien ne se perd, rien ne se crée, selon la loi de Lavoisier ;
Tout se transforme en illusions et en mirages parachevés.
Tel est le principe sacré supposer me rassasier
De ce désert de collusions d’un univers inachevé.
Tableau de Fabienne Barbier
Puisque tout vous est proposé, prêt-à-aimer, prêt-à-penser ;
Puisque tout est copier-coller, conditionné sous cellophane ;
On pourrait dès lors supposer que ceux qui sont récompensés
N’inventent rien d’extrapolé puisqu’il suffit d’être profane.
Variante
En supposant qu’on numérise l’ensemble de tous les écrits,
On obtiendrait alors un nombre qui contiendrait l’humanité.
Ainsi les chiffres polymérisent n’importe lequel des manuscrits
Tapi dans l’ombre et la pénombre des chiffres en infinité.
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Demain, je me réveillerai, très tôt, comme à l’accoutumée,
Pour emprunter la route étroite qui plonge au cœur de la forêt.
Demain, je m’émerveillerai, sitôt sur la voie parfumée
De cette rosée maladroite perlée d’une aube phosphorée.
Tableau d’Anne-Marie Bone.
Pour s’empêcher de s’expliquer, Dieu a dû se couper la langue ;
Pour esquiver ses souvenirs, Dieu a effacé sa mémoire.
Voilà pourquoi c’est compliqué de comprendre le yin et le yang ;
Voici pourquoi notre avenir se cache derrière la matière noire.
(Tableau de Christopher Newport Bracket.
« Un peintre devrait commencer par se couper la langue pour s’empêcher de parler et d’expliquer ce qu’il a voulu dire à chaque coup de pinceau… » Henri Matisse.)
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Jolis quartiers aux murs de pierres, jolis balcons de floralies,
Tous les villages en Germanie s’ornent du rose de Thuringe.
Depuis le printemps en Bavière jusqu’à l’automne en Westphalie,
Les vieux châteaux en Rhénanie rêvent encore de beau linge.
Petit village quelque part en Allemagne.


Frères de lait, frères de loup, m’entendez-vous ? Écoutez-moi !
Frères humains, frères de sang, où êtes-vous ? Dites-le moi !
Enfant, j’étais un peu jaloux de votre vie au fond des bois,
Candide, en un mot comme cent, mes rêves ne faisaient pas le poids.
Sœurs sauvageonnes, un peu sorcières, filles des bois, je vous entends !
Sœurs indomptables, un peu farouches, qui parlent la langue sacrée !
Les animaux bénéficiaires de vos amourettes d’antan
Veillent vos fils de même souche le soir sous la lune nacrée.
Tableaux de Gabriel Pacheco.



Vendredi, soirée émeraude ; portez du vert, couleur d’espoir !
Rendez-vous au coin de la rue ; un taxi vert y est prévu.
Cette nuit le mystère rôde ; fini l’ennui, le désespoir ;
Quand l’inconnu est apparu, l’inattendu est imprévu.
Samedi soir, gala topaze ; tenue en jaune, couleur soleil !
Rendez-vous devant votre porte ; un taxi ambre y attendra.
Cette nuit, montez sur Pégase, partez au pays des merveilles
Et découvrez tout ce qu’apporte celui qui vous tendra les bras.
Dimanche, nocturne rubis ; couleur de joie, couleur d’humour !
Rendez-vous devant l’opéra, un taxi rouge stationnera.
Cette nuit à l’instant subit, vous rencontrez le grand amour
Et après… « Que sera, sera… » l’avenir vous passionnera.
Tableaux de Héléna Lam.
Tous les conflits préjudiciels se contrarient tous à la fois.
Entre savants et magiciens, qui apportent le meilleur remède ?
La religion des fils du ciel soutient les ailes de la foi
Tandis que la loi des physiciens défend la poussée d’Archimède.
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Quand l’ange fume un bleu de l’âme, le démon lui grille son corps ;
Quand l’ange boit pour oublier, le démon lui verse un magnum ;
Quand l’ange devient une femme, le démon de midi encore
S’agenouille pour la supplier de lui pardonner d’être un homme.
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Dans les trains de nuit, dans les trains de rêves, les trépidations excitent les sens ;
Mais nul ne regrette ces heures trop brèves dans le wagon-lit plein de jouissances.
L’allure en cadence rythme les amours, feutre les ébats, endort les amants ;
Demain sur le quai, tôt au petit jour, on regrettera ces charmants moments.
Tableau de Gabriel Pacheco.
Lorsque l’amour t’emballera, quand l’amourette cavalera,
Économise ta monture pour profiter de l’aventure.
Lorsque ta belle embrassera, quand la passion s’embrasera,
Donne à l’étalon sa pâture pour nourrir sa progéniture.
Tableau de Gabriel Pacheco.


La mante à vélo, juste au petit jour,
Cherche un partenaire pour faire la fête.
L’amant, ce ballot, juste après l’amour,
Mari débonnaire, en perdra la tête.
Avec quel culot, avec quel humour
Notre missionnaire baise sa conquête !
Quel méli-mélo ! Comme c’est balourd,
Quand la tortionnaire dévore la bête !
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Si jamais une plume d’aigle, trempée dans le sang de l’histoire,
Me racontait les origines des autochtones et leurs fratries,
En dépit de toutes les règles écrites au rythme des victoires,
Je comprendrais, je l’imagine, l’absurdité de la patrie.
Tableau de Sophie Wilkins.
Si tu faisais rimer ensemble l’instinct du côté animal
Avec tes envies viscérales, ta vie deviendrait frénétique !
Mais si ton existence ressemble à une histoire qui finit mal,
Alors tu vis pour la morale mais tu ne soignes pas ton éthique.
Photo du film de Claude Lelouch avec Jacques Brel, Lino Ventura, Charles Denner, Aldo Maccione, Charles Gérard et la participation de Johnny Hallyday.
Embrasés par les collisions de cœurs d’étoiles et de comètes,
Tous les atomes de mon corps se souviennent encore du feu
Dont l’univers fit provision lors de la création des planètes
Et qui se dissémine encore jusqu’à la pointe de mes cheveux.
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Te souviens-tu des temps anciens où tout se faisait à cheval ?
Manger, dormir et chevaucher, faire l’amour et puis mourir.
On confiait les béotiens dans des bordels de carnaval
Que déniaisaient des débauchées qui d’amour savaient les nourrir.
Tableau de Juan Carlos Verdial.
Caméléon par sa tenue, ses fesses deviennent écarlates
Lorsque le rouge de l’amour lui donne l’épanouissement
Qui se transmet, par son dos nu, aux mamelons, on le relate,
Qui offrent la touche glamour d’un délicat rougissement.
Photo de Jasmine Deporta.
La vérité devient mensonge dans ce miroir interstellaire
Qui dessine un « oui » quand il croît, et trace un « non » quand il décroît.
La réalité devient songe durant ses éclipses solaires
Et la nuit se met à l’endroit dans un jour réduit à l’étroit.
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Mes pas me ramènent au puits de lumière
Où je recevais quand j’étais enfant
Tous les phénomènes en avant-première
Du monde des fées qui m’enchantait tant.
J’ai connu dans l’arbre de la forêt noire
Une arborescente présence du jour.
Gravée sur le marbre blanc de ma mémoire,
Cette voix perçante me parle toujours.
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L’automne digère en silence ce que la terre a récolté
Dans ses chemins intestinaux sous les rafales de crachin.
La vie réduite en pestilence disparaît sans se révolter
Nourrir des sucs originaux ce qui renaîtra l’an prochain.
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La loi de la gravitation semble intéresser la nature
Dont la flore étend ses rameaux soumis à l’attraction lunaire
Qui provoque une agitation sur toutes sortes de créatures…
Toujours est-il que les ormeaux en ont la branche luminaire.
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La vie, dans le rétroviseur de mon véhicule de chair,
M’apparaît triste en profondeur et souriante dans les hauteurs.
Et ce soleil hypnotiseur plonge vers ce que j’ai le plus cher
Dans l’arrière-plan transpondeur de mon bilan psychomoteur.
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Je ne sais plus qui de Clotho, de Lachésis ou d’Atropos
Ont filé la vie qui m’enrobe d’une complexe chrysalide…
Si j’avais gagné au loto ç’aurait tombé bien à propos
Mais je suis pauvre comme Job, déboussolé et invalide.
Clotho m’avait bien fabriqué tout en métal et fer forgé
Avec un cordage bien droit, incassable et garanti cent ans.
Lachésis m’avait imbriqué dans une admirable apogée
Où j’aurais dû devenir roi ou empereur, cela s’entend.
Mais Atropos, devenue folle, m’a coupé l’herbe sous les pieds
Dans de trop nombreux accidents qui m’ont, le corps, un peu rouillé.
Tant pis si je ne batifole pas dans un luxe qui me sied,
Car c’est la rouille, en m’oxydant, qu’aura, ma mort, fort embrouillée.
(Tableaux de Gabriel Pacheco.
Dans la mythologie des trois Parques, Clotho fabrique le fil de la vie, Lachésis le déroule et Atropos le coupe.)
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Sans voix restèrent les pingouins, comme si la mer sonnait l’alarme,
Lorsque deux jambes au port de reine se substituèrent à sa queue.
Pourtant elle n’en souffrit point, aucun remords, aucune larme ;
Juste un regret pour la sirène d’abandonner son monde aqueux.
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