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  • Les potions de la Vierge

    Les potions de la Vierge

    Le mécanisme du vivant depuis six cents millions d’années
    Passe par un tube digestif en évolution permanente.
    La Vierge et son feu innovant par la cuisson nous ont mené
    Vers le transit plus objectif d’une absorption plus pertinente.

    Cette boîte noire organique aux propriétés alchimiques
    Dissimule son laboratoire où tout agit en synergie :
    Agents gastriques et hépatiques – plus toute l’usine chimique,
    Multifonctions préparatoires, et productrice d’énergie.

    Depuis le bol alimentaire, passé la bouche salivante,
    De l’alambic de l’estomac au serpentin de l’intestin,
    La Vierge dresse son inventaire avec la machine vivante
    En nous distillant sa pharma jusqu’au terminus du festin.

    Pour Élyäna, il est sacré de se nourrir selon l’accord
    De la nature qui assouvit tous nos besoins nutritionnels.
    « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et devient corps,
    Du microbiome de la vie au stade adulte fonctionnel.

    Ärÿnor perçoit l’équilibre : un esprit sain dans un corps sain ;
    Ce qui entre doit correspondre à toute l’énergie consommée.
    Pour vivre heureux et vivre libre sans recourir au médecin,
    L’alimentation doit répondre au mode de vie assumé.

    Mais pour Élyäna, l’équilibre semble un frein à l’évolution
    Et le futur n’est pas inscrit à l’intérieur des chromosomes.
    Et que faut-il pour vivre libre sinon faire des révolutions
    Notamment dès le premier cri des jumeaux naissant en binôme ?

    Pour l’instant, l’énergie circule du placenta aux embryons.
    À l’aune de la Vierge du sommeil, Ärÿnor guide les voyageurs
    Qui quitteront leur véhicule au sein de leur amphitryon
    Sitôt que la Vierge de l’éveil sonnera le moment majeur.

    Illustration de Letaxä.

  • La vampire

    La vampire

    Si le vampire ne fait plus peur que dans les salles de cinéma,
    On n’y croit plus et c’est un tort car il paraîtrait qu’ils existent.
    Contrairement à la stupeur que provoque les anciens schémas :
    Canines dignes d’alligator et visiblement fantaisistes.

    Pas du tout, les nouveaux vampires continuent à boire du sang
    Mais préparé et collecté par des filières pédophiles.
    Les trafiquants n’sont pas les pires ; les pires sont les compatissants
    Qui en consomment, affectés par la terreur gérontophile.

    Hélas, passé un certain âge, notre sang est dévalué
    Et ne vaut que s’il est connu du grand public comme vedette.
    Tout ça pour dire que l’avantage de rester sous-évalué
    Me met à l’abri d’inconnues aux dents longues et jeunettes.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • Cupidon exagère un peu !

    Cupidon exagère un peu !

    Parfois pour lever une meuf, je dois faire tellement d’effort
    Que Cupidon, pensant bien faire, met les bouchées doubles à son arc.
    Et neuf cent quatre-vingt-dix-neuf flèches partent, sifflent et perforent
    Le cœur et tout est à refaire et tout laver avec Saint-Marc…

    Effacer les traces de sang, reboucher les trous dans les murs,
    Rincer les peines et les pleurs et balayer tous les remords.
    L’amour, lui, l’éternel absent doit se planquer dans son armure
    Pour parer les couronnes de fleurs qui jonchent ceux qui en sont morts.

    Tableau de Tran Nguyen sur https:momentsjournal.comtran-nguyen-surreal-dreamy-paintings-soft-delicate-beautiful .

  • Rubics-robe

    Rubics-robe

    Il n’y a qu’une combinaison qui puisse déboutonner sa robe
    Et je n’ai droit qu’à un essai de dix manipulations max.
    Pour les maths, j’ai l’inclinaison mais ma mémoire se dérobe
    Et j’ai fait beaucoup trop d’excès de vitesse par contumax.

    Hé oui, je suis un vieux de la vieille en déboutonnage de robe
    La Rubrics-robe me rend perplexe et les filles n’aiment pas les loosers.
    Or je connaissais à merveille une astuce pourtant très probe
    Pour déboîter ce complexe amas de carrés abuseurs.

    Ça me revient !

    Il suffit d’une tape franche au popotin de la donzelle
    Pour faire voler en éclat tous ses carrelets de couleurs.
    Soit, le truc astucieux la branche et on part pour la bagatelle,
    Soit, elle en fait tout un plat et j’vous raconte pas la douleur !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Sous la carapace

    Sous la carapace

    Les femmes dont la carapace dresse une barrière aux machos
    Ont le sang bleu quand elle l’écarte devant les hommes qui leur plaisent.
    Étrangement cela se passe parmi les princes au sang chaud
    S’ils savent bien jouer aux cartes notamment celle du Père Blaise.

    Cet herboriste de Marseille qui aurait fondé la potion
    Qui rendrait la peau si épaisse qu’elle en bleuît la tendre chair.
    Oui mais comment une pareille nouvelle devient-elle addiction ?
    Pardi ! À cause des princesses putatives de l’être cher.

    Lorsque l’une m’a fait le coup, ça m’a flatté, je vous l’avoue,
    Qu’une petite souveraine me trouve mignon à son goût.
    Ma femme m’aurait tordu le cou si elle savait qu’j’ai rendez-vous
    Dans la suite dite « des sirènes » où disparaissent les vieux grigous.

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  • Le cactus

    Le cactus

    À force de se faire arracher robe et maillot par son cactus
    Elle a fini par vivre nue dans sa villa avec piscine.
    Depuis, le cactus rabâché a poussé droit vers les stratus
    Mais l’habitude est retenue et ses voisins, ça les fascine !

    Alors les épouses en colère ont bien tenté de rhabiller
    La voisine exhibitionniste mais rien à faire, elle est trop forte.
    Même la police oculaire, je vous en fiche mon billet,
    Est demeurée protectionniste envers la tenue qu’elle porte.

    Or le prix de l’immobilier a grimpé en flèche depuis
    Même les balcons sont loués à l’heure à l’ombre des glycines.
    Le maire devenu fou à lier s’est mis à se creuser un puits
    Officieusement a avoué qu’il allait jusque sous la piscine.

    Tableau de Thomas Saliot.

  • L’Europe starlette – 2

    L’Europe starlette - 2

    Mais la starlette de trente ans a trouvé un rôle à sa taille
    Taille de guêpe pour se glisser entre les deux grandes puissances.
    Et qu’ils soient ou non consentants, ils vont devoir livrer bataille
    Dont les armes sont policées par ceux qui en font jouissance.

    On ne sait pas qui sont les bons ni même qui sont les méchants
    Ou pire, ils changent tout le temps selon les médias assouvis.
    Une opinion qui fait des bonds parmi le peuple à contrechamps
    Entre les forces de l’OTAN et le pacte de Varsovie.

    En fait, on reconstruit l’Histoire que l’Europe a connu naguère :
    Des petits royaumes qui s’envoient pis que pendre et coups d’escarmouches.
    Et de nos jours, il est notoire que ceux qui veulent partir en guerre
    Sont les descendants dont la voix parlent comme le « prince des mouches ». †

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy . † Belzébuth

  • Napoléon Bon Appart II

    Napoléon Bon Appart II

    Pour vivre heureux, vivons cachés là où Dieu ne voit plus personne
    Soit à l’intérieur des montagnes, soit dans les abris souterrains.
    Veillons à ne plus s’attacher aux religions qui nous façonnent
    Et nous formatent nos compagnes comme souffre-douleur souverain.

    Dans l’obscurité minérale, loin des cieux et dieux en colère,
    Nous bâtirons nos espérances avec du béton et du verre.
    Loin des croyances sidérales, loin sous la calotte polaire,
    Nous romprons avec nos errances et tous nos soucis terre-à-terre.

    Mais il faudra creuser profond pour accueillir dans nos palais
    Le tombeau de nos vanités et les souvenirs rapportés.
    Même en réduisant les plafonds, il nous manquera des balais
    Pour ôter toute insanité de cette planète avortée.

    Sous la roche nous tairons nos dieux devenus tous sourds en chemin
    Et nos silences auront pour toits toutes les montagnes des Grisons.
    L’Histoire fermera ses yeux sur ce qui reste en nous d’humain
    Et l’ombre prendra tout le poids d’un monde qui n’a plus d’horizon.

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  • Histoires à endormir la sirène

    Histoires à endormir la sirène

    Depuis que je l’ai ramenée secrètement à la maison,
    J’ai cédé la salle-de-bains en guise de chambre à coucher.
    Mon lit étant trop suranné, j’ai dû me faire une raison
    Et le soir je suis son larbin après être allé me doucher.

    Car je dois lui lire une histoire de marins et leur capitaine
    Pour qu’elle s’endorme comme un enfant bien avant d’arriver au bout.
    Or il est devenu notoire pour ma sirène puritaine
    Qu’elle dort mieux en étoffant mes histoires à dormir debout.

    Pour cela je dois la rejoindre entièrement nu dans la baignoire
    Tout en inventant une suite piquée de suspense et d’humour.
    Ensuite je dois lui adjoindre une descente dans les eaux noires
    Où nous partons à la poursuite de rêves où nous faisons l’amour.

    Tableau de Walter Zakarlo.

  • L’union sacrée des sirènes

    L’union sacrée des sirènes

    Plus on est de sirènes tendres et plus on rit sur le rivage
    Et plus il y a de matelots et plus on se remplit le ventre.
    Il suffit simplement d’attendre, le vendredi, les arrivages
    À la criée méli-mélo dans les halles et les hypercentres.

    Elles se glissent déguisées en thon à l’intérieur des chambres froides
    Et guettent les beaux poissonniers qui se radinent dare-dare.
    Car dès qu’ils pointent leurs mentons, il lui arrive une escouade
    D’amatrices de fruits garçonniers qu’on se déguste façon tartare.

    Tableau d’Evelyn De Morgan.

  • Le Cœur du Lion

    Le Cœur du Lion

    Pionnier de l’essence de vie, passeur de l’âme dans le corps,
    Le cœur initie l’existence dans laquelle s’éveille le Lion
    Dont l’ambition inassouvie commence à planter le décor
    Pour diriger avec prestance ce qui se joue dans l’embryon.

    Entre le cœur et la raison, le cœur assure la régence
    Et mettra toujours son veto sur les dossiers des sentiments.
    Pourtant c’est sans comparaison que le cœur a fait allégeance
    Pour servir le corps « in petto » et assumer les nutriments.

    Car entre la vie et la mort, le cœur fidèle à son devoir
    Assure jusqu’au bout son rôle qui est avant tout de survivre.
    Loin de jouer les matamores, il est le seul à s’émouvoir
    Lorsque l’amour a la parole car il lui faut aimer pour vivre.

    Élyäna sait les valeurs dont le cœur a fait ses devises :
    La justice, la tempérance, la force ainsi que la prudence.
    Quatre vertus qui s’évertuent à ce qu’elles seules supervisent
    L’existence avec déférence envers la divine Providence.

    Ärÿnor ne craint ni l’ardeur, ni les élans intempestifs
    Car les vertus sont quatre clefs permettant la modération.
    Et s’il passe un mauvais quart d’heure par un affolement affectif,
    Il sait qu’il est aussi musclé contre les pires exécrations.

    Élyäna connaît ses faiblesses et les dangers des effusions
    Lorsque la raison abandonne au profit d’un cœur débridé.
    Les charmes de quelques diablesses peuvent aussi à profusion
    Porter l’amour que désordonne un Cupidon trop déridé.

    Ärÿnor saura l’entraîner et le guider lors des efforts
    Par des activités sportives et une alimentation saine
    Mais sans se laisser engrener dans l’excès de plus en plus fort
    Et dont la moindre récidive pourrait se révéler obscène.

    Illustration de Letaxä.

  • La Terre du milieu

    La Terre du milieu

    Bien sûr, la Terre est ronde mais ce qu’on ne sait pas
    C’est « qui vit au milieu sous le manteau terrestre ? »
    Est-ce l’enfer qui gronde pour le moindre faux pas ?
    Ou, au contraire, un lieu de mise sous séquestre ?

    Vous êtes loin du compte ! C’est le domaine de dieux ;
    Cet ancien Élysée connu comme Mont Olympien.
    C’est là que l’on raconte les épisodes odieux
    Et les billevesées sur le mythe Œdipien.

    On croit son cœur de braise, de feu comme une étoile
    Cependant qu’à l’inverse, c’est le nec plus ultra :
    Un endroit où l’on baise, où chacun se dévoile
    Et vit à la renverse un vrai Kamasutra.

    Là, le temps se dénude et suspend tous ses droits ;
    Les corps deviennent signes et les âmes, paysages.
    On échange les masques, on renverse les proies
    Et la vérité nue dévoile son visage.

    Tableau de Raymond Douillet.

  • Une journée de détente

    Une journée de détente

    Ces instants volés de détente aux folles heures d’activités
    Sont l’oasis dans le désert des répétitions quotidiennes.
    Ainsi je quitte toute attente, les rendez-vous à éviter
    Et les tenues cache-misère des grand-messes tragi-comédiennes.

    Parfois l’attraction est trop forte et les habitudes nous happent
    Comme des chaînes de devoirs et de responsabilités.
    Ces heures grises ou l’on supporte d’être enfermé sous une chape
    De travail à n’en plus pouvoir doublées de culpabilité.

    Les gens riches n’ont pas le temps, ils ont l’argent, c’est différent,
    Mais soumis à des inquiétudes sujettes à la moindre impatience.
    Les pauvres sont riches au printemps-été-automne-hiver durant,
    De leurs périodes de quiétude, futilité et insouciance.

    Alors je rêve et m’abandonne, à la présence du silence,
    Le temps dépose sa main nue empreinte de sérénité.
    Je prends tout ce que l’air me donne en relâchant ma vigilance
    Et je respire l’instant venu m’apporter sa pérennité.

    Illustration de Vittorio Giardino.

  • Instantanu

    Instantanu

    « Le petit oiseau va sortir, il est temps d’entrouvrir la cage
    Et laisser l’imagination s’envoler libre à tire-d’aile ! »
    C’était juste pour divertir le photographe un peu volage
    Et qui n’a de fascination que pour mon corps comme modèle.

    « Ma chatte ronronne et minaude et guette ce petit oiseau
    Qu’elle épie depuis un moment et qui n’a pas l’air de comprendre…
    Tandis que l’autre baguenaude à partager sur les réseaux
    Ses commentaires assommants et ne fait rien pour m’entreprendre… »

    Soudain d’un coup de griffe hardi, la patte lui ouvre la porte
    Et comme un coucou sonnant l’heure, l’oiseau sort et la chatte mord.
    Elle savoure, ragaillardie, sa proie dont la chair lui apporte
    Un jus nacré qui par bonheur n’entraîne que la petite mort.

    Tableau de Lisa Yuskavage.

  • Madame Fibonacci

    Madame Fibonacci

    Partant de l’œil au nombre d’or, puis de l’arcade sourcilière,
    Descendant la courbe du nez, puis remontant la joue fléchie,
    Contournant l’âme qui s’endort sous ces volutes singulières,
    Je n’ai cessé d’importuner la femme de Fibonacci.

    Mais c’est de la faute à sa suite qui revient dans toutes les femmes
    Dont les courbures et les rondeurs découlent toutes du nombre d’or.
    Avant lui, d’une main fortuite, il n’y avait vraiment rien d’infâme
    À apprécier la profondeur de leurs intimes corridors.

    Après lui, il faut calculer et évaluer sans toucher ;
    Il faut tendre vers l’infini la carte du tendre algébrique.
    Aujourd’hui tout a basculé et pour prétendre aller coucher
    Je dois compter en catimini leurs anthropométries lubriques.

    Création de Leandro Neves.

  • Les zéros de Bédé

    Les zéros de Bédé

    Tous les jours défilent les zéros parmi les uns de mon réseau
    Avec bon nombre de héros, lutins, animaux et oiseaux
    Car ils m’aident à décompresser quand j’arrive en fin de journée
    Lorsque le temps s’est empressé d’en accélérer sa tournée.

    Plus je vieillis moins ils vieillissent et plus ils ont des aventures ;
    Les infimes détails s’agrandissent au fil des livres et des lectures.
    Les guerres qui n’ont duré qu’un temps s’étendent éternellement
    Et je m’endors en feuilletant les pages continuellement.

    Ils me tiennent lieu de veilleuse lorsque je tombe sur un bon titre
    Et je referme l’album trop tard en laissant tomber le héros.
    Si la nuit se fait paresseuse, je reprends au prochain chapitre
    Et si le jour est en retard… la suite au prochain numéro.

    Illustration de François Boucq.

  • À la croisée des chemins tordus

    À la croisée des chemins tordus

    Je m’imagine ficelé dans la prison de mon présent
    Entre un passé décoratif et un futur inaccessible.
    Tous les jours qui ont défilé, tirent ce lien omniprésent
    Qui me laisse interrogatif sur tous les dénouements possibles.

    Si le passé me tire trop vers mes nombreux trous de mémoire,
    Je reste prisonnier à jamais des souvenirs irréparables.
    Je serais complètement rétro dans la poussière des armoires
    Qu’on jette à la mer désormais par containers indénombrables.

    Si le futur d’emblée m’attire, l’âge ira en s’accélérant
    Excepté toutefois les Parque qui me guettent d’un coup de ciseaux.
    Si d’aventure je me retire de ce schéma intolérant,
    Je naviguerai sur la barque de Charon sur le Styx schizo.

    Alors je tranche enfin ce fil, non par courage, mais par présence ;
    Ni hier, ni demain ne m’attachent, leurs nœuds se desserrent en silence.
    Je m’assieds là, sur le seuil pile où l’instant défait l’impatience
    Et dans ce vide que je lâche, je marche droit… sans vigilance.

    Tableau de Léna Mačka.

  • Le chaperon rose

    Le chaperon rose

    N’en déplaise aux frères Grimm de même qu’à Charles Perrault,
    Le petit chaperon était rose et le loup un amant lubrique.
    Ce n’était pas vraiment un crime mais au moment de l’apéro,
    Elle calmait ses humeurs moroses avec lui derrière la fabrique.

    L’usine fabriquait des galettes au beurre salé de Guérande,
    Le loup travaillait à la chaîne et la fille aux expéditions.
    À la pause, derrière les palettes, elle lui proposait son offrande
    Et lui pratiquait, non sans gêne, des orgasmes à répétition.

    Un jour leur usine a fermé pour être délocalisée
    Et le loup partit pour la Chine, l’autre pays des poulpiquets,
    En tant qu’ouvrier confirmé, il a pu se focaliser
    En lubrifiant les machines tandis que la fille l’astiquait.

    Tableau de Hande Ugur.

  • Kalineries

    Kalineries

    Papa Ours aime les rouquines notamment les poils-de-carottes
    Parmi les elfes des forêts et les « je t’aime à tous les vents ».
    Si l’une d’elles est assez coquine pour lui offrir quelques poirottes,
    Elle se laissera déflorer par son gros chevalier servant.

    Car une fois apprivoisé Papa Ours au cœur d’artichaut,
    Elle lui en fera voir, la bougresse, par un innocent esclavage ;
    Après avoir bien grivoisé et excité le mâle au sang chaud,
    Ce sera corvée de tendresse, cunnilingus, libertinage.

    Mais Papa Ours, plus on l’excite et plus il se montre facile
    Et un beau jour, il en vint une que le plantigrade regretta.
    La suite est simple et explicite ; la fille se montra difficile
    Et lui réclama tant de thunes qu’elle fut « persona non grata ».

    Tableau de Karinakino.

  • L’Alchimie du Cancer

    L’Alchimie du Cancer

    Pour entretenir sa famille, il doit faire bouillir la marmite
    Et pour entretenir son corps, le Cancer a son estomac.
    Du tilleul, de la camomille quand sa santé devient limite
    Et toute potion en accord avec ses multiples traumas.

    Son estomac, son athanor car le Cancer est alchimiste ;
    Il se nourrit comme il se soigne par tout ce à quoi il a accès.
    C’est son point faible : s’il perd le nord et s’il devient trop pessimiste,
    Comme ses ulcères en témoignent par trop de stress et trop d’excès.

    Bien sûr, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger
    Il le sait bien ce fin gourmet : on devient ce qu’on entretient.
    Ce n’est pas écrit dans les livres ; c’est un rituel mélangé
    Dans ses gestes à l’accoutumée dont l’entourage a le soutien.

    Élyäna sait les dangers causés par l’alimentation
    Et va favoriser les sens pour la sagesse corporelle.
    Les papilles pour le « bien manger », l’odorat pour l’inclination
    Et le besoin de connaissances sur les ressources naturelles.

    Ärÿnor sait les pièges lents cachés dans les excès de table
    Et met sur la faim un chaperon contre l’envie de gourmandise.
    Il connaît au ventre son « talent » à se montrer influençable
    Et prendre un joli ventre rond s’il y a pléthore de friandises.

    Élyäna l’obligera à voyager pour rechercher
    D’autres coutumes et d’autres mets afin de compléter sa table.
    Et le Cancer s’érigera « savant au palais alléché »
    Pour son besoin de consommer avec un goût incontestable.

    Ärÿnor sait anticiper et maîtrise la digestion
    Et saura donc sélectionner ce qui peut la faciliter,
    Éviter d’être constipé et parer les indigestions
    Par l’intelligence raisonnée malgré son indocilité.

    Illustration de Gemini.

  • Chantra

    Chantra

    Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer.
    Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal.
    Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés
    Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.

    À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre,
    Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier,
    Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître
    Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.

    Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ;
    Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin.
    Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert
    Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Folie du ciel

    Folie du ciel

    Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants
    De la météorologie qui se veut toujours agréable.
    Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant
    Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.

    Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère
    Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent.
    À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire
    Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?

    Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode
    Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables.
    On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode,
    C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.

    Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants
    Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire.
    Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ;
    Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.

    Tableau de Guylaine.

  • Le syndrome de la fatigue

    Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort
    À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage.
    Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort,
    Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.

    Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo
    Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution.
    Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido
    Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.

    Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain
    Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut.
    Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin
    Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.

    Tableaux de Mihail Zablodski.

  • Le blues des lavandes

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    Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes,
    Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu
    Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe
    Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.

    Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne
    Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires.
    Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes
    Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.

    Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie
    Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines.
    Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit
    Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.

    Tableaux de Dmitry Spiros Gallery.

  • L’Europe starlette – 1

    L’Europe starlette

    Se repose-t-elle sur ses lauriers une fois élue et approuvée ?
    Il est vrai qu’il est confortable de siéger sur le cuir de vache !
    Mais au cas où vous l’ignoriez, sa tâche sera bien éprouvée
    Car elle devra se mettre à table ; heureusement, elle est multitâche !

    Elle sait répondre à vos demandes en vous décrétant plusieurs lois
    Qui ne vous soulageront guère – elle fait toujours tout le contraire –
    Car ce n’est pas elle qui commande mais l’économie qui fait foi
    Et, comme on l’a connu naguère, à votre avis… qui va-t-on traire ?

    Derrière la vache tranquille, il y a l’Europe, l’ingénue,
    À peine âgée de trente années, elle est encore bien coquette
    Avec cet esprit infantile, impertinent et malvenu,
    Avec l’envie de se pavaner comme une star sur la croisette.

    Tableau de Maria Kholmogorova sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • La Prométheuse

    La Prométheuse

    Apparemment le feu des dieux que Prométhée nous a transmis,
    Nous a bien aidé à mûrir mais pas à nous parachever.
    Les dieux s’étant montré odieux, quant à leurs secrets compromis,
    Ont par la suite eu un fou rire de voir leur science inachevée.

    Avouons-le ; les inventions censées nous aider à mieux vivre
    Ont transformé la société par un progrès bien insidieux.
    Toutes les bonnes intentions nous ont pavé la route à suivre
    Qui mène l’homme à satiété dans en enfer du feu des dieux.

    Avoir voulu rivaliser avec les dieux nous a floués ;
    Nous sommes devenus ambitieux et nous sommes perdus en chemin.
    On a tout idéalisé sans penser qu’à force de jouer
    Avec un feu si malicieux on en oublierait d’être humain.

    Un jour, peut-être, les idées claires, au bord des ruines de nos tours,
    Nous rendrons au feu son vrai rôle sans lui donner les pleins pouvoirs
    Car la flamme réchauffe et éclaire mais sans rien donner en retour
    Et quand le feu a la parole, il brûle tout sans s’émouvoir.

    Illustration de Nikoo Bafti.

  • Le Souffle des Gémeaux

    Le flux et reflux de la vie, la respiration du vivant ;
    Ici, on mange l’air, on le boit, on s’en nourrit, on le respire.
    Les deux Gémeaux en vis-à-vis, souffles complices et connivents ;
    Ici naît et grandit la voix, ici naît le cœur qui soupire.

    Inspiration, expiration. C’est là l’essentiel de la vie
    Qui nous fait vivre dépendants à jamais de l’air nourricier.
    L’indispensable respiration qui nous soulage et nous ravit
    Lorsque l’air frais surabondant entre et se fait apprécier.

    Depuis longtemps, tous deux attendent le jour où entrer en action
    Quand le cordon ombilical leur rendra leurs attributions.
    Ils en rêvent, leurs tissus se tendent d’une impatiente satisfaction
    À sentir le plaisir vocal initier la conversation.

    Élyäna, Vénus en Gémeaux, sera alors leur providence
    Pour leur enchaîner les idées d’une vigueur émotionnelle.
    Trouver la pensée, les bons mots, la répartie de circonstance
    Et le plaisir de présider avec une ferveur passionnelle.

    Ärÿnor, plutôt protecteur y voit la source d’énergie
    À préserver la vie durant et dont la constance est vitale.
    Car les poumons sont collecteurs de l’oxygène en synergie
    Qui apporte le carburant dont l’arrêt s’avère fatal.

    Mais Élyäna connaît le vertige et le flot des conversations
    Qui deviendront des oraisons et des paroles insignifiantes.
    Afin qu’il n’y ait ni litige ni même tergiversation
    Entre le cœur et la raison, elle saura se faire conciliante.

    Ärÿnor, lui, l’a bien compris : le souffle reste fondamental
    Et chaque étape de la vie nécessite sa modération.
    Sinon on en payera le prix : tout abus comportemental
    Devient menace pour la survie s’il contraint la respiration.

    Illustrations de Gemini.

  • L’antre du Taureau

    Ici, dans l’antre du Taureau, on savoure le moment présent
    Dans ce paradis consacré, où se prépare l’avenir
    La nonchalance « in utero » baignée d’amour omniprésent
    Qui veille à la phase sacrée sans y graver de souvenir.

    La tête est encore difforme, le corps encore indéfini,
    Mais un noyau de connexions entre les deux parties du corps
    Se développe et se transforme dans ce lieu en catimini
    Où chaque jour la progression s’établit d’un divin accord :

    Il faut gérer l’irrigation du corps avec adéquation ;
    Penser à l’alimentation et prévenir la digestion ;
    Permettre la respiration et régir la ventilation ;
    Enfin la communication, ce grand réseau des transmissions.

    Élyäna sait l’importance de l’équilibre délicat
    De la fonction alimentaire et celle de la perfusion
    Qui doivent agir avec constance sans y laisser de reliquat
    Pour une hygiène salutaire et du bonheur à profusion.

    Ärÿnor, aux renseignements, mesure l’ampleur de la tâche
    Entre le maître qui décide et l’ouvrier qui réalise.
    Parachever l’entraînement nécessite un apport sans tache
    D’énergie, lipides et glucides, et l’oxygénation requise.

    « Le mieux est l’ennemi du bien ! » Élyäna veille à l’intendance
    Pour éviter que perfection ne rime avec surprotection
    Et l’empilement de trop de biens conduit à la surabondance
    Avec le risque de sanction due à l’excès de production.

    Ärÿnor sait d’expérience que l’excès de confort endort
    L’esprit qui doit rester conscient en recherche de vérités.
    Il établit la surveillance comme une boîte de Pandore
    Qui s’ouvrira à bon escient comme un cran de sécurité.

    Illustrations de Gemini.

  • Vénus en Poissons

    Une sirène avec des tatouages, des cheveux ondulés et des ornements marins, nager dans un océan de coraux rouges et de fleurs, sur un fond sombre.

    Vénus serait-elle exaltée lorsqu’elle se retrouve en Poissons ?
    L’astrologie nous le confirme, la mythologie ne dit mot.
    Les Cancer doivent exulter que l’amour trouble leurs boissons
    Comme un breuvage qui leur affirme des sentiments fortissimo.

    Quant à Mars, se retrouver dans l’eau risque de rouiller son armure
    Ce qui expliquerait alors sa mystérieuse couleur rouge.
    Mercure… déjà qu’il est pâlot, il ne serait plus que murmure ;
    Dilué dans l’eau incolore, il virerait dans l’infrarouge.

    Avec la Lune tout serait flou et les amours assez confuses
    Mais bon… si l’amour est aveugle, ça ne devrait pas l’inhiber.
    Quant à Neptune, ça le renfloue, lui dont les actions sont diffuses
    Avec ceux qui mènent le peuple avec pots-de-vin prohibés.

    Et si le Soleil, tout là-haut, glissait un pied dans la marée,
    Il dorerait les illusions des cœurs qui voguent à tâtons.
    Jupiter soufflerait en duo un air propice pour se marrer
    Avec Vénus, en effusion, qui décocherait ses tétons

    Tableau de Tenture Voglio Bene.

  • Celle qui parle aux poissons

    Celle qui parle aux poissons

    Comme celle qui parle aux oiseaux, il y a celle qui parle aux poissons
    Et se régale des potins qui se racontent au fil de l’eau.
    Car les poissons ont leurs réseaux auprès des débits de boissons
    Où se soulagent les popotins après les heures de boulot.

    Si la carpe reste muette, on sait la dorade royale ;
    Le Saint-Pierre fait ses homélies tandis que les tsars dînent à l’huile.
    La sole meunière est fluette, les poissonnières déloyales,
    Certains sont des anomalies et d’autres des poissons d’avril.

    Quand la nuit luit sous la margelle, on voit surgir des silhouettes
    Qui brassent l’eau comme une scène où se rejoue tout l’opéra.
    Le thon philosophe interpelle la perche aux rêveries discrètes
    Tandis qu’une grosse baleine danse devant les caméras.

    Illustration de Ceruleanvii.

  • La tête du Bélier

    La tête du Bélier

    Ils naîtront à l’heure du Bélier, l’esprit pionnier toujours en tête !
    Sans doute avec le feu au cœur dont ils seront co-missionnaires
    Ainsi qu’un don particulier lié à leur mission secrète
    Pour porter l’âme du vainqueur dès leur enfance embryonnaire.

    Bien sûr, nos deux conquistadors devront avoir l’esprit guerrier ;
    L’esprit voyageur de série, du maître et du sage en option.
    Mais pour l’instant, leurs cornes d’or demeureront armoriées
    Dans leurs âmes déjà aguerries envers leur future assomption.

    Quant au corps, il devra montrer toute sa fougue et sa ferveur ;
    Jambes et bras bien préparés, avec la tête en éclaireur.
    C’est elle qui devra affronter le rôle précis du serveur,
    Prompt à jouer et démarrer la partie sans faire d’erreur.

    Élyäna, l’électron libre, s’est rapprochée de Yavänor
    Et Laëtïtïa, au sein des dieux, pour rapporter le feu sacré.
    Elle a assuré l’équilibre, aidée de son frère Ärÿnor,
    Quand vint le moment des adieux qu’une fête avait consacrés.

    Élysäé prend la lumière pour éclairer sa destinée ;
    Orélion saisit la puissance pour fortifier leur agrément ;
    Ensemble, ils éprouvent leur première association déterminée
    Pour maîtriser en connaissance l’atout du premier élément.

    Mais le temps, loin d’être accompli, demande encore de la patience ;
    Alors ils apprennent à se voir malgré leurs six yeux grand fermés.
    En même temps, le feu remplit en synergie leur subconscience
    Afin qu’ils puissent percevoir tout ce qui reste à transformer.

    Le feu transmute les autres sens toujours dans la complicité
    Les genres en sont plus affinés dans leurs nacelles enveloppés.
    À ce stade, la quintessence n’est pas encore explicitée
    Mais restera enracinée et prête à se développer.

    Illustration de Ledal.

  • Peser le pour et le contre

    Peser le pour et le contre

    Soupeser le pour et le contre, lorsqu’ils pèsent le même poids
    Revient à comparer ensemble un kilo de plume et de plomb.
    Même si cela va à l’encontre de la logique en contrepoids
    Avec une physique qui ressemble à une diablerie en doublon.

    Pour faire court : le négatif pèse autant que le positif
    Et c’est tant mieux car l’équilibre demeure donc ainsi préservé.
    Imaginez l’applicatif d’un diabolique dispositif
    Qui ne me laisserait pas libre de choisir ce qui m’est réservé.

    Car si j’avance sur la ligne où mes deux seaux se contredisent,
    Je sais bien que l’un comme l’autre peut m’attirer hors du chemin.
    Mais tant que mes choix s’enracinent au fond des valeurs qui m’aiguisent,
    Mon équilibre alors se vautre dans l’inconscience des lendemains.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Clair-obscur

    Soulevons le voile obscurci par nos pensées les plus nocturnes
    Pour apercevoir la lumière du fond du tunnel orbitaire…
    Ou bien trouvons un raccourci en suivant l’anneau de Saturne,
    La Lune en sa phase première, l’Étoile Polaire ou Jupiter.

    Si jamais le rideau retombe ou que les couleurs se ternissent,
    D’un même geste je lèverai les difficultés du chemin.
    N’ayant pas un pied dans la tombe, si jamais cela s’éternise,
    Je prendrai et j’enlèverai cette maudite tenture des deux mains !

    Et si l’horizon m’encourage au gré des nues qui s’amoncellent,
    Je tracerai dans la nuit brève la route ouverte de mes désirs.
    Nul fracas ne me décourage ; même lorsque les vents s’emmêlent,
    J’avance en sculptant dans mes rêves ce qui m’apprivoise l’avenir.

    Car lorsque mon espoir chancelle et que l’ombre étouffe la lumière,
    Il suffit d’un geste imprécis pour que la toile se déchire.
    Alors surgit, une étincelle, de vérité douce et première
    Et cet éclat dans le récit suffira à m’en affranchir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La mission secrète

    La mission secrète

    À Yavänor et Laëtïtïa, l’Odyssée dans l’interstellaire ;
    À Élysäé et Orélion, l’Épopée dans le corps humain ;
    Mais au cœur de l’ÏÄMOURÏÄ, deux âmes dans leur sein stellaire
    Vont accompagner nos champions, fidèles tout au long du chemin.

    Élyäna et Ärÿnor, les anges des deux infinis
    Vont relier chaque planète à l’organisme de Laureline.
    Avec le signe qui honore, qui renforce et qui définit
    Tout le corps des pieds à la tête et ses propriétés enclines.

    Élyäna porte la mémoire et Ärÿnor l’éternité ;
    Ils éveilleront chaque organe selon son interpolation.
    Élyäna entre les moires des mères de l’humanité,
    Ärÿnor entre les arcanes des astres et des constellations.

    Ils veilleront, anges invisibles, aux croisements des destinées,
    À chaque pas de nos héros sur l chemin vers les étoiles.
    Gardiens unis, indivisibles, mais vigies prédéterminées
    À accomplir leur numéro lorsque le vent gonfle leurs voiles.

    Parfois ils seront cet ami qui protège ses frères et sœurs ;
    Parfois ils seront ce guerrier qui parcourt les mers et les terres ;
    Parfois ils seront l’ennemi, aussi redoutable chasseur,
    Mais toujours fidèles trésoriers de leurs valeurs humanitaires.

    Deux Lares aux vertus protectrices, gardiens de l’esprit et du corps ;
    Vestales du feu de leurs âmes, soumis au Féminin Sacré.
    Mais à la force destructrice compétente en un temps record
    Pour supprimer tout risque infâme contre leurs rôles consacrés.

    Dès l’aube de la gestation, ils ont tissé les alliances
    Depuis la tête du Bélier jusqu’aux Poissons, garants des pieds.
    Inaltérable attestation doublée du don de clairvoyance
    Dont nos héros pourront pallier grâce au zèle de leurs équipiers.

    Illustration de Gemini.

  • Le Passage des Deux Aurores

    À l’heure de la délivrance, parvenus à maturité,
    Les enfants, prêts à affronter l’hostilité de l’extérieur,
    Vont connaître la différence entre l’intime sécurité
    Et les conditions effrontées mais réelles du stade ultérieur.

    Mais le voyage organisé quitte l’univers de leur mère
    Pour atteindre le niveau du père et toute la communauté.
    Leur épopée localisée dans leur paradis éphémère
    Continue sa route prospère avec beaucoup de nouveautés.

    L’arrivée en pleine lumière laisse échapper un premier cri ;
    L’air qui entre dans les poumons provoque une âme inassouvie.
    Dans cette expérience première, là où rien n’est encore inscrit,
    La vie continue de l’amont vers l’aval du fleuve de la vie.

    La phase ultime de la naissance est bien plus qu’un simple transfert ;
    Passage du végétatif à l’animal, puis l’être humain.
    L’héritage de la connaissance en particulier lui confère
    D’être aussi participatif, saisir et se donner la main.

    Les instructions sont programmées : perte des eaux et contractions.
    La mère en vaisseau matriciel doit se préparer au travail,
    Des phénomènes vont se tramer pour faciliter l’extraction
    Éventuellement cicatriciels mais victorieux, vaille que vaille.

    La mère est bien positionnée, sas ouvert, moment imminent ;
    L’enfant pionnier et volontaire se jette la tête la première.
    Tête qui vient se tortillonner et puis tout le corps éminent
    À cet instant sacramentaire, ouvrir les yeux vers la lumière.

    Dans leurs nefs, deux conquistadors, éprouvés par l’accouchement,
    Dardent tous leurs sens attentifs au nouvel environnement.
    Deux petits enfants au cœur d’or, deux anges en effarouchement
    Mais dont les esprits intensifs commencent leurs balbutiements.

    Illustrations de Ledal.

  • Bain de lumière

    Une jeune femme dans une chemise blanche se tient dans une cuisine ensoleillée, avec des ombres projetées par les rayons de soleil à travers la fenêtre. Le sol est en damier noir et blanc, et un réfrigérateur jaune est visible à côté d'elle.

    Tous les matins le jour se lève mais ça, tout le monde le sait ;
    Mais ce que tout l’monde ne sait pas, c’est qu’il m’élève dans ma chaumière.
    Je suis fière d’être bonne élève et assidue à chaque essai
    Que le soleil transforme ou pas en lévitation de lumière.

    Il m’attire par la fenêtre et je m’envole vers les nues,
    Tirée par les rayons solides sur lesquels je peux m’accrocher.
    Je sois être la seule à connaître cette invitation saugrenue
    Mais quel bonheur, tel un bolide, de franchir montagnes et rochers !

    Dans ma cuisine aux dalles sages, la lumière joue son manège ;
    Elle découpe des silhouettes qui chavirent sur les carreaux.
    Et je deviens, dans cet ouvrage, un fil mouvant que rien n’assiège ;
    Comme un trait de craie qui souhaite devenir le mat du tarot !

    Tableau de Miles Johnston.

  • Habitations aux Latitudes Mélangées

    Dans nos résidences modernes, tous les appartements s’emboîtent ;
    Mais pas les humains indociles qui se rassemblent rarement
    Mis à part les vieilles badernes et leurs réunions adéquates
    Et leurs escarmouches imbéciles qui provoquent maints égarements.

    Dans les appartements high-techs, récupérés dans les usines
    Désaffectées mais pittoresques, la vie est pleine d’escaliers
    Comme des pyramides aztèques qui donneraient à leurs cuisines
    L’art culinaire picaresque des habitants fous à lier.

    Illustrations de Cinta Vidal Agulló sur http:mondesetmerveilles.centerblog.net372-peintures-de-cinta-vidal-agull0 .

  • La Muraille Sensible

    Voici les nerfs à fleur de peau, ta peau tendue comme un tambour…
    Où les mots sont amplifiés, juste soufflés sur la surface.
    La peau ne connaît nul repos ; elle aime être prise à rebours
    Pour le sens le plus densifié ; celui du contact face à face.

    C’est ton oriflamme, ton drapeau qui affiche tes mille couleurs ;
    C’est aussi la communication qui ne souffre aucune description.
    C’est le langage de la peau qui se crispe sous la douleur
    Et se détend par l’affection d’une maman sans restriction.

    La peau frissonne, reçoit le froid, la caresse, la chaleur et attend ;
    C’est l’amour au plus bas niveau, celui du cœur qualitatif.
    Ce qui l’entoure avec effroi ou la rassure et la détend,
    C’est la vie avant le cerveau, juste divine, l’âme à vif.

    C’est la main crevant la vision afin d’en palper l’apparence ;
    C’est le doigt qui approfondit la vibration d’un texte en braille ;
    Les lèvres qui font provision de baisers selon l’attirance ;
    Enfin, la paume qui bondit pour s’emparer d’une trouvaille.

    C’est le sens inné du pionnier qui commence ses explorations,
    Le temps fort de la puberté où l’on examine son corps ;
    L’amour, d’un coup de tisonnier, qui révèle la copulation
    Et confine la liberté si jamais le cœur est d’accord.

    Élysäé le redécouvre en tâtant son intimité
    Et sent la douceur de son frère dont la peau frémit sous ses doigts.
    Orélion, pendant ce temps, s’ouvre à sa sœur sans hostilité
    Et tout son côté téméraire fond sous les frôlements qui ondoient.

    Et ce besoin de découvrir va les pousser à parcourir
    Et aller explorer le monde pour en raccourcir les distances.
    Et les bras se mettent à s’ouvrir, et les jambes se mettent à courir,
    Et le toucher ouvrir la bonde s’il sent la moindre résistance.

    Illustrations de Ledal.

  • Entre louves

    Entre louves

    Louves-garoues et femmes-louves sont, par le féminin sacré,
    Unies lorsqu’elles sont enceintes et qu’elles ont besoin de caresses.
    Entre femelles on se retrouve dans un refuge consacré
    À partager l’étreinte sainte pendant un instant de paresse.

    Moi, l’homme-loup, je les observe et je respire leur tendresse
    Je suis le père d’un louveteau dans la matrice de sa mère.
    Pour que la rencontre conserve béatitude et allégresse,
    Je me tiens devant le linteau comme protecteur de chimères.

    Et moi, Déesse-Louve, altière, je veille au seuil de leur mystère ;
    Je sens la nuit battre en leur ventre comme un battement avant la lettre.
    Si la passion se fait lumière et fait danser l’ombre et la terre,
    Je garde grand-ouvert mon antre où leurs deux souffles peuvent naître.

    Tableau d’Irina Lesik.

  • Les visages transhumains

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    Dès cet automne, la transhumance va s’appliquer à nos visages
    Dont une moitié seulement s’en ira vers les pâturages.
    L’autre moitié avec clémence restera car elle envisage
    Malgré le bouleversement, de faire plus que force ni que rage.

    Confronté aux difficultés dressées dans notre paysage,
    Nos visages sans cesse attaqués ont pris une résolution
    Puisque nous sommes agressés par toutes sortes d’arrosages ;
    Des pluies acides détraquées aux particules en dilution.

    Il est désormais inutile de s’énerver contre le progrès.
    Au contraire, il faut faire preuve de patience et ténacité.
    Aussi, comme il paraît aussi futile que tout aille bon gré mal gré,
    Le mieux contre toutes ces épreuves est de montrer sa pugnacité.

    L’hiver les visages migrateurs partiront vers l’autre hémisphère ;
    L’autre moitié travaillera pour payer les frais du voyage.
    Dès le solstice, à l’équateur, on s’échangera les atmosphères
    Ainsi l’été accueillera ces blancs-becs pour l’autobronzage.

    Tableau de MsJoKnows.eth sur www.msjoknows.art .

  • Le Théâtre des Mouvements

    Aussitôt changé le décor, l’épopée devient un théâtre
    Où les acteurs sont les visages, les langues citent les répliques,
    Les rôles sont tenus par les corps prêts à l’action et à combattre
    Le long d’immenses paysages où chacun des membres s’applique.

    Côté coulisses, de grands faisceaux de muscles rouges, striés et blancs ;
    Tendons qui tirent les tentures sous une solide structure osseuse.
    Côté public, tous les vaisseaux sanguins et nerfs sont en arrière-plan
    Pour apporter à l’aventure toute l’énergie ambianceuse.

    Élysäé suit en silence la musique et les mouvements ;
    Orélion jauge les machines et toute leur infrastructure.
    Cordes vocales en vigilance, prêtes à tout roucoulement ;
    Tendu tout le long de l’échine, le corps s’entraîne à ses postures.

    Soudain le rideau est levé et Laureline se réveille ;
    Les jambes démarrent un ballet et se transportent sous la douche.
    Le corps est aussitôt lavé et tous les acteurs font merveille
    Dans ce premier acte emballé qui nous en laisse l’eau à la bouche.

    Deuxième scène, l’habillage qui nous fait sentir le toucher
    De belles étoffes délicates qui vêtent autant qu’elles embellissent.
    Troisième scène, le maquillage où la beauté est retouchée
    De fards – et crèmes adéquates – de peur que la peau ne pâlisse.

    La bouche devient le palais où toutes les intrigues débouchent
    Les goûts sucrés, amers, salés, acides, aigres et umami
    S’affrontent sans jamais s’égaler dans des joutes de mises en bouche
    Et tout le petit-déjeuner offre un beau plateau entre amis.

    Après, activités sportives : les muscles entrent en action ;
    Les jambes courent à perdre haleine, les bras s’étirent et agissent.
    Le soir, Laureline reste émotive, soumise à toutes ses tensions
    Et Yavänor alors l’emmène rêver afin qu’elle s’y ravisse.

    Illustrations de Ledal.

  • Baroque & rôle

    Baroque & rôle

    Arlequin est à la musique un compositeur qui combine
    Joie et tristesse, rire et colère et toutes sortes d’oxymores.
    Son habit fait de mosaïques patchworkées par sa Colombine
    Lui donne une allure de trouvère bon vivant et trompe-la-mort.

    En ce moment, il a le blues ; ça lui arrive à chaque Lune
    Lorsque celle-ci est gibbeuse durant trois nuits interminables.
    Colombine en est très jalouse car dans ces périodes opportunes
    Il court après toutes les gueuses qui dansent nues, impressionnables.

    Et quand revient l’aube pâlotte qui gratte aux vitres de sa chambre,
    Arlequin range sa bravade et replie ses humeurs fantasques.
    Colombine ôte sa culotte, s’étire alors de tous ses membres
    Et son cœur qui bat la chamade réclame de tomber le masque.

    Tableau de Natalia Shatrova.

  • Musicales rêveries

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    Mes rêves seraient musicaux mais j’en oublie la mélodie
    Sans doute à cause des oiseaux qui sifflent leurs petits airs charmants.
    Pourtant les troubles vésicaux ne laissent aucune rhapsodie
    Lorsqu’ils réveillent le roseau pensant que je suis en dormant.

    Je me souviens bien des images et des dialogues échangés
    Mais ni le moindre triolet, ni chansonnette n’en émane.
    J’aimerais pourtant rendre hommage non pas aux chanteurs étrangers
    Mais à ceux qui ont affriolé toute ma jeunesse mélomane.

    J’aimerais rêver de Brassens, de Ferré, de Ferrat, de Brel
    Et les chansons de flibustiers et tous leurs couplets fastidieux !
    Refaire les accords qui parvinssent à complaire à Francis Cabrel
    Et Maxime Leforestier qui taquinaient comme des dieux !

    Je rêve surtout d’échapper à la moderne dictature
    Des chansons nord-américaines qui déferlent partout dans les rues.
    J’en ai l’oreille handicapée à ouïr ces caricatures
    De blues d’origine africaine dont l’harmonie a disparu.

    Tableaux de Mary Delave sur http:marydelave.blogspot.com .

  • Le Sanctuaire des Commencements

    Laureline & Yavänor savourent les plaisirs de l’amour charnel
    Où tous leurs mouvements intenses n’obéissent plus qu’à leurs envies.
    Deux corps s’unissent avec bravoure, œuvrant dans l’antre maternel
    Où la matrice a compétence et pouvoir de donner la vie.

    Deux voyageurs dans leurs nacelles poursuivent leur folle épopée ;
    Ils viennent du monde où les âmes ne sont pas matérialisées.
    Chacun portant une étincelle en train de se développer,
    Chacun attendant le sésame pour naître et se réaliser.

    C’est le régime de croisière et tout un personnel s’affaire
    Dans la matrice placentaire et le cordon ombilical.
    Bientôt cette intime lisière s’ouvrira pour les satisfaire
    Le passage sacramentaire du protocole obstétrical.

    C’est un théâtre en miniature où se retrouvent les acteurs
    Mais en phase d’éducation avec décor en formation.
    En tant que fils de la Nature, ils partagent tous les facteurs
    Externes comme la nutrition, la chaleur et les émotions.

    À l’aube du sixième mois, la croissance alors s’accélère ;
    La maturation sensorielle, la taille, le poids et l’apparence.
    Les visages montrent leurs minois et des sourires interstellaires
    S’ouvrent entre les âmes plurielles avec connivente assurance.

    Les mois s’ajoutent en silence, l’espace devient plus serré ;
    Les jumeaux souvent interfèrent et communiquent en secret.
    Ils perçoivent avec pertinence l’extérieur qui est transféré
    En vibrations, sons et lumières à travers leur abri sacré.

    Un jour, la matrice frémira, le sanctuaire s’éveillera ;
    L’antre s’ouvrira lentement sur l’inconnu vers la lumière.
    Enfin le cordon vibrera, puis par la suite, se fermera
    Et c’est dans un enchantement qu’ils seront en avant-première.

    Illustrations de Ledal.

  • La vestale aux papillons

    La vestale aux papillons

    Depuis qu’elle y avait goûté, elle retournait patiemment
    Là où elle m’avait rencontré tout en espérant me revoir.
    Or si je m’étais écouté, je l’aurais hélée galamment
    Et invitée pour lui montrer tout ce qu’elle souhaitait entrevoir.

    Mais les papillons dans son ventre bourdonnaient trop discrètement
    Et s’envolaient évidemment dans la mauvaise direction.
    Parfois le cœur se déconcentre… son œil ouvert distraitement
    Devrait porter avidement plusieurs lentilles de correction…

    Sans doute l’amour soufflera un jour lui soulevant la robe
    Et l’œil du cœur m’apercevra, entouré de ses papillons.
    Sans doute l’envie s’insufflera avant que je ne me dérobe
    Et la vestale me percevra comme un divin amphitryon.

    Illustration de DALL-E.

  • Le reflet du royaume

    Le reflet du royaume

    Quand je serai dans mon royaume, coupé de tout réseau social,
    Comment vous recontacterai-je depuis mon paradis perdu ?
    Comme il n’existe aucun idiome, ni protocole interfacial,
    Comment alors m’adapterai-je à cette frontière distordue ?

    Par le miroir évidemment, le maître de mes Reflets-Vers !
    Je renverrai par son image comment j’existe désormais.
    Vous y verrez avidement tous les secrets de l’univers
    Que je mettrai dans mes messages télémiroités à jamais…

    Si vous voyez en noir et blanc, c’est que je n’ai plus de douleur ;
    Ni cœur morose, ni bleus de l’âme, ni la moindre taciturnité,
    Je vis l’amour sans faux-semblants avec mes muses en couleur
    Qui m’ont toutes avoué leur flamme qui brûle pour l’éternité.

    Illustration de DALL-E.

  • Vestale du feu nouveau

    Était-ce Loreleï ou bien Laureline ? J’avoue, je les confonds souvent
    Mais je me souviens d’elle prostrée d’avoir failli à sa mission.
    Plongée dans l’eau qui dégouline elle priait – c’est émouvant –
    Un dieu quelconque idolâtré et en totale soumission.

    Passant par-là, moi Lucifer, j’ai eu pitié de la fautive
    – Ne le répétez à personne, cela nuirait à mon image –
    Je déposai l’ardente sphère entre ses mains conservatives
    Et, avant qu’elle ne me soupçonne, j’ai disparu tel un mirage.

    Alors la vestale s’est levée pensant la flamme retrouvée,
    L’offrit au temple de Vesta pour la pérennité de Rome.
    Tandis que le feu s’élevait, son petit cœur fort éprouvé
    Cette fois-là manifesta un méphistophélique syndrome.

    Illustrations de DALL-E.

  • La Porte des Brumes

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    Il est des rêves qui n’apparaissent que le soir entre chien et loup
    Quand tout se brouille et se confond, l’imaginaire prêt à jaillir.
    Je sens cette étrange paresse m’envahir d’un halo jaloux
    De la réalité qui fond peu à peu jusqu’à défaillir.

    Puis la nuit tombe son rideau et pourtant le rêve persiste ;
    Je devrais dormir et pourtant je me réveille et il est là :
    Ce royaume dit « l’Eldorado » que l’on prétendrait utopiste
    M’ouvrir son portail envoûtant sur le miroir du Walhalla.

    À l’aube, il reste ouvert une seconde et une seule seulement
    Avant de fondre dans l’écume et retourner dans le néant.
    Un jour, je quitterai ce monde, je quitterai mon élément
    Et plongerai droit dans la brume dans cet interstice béant.

    Illustrations de DALL-E.

  • L’Ordre des Sentinelles Blanches

    Sont-ce des dieux ou des héros dont l’office est des plus troublants,
    Semblables à la circulation des fleuves rubis éminents ?
    Leurs rôles sont plus généraux : le transfert des globules blancs,
    Le drainage et l’épuration, puis le transport des nutriments.

    Leur devise est de protéger, défendre et s’il le faut mourir
    Pour préserver la vie fragile avec le meilleur dévouement.
    Pour ce faire, ils sont agrégés à tout moyen pour concourir
    Par des cohortes de vigiles et quel qu’en soit le dénouement.

    Ce sont les gardiens silencieux qui veillent, toujours en alerte,
    À combattre les infections dans le réseau des ganglions ;
    Chevaliers pâles et consciencieux, réparateurs des plaies ouvertes,
    Guetteurs prompts à toute inspection contre le moindre trublion.

    Ce sont aussi des collecteurs pour le liquide interstitiel
    Qui en régulent la pression et tout excès dans l’organisme.
    Doublés du travail éjecteur de tout déchet non essentiel :
    Évacuation et suppression avec du zèle et sans cynisme.

    Enfin une tâche spécifique au processus de digestion
    Pour absorber et transporter toutes les graisses alimentaires
    Dont l’imprégnation prolifique sera soumise à la gestion
    Lorsque parvenues à portée de l’intestin complémentaire.

    Élysäé et Orélion y font leurs classes sanitaires
    Afin de mieux organiser la gestion d’une armée en marche.
    Car on ne devient un lion de combat dans l’humanitaire
    Qu’en comprenant toute question dont dépendra leur matriarche.

    Car ce n’est pas un rôle ingrat mais au contraire valorisant
    Pour préserver la vie précieuse tout en restant les plus discrets.
    Ils n’en font jamais leurs choux gras car tout danger est suffisant
    Pour souffler la flamme capricieuse à laquelle ils sont consacrés.

    Illustrations de Ledal.

  • L’Europe court toute nue

    L’Europe

    Elle court, elle court, elle court, l’Europe toujours jolie mais toujours nue !
    C’est à se demander pourquoi, passé le siècle des lumières,
    Passé les géniaux philanthropes que notre histoire a retenus,
    Passé ceux qui avaient ce « je-ne-sais-quoi » et qui l’ont sortie de l’ornière !

    Est-ce qu’elle court après l’argent ? Le temps a passé sous les ponts !
    Est-ce qu’elle court après l’amour ? Covid et Sida l’ont tué !
    Est-ce qu’elle veut courir en chargeant ? Hélas il n’y a plus de Napoléon
    Et puis, la guerre, ce n’est pas glamour et n’est qu’un mal substitué.

    Si je rencontre l’Europe nue courant à côté d’un bison
    Et que je le raconte en vers dans un pamphlet Freud-Nietzschéen,
    Qui donc croira au contenu de mon poème écrit… disons
    Le jour où ma tête à l’envers a cru au rêve européen ?

    Tableau sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .