Qu’est donc devenu Charlemagne, roi des francs et puis empereur, Descendant des carolingiens, chef du Saint-Empire Romain ? Au Paradis chacun se magne avec entrain, avec ferveur Pour voir où les théologiens ont placé son rang surhumain.
Pas du tout !
Il s’est retiré des affaires, il a lâché prise au pouvoir, Trouvé dans l’arrière pays un coin pour ouvrir une auberge. On y connaît son savoir-faire pour vous plaire et vous émouvoir Et devant vos yeux ébahis, vous fait l’omelette aux asperges.
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Sur le chemin des portées, les cœurs sont au diapason Et chacun y met sa force pour soutenir la musique. Et l’énergie apportée nous met tous en pamoison Car chaque note est l’amorce d’un plaisir métaphysique.
Il est des moments où l’essence qui perpétue la dimension De toute la matière animée à travers l’espace et le temps, Transmet à l’homme, ses connaissances ; à la femme, ses bonnes intentions ; Afin que le fruit arrimé suive la loi de l’existant.
À l’école des chats, les souris sont nombreuses À servir de support aux cours d’anatomie. L’un de ces scélérats eut l’idée ténébreuse De les mettre en rapport à leur gastronomie.
D’un cœur désemparé de peines et de pleurs Le jeune damoiseau pour ses amours premières, Les rêva toutes parées de pétales de fleurs Et de plumes d’oiseau sur leurs corps de lumière.
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Sous la lumière tamisée associée à l’ombre jaune, Le corps montre ses parements comme une perle sur écrin. J’aime que l’œil soit amusé par la beauté d’une amazone, Dans un instant d’égarement qui ardemment mon cœur étreint.
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Allons joueurs de la patri-i-e, le jour de gloire est arrivé ! Contre les équipes ennemi-es, la coupe du monde est levée. La coupe du monde est levée. Entendez-vous cette mouvance de cris des braves supporters Qui viennent des quatre coins de la Terre acclamer l’équipe de France ! On est Champions du Monde (pom pom pom) Rois de la balle ronde (pom pom pom) Schootons, schootons, qu’un but poignant Fasse de nous les gagnants !
Pas mal, n’est ce pas ? Mais continuons :
Napoléon enfin vengé-é-e de sa retraite de Russie. La grande armée fort dérangé-e, ce n’était pas très réussi ! Ce n’était pas très réussi ! Ce sont nos anciennes colonies qui ont su laver l’infamie De ces russes, ces faux-amis qui bravaient la francophonie. Merci les africains ! (pom pom pom) Merci amis maliens ! (pom pom pom) Marquez, marquez, les angolais Avec les togolais !
Vois les racines qui s’enroulent autour des deux troncs père-mère Et qui s’enfoncent dans la terre comme un cordon ombilical. Un jour, tu es sorti du moule, incrusté dans l’arbre primaire, Comme le fruit élémentaire de la matière corticale.
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C’est vers minuit que ma minette cherche son chaton en peluche En miaulant tous ses mots d’amour comme un carillon de minuit. Fabienne en fait une binette et met sa tête sous la capuche De l’oreiller non sans humour, jurant : « Combien ce chat me nuit ! »
Histoire authentique qui se répète assez souvent mais jusqu’à présent les voisins n’ont pas réagi.
Souvent les voyages déforment l’observateur et l’observé Car ces lunettes d’illusion donnent une image transgressée. Je pense que je me transforme et que le cadre est préservé, Mais le tourisme en collusion laisse une planète agressée.
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Les Parques ont bien évolué depuis qu’on ne croit plus aux dieux Et se sont bien reconverties dans les bijoux de fantaisie. Car les vies sont évaluées, sur des fils miséricordieux, Désormais en colliers sertis avec des perles d’ambroisie.
Rappelons que les Parques étaient, dans la mythologie, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort, généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin.
Beaucoup de mes amours sont comme la musique ; D’abord l’introduction est puissante et profonde, Puis des coups de tambours battent un rythme physique, Enfin, la séduction du contre-ut est féconde.
Il existe des surfaces courbes que l’on appelle « positives » Parce que la somme des angles est dépassée par ces rivales. Il en est d’autres un peu plus fourbes que l’on targue de « négatives » Car elles ont la forme d’une sangle épousant la selle d’un cheval.
En mathématiques, la topologie est l’étude des déformations spatiales par des transformations continues notamment les surfaces et les nœuds par leurs dimensions et aussi à leurs déformations comme l’illustre le dessin ci-joint.
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Je connais bien tous les chemins où trône mon arbre en sa cour ; Autant ceux que j’ai oubliés que ceux dont j’ignore l’origine. C’est parce qu’aujourd’hui et demain j’en continuerai le parcours Jusqu’à ce qu’en soient publiés tous les récits que j’imagine.
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Prends l’étalon de ton compas et joins le sein à l’asymptote Jusqu’au point de rebroussement du mamelon à l’aréole. Après, reproduis le schéma, de l’hyperbole à la litote, Jusqu’au plein accomplissement qui te vaudra ton auréole.
Qui se souvient de la planète qui était un monde intérieur, Où chauffait doucement un cœur comme un soleil en gestation ? Qui se sent nourri des comètes qui portent des germes antérieurs Des gènes d’étoiles vainqueurs pour une nouvelle prestation ?
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L’été est aux femmes éclatantes, ce que le printemps est aux fleurs : La griffe artistique divine qui épanouit leurs beautés. Et mon cœur contre toute attente lance ses atomes qui effleurent En mots crochus qui se devinent tout en touches d’amour bottés.
J’ai perdu Jacqueline dans les coquelicots ; Elle a troublé ma vue de ses lèvres incarnates. Son chapeau d’opaline et son joli vélo Me laissent au dépourvu de sa rouge incartade.
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Dommage que je ne puisse goûter ces belles femmes croustillantes, Étalées et prêtes à croquer le long des plages rissolées. J’aimerais bien les égoutter de leurs tenues émoustillantes, Juste assez pour les provoquer, juste les faire rigoler.
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Les femmes savent faire mille choses, mais pourtant n’aiment qu’un seul homme ! Les hommes n’aiment faire qu’une chose, mais savent aimer plusieurs femmes ! Ça devient bien souvent morose d’harmoniser dans son royaume Ces deux énergies bleue et rose, l’une honorable et l’autre infâme.
Aussi, mes amis, je propose, pour que ça dégage un bon arôme, De faire une métamorphose, alchimique, subtil amalgame : Que la femme ne fasse plus qu’une chose mais donne mille amours à son homme ; Que l’homme fasse plusieurs fois la chose quotidiennement à sa femme.
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Quand je suis en lévitation, je chevauche un grand dragon bleu Et je m’envole autour des pôles dans l’ivresse des courants d’air. Quand je suis en méditation, j’ai la trompe d’un éléphant bleu Qui repose sur mon épaule comme un complice légendaire.
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J’ai germé dans l’arbre-mère, à l’abri dans mon cocon, Relié à l’univers par ses racines profondes. Des lumières éphémères ont bercé mon cœur fécond Et après passé l’hiver, j’ai émergé dans ce monde.
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Mon chat se cache dans l’armoire dès qu’il entend quelqu’un sonner ; Il explore chaque étagère, les plus moelleuses, les plus profondes. Mes vêtements, à sa mémoire, de tous ses poils sont jalonnés Et je crois bien qu’il exagère pour que mes habits s’en morfondent.
C’est malheureusement une histoire vraie et je suis obligé de lui concéder le rez-de-chaussée de mon armoire mais, périodiquement, jeans, sweat-shirts et pulls sont constellés de ses poils.
Jamais je ne saurai les règles qui régissent le cœur des étoiles Mais je sais qu’elles m’ont construit pour m’élever comme un levain. C’est pourquoi l’esprit est espiègle à chercher à lever les voiles Tandis que mon âme m’instruit à me connecter au divin.
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Ici, juste au bord de la mer, j’aime m’enivrer des embruns. Ici, juste au bord de l’amère saveur des vents du souvenir. Ici, juste au bord de la mère, le nez dans son corsage brun Pour un agrément éphémère qui présage un bel avenir.
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Boulevard des amis, j’habite et, dans chacune des maisons, Je n’ai pas besoin de frapper ; les portes sont toujours ouvertes. J’y fait bouillir quelques marmites avec des rimes de saison Du fromage de vers râpé et la bouteille toujours offerte.
Ma vie est comme un petit village où chaque année j’y ai construit Plusieurs maisons pour les amours et parfois à rebrousse-poil. Ma vie est un apprentissage qui inlassablement m’instruit Et quand la nuit couvre le jour, les amis brillent comme des étoiles.
Un jour, tous les feux d’artifices qui animent les festivals Engendrent avec de la musique des centaines d’enfants floraux. Voyez les arbres du solstice qui, sous le soleil estival, Portent les fruits métaphysiques bercés sous les chants pastoraux.
Sur les trois cent soixante-cinq branches de l’arbre qui marque l’année, Des oiseaux aux tons chatoyants marquent l’humeur de la journée. Ainsi du lundi au dimanche, ils offrent une miscellanée De jours joyeux ou larmoyants, selon l’humour de la fournée.
Toute une année, c’est comme un arbre ; les grosses branches sont les mois, Toutes les feuilles sont les jours, et chaque jour, une couleur. Plein de caméléons de marbre, immobiles frères siamois, Selon la valeur de l’amour expriment la joie ou la douleur.
J’aimerais m’écrire un message, printemps-été-automne-hiver, Que je lirais après ma vie, que je lirais après ma mort, Que je lirais dans un autre âge ou bien dans un autre univers, Enfin si mon âme survit à mon corps comme un oxymore.
J’y collerais tous les fragments de mon passé, de mon présent, De mon futur, évidemment et du temps où je ne suis plus. Des bouts de phrase, des segments, des extraits pas trop déplaisants, Tout ce qui peut incidemment me rappeler ce qui m’a plu.
Bien sûr, il y aurait tous les romans d’amour, d’histoires et d’aventures, Les meilleurs dont j’ai souvenance et même ceux que j’ai perdus. De la musique, des bons moments lorsqu’on partait tous en voiture, Quand c’était le temps des vacances et de la jeunesse éperdue.
Et puis un jour, Dieu seul sait quand, une comète viendra frapper Ces souvenirs enregistrés ; et la poussière des étoiles Donnera vie, en impliquant toutes ces mémoires rattrapées Qui, en périodes chapitrées, des mystères, lèvera le voile.
Si je réfléchis en instant, je suis peut-être en ce moment En train de lire cette histoire d’un autre temps, d’un autre espace. La seule preuve l’attestant, je ne sais pas vraiment comment, Du fond de mon cœur, c’est notoire, je crois que c’est ce qui se passe.
J’aime ces histoires champêtres comme les écrivait George Sand Quand elle mettait les paysans au rang de héros empathiques. Ô combien j’aime me repaître de ces récits qui me transcendent, Me font le cœur poétisant sur ses sentiments emphatiques.
(Empathique : capacité de s’identifier à autrui dans ce qu’il ressent. Emphatique : grandiloquent, un peu pompeux.)
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Les couleurs sont bien déformées dans ma mémoire quand je tente De revoir les vieilles images consignées dans mes souvenirs. Les teintes sont chloroformées et quand je les pense constantes Elles ne sont plus que le gommage qui peu à peu se voit ternir.
J’ai pris cette photo l’année dernière dans la forêt d’Eschenberg et Google s’est amusé à me la coloniser différemment. Ça m’a fait penser que les couleurs que je crois enregistrées fidèlement dans ma mémoire sont souvent fausses lorsque je revois de vieilles photos de voiture verte que je voyais grise, de noire que je pensais bleue… jusqu’à même me tromper dans des répliques de films célèbres que je croyais retenues par cœur…
Sur une route de Provence, Les deux senteurs qui se mélangent, Fleurs de lavande, grains de muscat Et la lavande entre deux draps, Dans un sachet tout provençal Et le muscat dans la corbeille Au beau milieu de la desserte. Ou pourquoi pas au fond d’un verre ? Pour le gâteau après la messe, Les deux senteurs qui se mélangent Dans un vieux mas de la Provence.
(Tableau de Lucos ARNO – Huile format 30×30 cm sur papier « figueras »de Canson. »Soir de Provence. Texte de Henriette Berge – « Sur une route de lavande et de vin… » René Char.)
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Femme chamane, de ton tambour, tu préviens partout à la ronde La bienvenue que tu me fais par les coups que tu énumères : Onze échos sonnés à rebours comme mon départ dans ce monde Où je vais vivre de bienfaits à tes côtés, ma tendre mère.
« Oui, nous formons une organisation réactionnaire, secrète, maléfique. Nous possédons des agents partout. Nous connaissons mille procédés pour décourager la recherche, saboter les expériences, fausser les renseignements… Cependant, permettez-moi de répondre maintenant à quelques questions et accusations qui nous viennent souvent aux oreilles. Les membres du gouvernement jouissent-ils de la richesse, des privilèges, de la puissance, sont-ils dispensés d’obéir aux lois ? L’honnêteté nous oblige à répondre : oui, à des degrés divers qui dépendent des circonstances et des contingences. Dans ce cas, le gouvernement serait un groupe fermé, limité ? En aucune sorte. Nous nous considérons, évidemment, comme une élite intellectuelle. Mais nos portes sont ouvertes à tous, bien que peu d’élus puissent les franchir. Notre politique ? Plutôt simple. L’ère économique a mis une arme terrible entre les mains des mégalomanes qui se trouvent dans notre sein. Il existe d’autres connaissances qui, si elles étaient mises à leur disposition, pourraient leur assurer un pouvoir tyrannique. C’est pourquoi nous contrôlons la dissémination de la connaissance. On nous stigmatise du nom de « divinités auto-sacralisées » ; on nous accuse de pédantisme, de conspiration, de condescendance, d’arrogance, d’être obstinément persuadés de notre bon droit. Ce sont là les moindres critiques qu’on nous adresse. On nous traite d’insupportables paternalistes et, dans le même temps, on nous reproche de nous désintéresser des affaires humaines. Pourquoi n’utilisons-nous pas notre influence à soulager la peine des hommes, à prolonger leur vie ? Pourquoi affectons-nous de nous retirer sur un plan supérieur ? Pourquoi ne transformons-nous pas l’habitat humain en un royaume de bonheur, alors que nous possédons les moyens d’y parvenir ? La réponse est simple – et peut-être décevante. Nous pensons que ce sont là de faux biens ; que la paix et la satiété sont synonymes de mort. Malgré sa brutalité et ses excès de cruauté, nous envions à l’humanité archaïque ses expériences ardentes. Nous prétendons que la récompense après l’effort, le triomphe après l’adversité, l’accomplissement d’un projet longuement poursuivi, procurent plus de satisfaction qu’une prébende nutritive puisée à la mamelle d’un gouvernement bonasse. »
Extrait d’une allocution de Madian Carbuke, politicien imaginaire issu du roman « le Prince des étoiles » de Jack Vance. Tous ceux qui ont cru à la confession d’un ministre de notre gouvernement pourraient être classés comme activistes, fatalistes et alarmistes. Et moi, un petit farceur.
Je n’y vois que ce que je veux voir, volupté ou méchanceté, Selon les habits de mon cœur et selon l’ego qui raisonne. Si j’acceptais de recevoir le moindre propos infesté, J’aurais l’esprit bien critiqueur d’une âme noire qui s’empoisonne. Mais si je crois que mon devoir est d’écarter, sans fausseté, Les compliments des mots moqueurs, alors la loyauté résonne.
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Dans cette boule de cristal que la Terre replie sur la mer, Je vois s’écrire dans les vagues tant de paroles éphémères Qui semblent tellement distales, qu’elles s’étalent, douces-amères Telles des ondes qui divaguent et qui ne sont que des chimères.
Distal : qui est le plus éloigné de la personne qui parle.
À la recherche Du temps perdu, Dans mon grenier Je suis montée Et j’ai trouvé Nippes mitées, Ballon crevé, Deux ou trois malles, Chaise bancale, Vieilles bouteilles, Bouts de ficelle, Tas de courroies, Papier de soie, Boites en carton, Boules de coton, Papier mâché, Papier roché, Cotillon sale, Selle de cheval, Roses séchées, Jouets cassés. Et j’ai fouillé, Et j’ai trouvé, Dans mon grenier, Toute bien cachée, Dans un coffret De bois nacré, Une enveloppe Enrubannée, Recachetée. Je l’ai ouverte, Photo jaunie, Un militaire Me regardait Pensivement, C’était mon Père Mort à la guerre, Ça fait vingt ans. À la recherche Du temps perdu, Dans mon grenier J’ai retrouvé Un inconnu. J’ai tout remis Timidement Dans le coffret De bois nacré. Toute petite Redevenue, Je suis partie. Oh, grand bonheur, Le chaud au cœur !
Sur chaque branche de mon arbre, J’ai des oiseaux qui chantent juste, J’ai des oiseaux qui chantent faux, J’ai de beaux rameaux bien robustes, J’ai du feuillage bien comme il faut.
Sur chaque feuille de mon arbre, Certaines ont de belles nervures, Certaines brûlées de soleil. Puis, en belles photogravures, Voici le vent qui les balaye.
Sur chaque fleur de mon arbre, Les abeilles butinent le nectar, Les chenilles mangent les pétales. Toute une faune file dare-dare Autour du festin végétal.
Sur chaque fruit de mon arbre, Les oiseaux goûtent les meilleurs, Le vent fait tomber les plus lourds. Une pomme, sur un sommeilleur, L’aurait assommé, quel balourd !
Sur chaque saison de mon arbre, Le printemps fait monter la vie, Les fruits de l’été nous honorent, La rouille d’automne nous ravit, L’hiver pourtant n’est pas la mort.
J’aime bien ces soixante-huitards qui démarrent au quart de tour Dès qu’ils écoutent Fleetwood Mac ou qu’on leur parle de Woodstock. Les femmes étalent leurs nibards, les mecs se mettent à poil autour De leur Windows ou de leur Mac pour revoir leurs photos loufoques.
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La femme doit être parfaite et se forcer à ressembler Aux jolies filles des magazines et aux plus belles créatures. Pour une clientèle satisfaite, on va finir par assembler Directement depuis l’usine des poupées plus vraies que nature.
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Finalement dans le futur, nous serons devenus robots ; Robots épouses bien dociles, robots maris reconvertis. L’amour des lois de la nature, c’était trop vrai, c’était trop beau ! Mais on a trouvé plus facile de demeurer assujettis.
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Garçons chou-fleur ou filles fleurs naissent d’un gros baiser mouillé Qui arrose la graine fœtale dans sa matrice bien agrippée. Soufflent les rires et les pleurs d’un vent de câlins papouillés Sur les petits doigts en pétales et frimousses toute fripées.
Si danser, c’est faire l’amour avec la musique des corps, Il faudrait apprendre aux armées à balancer l’anatomie. Et je propose, trois fois par jour, de les faire franchir des records Avec des généraux charmés de danser avec l’ennemi.
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On dit que vivre à deux, c’est vivre la même vie, Alors que lire à deux ensemble le même livre… C’est un peu hasardeux d’avoir les mêmes envies Mais rien n’est plus fougueux que la passion de vivre.
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Il y a vingt mille lieues de ça, le Capitaine Nemo aima Une sirène très féconde qui lui offrit progéniture De poissons qui nagent en deçà des projecteurs de cinéma Pour, vingt-cinq images par seconde, nous raconter leurs aventures.
La danse devient érotique quand les partenaires fondent Dans un tango langoureux qui tend à les mélanger. La danse devient exotique lorsque les deux se confondent Dans un cocktail amoureux d’attouchements prolongés.
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Entre la Mer et la Montagne Tu sens le sel le séquoia Inattendu au coin d’ la rue Le vent s’engouffre entre deux ciels Pour en chasser tous les brouillards Chaque quartier a sa saison Chaque quartier a sa nation Et sans passer aucune frontière Après un saut très parisien Pour un croissant et un p’tit crème Tu vas de Chine en Italie Tu escalades une colline Pour dire bonjour à la Russie Thé au jasmin fleurs de lotus Dans un jardin tout japonais Vite oubliées les grandes querelles Quand l’Empire du Soleil Levant Tend les deux mains j’usqu’à Pékin Tu suis ton propre calendrier Emmitoufflée au mois d’ Juillet Tu laisses sans honte tomber tes fringues Dès que les arbres perdent leurs feuilles Tes lions de mer et tes mouettes C’est le grand large la liberté Même s’ils embêtent le pêcheur Les crabes qui prennent des bains d’ vapeur Devant l’ public sur le vieux port Et les canards sans modestie Tout étalés dans les vitrines Font saliver les acheteurs De vieux dragons qui se dandinent Lancent leurs flammes innoffenvives En meilleurs vœux de Bonne Année Dans les pétards et la musique C’est un vrai parc zoologique Quand tu accueilles le visiteur Toutes les races toutes les langues Tour de Babel où on s’entend Ceux qui s’en vont te laissent leur cœur Les indigènes “J’y suis j’y reste” Se croient déjà au Paradis
Texte d’Henriette Berge – pour Lawrence Ferlinghetti.