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  • Là où va le capricorne

    Là où va le capricorne

    Pourquoi chercher aussi longtemps le cimetière des éléphants
    Où les vieux mâles et les femelles se dirigent mystérieusement ?
    Abandonner quand il est temps leurs villages et leurs enfants
    Pour aller user leurs semelles et partir laborieusement ?

    C’est pareil pour les capricornes qui ne vont pas se réfugier
    Tout en haut de leur tour d’ivoire pour onze mois en léthargie.
    Avec leurs amies les licornes, ils gagnent un lieu privilégié
    Où ils vont bien manger, bien boire avec un brin de nostalgie.

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  • Le messager des rêves

    Le messager des rêves

    Le messager des rêves attend que chaque lumière s’éteigne
    Pour entrer colorer les rêves de ceux qui dorment à poings fermés.
    Il va entrer, le cœur battant, jusqu’à ce que le dormeur atteigne
    Cette imagination si brève qui était restée enfermée.

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  • À chacun sa femme

    À chacun sa femme

    La femme au corps de caoutchouc est souple avec les p’tits bouts d’choux
    Tandis que les femmes de fer vous font mener un train d’enfer.
    Si l’envie me prend de changer, j’prendrai la femme du boulanger,
    Celle qui possède de belles miches et m’fait l’amour comme une pouliche.

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  • L’intérieur qui rebondit

    L’intérieur qui rebondit

    Cet intérieur microcosmique qui représente mon univers
    Paraît à la fois infini et impossible à dépasser.
    Ça pourrait être plus comique si le moyen d’être entrouvert,
    Plutôt qu’être ici défini, m’agréait de m’outrepasser.

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  • L’intérieur connecté

    L’intérieur connecté

    Dans l’intérieur microcosmique enraciné dans mes pensées
    J’ai l’impression de rebondir quand j’essaie d’atteindre le ciel.
    Mais cette voûte si hermétique que je ne puis décompenser
    M’encourage à m’agrandir vers ma nourriture essentielle.

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  • Malicorne

    Malicorne

    Entendez-vous, de Malicorne, sonner le rappel des fidèles,
    Scandé par les fils de Saturne pour en signifier la règle ?
    D’ici peu tous les capricornes marcheront vers la citadelle
    Pour rejoindre une vie nocturne parmi les autres signes espiègles.

    Triste et guillerette à la fois, la mélodie mélancolique
    Chante les secrets de leurs cœurs au plus profond de leurs pensées.
    Moi, j’y crois de toute ma foi car je sais qu’ils sont nostalgiques
    D’avoir vécu à contrecœur des amours mal récompensées.

    Malicorne est une ancienne commune française située dans le département de l’Yonne au nord de la Bourgogne.

  • Lire sans délire c’est boire sans déboire

    Lire sans délire c’est boire sans déboire

    Quel avantage, le formatage qui permet de communiquer
    Avec les mêmes instruments pour former un corps de science !
    Et puis chacun peut davantage éviter de polémiquer
    En comparant les rudiments des erreurs de notre conscience.

    Mais quel malheur ce formatage qui duplique dans tous les cerveaux
    Les mêmes valeurs à penser, à aimer ou à détester.
    Arrêtez ce stéréotypage qui transforme les hommes en veaux
    Pour les mener à dépenser l’amour dont ils sont délestés !

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  • Saint-Mickey

    Saint-Mickey

    Si Walt Disney m’était conté, Mickey deviendrait notre Christ
    Car tous ses dessins animés réécrivent toute l’histoire.
    La crédulité escomptée s’insinue tant dans les esprits
    Que nous sommes tous destinés à prier pour son méritoire.

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  • La Voie Milka

    La Voie Milka

    Comme la Suisse a inventé le fameux chocolat au lait,
    La Voie Lactée a désormais pris le nom de la « Voie Milka ».
    Comme ils n’aiment pas plaisanter, ils l’ont colorée en violet ;
    Chats et chouettes se sont transformés sous ce firmament délicat.

    Tableau « The owl and the pussycat » de Ray Shuell.

  • Mes amours capricorniennes

    Évidemment, face à leurs cornes, j’étais un peu intimidé,
    Surtout qu’elles étaient maîtresses d’amour et de fidélité.
    J’ai trop aimé les capricornes à avoir le cœur suicidé
    Tant m’auront manqué leurs caresses et leurs disponibilités.

    J’ai appris que ce qu’ils désirent dans leur vie bien organisée,
    C’est un partenaire attentif et même hyper-attentionné.
    Sinon leur pauvre cœur soupire car il n’est plus galvanisé
    Or l’amour, d’abord préventif, s’exige plus intentionné.

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  • Bienvenue au carnaval

    Quand le temps des déguisements rime avec le temps de la fête,
    Une nouvelle vie commence mêlant vérités et mensonges.
    Or aujourd’hui, chacun se ment, chacun n’en fait plus qu’à sa tête
    Car la mode est dans la démence et la psychose s’y prolonge.

    Suis-je un Monsieur ou une dame ? Puis-j’en changer comme il me sied ?
    Suis-je un escroc, un honnête homme, un assassin ou un héros ?
    Est-ce que le Paradis me damne si aujourd’hui je prends mon pied
    Plutôt qu’être une bête de somme pour un but voisin du zéro ?

    Et si je revenais demain, serais-je blanc ou de couleur ?
    Naîtrais-je avec une cuillère en or ou argent dans la bouche ?
    Irais-je nu sur les chemins, le corps meurtri par des douleurs
    Ou bien la main aventurière qui change en or ce qu’elle touche ?

    Je porte un masque, comme il se doit, impénétrable et anonyme
    Pour mieux me noyer dans la foule et surnager les m’as-tu-vu.
    On ne peut me montrer du doigt car je n’ai pas de patronyme
    Et mon accoutrement refoule toute chance d’être reconnu.

    Trouvez le roi, trouvez la reine et embrassez qui vous voulez !
    L’amour revêt l’anonymat dans un costume de plaisir.
    Accourez au cœur de l’arène, venez danser, vous défouler,
    Venez profiter d’un climat favorable à tous vos désirs.

    Eh oui mes amis, je suis fou, c’est carnaval, c’est le moment
    Où chacun peut se travestir, se prendre pour un je-ne-sais-quoi.
    Mais tout le monde s’en contrefout ! Pourquoi ? je ne sais pas comment
    Pourrions-nous mieux nous divertir que dans ce festival narquois ?

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  • L’infini

    Si je veux découvrir le monde et explorer ce qu’il contient,
    Je risque d’être dépassé à dénoter l’immensité.
    Plus je découvrirai de choses qui s’ajoutent à ma collection
    Et plus je vais perdre mon temps dans l’infinitésimal.

    Et j’y aurai perdu mon âme et je m’y serai égaré ;
    L’infiniment grand qui m’entoure ne m’apporte plus de valeur
    Ou bien c’est moi qui n’en ai plus pour contribuer à l’univers.
    Ainsi quand le nombre l’emporte, l’art et la qualité se perdent.

    Célèbre et mystérieuse lithographie de Maurits Cornelis Escher pour illustrer mon univers en vers sans rime.

  • Jolis monstres

    Jolis monstres

    Nous sommes tous un peu bizarres, surtout ceux qui lisent mes textes
    Car, personnellement, les trouve remplis de vers un peu partout.
    Mais je remercie le hasard qui rassemble dans ce contexte
    Tout ce que le « bon sens » réprouve : des amis francs qui rient de tout.

    Tableau « cute monsters » de Stan Manoukian.

  • Capricorne mon amour

    Tout tourne autour des capricornes car mon enfance est imbriquée
    Dans le comportement distant qui se dégageait de ma mère.
    La vie était loin d’être morne mais l’amour était compliqué
    Entre cet enfant insistant et cette femme à l’air sévère.

    Sûrement cet air rigoureux acceptant la fatalité
    S’opposant à mes rêveries a créé l’incompréhension
    Qui faisait rimer langoureux avec sentimentalité
    Donnant un visage aguerri contre toutes appréhensions.

    Mais il reste honnête et loyal avec un esprit authentique,
    Ce capricorne toujours fidèle à la parole qu’il a donnée.
    Il ferait un couple royal s’il rencontrait son identique
    Quitte à lui brûler la chandelle, il saurait tout lui pardonner.

    Tableaux de Karol Bak.

  • Monte Baldo

    Monte Baldo

    Comme disait Alphonse Allais : « Les montagnes sont bien jolies
    Mais pourquoi ne pas les avoir plutôt construites dans la plaine ? »
    Moi, je dirais au pis-aller, que pour y porter les colis,
    Il vaudrait bien mieux les savoir plus près de La Poste à galène.

    Photo de Monte Baldo en Italie. Le poste à galène était l’un des premiers postes radio d’entre-deux guerres.

  • Kyburg en neige

    Kyburg en neige

    Exposée au nord, elle tient encore
    La neige qui mord les murets du fort.
    Château de Kyburg, j’aime et je savoure
    Ce silence lourd qui fait ta bravoure !

    Le château de Kyburg dresse ses toits enneigés tandis que tout a fondu, 100 mètres plus bas, là où j’habite.

  • Houx et le château ?

    Houx et le château ?

    Perdu dans les branches de houx, le vieux Kyburg juste émergé
    Quand je montais sur les chemins de rencontre des bêtes à cornes.
    « Biches et cerfs, vous êtes où ? Ne me faites pas gamberger
    Voyez : je montre blanche main et suis l’ami des capricornes ! »

    Si vous avez de bons yeux, entre les branches de houx, à l’arrière-plan se dresse le château de Kyburg. Et si vous aviez les yeux derrière la tête vous auriez aperçu comme moi un jeune cerf apparemment surpris de me rencontrer là.

  • Les belles cornes

    Les belles cornes

    Bizarrement le capricorne gère, avec du mal, ses loisirs.
    Comme il pense beaucoup aux autres, il se renferme un peu sur lui.
    Curieusement ses belles cornes ne captent pas trop ses désirs
    Mais sont plus adaptées aux nôtres comme ç’en est encore aujourd’hui.

    Heureusement, en grandissant, il atteint sa maturité
    Avec un besoin désireux de ressources dans la solitude.
    Aussi soyons compatissant malgré toute l’obscurité
    Tombée sur un cœur généreux qui sait montrer ses aptitudes.

    Tableau de Irene Sheri.

  • Un de ces quatre chemins

    Un de ces quatre chemins

    Par un de ces quatre chemins, je m’en irai sur les matins
    Là où perlera la lumière sur les étoiles de rosée.
    Et je ferai comme demain qui s’est déjà passé afin
    Que je retrouve la première idée que j’avais déposée.

    Mosquée de Shiraz en Iran.

  • La divine saillie

    La divine saillie

    Que ce soit l’eau qui devient glace, que ce soit l’air qui devient vent,
    Que ce soit la terre qui croît, que ce soit le feu qui jaillit,
    Tout l’univers qui se déplace emprunte un mouvement suivant
    Une synergie qui s’accroît vers une divine saillie.

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  • La neige d’hier

    La neige d’hier

    Voici que par un sortilège, mon village s’est déshabillé
    De ce grand couvre-lit glacé et ces patchworks à répartir.
    Les ruelles blanches comme neige se retrouvent démaquillées ;
    Même le temps s’est déplacé pour nous aider à repartir.

    Village de Lauterbrunnen en Suisse.

  • Double face

    Double face

    Héros d’un dessin animé ou sorti tout droit d’un théâtre,
    Le capricorne a deux visages selon celui qu’il veut montrer.
    Quand son destin s’est abîmé, ses joues prennent un teint olivâtre
    Tandis que sous de beaux présages, il est plaisant à rencontrer.

    On le croit gai, le voilà triste ; on le croit triste, le voilà gai
    Madame vit à l’intérieur, Monsieur à l’étage inférieur.
    Mais elle sait se montrer artiste, il sait s’afficher distingué
    Par cet apparat supérieur ; cet art larmoyant et rieur.

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  • Neige

    Sous un manteau de neige,
    Les monts en canapé.
    Flocons en sortilège
    Sur les vallées nappées.

    Et le ciel qui framboise
    Sous le soleil couchant,
    Assombrit les ardoises
    De nuit se rapprochant.

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  • Les petites joies

    J’aime sentir ma première joie en ouvrant mes yeux le matin
    Comme le plus précieux des cadeaux que la vie m’offre : la lumière.
    J’aime l’exprimer à pleine voix sans faire trop de baratin,
    Partir avec mon sac-à-dos faire une balade coutumière.

    J’aime goûter ma deuxième joie en ouvrant la bouche à midi
    Et ressentir sur mes papilles le sucre, le sel et l’amer.
    J’aime reparcourir la voie des épices qui remédient
    À nourrir mon cœur qui grappille la saveur du sein de ma mère.

    J’aime goûter ma troisième joie en fermant mon esprit le soir
    Afin de me reconnecter à toutes mes âmes germaines.
    J’aime retrouver le choix qui un jour m’a donné l’espoir
    De vivre et de recollecter toute une expérience humaine.

    Dessins de Gaëlle Boissonnard.

  • Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    Juste mettre un nez à la porte, à la surface entre deux mondes,
    Entre intérieur et extérieur sur la frontière de l’audace.
    Vais-je attendre que le vent m’apporte une idée qui me corresponde,
    Ou vais-je, au niveau supérieur, m’extirper de ma carapace ?

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  • L’esprit du conquérant

    L’esprit du conquérant

    Pour éviter de ressembler à la voiture de tout le monde,
    On va jusqu’à customiser même l’esprit du conquérant.
    Pour cela on va assembler des machins plus ou moins immondes
    Mais qui pourront atomiser tout détracteur belligérant.

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  • L’abondance

    L’abondance

    Démonstration de sentiments ? Pas du tout de toute évidence !
    Combien faut-il verser de larmes pour obtenir une ouverture
    Dans ce corps peuplé de tourments et réservé aux confidences
    Lorsque le cœur sonne l’alarme pour soigner toutes ses blessures ?

    Mais qui a la capacité d’affronter la réalité
    Qui n’est qu’une compétition pour régner en haut d’une tour ?
    Il faut de la ténacité pour, face aux mensualités,
    Effectuer ses commissions pour nourrir les siens chaque jour.

    Car sa table est en abondance et la faim y est secourue
    Par le pain qu’ilelle met dans les bouches et le vin versé dans les coupes.
    Le capricorne aime la danse lorsque les chats ont disparu
    Et vous ouvrira grand sa couche si vous lui caressez la croupe.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • Les petits bonheurs

    Le bonheur, c’est se réveiller tous les jours dans un paradis
    Où l’unique objet du désir, c’est d’être là, tout simplement.
    Le bonheur, c’est s’émerveiller d’un samedi ou d’un mardi,
    N’importe quel jour à loisir pour vivre un peu, intensément.

    Le bonheur, c’est de consommer avec ou sans modération
    Tout ce que le cordon de vie a apporté dans mon voyage.
    Le bonheur, c’est d’être assommé par toute ces générations
    Qui ont consumé leurs envies dans un ultime foudroyage.

    Le bonheur se cache en silence, il n’a pas besoin de crier
    Qu’il est unique à découvrir cette récompense suprême.
    Le bonheur, dans la vigilance, c’est simplement apprécier
    La joie que le cœur a d’ouvrir le cœur d’une femme qui l’aime.

    Dessins de Gaëlle Boissonnard.

  • Le rêve du petit oiseau

    Petit oiseau deviendra grand surtout s’il rêve d’un désir
    Vers cet éternel féminin qui appelle à tous les plaisirs.
    Délice intense, régal flagrant que celui d’un cœur qui soupire
    À retrouver sur son chemin l’opportunité à saisir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Restez chez vous !

    Restez chez vous !

    Heureusement, le samedi le temps peut bien être à la neige,
    Les températures descendre sous moins de zéro centigrade.
    Si ça te dit, si ça me dit, apprécions ce privilège
    De rester au chaud près des cendres de la cheminée à Belgrade.

    … à Leningrad, Petrograd, ou Stalingrad.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Le lapin botté

    Le lapin botté

    La Marquise de Carabas, alias Alice-la-malice,
    Avait fixé son rendez-vous au lapin blanc bien de chez nous.
    Il emporta sa calebasse, remplie de sirop de mélisse,
    Pour boire ensemble comme des fous et jouer à des jeux coquinous.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Le problème capricornien

    Le problème capricornien

    J’ai un problème capricornien

    Je suis vieux, la tête chenue,
    Pourtant ma vie paraît très belle.
    J’n’ai pas beaucoup de revenus,
    Contre les riches, je me rebelle.
    Que serai-je bientôt devenu ?

    Allô, Monsieur le président,
    Aidez-moi à trouver le bonheur !
    Sinon, Monsieur le président,
    Je pars avec déshonneur !

    J’ai un problème capricornien

    Je dois vous parler de mon grand frère
    Qui travaillait dans les finances.
    Même s’il n’en a rien à braire,
    Doit-il pratiquer l’abstinence ?
    Et moi, dois-je faire le contraire ?

    Allô, Monsieur le président,
    Donnez un peu de votre argent !
    Sinon, Monsieur le président,
    Vous n’êtes pas partageant !

    J’ai un problème capricornien

    Je dois vous parler de ma sœurette
    Qui a abusé trop d’amants.
    Elle vient la nuit dans ma chambrette
    Et se fait passer pour ma maman.
    Dois-je lui raconter fleurette ?

    Le président m’a répondu :
    « Mon cher monsieur, je vous ai lu.
    Ne changez plus jamais votre âge,
    Changez plutôt de voisinage.
    Et si vous ne trouvez pas mieux,
    Allez en Suisse, ils ont des vieux ! »

    Directement inspiré du « Courrier du cœur »
    de Jacques Lanzmann & Jacques Dutronc
    https:www.youtube.comwatch?v=_1T6sHQJ2ws

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Plateau de l’an

    Plateau de l’an

    Au mois de janvier, je suis convié
    Jusqu’en février, chez mon huîtrier.
    Tout le mois de mars, pour faire la farce
    Qu’on fourre en avril, sautée sur le grill,
    Joli mois de mai, avec des gourmets.
    Dès le mois de juin, je fume du foin
    Produit en juillet par des antillais.
    Et si au mois d’août, je suis un peu saoul,
    Pendant tout septembre, je m’irai étendre
    Jusqu’au mois d’octobre, jusqu’à être sobre.
    Enfin en novembre, je quitte la chambre
    Pour boire en décembre, une goutte de gingembre.

    Céramiques de Roman Khalilov.

  • Sauvez les lapins !

    Sauvez les lapins !

    Faites comme moi, sauvez des lapins !
    Faites comme moi, pressons le bouton.
    Plutôt que nourrir ces altiers rupins
    Arrêtons de tondre le dos des moutons.

    Dites comme moi, « comment allez-vous ? »
    Dites comme moi, « c’est gentil chez vous ! »
    Plutôt que pester la vie à genoux,
    Échangeons nos vœux et embrassons-nous !

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Lady X

    Lady X

    Plus fort qu’un strip-tease langoureux, vous pouvez, sans prendre de risque,
    Déshabiller les jolies femmes sans entendre leurs dents grincer.
    Au cours d’un dîner amoureux, faites-la passer aux rayons X
    Et, franchement, sans être infâme, vos yeux seront bien mieux rincés !

    Photo de Dani Olivier.

  • Mangez extraterrestre !

    Mangez extraterrestre !

    Pour changer un peu mes excès d’avoir passé la Saint-Sylvestre,
    J’ai décidé de transformer mes habitudes alimentaires.
    J’ai convié et annexé la nourriture extraterrestre
    Afin que je sois conformé au futur proche de la Terre.

    Photo du capitaine Kirk et de son second Spock de l’équipe Startrek où, n’étant que cuistot à l’époque, personne ne s’est souvenu de moi.

  • Capricorne des villes et capricorne des champs

    En même temps qu’en nos campagnes, vit le capricorne des champs,
    Dans nos villages et dans nos bourgs, vit le capricorne des villes.
    L’un a construit dans les montagnes son château au soleil couchant,
    L’autre dans la plus haute tour, summum des protections civiles.

    À part ça, quand ils se rencontrent, l’un de la ville, l’autre des champs,
    Que voulez-vous donc qu’ils se disent ? Ils parlent d’organisation !
    Jamais l’un ne va à l’encontre de l’autre, gentil ou méchant ;
    Il va de soi qu’ils s’interdisent la moindre procrastination.

    Tableaux de Yana Fefelova. Pour les adeptes de la procrastination, sachez que c’est l’art de remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même.

  • Les passages croisés

    Les passages croisés

    Souvent je trouve et je découvre là où les autres sont passés,
    Comme si les chemins se croisaient à chaque nœud de trajectoire.
    Les pionniers sont ceux qui nous ouvre les expériences à dépasser.
    Je n’ai pas de quoi pavoiser, nous vivons tous la même histoire.

    Ceux qui descendent ou ceux qui montent empruntent les mêmes escaliers,
    Soit en marchant, soit en courant, l’esprit n’est rien qu’un passager.
    Parfois on conte, on se raconte en s’arrêtant sur le palier ;
    Soit en vivant, soit en mourant, l’âme ne fait que voyager.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La lumière extérieure

    La lumière extérieure

    Mon cœur ressemble à la boussole lorsqu’il cherche un nouveau chemin ;
    Mon âme lui montre le Nord et le corps suit, tout simplement.
    L’esprit, c’est celui qui console quand le doute arrive demain
    Et qui écoute l’écho sonore qui le guide inlassablement.

    Cette boussole, elle est ailleurs, elle est ici et nulle part.
    Elle disparaît si je la cherche, elle apparaît quand je suis prêt.
    Lorsque je me fais rimailleur, ça sonne comme un nouveau départ
    Qui me tend à nouveau la perche dont je connais tous les apprêts

    Dessin de Gaëlle Boissonnard.

  • La lumière intérieure

    La lumière intérieure

    Tous ceux qui l’ont appelée « Dieu » n’avaient pas d’imagination
    Car ils ont cherché le pouvoir qui ordonne à marcher au pas.
    Mais il serait trop fastidieux d’expliquer la divination
    Car ce serait comme vouloir tracer un carré au compas.

    Or, cette lumière intérieure traduit le lien qui unit tout.
    Qui réunit toi, moi et nous, avec les morts et les vivants.
    Écho d’un monde supérieur qui résonnerait de partout,
    Qui se relie et se dénoue jusqu’à l’enseignement suivant.

    Dessin de Gaëlle Boissonnard.

  • Le capricorne, c’est la santé !

    Le capricorne, c’est la santé !

    Jamais malade ne sera car trop difficile à soigner !
    Il prend même un malin plaisir à négliger les traitements
    Et tout ce qu’on lui prescrira car fort enclin à s’éloigner
    De ce qui offre des loisirs et il déprime, évidemment.

    En revanche il sait prendre soin de tout le monde autour de lui ;
    C’est sa manière de se soigner auprès de sa petite famille,
    De ses enfants, de son conjoint, de tout ce qui vit derrière son huis
    Chacun pourra en témoigner autour d’une bonne camomille.

    Tableau de Lamis Al Hamwi.

  • Fenêtres sur mer

    Quand la nature joue l’artiste avec le soleil et la mer,
    Chaque fenêtre devient tableau qui ouvre grand les horizons.
    L’ombre se fait projectionniste en se mêlant aux outremers
    Et l’œil-de-bœuf devient hublot qui crève le mur des prisons.

    Quand la lumière joue aux échecs avec la nuit comme adversaire,
    La fenêtre devient spectatrice devant les deux maîtres acharnés.
    Au petit jour, on fait avec mais sur le soir, soyons sincères,
    Quand vient la lune salvatrice, nous en demeurons tous charmés.

    Quand le vent souffle ses répliques tonitruantes sur les châssis,
    La fenêtre devient auditrice tant que chante le mauvais temps.
    La nuit, on entend les suppliques qui fusent par les chiens-assis
    Et les lucarnes retardatrices qui sont toujours à contretemps.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La beauté de l’hiver

    La beauté de l'hiver

    Beautés du noir et blanc me donnent le vertige,
    L’appel de l’univers comme un couloir du temps.
    Les arbres ressemblant aux soldats de prestige
    Qui veillent tout l’hiver jusqu’aux jours du printemps.

    Photographe : Luis Labini – http:bit.ly2ESHbvx

  • La Paréidolie

    La Paréidolie

    Notre cerveau en permanence structure son environnement,
    Quitte à transformer les images en objets qui sont reconnus.
    Ainsi, c’est avec pertinence que nous voyons étonnamment
    Des têtes ou des jolis visage plutôt que des trucs biscornus.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • À la santé du capricorne

    À la santé du capricorne

    Ami, viens trinquer à ma table à la santé du capricorne
    Qui n’hésite à vider d’un trait que les préparations suspectes !
    Bois donc ce nectar délectable qui t’estompera les pensées mornes
    Et les remplacera par l’attrait d’arômes dont tu te délectes !

    Une fois par an n’est pas coutume, il faut montrer de la vigueur
    Afin de voir la vie en rose sans tomber dans la dépression.
    Demain remettra le costume aux couleurs qui sont de rigueur,
    Sans toutefois rester morose en jouant la modération.

    Tableau de Irene Sheri.

  • Les nœuds

    Les nœuds

    Je le savais ! J’ai mélangé tout mon carnet
    Et ma mémoire se fait des plis
    … et puis des nœuds.
    Puis tout mon corps désincarné
    Se prend les pieds dans le tapis
    … vertigineux.

    Du coup mon cœur s’est emmêlé
    De Valérie, d’Alexandrine
    … de Väronixa,
    Sur un air de ukulélé
    Avec Fabienne, avec Sandrine
    … et Dominique.

    Alors ne soyez pas jalouses
    Si j’ai oublié, ne vous déplaise,
    … de vous baiser.
    Comme il se doit les andalouses,
    Les italiennes et les françaises
    … toutes embrasées.

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  • Les quatre portes

    La porte du corps, serait-elle en bois,
    Issue de la Terre et du minéral ?
    L’ouvrirai-je encore, renaître une fois
    Du sein de ma mère dans cette spirale ?

    La porte du cœur, serait-elle d’or,
    Forgée par le feu où brûle l’amour ?
    La chaude liqueur du volcan qui dort
    Revient peu à peu forte chaque jour.

    La porte aux esprits, serait-elle en fer,
    Close aux courants d’air ouverte aux envies ?
    L’aurais-je compris ? Tout est à refaire :
    Toujours solidaire et vivre sa vie.

    La porte de l’âme, serait-elle bleue,
    Cyan ou bleu marine, où coule l’espoir
    De forger ma lame, plongée dans le feu,
    Mue dans la divine, juste trajectoire ?

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  • Deux jours, deux sous à Zürich

    Deux jours, deux sous à Zürich

    Si vous savez planquer vos sous autrement que sous l’matelas,
    Venez donc les faire couler dans les rivières de chez nous !
    Vous en boirez tout votre soûl tous les intérêts que voilà
    Et peut-être aller roucouler dans des coffres-forts coquinous !

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  • Le capricorne jardinier

    Le capricorne jardinier

    Tandis que l’oiseau migrateur ne revient pas jusqu’au printemps,
    J’ai connu l’ange jardinier qui reste et jamais ne repart.
    Remarquable administrateur, en repiquant et transplantant,
    Il fait un travail routinier et qui n’accuse aucun retard.

    Petites semences d’amour, petites graines de soleil
    Dormant, protégées par la serre, à l’abri dans la véranda.
    J’ai vu passer au fil des jours cette main verte sans pareil
    Cette main sûre de ma mère qui surveillait son agenda.

    Tableau de David Galchutt.

  • Thierry Laurent

    Thierry Laurent

    Il s’appelait Thierry Laurent, on l’appelait Thierry Roulant
    Ou encore « l’Homme qui chuchotait à l’oreille de son vélo ».
    Il dévalait comme un torrent les pentes abruptes en pédalant,
    Tandis que ses roues suçotaient les cailloux en méli-mélo.

    Il portait un maillot d’argent du temps de la ruée vers l’or,
    Des pompes de compétition qui avaient fait Paris-Roubaix,
    Il faisait ses courses en chargeant sur porte-bagages tricolore
    De quoi faire une expédition même s’il devait en tituber.

    À rouler à tombeau ouvert constamment dans un train d’enfer
    Il arriva au paradis tellement vite qu’il en sortit.
    C’est ainsi qu’on a découvert que son squelette était en fer
    Avec des os ragaillardis, à sa petite reine, assortis.

    Tableau de Fabienne Barbier