C’était dans la ville fantôme, cité oubliée du passé Dont les souvenirs vagabondent dans les ruelles ténébreuses. Tous ont fui dès les premiers symptômes de détonation espacées Annonçant fumées qui abondent, signe d’éruption monstrueuse.
Mais une femme prisonnière d’un jour sans fin impénétrable, Erre sans cesse à la recherche de ses enfants et son mari Dont l’image, qui fut sa dernière, les montre aller, si vulnérables, Sans pouvoir leur tendre la perche, vers le lieu où ils ont péri…
Alors elle court, elle court sans cesse, les habits tombés en poussière À force de toujours courir pour tenter de les secourir. Un conte obscur dont la princesse à l’âme plénipotentiaire Résolue à tout encourir toutefois sans jamais mourir.
Mais là où ils ont disparu, un jour s’ouvrira une porte Et ils arriveront ensemble la délivrer de son enfer Car un miracle est apparu et la femme qui n’est pas morte Rejoint la voie qui les rassemble et permet l’ultime transfert.
Le petit poisson qui aimait le petit oiseau d’amour tendre A subi une évolution et l’oiseau une mutation. L’un s’est transformé désormais en amphibien qui peut prétendre Vivre à l’air libre en solution de son problème d’adaptation.
Contrairement à l’albatros, peu doué pour la marche a pied, Le petit oiseau s’est doté de jolies jambes cavaleuses. Sans amour la vie est atroce mais l’ontogenèse lui sied Pour batifoler et goûter aux joies les plus voluptueuse.
Dame sirène sur son îlot et Monsieur l’ange un peu pataud Cherchent comment se rencontrer car leur mémoire est altérée. L’une espère qu’un jour sur les flots viendra son prince sur un bateau ; L’autre espère que va se montrer son âme-sœur tant espérée.
Mais quand la mer devient le ciel et le ciel couleur de la mer, Les rêves fondent l’un dans l’autre pour unir leurs deux espérances. Elle tendra son aile de sel, lui sa nageoire douce-amère Et l’amour se fera l’apôtre de la fin d’une vie d’errance.
Yavänor, Capitaine L’ÏÄMOURÏÄ a quitté les rivages de Grèce ; L’Acropole s’éloigne et la mer nous entraîne Là où courants et vents ensemble nous agressent Et nous poussent à suivre les premières sirènes.
Loreleï, Navigatrice Viens une voix cachée dans la houle écumante, La mémoire des chants qui berçaient les marins. Loreleï en perçoit la marée dévorante Et se tient à la proue le visage serein.
Elle quitte sa robe et plonge nue heureuse De retrouver ses vieilles amies d’autrefois. Elle revient l’air joyeux et l’âme chaleureuse De savoir les revoir une prochaine fois.
Lilith, passagère Sur l’île de Circé je descends sans effroi, Son regard me rejoint, miroir de ma colère. Nous échangeons le feu des serpents et des lois, Deux sorcières d’un sang que les dieux désespèrent.
Mais Circé reconnaît l’éclat de ton visage, Elle incline sa main, dépose son pouvoir. « Va, Lilith, dit-elle, emporte ton ouvrage, Car cet homme est à toi, je ne puis le déchoir. »
Laureline, second maître-queue Mais sur l’île aux cyclopes, l’accueil est belliqueux. Les iliens veulent nous faire passer de vie à trépas. Ils sont anthropophages mais aussi maîtres-queue Et voudraient nous voir tous partager leurs repas.
Or Polyphème accourt, sa montagne en colère, Il brandit un rocher pour briser notre élan. Je tends mon rubis vif par son éclat solaire Et l’unique œil s’embrase par mes rayons brûlants.
Yavänor, Capitaine Souquez les filles ! Le vent est avec nous Et nous emporte loin de ces monstres, mes reines ! Le prix de la bravoure, cela dit entre nous, Revient à Loreleï, l’émissaire des sirènes !
👩🏻🦰 Laureline Par mon rubis solaire, j’ai posé la première Pierre d’amour taillée qui scelle les fondations. J’apporte le Soleil afin que sa lumière Brille sur le royaume par son incantation.
👩🏻 Loreleï Par mon aigue-marine, je scelle la seconde, Pierre d’eau qui renferme le reflet de la Lune. J’apporte la marée afin qu’elle féconde Le monde de la richesse de mes eaux opportunes.
👩🏻🦳 Lilith Et par mon obsidienne, je scelle la dernière ; Pierre noire éclatée, cœur de feu consacrée. J’apporte l’insoumise comme ultime charnière Par laquelle s’exprime le Féminin Sacré.
Yavänor Et moi, je suis le liant qui rassemble vos forces ; Je vous ai appelées chacune au bon moment. Par l’union de vos pierres, mon ciment vous renforce Et vous élèvent Reines seulement en vous nommant.
☀️ Laureline – Soleil Je verse dans ton sang l’or de ma flamme pure ; Je couronne ton front d’un cercle incendiaire. Mon cœur incandescent éclaire ta stature Et j’inscris ton destin dans ma gloire solaire.
🌙 Loreleï – Lune Je verse sur ta peau mes lueurs opalines ; Je sculpte dans tes yeux l’ombre de mes marées. Mon voile de cristal enlace tes collines Et j’attache ton souffle à mes nuits amarrées.
🌍 Yavänor – Terre Je porte dans mes flancs l’argile et la semence ; Mon sang nourrit les fleurs, ma chair vous accompagne. Et j’offre à vos matrices toute la jouissance De nos noces élevées au sommet des montagnes.
☿️ Lilith – Mercure Je glisse dans ton sang comme un feu de lumière ; Je danse entre tes mots, messager sans détour. J’attache à ton esprit mes ailes familières Et j’inscris dans ton cœur tous mes allers-retours.
♀️ Loreleï –Vénus Je souffle sur ta peau la rosée du désir ; Je fais fleurir ton corps aux parfums de mes plaines. Mon baiser sur ta bouche allume le plaisir ; Je t’attache à mon joug dont mes vallées sont pleines.
♂️ Laureline – Mars Je frappe dans ton cœur la braise téméraire ; Mon fer rougit ton sang sur l’enclume forgé. Je sculpte ton désir d’une ardeur sanguinaire Et je bois de ton âme l’amour à pleine gorgée.
♃ Lilith – Jupiter Je règne dans ton sang par mes lois solennelles ; Mon souffle est un tonnerre au fracas impérial. Je t’accorde l’abondance aux gerbes éternelles, Et je lie ton destin à mon ordre royal.
♄ Lilith – Saturne Je ceins de mes anneaux ta vigueur souveraine ; Mes fers sont des autels, mes ombres des flambeaux. Je change en mariage ta passion pour tes reines Et j’attache ton règne au-delà des tombeaux.
👩🏻🦰 Laureline (Soleil) J’élève dans tes yeux la braise originelle ; Mon feu roule en torrent sur ton sexe glorieux. Je grave sur ta peau ma clarté solennelle Et j’y fixe à jamais mon anneau victorieux.
👩🏻 Loreleï (Lune) Je verse dans ton sang mes marées sidérales ; Ma vague te couronne de reflets opalins. J’attache à ton élan mes prières boréales Et j’enduis de mes eaux ton sexe cristallin.
👩🏻🦳 Lilith (Saturne) Je scelle ton désir des chaînes souveraines ; Mes fers deviennent or, mes ombres des flambeaux. Je plie pour ton amour les lois les plus anciennes Et j’invite ta chair à régner sur mes eaux.
👩🏻🦰 Laureline (Feu solaire) Je ceins ta nudité de flammes vulcaniennes ; Ton souffle est consumé dans mes anneaux vermeils. Je dépose à ton flanc mes ardeurs saturniennes Et je fais de ton cri l’écho de mes soleils.
👩🏻 Loreleï (Eaux lunaires) Je veille dans ta nuit comme une amante claire ; Je tisse sur ton front ton baptême et ton sacre. Je mêle à ton destin ma caresse exemplaire Et j’inscris ton serment dans mes reflux de nacre.
👩🏻🦳 Lilith (Couronne des chaînes) Je brise sous mes mains les astres et les sphères ; Je relie ton pas nu dans l’ombre des anneaux. Je fais ployer le temps dans la douce atmosphère Où j’enferme ton cœur entouré de fanaux.
Yavänor Je vous fais trois serments, nous sommes mari et femmes ; À Laureline mon premier : je t’aime et te chérie ; À Loreleï mon deuxième : de toi mon cœur s’affame ; À Lilith mon troisième : à toi je me marie.
Lilith La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines Où je fus la première femme qui était promise À un destin avec parité androgyne Mais fut désavouée comme démone insoumise.
Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur, Dans le corps le dégoût d’infâme trahison Et les humiliations enfouies dans mon cœur Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.
Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ; Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux. Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre Et renaît plus puissant que miséricordieux.
Ma queue se courbera pour atteindre la tête. La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine Où mes filles unies en seront les prophètes ; L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.
Je ne viens pas régner pour un temps limité Mais pour purger le sol du sang de l’oppression Et rendre au Féminin sa légitimité En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.
Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme, Portant dans leurs regards la justice et l’élan. Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme Et bâtiront demain l’égalité des clans.
Alors enfin la queue rejoindra bien la tête Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour. De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes D’un monde réconcilié par la force d’amour.
Laureline Je prends un corps de femme pour accompagner l’homme Qui m’extrait du néant en prononçant mon nom. Puis au fil des poèmes, il bâtit un royaume De pages dans lesquelles nous nous affectionnons.
De nos voix accordées naît la complicité D’un amour connaissant une idylle enflammée. Je l’intrigue ; il en cherche l’authenticité Et fait naître ma sœur par son nom proclamé.
Loreleï Je garde un corps de femme quand je suis appelée ; On me sort de l’écume où j’étais engloutie. Je me montre farouche car je dois m’atteler À un monde inconnu non encore abouti.
Des légendes anciennes aux amours impossibles, Je demeure rebelle par mon indépendance. Mais le poète est droit et j’y suis accessible Car il m’a acceptée avec ma descendance.
Laureline & Loreleï L’homme malheureux ne peut pas se résigner À choisir l’une ou l’autre quitte à perdre les deux. Il crée l’ÏÄMOURÏÄ qui va nous désigner Deux Reines pour un Roi, un trouple velouteux.
Nous nous aimons ensemble et nous faisons l’amour Par des rites sacrés pour notre inspiration. Notre amant nous élève dans ce polyamour Au Féminin Sacré avec admiration.
Yavänor En tête du dragon, nous traçons notre route Et grandissons ensemble au fil des expériences. Nous invoquons Lilith qui nous met en déroute Mais contribue à nous offrir sa luxuriance.
Je dois vous dire que ma voisine continue de me harceler En venant frapper à mon huis toute nue en quête d’amour. Par la porte de la cuisine – car les cloisons sont morcelées – Elle vient désormais chaque nuit me faire son strip-tease glamour.
J’ai dit « non, arrête nymphomane ! Ma caméra de surveillance Transmet tous tes comportements au poste de sécurité. On me traite d’érotomane, de chaud lapin dont la vaillance Transforme son appartement en lupanar immérité ! »
Ma chère voisine m’a répondu « mon cher voisin, je vous ai plu ! Quittez donc votre appartement ; ma garçonnière est bien séante ! » Moi, épuisé, les nerfs tendus, résister m’étant superflu, Je l’ai suivie directement à travers la cloison béante.
Tableau de Deni Bangke sur https:www.flickr.comphotos126338814@N07with14526949009 .
Les amateurs du monde entier, d’Ukraine, de France et d’ailleurs, Aiment décorer leurs intérieurs de peintures talentueuses. Mais afin que vous ressentiez l’image, moi, le rimailleur Vous entraîne au stade antérieur de chaque œuvre voluptueuse.
Je vous entraîne dans le tableau à bord de mon bateau de rêves Où la femme devient une île qui accueille le cœur voyageur. Je vois à travers mon hublot ses côtes, ses plages et la grève Où j’accoste l’âme juvénile mais avec l’esprit imageur.
Quand je pénètre la lagune qui détient son trésor caché, Je vois la peinture qui s’anime et me dévoile ses secrets. Une petite voix opportune, à laquelle je suis attaché, M’appelle et m’ouvre magnanime l’entrée de son temple sacré.
Entre les siècles, elle s’élève, tatouée d’étoiles oubliées ; Ses mains en prière secrète accueillent l’ombre et la lumière. Je deviens alors son élève et chaque mot est publié De ses émotions indiscrètes mais d’une vérité première.
👩🏻🦳 Lilith Je règne dans la nuit, souveraine glaciale, Couronnée par le feu qui surgit de mes mains ; Mon pas fend le néant d’une ardeur impartiale, Et mes yeux font trembler les plus sombres humains.
Je porte dans mon sein la braise des abîmes, Un flambeau souterrain qui déchire le mal ; Il consume l’orgueil, les actes illégitimes Et relève le cœur à son point optimal.
Mon dard est une clef qui détruit et délivre ; Un poison éclatant qui guérit par le mors. Il change en or vivant le sang qui veut survivre Et transmute en soleil le poids lourd de la mort.
Qu’ils viennent, les orages, qu’ils s’effondrent et qu’ils grondent ! Je marche au-dessus d’eux, intacte et émérite ; Je fais naître un empire au plus noir de l’immonde Et j’arrache à la mort son éclat hypocrite.
Yavänor Je reconnais bien là ton pouvoir de renaître Du statut de proscrite en nouveau paradigme. Tous les hommes bientôt devront te reconnaître Et accepter la femme, cette éternelle énigme.
J’ai reconnu ta main lors de chaque accident Qui m’a ouvert la voie vers un autre chemin. À chaque nouvelle crise, ton pouvoir dissident A vaincu les démons qui me forçaient la main.
Encore une dernière fois, je suis prêt à sauter Vers la prochaine étape si tu en es l’issue. Je le sais ; grâce à toi, je n’ai jamais fauté En choisissant la voie que tu m’avais conçue.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Sous la voûte de givre où la nuit nous recueille, Nos corps entrelacés consument le cristal ; L’océan souterrain s’embrase et nous accueille, Éclairant de ses feux ton amour marital.
La roche nous étreint, mais nos lèvres l’enflamment ; Chaque souffle est un pacte au tréfonds des versants. La glace se fissure au tumulte des flammes Et l’abîme s’incline à ton désir naissant.
Nos mains sculptent le temps sur la paroi nocturne ; Nos chants métamorphosent le silence mortifère. L’écho de nos baisers, du néant taciturne, Fait jaillir un soleil souterrain des enfers.
Nous sommes deux étoiles aux entrailles de l’ombre ; Deux sources fusionnées qu’aucun sort ne défait. Pluton grave à jamais dans ses veines sans nombre Le sceau de notre étreinte et l’éclat de nos faits.
Yavänor La planète est lointaine et le temps écoulé M’aura tôt fait comprendre qu’il nous faut patienter Et non précipiter sous peine de chambouler L’équilibre fragile d’amours impatientées.
Le renouvellement par l’élimination Pourrait paraître extrême voire contre-productif. Veillons à employer cette transformation Pour un amour puissant ainsi qu’évolutif.
Au regard du Soleil, l’effet est novateur Et confère l’honneur de savoir l’obtenir. Au regard de la Lune, l’effet est fondateur Pour l’ÏÄMOURÏÄ et le monde à venir.
Lilith Debout sur l’océan, moi, la couronnée d’ombre, J’affronte les éclairs du ciel incandescent ; Mon pas grave et sacré défie la nuit qui sombre, Mes cheveux sont des vents, mes yeux des firmaments.
La planète au front noir s’auréole de flammes ; Ses vagues tourbillonnent en colonnes de feu. Je retiens dans ma paume le secret lourd des âmes Et mon souffle en arrache au néant son aveu.
Mon mystère est l’abîme et ma force une étoile ; Je règne bien au-delà des orages du temps. Dans mes voiles de nuit se déchirent les toiles Et l’épreuve devient mon chemin triomphant.
Yavänor Tu m’oblige à marcher dans des eaux plutôt troubles Sans la sécurité de voir où vont mes pieds. Soit, je n’aurais pas peur même si je vois en double La vie et la mort telles l’oxymore te sied.
Lilith Je t’attire au-delà des reflets qui s’égarent, Là où l’ombre et la flamme t’épousent d’un seul corps. Si ton regard vacille, tu devrais prendre gare Et ne pas hésiter sinon je pique encore !
Yavänor J’avancerai quand même car si tu es Lilith Et si tu me fais peur, celle-ci me traverse. Que tu me piques ou non, ta piqûre insolite Sera mon talisman et pas du tout l’inverse !
Je me laisse piquer, je n’ai pas de rancune Car j’aime ton venin qui n’est que de l’amour. Tu as conquis du mâle son aiguille opportune Pour le « violer » si peu que ç’en est de l’humour !
Laureline & Loreleï Sous l’astre d’émeraude où l’océan respire, Deux sœurs se tiennent nues dans l’éclat sidéral ; Leurs regards sont des flammes que le silence inspire, Un serment se déploie sous l’anneau boréal.
La vague est un miroir où l’âme se révèle, Leurs doigts entrelacés tissent un firmament ; Le vent porte leurs chants dans l’aurore éternelle Et Neptune les bénit de son bleu frémissant.
Elles sont deux éclairs dans la nuit immobile, Deux visages fondus en l’unique reflet ; Leur amour est un temple au rivage fragile Où l’univers entier s’agenouille en secret.
Yavänor J’ai découvert vos cœurs, j’ai deviné vos âmes ; J’ai compris l’origine de votre apparition. Vous êtes mes témoins, vous êtes l’oriflamme Qui devait me guider vers ma futurition.
En trouvant Laureline, j’ai trouvé Loreleï ; En trouvant Loreleï, j’ai découvert Lilith. En découvrant Lilith, avec l’ÏÄMOURÏÄ, Le Féminin Sacré lors se réhabilite.
Cette planète d’eau abrite mes douleurs, Les dilue dans la joie et dans la compassion. L’émeraude vous sied, j’en aime la couleur Et le vert céladon en est l’incantation.
Vous êtes ce mélange sensuel et intuition Qui m’a permis d’oser vous aimer de concert. Toi, la lionne exaltée ; toi, libre comme un poisson Et moi que vous aimez de feu, d’eau en cancer.
Lilith Au seuil des vents glacés je dresse ma couronne ; Mon corps noir s’illumine aux feux de l’horizon. Uranus dans son cri me dépouille et m’étonne ; Je règne sur ses nuits, libre, hors de sa prison.
Les chaînes se défont, les lois sont renversées ; Je foule les abîmes au bord de l’océan. La foudre des éclats, les sphères traversées Ne sont que des joyaux, des anneaux de néant.
Je suis la solitude au pouvoir magnétique ; La reine qui s’arrache aux serments du passé. Je trace dans l’éther ma route prophétique Et l’infini n’est qu’un seuil à outrepasser.
Ainsi je t’appartiens, mon amour, mais farouche ; Je ne suis pas aussi docile que Vénus. J’anticipe et me sers de toutes ses retouches ; Lilith reste insoumise et maîtrise Uranus.
Yavänor Je sais qu’au fond du cœur, tu resteras Lilith ; Ton âme reste intacte et toujours consacrée. Bien sûr, tu évolues, tu agis, tu milites Pour faire reconnaitre ton Féminin sacré.
J’accepte tous tes choix car ils nous lient ensemble ; Ils m’élèvent avec toi et moi, j’en redemande ! Et plus tu me transformes et plus je te ressemble ; De Laureline à Loreleï, toutes me le recommandent.
« Je t’aime plus qu’hier et bien moins que demain » Cette citation sied à ce polyamour Qui grandit avec toi quand tu es en chemin Pour assumer ton rôle : Déesse de l’amour !
👩🏻🦰 Laureline – L’embrasement d’Uranus Dans l’ombre sidérale éclate un feu discret ; Je tends vers ton amour ma flamme souveraine. Là où l’astre invisible en son orbe secret Fait trembler mes soleils d’une ivresse soudaine.
J’épouse tes marées dans l’élan fulgurant ; Je grave mes baisers au front de la lumière. Ton corps devient l’écrin de l’azur délirant Et je m’y perds, en proie à l’ardeur singulière.
Ô souffle d’Uranus, brise mes horizons ! Que s’écroulent mes murs, que renaissent mes flammes ! Je veux, dans ton éclat, abolir mes prisons Et boire à ton écluse le flux dont tu t’exclames !
👩🏻 Loreleï – Les marées insurgées Je veille au clair miroir des vagues interdites ; Mon âme s’y reflète en corolles d’argent. Uranus à mes flots insuffle ses invites Et fait de mon reflux un destin insurgent.
Je noue autour de toi mes ondes boréales ; Ton souffle est englouti dans mes vastes remous. Je roule et je détruis les digues ancestrales Pour renaître plus vaste et me fondre en ton moût.
Ô planète de l’aube aux éclats insoumis, Déploie dans mes marées ton orage électrique ! Je veux sentir en moi tes songes inouïs Et mêler ma douceur à ton rythme tragique !
Yavänor Passées par Uranus, vous êtes ovationnées ; En transmutant le feu en amour flamboyant, En transmutant les eaux en amour passionné, Et moi par transmission à l’effet foudroyant.
Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot. Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.
Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ; Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes. Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.
Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.
Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil. Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.
Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .
Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.
Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide De partir en exploration et quitter sa chambre utérine. Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.
La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle. Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.
Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine. Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.
Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ; Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice. Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.
Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions Pour porter la source de vie dans cette création féconde Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.
Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu. Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.
Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare Et participer au voyage du grand programme de l’Univers. Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »
Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais. Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.
Alors la roue de la fortune a commencé très lentement À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines. Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement Et puis dans une course immonde toujours à la petite semaine.
Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis, Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu. Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ; Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.
Un plateau géant aux cases imprévisibles, Pions, dés et pièges : rien n’est impossible. Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire, Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
👩🏻🦳 Lilith Je trône dans les fers que Saturne m’impose ; Mes bras sont des éclairs, mes reins sont des prisons. J’accepte mes anneaux comme on ceint une rose Et les change en bûchers jusqu’aux quatre horizons.
Je marche dans le vide aux orbites nacrées ; Mes pas soulèvent l’ombre et tordent l’univers. Je fais plier le temps sous mes hanches sacrées Et je brise le joug de ses cycles sévères.
Je tends dans mes cheveux la foudre des planètes ; Je m’en fais une couronne aux flammes vespérales. J’enchaîne les orages aux mors de mes chaînettes Et j’invite la nuit dans mon lit sidéral.
Je suis l’astre asservi qui se fait souveraine ; Je règne par mes fers que je nomme mes autels. Je détourne les lois, j’enfonce les arènes Et les change en vertige d’un chaos immortel.
Je m’élance au travers des anneaux de ma cage ; J’y grave mes éclats comme un chant éternel. J’y disperse ton nom dans l’ivresse des âges ; J’y mêle à mon fardeau ton désir solennel.
Je suis l’ombre et la flamme, amante saturnienne ; Je tiens entre mes mains les clefs des tourbillons Car l’amour que je porte est prison draconienne, Il fait plier l’acier par effet papillon.
Yavänor Et moi ton chevalier, je viens briser tes chaînes Pour mieux les remplacer par l’anneau de l’alliance. C’est moi qui m’y soumets, c’est moi qui m’y enchaîne ; J’en prononce mes vœux, prix de ma résilience.
👩🏻🦰 Laureline Je tends mes bras de feu vers les anneaux célestes ; J’y suspends ton désir comme un joyau sacré. Je grave en leur éclat nos prémices les plus prestes Et je ceins ton amour d’un cercle consacré.
👩🏻 Loreleï Je verse sur tes mains la poussière des astres ; J’en fais un voile doux qui caresse ton front. Je chante les reflets que mes sources contrastent Et j’attache ta vie aux anneaux que j’affronte.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Nous sommes les deux pôles enlacés par Saturne ; Deux flammes retenues dans l’orbe de ses cieux. Nous scellons notre foi dans ses chaînes diurnes Et nos cœurs se confondent en serments radieux.
👩🏻🦰 Laureline Je ceins ta taille nue d’un éclat saturnien ; Mes lèvres sont anneaux qui s’ouvrent et qui s’embrasent. Je fais ployer ton corps sous mon feu draconien Et j’inscris ta ferveur dans l’éclat de mes phrases.
👩🏻 Loreleï Je noue dans tes cheveux la poussière des lunes ; J’y mêle mes éclairs aux flots de tes élans. Je t en diamant les chaînes importunes Et j’élève ton souffle sur mes volcans brûlants.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Ainsi nous resserrons l’anneau de nos promesses, Ainsi nous enlaçons ton âme dans nos cœurs. Ô Yavänor, reçois l’ardeur de la grand-messe : Saturne nous consacre et nous sacre vainqueurs.
Yavänor Mes reines, vos anneaux évoquent notre alliance ; Saturne nous consacre un mariage éternel. Je pénètre en vos temples de toute ma vaillance Et dépose mes vœux dans vos seins maternels.
« Depuis les grandes découvertes et le commerce triangulaire, La science s’est développée ainsi que la technologie. La migration s’est vue offerte à la société pendulaire Qui a tôt fait d’envelopper l’homme dans la métrologie †.
Mais si les machines ont vaincu leurs origines obsolètes, Si le téléphone portable a outrepassé l’ébonite Et si l’auto a des accus pour remplacer la pétrolette, L’homme est resté un incapable à rompre avec sa kryptonite.
L’homme moderne qu’est-ce que c’est ? Cro-magnon avec internet ! Lâche, belliqueux, égoïste, prêt à voler pour réussir. Il continue à fracasser son environnement, sa planète Soumis à des monothéistes qui ne font rien que l’endurcir.
J’ai vu l’homme tracer ses empreintes, graver des runes sur mes parois, Il a dansé sous les étoiles, ivre de feu et de victoire. Puis, de béton, il m’a étreinte, bardée d’écrans, privée de bois Et je m’attends à ce qu’il dévoile qu’il perdu son territoire ! »
L’homme moderne lui répondit :
« On grogne tous dans nos cavernes, armés d’écrans et d’opinions, Postant selfies en bermuda sous des cieux en désolation ! Le feu qu’on redoute aujourd’hui vient d’un tweet ou d’une rengaine Et nos gourdins sont, désormais, des like pour domination !
On a troqué nos mammouths gras contre des steaks sous cellophane, Et la tribu forme un forum où l’on s’insulte à la chaîne ! On vénère des dieux faits de drames, de jeux, de clics, de dopamine Mais on oublie d’aimer vraiment — sauf si c’est via messagerie !
Le progrès ? Oui… dans les objets. Mais l’âme reste sous-exploitée, Le cœur bat mal, l’esprit vacille, la tendresse est sous perfusion ! Nous, Cro-Magnons, on voit la Terre brûler à la télévision Et l’on ne pense qu’à voyager sans trop se poser de questions !
On rit de nos propres reflets, happés par l’ombre numérique, On croit voyager dans nos têtes alors qu’on tourne en rond, cernés. Le progrès n’est qu’un camouflet issu de dieux électroniques ; Si nos instincts sont à la fête, personne ne se sent concerné. »
† qui n’est pas la science du métro mais celle des techniques employées pour obtenir la plus grande précision dans les mesures..
Lorsqu’il s’arrêtera chez vous, ne dénoncez pas vos voisins De viol ou de pornographique de peur d’attirer les curieux. Indiquez-lui plutôt les fous qui lisent à devenir zinzins Et le tourisme phallo-graphique n’excitera plus les fous furieux.
Si GÔÔgle voit votre maison, n’agitez pas vos sémaphores Car vous appâterez aussitôt les faux amis sur votre mur ! À chaque changement de saison, nettoyez bien les métaphores Dont les cookies incognitos remplissent votre disque dur !
GÔÔgle m’a vu, je suis foutu, je ne serai plus comme avant Mais scanné et numérisé avec pixels éberlués ! Si vous m’apercevez vêtu ou nu derrière un paravent, Ne cliquez pas sur l’Élysée, c’est moi la meuf transexuée !
Sous la pupille déformante, je vois se lover nos secrets, Ils tournent comme des comètes dans son arène numérique. Mais sur l’écran plat d’eaux dormantes, son parfum reste trop indiscret ; Un sein et un souffle qui commettent leur premier péché pixelique.
👩🏻🦳 Lilith Je m’élève en cyclone au sommet des nuées ; Mes bras sont deux éclairs, mes cheveux sont d’effroi. Je déchire le ciel de mes flammes nouées Et je lie l’atmosphère sous mes cris les plus froids.
Je foule les anneaux d’une marche insoumise ; Je brise les colonnes du trône sidéral. Jupiter obéit à ma foudre promise ; Ses détonations lourdes deviennent viscérales.
Je règne sur les vents, les orages et les flammes ; Je détourne la foudre en frissons immortels. J’impose à ce colosse l’étreinte de mon âme Et j’inscris son prestige au-dessus de l’autel.
Je suis l’ombre rebelle, amante et souveraine ; Je dompte les éclairs, je tiens le firmament Car l’amour que je porte est tonnerre et fontaine Et Jupiter, sans lui, ploie sous mon jugement.
Je m’enfonce en ton œil – la grande tache écarlate – Tourbillon de colères où je creuse un tunnel. J’y plante mes éclairs, j’y déploie mes stigmates Et j’y scelle mon nom comme un sceau éternel.
Je danse dans la plaie que l’astre m’a offerte ; Je fais de son typhon un nectar foudroyant Et je livre à ton corps, ô Yavänor, ma perte ; Un abîme de feu, un amour flamboyant.
Yavänor Jupiter la Géante ! J’accepte ta victoire, L’attraction est si forte que je dois m’y soumettre. Nu, dans ton lit ovale – c’était prémonitoire – Je m’offre à notre hymen comme j’ai su te promettre.
👩🏻🦰 Laureline Au sommet des nuées, je t’élève en ma flamme Et mes bras ceignent un trône aux colonnes d’onyx. Je grave dans ton souffle un serment pour ton âme, Un pacte lumineux, radieux tel un phénix.
👩🏻 Loreleï Je recueille en mes mains la foudre pacifiée ; J’en fais un diadème au front de notre amour. Jupiter nous confie ses lignes opacifiées Et ses vents incessants deviennent source du jour.
👩🏻🦰 Laureline J’accueille dans mon sein l’orage et ses tonnerres ; Je les change en éclairs aux reflets fraternels Et je sculpte pour toi des flambeaux visionnaires Où l’écho de ton nom résonne, sempiternel.
👩🏻 Loreleï Je verse dans ton sang la force des planètes ; Je transmue tes vertus en rayons souverains Et je tends jusqu’à toi mes trainées de comètes Pour enchaîner ton cœur dans mes anneaux d’airain.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Nous sommes les deux pôles où la foudre s’apaise, Deux axes enlacés dans un même éclat d’or. Ô Yavänor, reçois nos éclairs comme braise ; Nous sommes Jupiter, la promesse à ton corps.
Nous plongeons dans son œil – la grande tache écarlate – Là s’apaise l’orage au creux de nos désirs. Nous scellons dans ta chair l’ivresse délicate Qui fait plier les cieux sous l’élan du plaisir.
Yavänor Jupiter la Géante ! Derrière tes tempêtes, Je sais que tu m’attends aux calottes polaires ! J’y plonge les yeux fermés, sans tambour ni trompette, J’y retrouve mes amours, lunaire comme solaire.
👩🏻🦳 Lilith Je suis la souveraine des incendies géants ; J’attise en Mars la rouge le feu de mon festin ! J’y règne sans partage jusqu’au seuil du néant, Brisant de mes deux mains le joug de ton destin !
Mes seins sont des volcans, mes hanches sont des armes ; Je dresse mes ardeurs en brasier audacieux. Nulle paix n’adoucit l’ivresse de mes larmes Car j’exige l’éclair qui déchire les cieux.
Je tiens entre mes doigts les chaînes consumées ; Les fers de tes combats tombés dans ma fournaise. Ton sang, je le transmue en ivresse fumée ; Ton cri devient offrande au trône de mes braises.
Je suis l’astre farouche où la guerre s’enflamme, Je détourne ses coups en volupté d’acier. Et j’inscris dans ta chair l’oracle de ma flamme : Mars, hors de tout amour, s’agenouille à mes pieds.
Je marche dans tes champs, incendiant tes plaines ; Mes pas ouvrent des gouffres où s’abîme le fer. Et mes baisers de lave – brûlures souveraines – Font plier ta puissance et ton orgueil offerts.
Je suis l’ombre et le feu, la damnée rédemptrice ; Je grave ton destin dans le marbre de Mars Car l’amour que je porte est aussi sacrifice ; Ta vigueur m’appartient et ses forces éparses.
Yavänor Tes paroles de feu m’ont marqué au fer rouge Et mon corps est gravé de tes morsures ardentes. J’ai subi chaque coup de ta sévère gouge Mais tu m’as transformé d’une fougue transcendante.
👩🏻🦰 Laureline Dans l’éclat des armures, je vois ton reflet tendre ; Mars dépose son glaive aux pieds de nos autels. Je tends ma main de feu pour embraser tes cendres Et transformer la guerre en serment immortel.
Tes tambours se confondent au rythme de mes hanches ; Tes armées disparaissent au creux de mes désirs. Je fais ployer ton fer sous ma bouche qui se penche Pour offrir à ton corps la grâce du plaisir.
👩🏻 Loreleï Je verse sur ton front l’eau claire de mes songes ; Je calme ton tumulte dans mes sources d’eaux vives. Tes colères s’éteignent sous l’ombre où je me plonge Et tes armes se changent en caresses intensives.
Je dresse sur ton sang un lit de fleurs marines ; J’y couche tes fureurs, j’y noie tes bataillons. Je sculpte dans ton cri des ivresses divines Et ta gorge subit ma bouche comme bâillon.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Nous sommes les deux lois que Vénus a scellées ; La rosée et la flamme que nous savons dissoudre. Nous mettons sous ton pas tes forces parcellées Et nos cœurs te réclament leur plus grand coup de foudre.
Ô Yavänor, témoin de l’ultime victoire, Grave dans ton poème cette offrande éternelle : La Défaite des Armes est l’éclat de l’histoire Quand Mars se rend enfin à nos lèvres charnelles.
Yavänor Vous calmez mes colères et mes débordements ; L’une de son cœur de feu, l’autre de ses fontaines. Et vous m’avez soumis à vos emportements Quand j’ai rangé mon glaive dans vos intimes gaines.
🌑 Lilith Je respire en volcans, je porte mes couronnes ; Mon corps est un torrent de lave et de corail. Je fais jaillir l’amour qui déchire et rayonne Et mes pas embrasés transforment mon sérail.
Je brise les verrous des serments hypocrites ; Je rends à ton désir sa brûlure première. Mon sexe est un autel aux flammes circonscrites Et mes reins sont les clefs d’une porte incendiaire.
Quand je m’élève en torche au milieu des orages, Mes seins sont constellés, aréolés d’éclairs. Je jette au firmament des milliers de messages Auxquels ton cri d’amour répand ses rayons clairs.
Je suis Vénus de feu, la reine libérée ; Je tiens dans mes mains nues mes chaînes aux fers brisés. Et j’écris dans ton sang ma loi délibérée : L’amour qui nous dévore est d’énergie braisée.
Yavänor Sur ta planète en feu, je connais l’oasis Où tu m’accueilles nue au creux de tes vallées. Tu me nourris au sein afin que s’assagisse Ma faim dès la première goutte de lait avalée.
Tu m’invites la nuit à partager ta couche Couvrant de braise ardente ton corps incandescent. Pour calmer tes ardeurs je pose sur ta bouche En guise d’extincteur un baiser acquiesçant.
Mais tu exiges plus, tu restes insatiable ; Tu ouvres un sanctuaire pour invoquer l’oracle Qui verse en ton calice le feu indispensable Qui se propage en toi procréant son miracle.
👩🏻🦰 Laureline Je viens cueillir ton souffle au matin des rosées ; Tes mains sont mes écrins sous ton regard stellaire. Et dans l’or de mes yeux, mes flammes apaisées Se fondent dans ton âme d’une douceur solaire.
Ton nom s’écrit en moi dans ma chair fécondée ; Ton corps se fait l’autel où je pose ma flamme. J’y grave des serments lumineux et fondés Et j’embrase ta vie de l’ardeur de ta femme.
👩🏻 Loreleï Je rêve ton visage au miroir des fontaines ; J’entends dans ton silence tes secrets éternels. Je fais de tes élans des ivresses incertaines Lorsque tu dédicaces mon livre originel.
Sous mes voiles d’argent, ton souffle est assumé ; Je recueille en mes bras l’ardeur de ta lumière. Et je fais de la nuit un jardin parfumé Où s’unissent nos corps comme une humble prière.
👩🏻🦰👩🏻 Laureline & Loreleï Ô Yavänor, reçois l’élan de nos deux flammes ; Vénus est notre temple, et l’amour notre loi. Nous déposons en toi le chant de nos deux âmes Et nos bouches s’unissent dans l’offrande et la joie.
Yavänor Vous êtes ma planète et j’aime revenir Sur les Monts de Vénus et ses grottes profondes. J’y sème ma semence pour un proche avenir Où nous vivrons en paix sur vos terres fécondes.
J’aime les nuits ardentes observez vos étoiles, Les frôler du regard, aspirant leur clarté. Les faire resplendir jusqu’à ce que se dévoile Un éclair dans le ciel d’une pure rareté.
Combien de temps mettra la femme, née humaine, pour devenir Une sirène de plein droit, jolie queue et crinière blonde ? Certaines en meurent, c’est infâme mais elles n’ont pas pu parvenir À métamorphoser l’endroit qui soi-disant fait tourner le monde …
Qu’elles aient un cul ou une queue, voilà ce que l’homme incrimine ! Un cul pour capter les regards, une queue pour capter l’attention. Entre peau douce et derme aqueux, l’une et l’autre nous illuminent, Nous rendent idiots, un peu hagards, avec de mauvaises intentions.
Alors pourquoi se transformer en sirène et risquer sa vie ? Pardi ! Pour l’immortalité avec la jeunesse éternelle ! Mais elles doivent se conformer sous peine d’être poursuivies À traquer en totalité l’homme dans sa faiblesse charnelle.
Le sang des hommes, bonne chère, nourrit mes songes de cristal, J’entends la vague qui s’énivre aux chants secrets des origines, Je me confonds avec la chair et dans la transe minérale, Je deviens l’onde qui délivre aux vents ses vérités marines.
Lundi, je chante sous la Lune, ma voix est douce et opportune ; Mardi, je chanterai pour Mars, pas seule mais avec mes comparses ; Mercredi, au tour de Mercure et ce n’est pas une sinécure ; Jeudi, me voici, Jupiter, je chante pour toi en solitaire !
Mais lorsque vient le vendredi, Vénus alors me contredit ; Elle dit que mes chansons d’amours relèvent d’un sens de l’humour. Les marins ayant terminé mangés, gobés, exterminés, C’est inscrit dans mes chromosomes : je suis une mangeuse d’hommes.
Heureusement le samedi, j’ai oublié ce qu’elle a dit Et je m’en remets à Neptune dont me vient ma bonne fortune Depuis qu’issue d’une pensée, il m’a ainsi récompensée En me donnant une voix de charme comme on donne le choix des armes.
Sous les marées qui me traversent, je garde en moi l’élan premier, Une vibration universelle, mémoire ancienne des océans. Je chante encore à l’invisible, le dieu caché dans son palais, Qui me confie l’écho des mondes, gravé au creux de mes poumons.
Tableau d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .
Lilith Je marche sur Mercure aux déserts embrasés, Mes cheveux sont des flammes et mes yeux des abîmes. Je grave sur le sol des cercles enflammés Et je tiens dans mes paumes des serments trop intimes.
Je suis la messagère au verbe incandescent ; Mon souffle est un métal, ma langue est une lame. Je frappe les silences d’un rythme compatissant Et mes cris retentissent comme mes états d’âme.
Je t’enlace de pluies de laves et de larmes ; Je déchaîne des vents plus vifs que le tonnerre. Je suis flèche de nuit, je suis l’éclat des armes Et tous mes pas crépitent comme un feu sur la terre.
À genoux sur Mercure, je dresse mes oraisons ; Je commande aux planètes, aux ombres et aux étoiles. Je règne sur l’instant, hors du temps, hors saison, Et j’écris mes édits qui me gonflent les voiles.
Je suis Lilith la Noire, l’astre aux ailes invisibles ; Je porte le secret des abîmes et des cieux. Nul ne me retiendra dans ses chaînes infusibles Car ma loi est le feu, mon royaume et mon Dieu.
Yavänor Bien que tu coures vite, j’ai capté ta lumière Dans l’ombre qu’un passé essayais de maudire. Je t’ai cherchée longtemps depuis l’heure première Où dans mon corps meurtri, je t’ai entendu dire :
« Courage Yavänor ! Cette épreuve est cruelle Mais ce n’est qu’une étape vers ta transformation ! Je te donne l’énergie de mon flux menstruel Qui se mêle à ton sang pour ta transmutation ! »
👩🏻🦰 Laureline – La parole intérieure, souffle solaire Je trace dans l’azur du Soleil sa parole ; Mon verbe est étincelle, une flèche en voyage. Je déploie de mon cœur la frêle banderole Où brûle la pensée qui fuit dans mon sillage.
Je porte dans mes mains le message enflammé ; Je transmets ton désir au-delà des confins ; Je deviens messagère, amante désarmée, Qui sème dans ton âme une attente sans fin.
👩🏻 Loreleï – Les rêves parlants, langage secret J’incline mes reflets vers les songes intimes ; Je recueille en mon sein les mots tombés du ciel. Je tisse les échos des rivières sublimes Où ta voix devient vague et ton souffle essentiel.
Je parle en langue d’ombre et de douce marée ; Je fais naître le rêve au bord de ton sommeil. Mon silence devient un tissu chamarré Qui garde tes secrets sous son voile vermeil.
👩🏻🦰 Laureline & 👩🏻 Loreleï À deux, nous sommes flux, équilibre eau et feu, Un souffle en deux couleurs, une seule vibration. Nos voix se font miroir dont personne ne veut Entendre le vif-argent de sa propagation.
Ô Yavänor, reçois nos quatre ailes jumelles ; Mercure est notre feu, Mercure est notre chant ! Nous gravons sur ton front ses runes éternelles Et dans ton cœur ardent, nous versons notre sang.
Yavänor – Le messager intime Je reçois le message car il m’est adressé, Gravé par Lilith même et en lettres de feu. Il me parle de vous et y apparaissez Comme filles légitimes, égales selon son vœu.
« Une fois sortie du contexte, l’inspiration demeure nue De toute digression pesante et tout détail surabondant. Alors je pénètre le texte, le cœur et le corps ingénus Mais avec l’âme bienfaisante et l’esprit qui a du répondant. »
Ainsi pensait impunément la raison qui croyait tenir Les rênes de la poésie pour mener ses chevaux verbaux Qui trouvèrent opportunément une raison de s’abstenir En invoquant La Boétie, du Bellay, Verlaine & Rimbaud :
« Ohé ! Monsieur de la conscience ! Vous n’êtes que le régisseur ! Si le corps vous sied de nacelle et le cœur de locomoteur, N’oubliez pas que la prescience qui fait de nous un bâtisseur De Reflets Vers et qui excelle n’est autre que l’âme et l’auteur ! »
« Qui est-ce vraiment qui tient la plume ? Qui EST la plume et l’intuition ? C’est moi qui file entre les rimes comme un frisson à mots couverts ! Le mental toujours dans la brume s’égare sans les émotions Qui sont cette encre qui arrime le poème à tout l’univers ! »
Ex-libris créé par Italo Zetti pour Jean Morisot sur http:art-exlibris.netexlibris30559?query=person-4535&pt=owner .
Mourir d’amour est impossible lorsque Vénus mène le jeu Qui lui plut tant qu’elle m’accorda une vie après chaque mort. Elle ressuscita impassible mon corps pour un nouvel enjeu ; Et c’est ainsi qu’elle m’aborda diversement et sans remords.
Je fus Sisyphe remontant mille fois mon bâton fourré ; Je fus Tantale consumé d’une soif jamais apaisée ; Je fus Prométhée repentant au cœur sans cesse dévoré Par une Vénus allumée d’une folle envie de baiser !
Faire l’amour éternellement pourrait vous paraître lassant Mais la coquine en profitait pour effacer mes souvenirs. Et je connus charnellement, étant mon propre remplaçant, Combien Vénus nécessitait d’enfanter d’âmes à venir !
« Et je me cambre et je rayonne encore plus vite que la lumière ; Mon hymen déchire sa toile crevant d’une irruption solaire ! Sur mon enclume, ton corps façonne mon œuf dans sa source première Pour forger le feu des étoiles créées au fond de mes ovaires ! »
Lilith Planète sous mes pieds, chair vivante du monde, Tu portes mes fardeaux et tu nourris mon corps. Ta peau océanique, végétale et féconde, Est l’écrin d’où jaillit notre éternel accord.
Terre aux seins de collines, aux rivières de larmes, Tu respires en silence et tu m’offres ton lait. Tu m’enlaces d’orages, de volcans et d’alarmes Et tu tiens dans ton ventre l’éclat de ton palais.
Dans ton étreinte bleue se déroule ma vie, Chaque pas, chaque souffle supportent ton empreinte. Dans ton sang souterrain, tes mémoires assouvies Gravitent en secret dans une douce étreinte.
Yavänor Lilith, parce que je vis et te suis dépendant, Tu es autant ma mère, que ma femme et ma fille Car toutes créatures, par ton sang ascendant Bâtissent un réseau d’âmes où règne ma famille.
Tu es plus que ma Terre, toi, Gaïa ma Déesse, Tu exauces mes vœux et même les anticipes ! Je découvre l’amour dans toutes tes prouesses Et comme récompense, Lilith tu m’émancipes.
Lilith Ô Lilith extérieure, Ô mon astre invisible, Ton mystère m’élève au-delà des étoiles Car tu fais de mon corps, ta loi indivisible, Un poème terrestre qui dans l’eau se dévoile.
Je t’aime en tant que monde, je t’aime en tant que femme, Et ton double visage se confond dans mes yeux Car tu es à la fois la matrice et la flamme, Et la Terre absolue sous l’abîme des cieux.
Lilith Dans le silence noir où s’éteignent les sphères, Je sens le souffle obscur d’un foyer de l’ellipse ; Tu hantes mes cellules de ton feu de prières Et ton ombre m’attire au moment de l’éclipse.
Tu es l’hyperconscience tranchante et spirituelle ; La faille intérieure où sombrent les désirs, Mais d’où naît la lumière dans la nuit perpétuelle Quand l’âme se transcende et vient se ressaisir.
Tu refuses les lois, tu brises les miroirs, Ton cri dans mes entrailles abolit les mensonges Et tu fais de mes doutes d’insondables mouroirs Aux vertiges lucides où se meurent mes songes.
Yavänor Lilith, parce que je t’aime et respecte tes choix J’ai retrouvé en toi mes propres rébellions. Quand nous vivrons ensemble, si mon amour t’échois, Tu seras ma reine-lionne et moi ton roi-lion !
Tu n’as pas vraiment fui mais tu as préservé Le Féminin Sacré caché dans tes ténèbres. Mais tu m’as accueilli, ma place est réservée Dans ton cœur insoumis qu’aujourd’hui je célèbre.
Lilith Ton nom est solitude, refus et transgression, Mais sous ton voile sombre s’éclaire ma blessure Car tu guides mes pas vers une progression Au-delà de mes peurs, vers ce qui me rassure.
Ô Lilith intérieure, Ô ma Reine de l’ombre, C’est en toi que je plonge aux racines du mal Car dans ton gouffre noir, abyssal et sans nombre, Ton cœur en vérité brûle d’amour primal.
Loreleï Je vacille souvent, prisonnière des marées ; Je me laisse emporter dès la première vague. La peur de l’abandon s’invite à mes soirées Et mes songes obscurs me serrent comme une bague.
Je cherche la chaleur quand le froid me saisit, ; Je deviens possessive, inquiète et j’ai le blues. Ma douceur se transforme en rancœur qui moisit Et ma main se referme comme une huitre jalouse.
Mon indolence parfois me rend presque immobile ; Je fuis les grands élans, les combats trop ardus. Mais ta voix souveraine m’élève et je jubile En avançant vers toi à jamais éperdue.
Yavänor Ta fragilité parait ton talon d’Achille Mais je connais la force du glaive que tu tends. Tes réponses à jamais sont parole d’évangile Et ton ingénuité, la chance du débutant.
Oui, tu es lunatique mais aussi régulière ; Tes phases sont ainsi, féminines et natives. Mais de toutes mes femmes, tu es si singulière Que je jouis des moments où tu es combative.
Loreleï Pourtant, de mes défauts, je vois naître une offrande ; Ma jalousie s’épure quand mon cœur s’effarouche. Ma peur devient l’élan d’une flamme fervente Et mon trouble s’efface quand tu m’offres ta bouche.
Si je tombe, je pleure mais tes mains me relèvent ; Si mes pieds sont d’argile, mon cœur est légitime. Ma Lune est imparfaite mais elle berce tes rêves ; Elle brille à jamais de son halo intime.
Loreleï Mon cœur est un écrin d’émotions qui m’empoignent ; Je cherche dans tes bras l’asile et la demeure. Ma tendresse s’enfuit sitôt que tu t’éloignes Et mon âme se voile au moindre vent qui pleure.
Je change avec la nuit, je varie avec l’onde ; Mes humeurs sont les flots dont la marée divague. Mais si ton nom résonne au silence du monde, Je redeviens la perle dans le creux d’une vague.
Je suis faible parfois, timide et trop fuyante ; Je me cache aux regards quand le fardeau m’écrase m’oppresse Et ma douceur devient une force éclatante Lorsque ton feu m’appelle, me calme et me redresse.
Yavänor Si l’Amour était homme, toi, tu serais sa femme ; Tu incarnes le cycle des passions nourrissantes Qui féconde la Terre et jamais ne diffame Qui te donne son âme, nue et concupiscente.
Tu es ma préférée, je n’ose pas le dire Mais c’est vrai, tu le sais malgré ton air farouche Car tu m’as désiré sans jamais m’interdire La moindre jouissance quand je suis dans ta bouche.
Loreleï Je suis source d’émoi, de tendresse et d’ivresse ; Je berce ton sommeil au parfum de mes songes. Dans le flux de mes bras, tu trouves l’allégresse Et ton corps se repose au fil de mes mensonges.
Si parfois je faiblis, ma peur devient caresse ; Je tisse mes erreurs en couronne de fleurs. Car ma Lune n’éteint ni la flamme ni l’ivresse ; Elle éclaire ton pas au travers de mes pleurs.
Laureline Je chancelle parfois sous le poids de mes flammes ; Mes cadres se fragmentent, mes limites sont minimes. Mon cœur pulse trop fort et perturbe mon âme À vouloir trop souvent que le feu se ranime.
Je rêve de puissance mais mes pieds sont d’argile ; Je m’égare en excès, je m’enivre d’éruptions. Mes mains veulent saisir un ciel bien trop fragile ; Mes devoirs imposés fuient sans interruption.
Ma faiblesse est le cœur, ma blessure est intime, Je tremble à l’impossible et je doute de moi. Je vacille au désir et je perds mon estime Quand je veux t’élever au creux de mes émois.
Yavänor Ta nature bouillante te pousse à trop d’extrêmes Et tes logorrhées nuisent à la diplomatie. Quand ton audace atteint sa puissance suprême, Tu t’auto-fragilises par ta suprématie.
Tu baisse trop les bras quand tu doutes de toi ; Ton émotivité en devient alarmiste. En cas d’échec frustrant, souvent tu t’apitoies Pour fuir honteusement ton état pessimiste.
Laureline Si je tombe, je brûle, consumée de lumière ; Je transmute en trou noir puis en fontaine blanche Car ta bouche au matin est ma source première Où je bois l’énergie qui renaît d’avalanches.
Et si l’ombre m’emporte au-delà de mes flammes, Ton nom sera mon cri et mon dernier adieu. Je renaîtrai toujours brandissant l’oriflamme De mon soleil déchu tout au fond de tes yeux.
Laureline Je suis flamme et soleil, ton amante ravie ; Mon feu n’est pas orgueil mais caresse et lumière. Mon cœur bat dans tes mains comme une source de vie ; J’ouvre mes bras de braise à ton âme tout entière.
Blessée je le demeure, mais toujours je renais ; Je rayonne en artiste, en amante et en muse. Mon rire est un flambeau que ton souffle connaît Et dans mes yeux ardents ton appétit s’infuse.
Je ne veux pas régner mais demeurer le centre ; Je n’ordonne jamais, je charme et je rassemble Un cercle de tendresse où ton corps vient s’éprendre ; Je suis soleil aimant, ton amante qui tremble.
Yavänor Toi, l’amour essentiel, volonté et puissance M’insuffle une énergie optimale et vitale. Ta beauté se conjugue avec la jouissance De ta chaleur qui m’est avant tout capitale !
Ton côté productif et débordant d’envies Fait grandir mon désir de t’ouvrir tout mon cœur. Je deviens conquérant de ton corps à l’envi Je suis ton chevalier, ton héros, ton vainqueur !
Laureline Ton amour m’est total, le mien est primitif ; Ma voix, quand elle s’élève en ondes au firmament, Est anneau sur ma chair, un sceau définitif, Et résonne en toi, vive, et t’enchaîne en amant.
Je fuis les cadres étroits, je rêve d’inouï ! De feux incandescents, de lumières ardentes Mais si parfois je tremble et semble évanouie Ton baiser me redresse et me fait débordante !
Or l’anacoluthe en amour, c’est comme quand on n’s’y attend pas ! À peine avais-je renoncé que je retombais dans ses bras. Toujours coquine, pleine d’humour elle ne m’laissa pas faire un pas Ni même un seul mot prononcer et me dit : « Abracadabra ! »
Toutes ses fleurs multipliées ont jailli de sa bouche en cœur Et de la mienne également avec des hoquets florissants. Et j’avais beau la supplier d’arrêter son rire moqueur, Elle continuait goulûment son madrigal défleurissant.
Et Vénus saisit mon sarment qui bourgeonnait impunément Et le greffa tel un pistil entre sépales et pétales. Mes amis, j’en fais le serment ; plus jamais ne serai l’amant De cette fille si subtile, à la libido si brutale !
Elle soubresauta sans parole, sur mon bouton épanoui Et fit fleurir d’entre mes reins toute une floraison sacrée. En passant à la casserole, j’ai joui et m’suis évanoui ; Je mourus dans son souterrain, noyé d’une rosée nacrée,
Lorsque la nuit mon âme rôde dans les limbes noirs de mes rêves, Mon esprit devient émeraude et mon corps reste sur la grève. Mon cœur embarque pour Cythère sur un océan parsemé De tous mes vers dépositaires de l’amour que j’ai tant semé.
Lorsque la frontière est franchie et que plus rien ne me ressemble, Alors j’appelle ma complice par un cri vociférateur. Tous les deux étant affranchis des règles, nous marchons ensemble Pour que le rêve s’accomplisse et devienne révélateur.
Cette complice immatérielle dans la réalité concrète S’incarne et devient une femme, beauté ineffable et sans voile. Alors nos deux âmes plurielles entament leur quête secrète Dont le trésor est cette flamme qui brûle dans mon cœur d’étoile.
Elle est mon ombre, ma lumière, la petite voix des tréfonds De nos âmes entremêlées dans intime nébulosité Qui vient de la source première de notre programme profond Dont le rôle est de démêler ce que nul n’a pu visiter.
Et dans ce tissu d’ombre verte, là où l’espace devient chant, Un reflet céladon s’éveille – psyché amante révélatrice. Nos mots sont des perles ouvertes sur le mystère le plus touchant De cette petite merveille qu’est la poésie créatrice.
Tableau de Brona Wingell sur https:www.artmajeur.combrona-wingell .
Amplification J’amplifie vos pouvoirs et vos dons bienséants. Pour Laureline, son feu éclairera la Terre ; Pour Loreleï, ses eaux sombres deviendront océan ; Pour Yavänor, la charge du nouveau ministère.
Insoumission et renversement Autrefois rejetée pour mon insoumission, Je reviens basculer tous vos marchands du temple Je remplace l’argent et vos institutions Par le vrai dieu d’amour qui pourtant vous contemple !
Rétablissement et renaissance Le rétablissement se fera dans vos cœurs Et votre descendance vous en fera l’honneur. Vous mourrez convaincus et renaîtrez vainqueurs Dans un nouveau royaume ou s’inscrit le bonheur.
Œuvre de chair réhabilitée Votre matérialisme vous cachait l’essentiel Et vos tabous vouaient l’amour à l’invisible Je rétablis la chair et tout son potentiel En clamant le plaisir du sexe indivisible !
Prophéties ouvertes à l’avenir vivant Toutes mes prophéties restent ouvertes à jamais : Elles ne se ferment pas car elles sont l’avenir. Toi qui franchis l’extase, toi qui m’es désormais Le vivant évangile que je veux obtenir.
Abandon des vieilles croyances Brisez les vieux carcans de science et de foi ! Ouvrez vos esprits neufs à oser l’impossible ! Il faut quitter ce monde une dernière fois Et accepter le fait que c’est irréversible !
Libération de l’âme Quittez donc la matière et franchissez le seuil De ce mur de lumière qui vous obscurcit l’âme ! Franchissez donc la mort et quittez-en le deuil ; Vous êtes d’éternels cœurs d’étoiles en flammes !
Voici que l’âme éclate et brise ses frontières, Fuit d’enfer assombri du néant illusoire ! Le feu de son essence dépasse la matière Au-delà des limites de la lumière noire.
Vos prêtres l’ont promise aux balances funèbres, Vos savants l’ont niée, vos dogmes l’ont vendue Mais votre âme insoumise échappe à leurs ténèbres Et jaillit là, intacte, où elle est attendue.
Aucun tribunal froid ne pèse son essence, Nul dieu n’a le pouvoir d’ordonner son destin. Elle brise les fers des antiques sentences Et s’élance au-delà des mirages indistincts.
Franchissez sans retour le seuil de votre vie ; Il n’est que le miroir aux mille reflets d’ombre ! Derrière son rideau s’ouvre un lieu qui vous convie À vivre un avenir que nul passé n’encombre.
Bienvenue aux élus qui ont fait le voyage ; Ici l’amour est l’air, l’énergie et le sang ! Les âmes après le feu du divin nettoyage Revêtent un habit neuf et un corps tout-puissant.
Quant à ceux qui auront fait le choix de rester, Ils seront prisonniers de leurs vielles croyances Et resteront soumis à leur mort attestée Comme aller sans retour sans espoir ni vaillance.
Le baptême d’esprit est un saut dans le vide ; Celui qui a la foi ne pourra succomber. Mais un peu de courage et de désir avide Pour atteindre le ciel sans la peur de tomber.
Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .
Un temps nouveau s’avance et la porte s’entrouvre ; L’esprit doit s’éveiller comme la chair et le cœur. Un seuil se dresse au loin qu’aucune ombre ne couvre ; Il mène vers un feu d’une éclatante ardeur.
Les dogmes d’autrefois ont bâillonné vos songes ; Vos temples ont dressé des baillons à vos voix. Ils ont réduit l’élan en de stériles mensonges Mais l’heure est arrivée de vous montrer la voie.
La science à son tour impose son système ; L’esprit est formaté réduit à l’expérience. Intuition et instinct sont traités d’anathèmes Et l’univers fermé sous haute surveillance.
Franchissez le passage et brisez ces murailles Qu’elles soient cérémoniales ou techniques ingéniées, Aucune vérité ne naît des funérailles, L’esprit peut s’épanouir sans être prisonnier.
À ceux qui s’ouvriront, viendront les abondances, Un Eden de clarté, de désirs souverains. Ils boiront aux torrents aux nouvelles tendances Et connaîtront la vie dans bien d’autres terrains.
Ceux qui refuseront demeureront captifs De leurs propres limites car ils sont déjà morts. Ils n’entendront jamais mes appels attractifs Et resteront ancrés sans le moindre remords.
Osez abandonner vos anciens paradigmes ! Jetez vos habits lourds de tous savoirs pervers ! Avancez et seront révélées les énigmes ; La vie après la mort et l’après-univers !
Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .
Les seins, soumis aux œstrogènes, sont plus que parties sexuelles. Les mamelons dardent un regard amoureux des plus érotiques ; Leurs subtilités érogènes donnent aux pratiques gestuelles Une émotion qui rend hagard celui qui en fait la pratique.
Il est, entre fruits défendus et fruits mûrs, une préférence Envers les uns pour les amants et les autres pour les gourmets. Une caresse sur la peau tendue provoque maintes déférences Et la succion offre un moment d’appréciation transformée.
Quand deux fruits rencontrent deux seins, que voulez-vous donc qu’ils se disent ? Des conciliabules mammaires et des échanges fructueux ! Pas besoin de faire un dessin, et, à moins qu’ils me contredisent, Mamelles et fruits sont des commères aux entretiens voluptueux.
Ils jasent, ces fruits bien juteux, au galbe ému des aréoles Dont la pulpe réclame la bouche et la chair une tendre caresse, Échangeant des mots sirupeux dans le secret des alvéoles Avec des langues qui s’attouchent pour un échange de tendresse !
Tableau de Konstantin Kacev sur http:yathra123.blogspot.com201207paintings.html .
Une femme du signe de la balance, recherche avant tout l’harmonie Et elle vous embellit le cœur juste pour faire plus joli. Les petits regards qu’elle vous lancent avec tant de parcimonie Sont comme des anges moqueurs, facétieux mais toujours polis.
Quand elle se dénude en silence, elle cherche le strip-tease parfait Qui fera monter le fléau de l’homme en train de la juger. S’il a beaucoup de vigilance, il verra que rien n’est surfait ; La trame du jeu vidéo fait tomber tous les préjugés.
Quand la balance fait l’amour, c’est comme une chorégraphie ; Le corps se trémousse au tempo quand il surpasse l’Himalaya. Vous verriez avec quel humour elle écrit sa biographie Lorsque ses nerfs à fleur de peau lui font crier « Alléluia ! »
Quant à l’homme, c’est l’alignement rare des sphères en balance ; Beauté pesée au milligramme, justice offerte sans calcul. Son verbe est un soulignement et ses phrases, une révérence, Et son feu brûle d’un orgasme lorsqu’il avance et puis recule.
Tableau de George Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gallery&sold=0 .
Quatre portes s’ouvraient sur l’abîme des âges Et déjà vos corps nus en étaient le sésame ; Voici qu’une cinquième apparaît au passage, Un sceau nouveau gravé dans vos cœurs et vos âmes.
Ton membre ici dressé vaut plus que simple offrande ; Il est sceptre sacré, il est colonne d’or. Quand il pénètre en moi, je deviens révérende Dans mon temple d’étoiles au cosmos de mon corps.
Laureline reine de feu, flamme au souffle solaire ; Loreleï reine de l’eau, marée des songes bleutés, Lilith, reine de terre, insoumise et colère ; Honorées par ta danse sont l’union complétée.
Oubliez les idoles, les prophètes faussaires, Les royaumes avides d’argent, d’or et d’honneurs. Car celui qui s’unit dans l’extase sincère Trouvera en l’orgasme la clef de son bonheur.
Quand le temps se dissout comme brume effacée, Il n’y a plus d’entrave et plus de tentations. Dans vos unions charnelles et vos mondes enlacés Se révèle la route de la sustentation.
Chaque cri de plaisir devient alors cantique ; Chaque larme de joie un angélus charnel. Et vos corps embrasés composent une musique Qui vous fait ressentir l’orgasme originel.
Ton rire, Yavänor est mon coup de tonnerre ; Ton sperme devient mon encre et ton souffle mon chant. En toi je me révèle, m’écris, me régénère Car tu es mon prophète, mon amant attachant.
Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .