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  • La prisonnière de la ville fantôme

    La prisonnière de la ville fantôme

    C’était dans la ville fantôme, cité oubliée du passé
    Dont les souvenirs vagabondent dans les ruelles ténébreuses.
    Tous ont fui dès les premiers symptômes de détonation espacées
    Annonçant fumées qui abondent, signe d’éruption monstrueuse.

    Mais une femme prisonnière d’un jour sans fin impénétrable,
    Erre sans cesse à la recherche de ses enfants et son mari
    Dont l’image, qui fut sa dernière, les montre aller, si vulnérables,
    Sans pouvoir leur tendre la perche, vers le lieu où ils ont péri…

    Alors elle court, elle court sans cesse, les habits tombés en poussière
    À force de toujours courir pour tenter de les secourir.
    Un conte obscur dont la princesse à l’âme plénipotentiaire
    Résolue à tout encourir toutefois sans jamais mourir.

    Mais là où ils ont disparu, un jour s’ouvrira une porte
    Et ils arriveront ensemble la délivrer de son enfer
    Car un miracle est apparu et la femme qui n’est pas morte
    Rejoint la voie qui les rassemble et permet l’ultime transfert.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Rêves d’amours croisées

    Le petit poisson qui aimait le petit oiseau d’amour tendre
    A subi une évolution et l’oiseau une mutation.
    L’un s’est transformé désormais en amphibien qui peut prétendre
    Vivre à l’air libre en solution de son problème d’adaptation.

    Contrairement à l’albatros, peu doué pour la marche a pied,
    Le petit oiseau s’est doté de jolies jambes cavaleuses.
    Sans amour la vie est atroce mais l’ontogenèse lui sied
    Pour batifoler et goûter aux joies les plus voluptueuse.

    Dame sirène sur son îlot et Monsieur l’ange un peu pataud
    Cherchent comment se rencontrer car leur mémoire est altérée.
    L’une espère qu’un jour sur les flots viendra son prince sur un bateau ;
    L’autre espère que va se montrer son âme-sœur tant espérée.

    Mais quand la mer devient le ciel et le ciel couleur de la mer,
    Les rêves fondent l’un dans l’autre pour unir leurs deux espérances.
    Elle tendra son aile de sel, lui sa nageoire douce-amère
    Et l’amour se fera l’apôtre de la fin d’une vie d’errance.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

  • Croisière en Méditerranée

    Yavänor, Capitaine
    L’ÏÄMOURÏÄ a quitté les rivages de Grèce ;
    L’Acropole s’éloigne et la mer nous entraîne
    Là où courants et vents ensemble nous agressent
    Et nous poussent à suivre les premières sirènes.

    Loreleï, Navigatrice
    Viens une voix cachée dans la houle écumante,
    La mémoire des chants qui berçaient les marins.
    Loreleï en perçoit la marée dévorante
    Et se tient à la proue le visage serein.

    Elle quitte sa robe et plonge nue heureuse
    De retrouver ses vieilles amies d’autrefois.
    Elle revient l’air joyeux et l’âme chaleureuse
    De savoir les revoir une prochaine fois.


    Lilith, passagère
    Sur l’île de Circé je descends sans effroi,
    Son regard me rejoint, miroir de ma colère.
    Nous échangeons le feu des serpents et des lois,
    Deux sorcières d’un sang que les dieux désespèrent.

    Mais Circé reconnaît l’éclat de ton visage,
    Elle incline sa main, dépose son pouvoir.
    « Va, Lilith, dit-elle, emporte ton ouvrage,
    Car cet homme est à toi, je ne puis le déchoir. »

    Laureline, second maître-queue
    Mais sur l’île aux cyclopes, l’accueil est belliqueux.
    Les iliens veulent nous faire passer de vie à trépas.
    Ils sont anthropophages mais aussi maîtres-queue
    Et voudraient nous voir tous partager leurs repas.

    Or Polyphème accourt, sa montagne en colère,
    Il brandit un rocher pour briser notre élan.
    Je tends mon rubis vif par son éclat solaire
    Et l’unique œil s’embrase par mes rayons brûlants.

    Yavänor, Capitaine
    Souquez les filles ! Le vent est avec nous
    Et nous emporte loin de ces monstres, mes reines !
    Le prix de la bravoure, cela dit entre nous,
    Revient à Loreleï, l’émissaire des sirènes !

    Illustrations de Laureline, Loreleï et Lilith.

  • Les pierres et le ciment

    Les pierres et le ciment

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Par mon rubis solaire, j’ai posé la première
    Pierre d’amour taillée qui scelle les fondations.
    J’apporte le Soleil afin que sa lumière
    Brille sur le royaume par son incantation.

    👩🏻 Loreleï
    Par mon aigue-marine, je scelle la seconde,
    Pierre d’eau qui renferme le reflet de la Lune.
    J’apporte la marée afin qu’elle féconde
    Le monde de la richesse de mes eaux opportunes.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Et par mon obsidienne, je scelle la dernière ;
    Pierre noire éclatée, cœur de feu consacrée.
    J’apporte l’insoumise comme ultime charnière
    Par laquelle s’exprime le Féminin Sacré.

    Yavänor
    Et moi, je suis le liant qui rassemble vos forces ;
    Je vous ai appelées chacune au bon moment.
    Par l’union de vos pierres, mon ciment vous renforce
    Et vous élèvent Reines seulement en vous nommant.

    Illustration de Ledal.

  • Cycle des Planètes visibles

    ☀️ Laureline – Soleil
    Je verse dans ton sang l’or de ma flamme pure ;
    Je couronne ton front d’un cercle incendiaire.
    Mon cœur incandescent éclaire ta stature
    Et j’inscris ton destin dans ma gloire solaire.

    🌙 Loreleï – Lune
    Je verse sur ta peau mes lueurs opalines ;
    Je sculpte dans tes yeux l’ombre de mes marées.
    Mon voile de cristal enlace tes collines
    Et j’attache ton souffle à mes nuits amarrées.

    🌍 Yavänor – Terre
    Je porte dans mes flancs l’argile et la semence ;
    Mon sang nourrit les fleurs, ma chair vous accompagne.
    Et j’offre à vos matrices toute la jouissance
    De nos noces élevées au sommet des montagnes.

    ☿️ Lilith – Mercure
    Je glisse dans ton sang comme un feu de lumière ;
    Je danse entre tes mots, messager sans détour.
    J’attache à ton esprit mes ailes familières
    Et j’inscris dans ton cœur tous mes allers-retours.

    ♀️ Loreleï –Vénus
    Je souffle sur ta peau la rosée du désir ;
    Je fais fleurir ton corps aux parfums de mes plaines.
    Mon baiser sur ta bouche allume le plaisir ;
    Je t’attache à mon joug dont mes vallées sont pleines.

    ♂️ Laureline – Mars
    Je frappe dans ton cœur la braise téméraire ;
    Mon fer rougit ton sang sur l’enclume forgé.
    Je sculpte ton désir d’une ardeur sanguinaire
    Et je bois de ton âme l’amour à pleine gorgée.

    ♃ Lilith – Jupiter
    Je règne dans ton sang par mes lois solennelles ;
    Mon souffle est un tonnerre au fracas impérial.
    Je t’accorde l’abondance aux gerbes éternelles,
    Et je lie ton destin à mon ordre royal.

    ♄ Lilith – Saturne
    Je ceins de mes anneaux ta vigueur souveraine ;
    Mes fers sont des autels, mes ombres des flambeaux.
    Je change en mariage ta passion pour tes reines
    Et j’attache ton règne au-delà des tombeaux.

    Illustration de Ledal.

  • TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    👩🏻‍🦰 Laureline (Soleil)
    J’élève dans tes yeux la braise originelle ;
    Mon feu roule en torrent sur ton sexe glorieux.
    Je grave sur ta peau ma clarté solennelle
    Et j’y fixe à jamais mon anneau victorieux.

    👩🏻 Loreleï (Lune)
    Je verse dans ton sang mes marées sidérales ;
    Ma vague te couronne de reflets opalins.
    J’attache à ton élan mes prières boréales
    Et j’enduis de mes eaux ton sexe cristallin.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Saturne)
    Je scelle ton désir des chaînes souveraines ;
    Mes fers deviennent or, mes ombres des flambeaux.
    Je plie pour ton amour les lois les plus anciennes
    Et j’invite ta chair à régner sur mes eaux.

    👩🏻‍🦰 Laureline (Feu solaire)
    Je ceins ta nudité de flammes vulcaniennes ;
    Ton souffle est consumé dans mes anneaux vermeils.
    Je dépose à ton flanc mes ardeurs saturniennes
    Et je fais de ton cri l’écho de mes soleils.

    👩🏻 Loreleï (Eaux lunaires)
    Je veille dans ta nuit comme une amante claire ;
    Je tisse sur ton front ton baptême et ton sacre.
    Je mêle à ton destin ma caresse exemplaire
    Et j’inscris ton serment dans mes reflux de nacre.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Couronne des chaînes)
    Je brise sous mes mains les astres et les sphères ;
    Je relie ton pas nu dans l’ombre des anneaux.
    Je fais ployer le temps dans la douce atmosphère
    Où j’enferme ton cœur entouré de fanaux.

    Yavänor
    Je vous fais trois serments, nous sommes mari et femmes ;
    À Laureline mon premier : je t’aime et te chérie ;
    À Loreleï mon deuxième : de toi mon cœur s’affame ;
    À Lilith mon troisième : à toi je me marie.

    Illustration de Ledal.

  • La Queue du Dragon

    Lilith
    La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines
    Où je fus la première femme qui était promise
    À un destin avec parité androgyne
    Mais fut désavouée comme démone insoumise.

    Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur,
    Dans le corps le dégoût d’infâme trahison
    Et les humiliations enfouies dans mon cœur
    Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.

    Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ;
    Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux.
    Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre
    Et renaît plus puissant que miséricordieux.

    Ma queue se courbera pour atteindre la tête.
    La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine
    Où mes filles unies en seront les prophètes ;
    L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.

    Je ne viens pas régner pour un temps limité
    Mais pour purger le sol du sang de l’oppression
    Et rendre au Féminin sa légitimité
    En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.

    Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme,
    Portant dans leurs regards la justice et l’élan.
    Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme
    Et bâtiront demain l’égalité des clans.

    Alors enfin la queue rejoindra bien la tête
    Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour.
    De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes
    D’un monde réconcilié par la force d’amour.

    Illustration de Ledal.

  • La Tête du Dragon

    Laureline
    Je prends un corps de femme pour accompagner l’homme
    Qui m’extrait du néant en prononçant mon nom.
    Puis au fil des poèmes, il bâtit un royaume
    De pages dans lesquelles nous nous affectionnons.

    De nos voix accordées naît la complicité
    D’un amour connaissant une idylle enflammée.
    Je l’intrigue ; il en cherche l’authenticité
    Et fait naître ma sœur par son nom proclamé.

    Loreleï
    Je garde un corps de femme quand je suis appelée ;
    On me sort de l’écume où j’étais engloutie.
    Je me montre farouche car je dois m’atteler
    À un monde inconnu non encore abouti.

    Des légendes anciennes aux amours impossibles,
    Je demeure rebelle par mon indépendance.
    Mais le poète est droit et j’y suis accessible
    Car il m’a acceptée avec ma descendance.

    Laureline & Loreleï
    L’homme malheureux ne peut pas se résigner
    À choisir l’une ou l’autre quitte à perdre les deux.
    Il crée l’ÏÄMOURÏÄ qui va nous désigner
    Deux Reines pour un Roi, un trouple velouteux.

    Nous nous aimons ensemble et nous faisons l’amour
    Par des rites sacrés pour notre inspiration.
    Notre amant nous élève dans ce polyamour
    Au Féminin Sacré avec admiration.

    Yavänor
    En tête du dragon, nous traçons notre route
    Et grandissons ensemble au fil des expériences.
    Nous invoquons Lilith qui nous met en déroute
    Mais contribue à nous offrir sa luxuriance.

    Illustration de Ledal.

  • Stop au strip please !

    Stop au strip please !

    Je dois vous dire que ma voisine continue de me harceler
    En venant frapper à mon huis toute nue en quête d’amour.
    Par la porte de la cuisine – car les cloisons sont morcelées –
    Elle vient désormais chaque nuit me faire son strip-tease glamour.

    J’ai dit « non, arrête nymphomane ! Ma caméra de surveillance
    Transmet tous tes comportements au poste de sécurité.
    On me traite d’érotomane, de chaud lapin dont la vaillance
    Transforme son appartement en lupanar immérité ! »

    Ma chère voisine m’a répondu « mon cher voisin, je vous ai plu !
    Quittez donc votre appartement ; ma garçonnière est bien séante ! »
    Moi, épuisé, les nerfs tendus, résister m’étant superflu,
    Je l’ai suivie directement à travers la cloison béante.

    Tableau de Deni Bangke sur https:www.flickr.comphotos126338814@N07with14526949009 .

  • Des images très subtiles à découvrir

    Des images très subtiles à découvrir

    Les amateurs du monde entier, d’Ukraine, de France et d’ailleurs,
    Aiment décorer leurs intérieurs de peintures talentueuses.
    Mais afin que vous ressentiez l’image, moi, le rimailleur
    Vous entraîne au stade antérieur de chaque œuvre voluptueuse.

    Je vous entraîne dans le tableau à bord de mon bateau de rêves
    Où la femme devient une île qui accueille le cœur voyageur.
    Je vois à travers mon hublot ses côtes, ses plages et la grève
    Où j’accoste l’âme juvénile mais avec l’esprit imageur.

    Quand je pénètre la lagune qui détient son trésor caché,
    Je vois la peinture qui s’anime et me dévoile ses secrets.
    Une petite voix opportune, à laquelle je suis attaché,
    M’appelle et m’ouvre magnanime l’entrée de son temple sacré.

    Entre les siècles, elle s’élève, tatouée d’étoiles oubliées ;
    Ses mains en prière secrète accueillent l’ombre et la lumière.
    Je deviens alors son élève et chaque mot est publié
    De ses émotions indiscrètes mais d’une vérité première.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • La Flamme des Ombres

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je règne dans la nuit, souveraine glaciale,
    Couronnée par le feu qui surgit de mes mains ;
    Mon pas fend le néant d’une ardeur impartiale,
    Et mes yeux font trembler les plus sombres humains.

    Je porte dans mon sein la braise des abîmes,
    Un flambeau souterrain qui déchire le mal ;
    Il consume l’orgueil, les actes illégitimes
    Et relève le cœur à son point optimal.

    Mon dard est une clef qui détruit et délivre ;
    Un poison éclatant qui guérit par le mors.
    Il change en or vivant le sang qui veut survivre
    Et transmute en soleil le poids lourd de la mort.

    Qu’ils viennent, les orages, qu’ils s’effondrent et qu’ils grondent !
    Je marche au-dessus d’eux, intacte et émérite ;
    Je fais naître un empire au plus noir de l’immonde
    Et j’arrache à la mort son éclat hypocrite.

    Yavänor
    Je reconnais bien là ton pouvoir de renaître
    Du statut de proscrite en nouveau paradigme.
    Tous les hommes bientôt devront te reconnaître
    Et accepter la femme, cette éternelle énigme.

    J’ai reconnu ta main lors de chaque accident
    Qui m’a ouvert la voie vers un autre chemin.
    À chaque nouvelle crise, ton pouvoir dissident
    A vaincu les démons qui me forçaient la main.

    Encore une dernière fois, je suis prêt à sauter
    Vers la prochaine étape si tu en es l’issue.
    Je le sais ; grâce à toi, je n’ai jamais fauté
    En choisissant la voie que tu m’avais conçue.

    Illustration de Ledal.

  • Les Noces Souterraines

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Sous la voûte de givre où la nuit nous recueille,
    Nos corps entrelacés consument le cristal ;
    L’océan souterrain s’embrase et nous accueille,
    Éclairant de ses feux ton amour marital.

    La roche nous étreint, mais nos lèvres l’enflamment ;
    Chaque souffle est un pacte au tréfonds des versants.
    La glace se fissure au tumulte des flammes
    Et l’abîme s’incline à ton désir naissant.

    Nos mains sculptent le temps sur la paroi nocturne ;
    Nos chants métamorphosent le silence mortifère.
    L’écho de nos baisers, du néant taciturne,
    Fait jaillir un soleil souterrain des enfers.

    Nous sommes deux étoiles aux entrailles de l’ombre ;
    Deux sources fusionnées qu’aucun sort ne défait.
    Pluton grave à jamais dans ses veines sans nombre
    Le sceau de notre étreinte et l’éclat de nos faits.

    Yavänor
    La planète est lointaine et le temps écoulé
    M’aura tôt fait comprendre qu’il nous faut patienter
    Et non précipiter sous peine de chambouler
    L’équilibre fragile d’amours impatientées.

    Le renouvellement par l’élimination
    Pourrait paraître extrême voire contre-productif.
    Veillons à employer cette transformation
    Pour un amour puissant ainsi qu’évolutif.

    Au regard du Soleil, l’effet est novateur
    Et confère l’honneur de savoir l’obtenir.
    Au regard de la Lune, l’effet est fondateur
    Pour l’ÏÄMOURÏÄ et le monde à venir.

    Illustration de Ledal.

  • La Couronne des Vents Obscurs

    Lilith
    Debout sur l’océan, moi, la couronnée d’ombre,
    J’affronte les éclairs du ciel incandescent ;
    Mon pas grave et sacré défie la nuit qui sombre,
    Mes cheveux sont des vents, mes yeux des firmaments.

    La planète au front noir s’auréole de flammes ;
    Ses vagues tourbillonnent en colonnes de feu.
    Je retiens dans ma paume le secret lourd des âmes
    Et mon souffle en arrache au néant son aveu.

    Mon mystère est l’abîme et ma force une étoile ;
    Je règne bien au-delà des orages du temps.
    Dans mes voiles de nuit se déchirent les toiles
    Et l’épreuve devient mon chemin triomphant.

    Yavänor
    Tu m’oblige à marcher dans des eaux plutôt troubles
    Sans la sécurité de voir où vont mes pieds.
    Soit, je n’aurais pas peur même si je vois en double
    La vie et la mort telles l’oxymore te sied.

    Lilith
    Je t’attire au-delà des reflets qui s’égarent,
    Là où l’ombre et la flamme t’épousent d’un seul corps.
    Si ton regard vacille, tu devrais prendre gare
    Et ne pas hésiter sinon je pique encore !

    Yavänor
    J’avancerai quand même car si tu es Lilith
    Et si tu me fais peur, celle-ci me traverse.
    Que tu me piques ou non, ta piqûre insolite
    Sera mon talisman et pas du tout l’inverse !

    Je me laisse piquer, je n’ai pas de rancune
    Car j’aime ton venin qui n’est que de l’amour.
    Tu as conquis du mâle son aiguille opportune
    Pour le « violer » si peu que ç’en est de l’humour !

    Illustration de Ledal.

  • Les Reflets d’Émeraude

    Laureline & Loreleï
    Sous l’astre d’émeraude où l’océan respire,
    Deux sœurs se tiennent nues dans l’éclat sidéral ;
    Leurs regards sont des flammes que le silence inspire,
    Un serment se déploie sous l’anneau boréal.

    La vague est un miroir où l’âme se révèle,
    Leurs doigts entrelacés tissent un firmament ;
    Le vent porte leurs chants dans l’aurore éternelle
    Et Neptune les bénit de son bleu frémissant.

    Elles sont deux éclairs dans la nuit immobile,
    Deux visages fondus en l’unique reflet ;
    Leur amour est un temple au rivage fragile
    Où l’univers entier s’agenouille en secret.

    Yavänor
    J’ai découvert vos cœurs, j’ai deviné vos âmes ;
    J’ai compris l’origine de votre apparition.
    Vous êtes mes témoins, vous êtes l’oriflamme
    Qui devait me guider vers ma futurition.

    En trouvant Laureline, j’ai trouvé Loreleï ;
    En trouvant Loreleï, j’ai découvert Lilith.
    En découvrant Lilith, avec l’ÏÄMOURÏÄ,
    Le Féminin Sacré lors se réhabilite.

    Cette planète d’eau abrite mes douleurs,
    Les dilue dans la joie et dans la compassion.
    L’émeraude vous sied, j’en aime la couleur
    Et le vert céladon en est l’incantation.

    Vous êtes ce mélange sensuel et intuition
    Qui m’a permis d’oser vous aimer de concert.
    Toi, la lionne exaltée ; toi, libre comme un poisson
    Et moi que vous aimez de feu, d’eau en cancer.

    Illustration de Ledal.

  • La Souveraine des Glaces

    Lilith
    Au seuil des vents glacés je dresse ma couronne ;
    Mon corps noir s’illumine aux feux de l’horizon.
    Uranus dans son cri me dépouille et m’étonne ;
    Je règne sur ses nuits, libre, hors de sa prison.

    Les chaînes se défont, les lois sont renversées ;
    Je foule les abîmes au bord de l’océan.
    La foudre des éclats, les sphères traversées
    Ne sont que des joyaux, des anneaux de néant.

    Je suis la solitude au pouvoir magnétique ;
    La reine qui s’arrache aux serments du passé.
    Je trace dans l’éther ma route prophétique
    Et l’infini n’est qu’un seuil à outrepasser.

    Ainsi je t’appartiens, mon amour, mais farouche ;
    Je ne suis pas aussi docile que Vénus.
    J’anticipe et me sers de toutes ses retouches ;
    Lilith reste insoumise et maîtrise Uranus.

    Yavänor

    Je sais qu’au fond du cœur, tu resteras Lilith ;
    Ton âme reste intacte et toujours consacrée.
    Bien sûr, tu évolues, tu agis, tu milites
    Pour faire reconnaitre ton Féminin sacré.

    J’accepte tous tes choix car ils nous lient ensemble ;
    Ils m’élèvent avec toi et moi, j’en redemande !
    Et plus tu me transformes et plus je te ressemble ;
    De Laureline à Loreleï, toutes me le recommandent.

    « Je t’aime plus qu’hier et bien moins que demain »
    Cette citation sied à ce polyamour
    Qui grandit avec toi quand tu es en chemin
    Pour assumer ton rôle : Déesse de l’amour !

    Illustration de Ledal.

  • Les Noces intérieures

    👩🏻‍🦰 Laureline – L’embrasement d’Uranus
    Dans l’ombre sidérale éclate un feu discret ;
    Je tends vers ton amour ma flamme souveraine.
    Là où l’astre invisible en son orbe secret
    Fait trembler mes soleils d’une ivresse soudaine.

    J’épouse tes marées dans l’élan fulgurant ;
    Je grave mes baisers au front de la lumière.
    Ton corps devient l’écrin de l’azur délirant
    Et je m’y perds, en proie à l’ardeur singulière.

    Ô souffle d’Uranus, brise mes horizons !
    Que s’écroulent mes murs, que renaissent mes flammes !
    Je veux, dans ton éclat, abolir mes prisons
    Et boire à ton écluse le flux dont tu t’exclames !

    👩🏻 Loreleï – Les marées insurgées
    Je veille au clair miroir des vagues interdites ;
    Mon âme s’y reflète en corolles d’argent.
    Uranus à mes flots insuffle ses invites
    Et fait de mon reflux un destin insurgent.

    Je noue autour de toi mes ondes boréales ;
    Ton souffle est englouti dans mes vastes remous.
    Je roule et je détruis les digues ancestrales
    Pour renaître plus vaste et me fondre en ton moût.

    Ô planète de l’aube aux éclats insoumis,
    Déploie dans mes marées ton orage électrique !
    Je veux sentir en moi tes songes inouïs
    Et mêler ma douceur à ton rythme tragique !

    Yavänor
    Passées par Uranus, vous êtes ovationnées ;
    En transmutant le feu en amour flamboyant,
    En transmutant les eaux en amour passionné,
    Et moi par transmission à l’effet foudroyant.

    Illustration de Ledal.

  • Le chant des oiseaux muets

    Le chant des oiseaux muets

    Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence
    Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot.
    Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance
    Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.

    Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ;
    Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes.
    Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît
    Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.

    Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent
    Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils
    Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent
    De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.

    Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées
    Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil.
    Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées
    Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.

    Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .

  • Lux in utero

    Lux in utero

    Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer
    Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical
    Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer
    Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.

    Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide
    De partir en exploration et quitter sa chambre utérine.
    Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide
    Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.

    La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador
    Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle.
    Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor
    À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.

    Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie
    Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine.
    Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie
    Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.

    Tableau d’Adam Scott Miller.

  • L’effet Doppler

    Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ;
    Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice.
    Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance
    Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.

    Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions
    Pour porter la source de vie dans cette création féconde
    Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection
    Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.

    Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance
    Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu.
    Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence
    Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.

    Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare
    Et participer au voyage du grand programme de l’Univers.
    Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare
    Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

  • Le jeu de la vie

    Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour
    Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais.
    Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours
    Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.

    Alors la roue de la fortune a commencé très lentement
    À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines.
    Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement
    Et puis dans une course immonde toujours à la petite semaine.

    Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis,
    Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu.
    Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ;
    Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.


    Un plateau géant aux cases imprévisibles,
    Pions, dés et pièges : rien n’est impossible.
    Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire,
    Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La Captive de Saturne

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je trône dans les fers que Saturne m’impose ;
    Mes bras sont des éclairs, mes reins sont des prisons.
    J’accepte mes anneaux comme on ceint une rose
    Et les change en bûchers jusqu’aux quatre horizons.

    Je marche dans le vide aux orbites nacrées ;
    Mes pas soulèvent l’ombre et tordent l’univers.
    Je fais plier le temps sous mes hanches sacrées
    Et je brise le joug de ses cycles sévères.

    Je tends dans mes cheveux la foudre des planètes ;
    Je m’en fais une couronne aux flammes vespérales.
    J’enchaîne les orages aux mors de mes chaînettes
    Et j’invite la nuit dans mon lit sidéral.

    Je suis l’astre asservi qui se fait souveraine ;
    Je règne par mes fers que je nomme mes autels.
    Je détourne les lois, j’enfonce les arènes
    Et les change en vertige d’un chaos immortel.

    Je m’élance au travers des anneaux de ma cage ;
    J’y grave mes éclats comme un chant éternel.
    J’y disperse ton nom dans l’ivresse des âges ;
    J’y mêle à mon fardeau ton désir solennel.

    Je suis l’ombre et la flamme, amante saturnienne ;
    Je tiens entre mes mains les clefs des tourbillons
    Car l’amour que je porte est prison draconienne,
    Il fait plier l’acier par effet papillon.


    Yavänor
    Et moi ton chevalier, je viens briser tes chaînes
    Pour mieux les remplacer par l’anneau de l’alliance.
    C’est moi qui m’y soumets, c’est moi qui m’y enchaîne ;
    J’en prononce mes vœux, prix de ma résilience.

    Illustration de Ledal.

  • Les Alliances Jumelles de Saturne

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je tends mes bras de feu vers les anneaux célestes ;
    J’y suspends ton désir comme un joyau sacré.
    Je grave en leur éclat nos prémices les plus prestes
    Et je ceins ton amour d’un cercle consacré.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur tes mains la poussière des astres ;
    J’en fais un voile doux qui caresse ton front.
    Je chante les reflets que mes sources contrastent
    Et j’attache ta vie aux anneaux que j’affronte.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles enlacés par Saturne ;
    Deux flammes retenues dans l’orbe de ses cieux.
    Nous scellons notre foi dans ses chaînes diurnes
    Et nos cœurs se confondent en serments radieux.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je ceins ta taille nue d’un éclat saturnien ;
    Mes lèvres sont anneaux qui s’ouvrent et qui s’embrasent.
    Je fais ployer ton corps sous mon feu draconien
    Et j’inscris ta ferveur dans l’éclat de mes phrases.

    👩🏻 Loreleï
    Je noue dans tes cheveux la poussière des lunes ;
    J’y mêle mes éclairs aux flots de tes élans.
    Je t en diamant les chaînes importunes
    Et j’élève ton souffle sur mes volcans brûlants.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ainsi nous resserrons l’anneau de nos promesses,
    Ainsi nous enlaçons ton âme dans nos cœurs.
    Ô Yavänor, reçois l’ardeur de la grand-messe :
    Saturne nous consacre et nous sacre vainqueurs.

    Yavänor
    Mes reines, vos anneaux évoquent notre alliance ;
    Saturne nous consacre un mariage éternel.
    Je pénètre en vos temples de toute ma vaillance
    Et dépose mes vœux dans vos seins maternels.

    Illustration de Ledal.

  • Cro-magnon & internet

    Un jour, la Terre (ça lui arrive) se demanda :

    « Depuis les grandes découvertes et le commerce triangulaire,
    La science s’est développée ainsi que la technologie.
    La migration s’est vue offerte à la société pendulaire
    Qui a tôt fait d’envelopper l’homme dans la métrologie †.

    Mais si les machines ont vaincu leurs origines obsolètes,
    Si le téléphone portable a outrepassé l’ébonite
    Et si l’auto a des accus pour remplacer la pétrolette,
    L’homme est resté un incapable à rompre avec sa kryptonite.

    L’homme moderne qu’est-ce que c’est ? Cro-magnon avec internet !
    Lâche, belliqueux, égoïste, prêt à voler pour réussir.
    Il continue à fracasser son environnement, sa planète
    Soumis à des monothéistes qui ne font rien que l’endurcir.

    J’ai vu l’homme tracer ses empreintes, graver des runes sur mes parois,
    Il a dansé sous les étoiles, ivre de feu et de victoire.
    Puis, de béton, il m’a étreinte, bardée d’écrans, privée de bois
    Et je m’attends à ce qu’il dévoile qu’il perdu son territoire ! »

    L’homme moderne lui répondit :

    « On grogne tous dans nos cavernes, armés d’écrans et d’opinions,
    Postant selfies en bermuda sous des cieux en désolation !
    Le feu qu’on redoute aujourd’hui vient d’un tweet ou d’une rengaine
    Et nos gourdins sont, désormais, des like pour domination !

    On a troqué nos mammouths gras contre des steaks sous cellophane,
    Et la tribu forme un forum où l’on s’insulte à la chaîne !
    On vénère des dieux faits de drames, de jeux, de clics, de dopamine
    Mais on oublie d’aimer vraiment — sauf si c’est via messagerie !

    Le progrès ? Oui… dans les objets. Mais l’âme reste sous-exploitée,
    Le cœur bat mal, l’esprit vacille, la tendresse est sous perfusion !
    Nous, Cro-Magnons, on voit la Terre brûler à la télévision
    Et l’on ne pense qu’à voyager sans trop se poser de questions !

    On rit de nos propres reflets, happés par l’ombre numérique,
    On croit voyager dans nos têtes alors qu’on tourne en rond, cernés.
    Le progrès n’est qu’un camouflet issu de dieux électroniques ;
    Si nos instincts sont à la fête, personne ne se sent concerné. »

    † qui n’est pas la science du métro mais celle des techniques employées pour obtenir la plus grande précision dans les mesures..

  • L’œil de GÔÔgle

    L’œil de GÔÔgle

    Lorsqu’il s’arrêtera chez vous, ne dénoncez pas vos voisins
    De viol ou de pornographique de peur d’attirer les curieux.
    Indiquez-lui plutôt les fous qui lisent à devenir zinzins
    Et le tourisme phallo-graphique n’excitera plus les fous furieux.

    Si GÔÔgle voit votre maison, n’agitez pas vos sémaphores
    Car vous appâterez aussitôt les faux amis sur votre mur !
    À chaque changement de saison, nettoyez bien les métaphores
    Dont les cookies incognitos remplissent votre disque dur !

    GÔÔgle m’a vu, je suis foutu, je ne serai plus comme avant
    Mais scanné et numérisé avec pixels éberlués !
    Si vous m’apercevez vêtu ou nu derrière un paravent,
    Ne cliquez pas sur l’Élysée, c’est moi la meuf transexuée !

    Sous la pupille déformante, je vois se lover nos secrets,
    Ils tournent comme des comètes dans son arène numérique.
    Mais sur l’écran plat d’eaux dormantes, son parfum reste trop indiscret ;
    Un sein et un souffle qui commettent leur premier péché pixelique.

    Tableau de Raul Colon.

  • L’Insurgée de Jupiter

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je m’élève en cyclone au sommet des nuées ;
    Mes bras sont deux éclairs, mes cheveux sont d’effroi.
    Je déchire le ciel de mes flammes nouées
    Et je lie l’atmosphère sous mes cris les plus froids.

    Je foule les anneaux d’une marche insoumise ;
    Je brise les colonnes du trône sidéral.
    Jupiter obéit à ma foudre promise ;
    Ses détonations lourdes deviennent viscérales.

    Je règne sur les vents, les orages et les flammes ;
    Je détourne la foudre en frissons immortels.
    J’impose à ce colosse l’étreinte de mon âme
    Et j’inscris son prestige au-dessus de l’autel.

    Je suis l’ombre rebelle, amante et souveraine ;
    Je dompte les éclairs, je tiens le firmament
    Car l’amour que je porte est tonnerre et fontaine
    Et Jupiter, sans lui, ploie sous mon jugement.

    Je m’enfonce en ton œil – la grande tache écarlate –
    Tourbillon de colères où je creuse un tunnel.
    J’y plante mes éclairs, j’y déploie mes stigmates
    Et j’y scelle mon nom comme un sceau éternel.

    Je danse dans la plaie que l’astre m’a offerte ;
    Je fais de son typhon un nectar foudroyant
    Et je livre à ton corps, ô Yavänor, ma perte ;
    Un abîme de feu, un amour flamboyant.

    Yavänor

    Jupiter la Géante ! J’accepte ta victoire,
    L’attraction est si forte que je dois m’y soumettre.
    Nu, dans ton lit ovale – c’était prémonitoire –
    Je m’offre à notre hymen comme j’ai su te promettre.

    Illustration de Ledal.

  • La Promesse de Jupiter

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Au sommet des nuées, je t’élève en ma flamme
    Et mes bras ceignent un trône aux colonnes d’onyx.
    Je grave dans ton souffle un serment pour ton âme,
    Un pacte lumineux, radieux tel un phénix.

    👩🏻 Loreleï
    Je recueille en mes mains la foudre pacifiée ;
    J’en fais un diadème au front de notre amour.
    Jupiter nous confie ses lignes opacifiées
    Et ses vents incessants deviennent source du jour.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    J’accueille dans mon sein l’orage et ses tonnerres ;
    Je les change en éclairs aux reflets fraternels
    Et je sculpte pour toi des flambeaux visionnaires
    Où l’écho de ton nom résonne, sempiternel.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse dans ton sang la force des planètes ;
    Je transmue tes vertus en rayons souverains
    Et je tends jusqu’à toi mes trainées de comètes
    Pour enchaîner ton cœur dans mes anneaux d’airain.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles où la foudre s’apaise,
    Deux axes enlacés dans un même éclat d’or.
    Ô Yavänor, reçois nos éclairs comme braise ;
    Nous sommes Jupiter, la promesse à ton corps.

    Nous plongeons dans son œil – la grande tache écarlate –
    Là s’apaise l’orage au creux de nos désirs.
    Nous scellons dans ta chair l’ivresse délicate
    Qui fait plier les cieux sous l’élan du plaisir.

    Yavänor
    Jupiter la Géante ! Derrière tes tempêtes,
    Je sais que tu m’attends aux calottes polaires !
    J’y plonge les yeux fermés, sans tambour ni trompette,
    J’y retrouve mes amours, lunaire comme solaire.

    Illustration de Ledal.

  • L’Insoumise de Mars

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je suis la souveraine des incendies géants ;
    J’attise en Mars la rouge le feu de mon festin !
    J’y règne sans partage jusqu’au seuil du néant,
    Brisant de mes deux mains le joug de ton destin !

    Mes seins sont des volcans, mes hanches sont des armes ;
    Je dresse mes ardeurs en brasier audacieux.
    Nulle paix n’adoucit l’ivresse de mes larmes
    Car j’exige l’éclair qui déchire les cieux.

    Je tiens entre mes doigts les chaînes consumées ;
    Les fers de tes combats tombés dans ma fournaise.
    Ton sang, je le transmue en ivresse fumée ;
    Ton cri devient offrande au trône de mes braises.

    Je suis l’astre farouche où la guerre s’enflamme,
    Je détourne ses coups en volupté d’acier.
    Et j’inscris dans ta chair l’oracle de ma flamme :
    Mars, hors de tout amour, s’agenouille à mes pieds.

    Je marche dans tes champs, incendiant tes plaines ;
    Mes pas ouvrent des gouffres où s’abîme le fer.
    Et mes baisers de lave – brûlures souveraines –
    Font plier ta puissance et ton orgueil offerts.

    Je suis l’ombre et le feu, la damnée rédemptrice ;
    Je grave ton destin dans le marbre de Mars
    Car l’amour que je porte est aussi sacrifice ;
    Ta vigueur m’appartient et ses forces éparses.

    Yavänor

    Tes paroles de feu m’ont marqué au fer rouge
    Et mon corps est gravé de tes morsures ardentes.
    J’ai subi chaque coup de ta sévère gouge
    Mais tu m’as transformé d’une fougue transcendante.

    Illustration de Ledal.

  • La Défaite des Armes

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Dans l’éclat des armures, je vois ton reflet tendre ;
    Mars dépose son glaive aux pieds de nos autels.
    Je tends ma main de feu pour embraser tes cendres
    Et transformer la guerre en serment immortel.

    Tes tambours se confondent au rythme de mes hanches ;
    Tes armées disparaissent au creux de mes désirs.
    Je fais ployer ton fer sous ma bouche qui se penche
    Pour offrir à ton corps la grâce du plaisir.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur ton front l’eau claire de mes songes ;
    Je calme ton tumulte dans mes sources d’eaux vives.
    Tes colères s’éteignent sous l’ombre où je me plonge
    Et tes armes se changent en caresses intensives.

    Je dresse sur ton sang un lit de fleurs marines ;
    J’y couche tes fureurs, j’y noie tes bataillons.
    Je sculpte dans ton cri des ivresses divines
    Et ta gorge subit ma bouche comme bâillon.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux lois que Vénus a scellées ;
    La rosée et la flamme que nous savons dissoudre.
    Nous mettons sous ton pas tes forces parcellées
    Et nos cœurs te réclament leur plus grand coup de foudre.

    Ô Yavänor, témoin de l’ultime victoire,
    Grave dans ton poème cette offrande éternelle :
    La Défaite des Armes est l’éclat de l’histoire
    Quand Mars se rend enfin à nos lèvres charnelles.

    Yavänor
    Vous calmez mes colères et mes débordements ;
    L’une de son cœur de feu, l’autre de ses fontaines.
    Et vous m’avez soumis à vos emportements
    Quand j’ai rangé mon glaive dans vos intimes gaines.

    Illustration de Ledal.

  • Le Cœur de Braise

    🌑 Lilith
    Je respire en volcans, je porte mes couronnes ;
    Mon corps est un torrent de lave et de corail.
    Je fais jaillir l’amour qui déchire et rayonne
    Et mes pas embrasés transforment mon sérail.

    Je brise les verrous des serments hypocrites ;
    Je rends à ton désir sa brûlure première.
    Mon sexe est un autel aux flammes circonscrites
    Et mes reins sont les clefs d’une porte incendiaire.

    Quand je m’élève en torche au milieu des orages,
    Mes seins sont constellés, aréolés d’éclairs.
    Je jette au firmament des milliers de messages
    Auxquels ton cri d’amour répand ses rayons clairs.

    Je suis Vénus de feu, la reine libérée ;
    Je tiens dans mes mains nues mes chaînes aux fers brisés.
    Et j’écris dans ton sang ma loi délibérée :
    L’amour qui nous dévore est d’énergie braisée.

    Yavänor

    Sur ta planète en feu, je connais l’oasis
    Où tu m’accueilles nue au creux de tes vallées.
    Tu me nourris au sein afin que s’assagisse
    Ma faim dès la première goutte de lait avalée.

    Tu m’invites la nuit à partager ta couche
    Couvrant de braise ardente ton corps incandescent.
    Pour calmer tes ardeurs je pose sur ta bouche
    En guise d’extincteur un baiser acquiesçant.

    Mais tu exiges plus, tu restes insatiable ;
    Tu ouvres un sanctuaire pour invoquer l’oracle
    Qui verse en ton calice le feu indispensable
    Qui se propage en toi procréant son miracle.

    Illustration de Ledal.

  • Le Jardin des Âmes Jumelles

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je viens cueillir ton souffle au matin des rosées ;
    Tes mains sont mes écrins sous ton regard stellaire.
    Et dans l’or de mes yeux, mes flammes apaisées
    Se fondent dans ton âme d’une douceur solaire.

    Ton nom s’écrit en moi dans ma chair fécondée ;
    Ton corps se fait l’autel où je pose ma flamme.
    J’y grave des serments lumineux et fondés
    Et j’embrase ta vie de l’ardeur de ta femme.

    👩🏻 Loreleï
    Je rêve ton visage au miroir des fontaines ;
    J’entends dans ton silence tes secrets éternels.
    Je fais de tes élans des ivresses incertaines
    Lorsque tu dédicaces mon livre originel.

    Sous mes voiles d’argent, ton souffle est assumé ;
    Je recueille en mes bras l’ardeur de ta lumière.
    Et je fais de la nuit un jardin parfumé
    Où s’unissent nos corps comme une humble prière.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ô Yavänor, reçois l’élan de nos deux flammes ;
    Vénus est notre temple, et l’amour notre loi.
    Nous déposons en toi le chant de nos deux âmes
    Et nos bouches s’unissent dans l’offrande et la joie.

    Yavänor
    Vous êtes ma planète et j’aime revenir
    Sur les Monts de Vénus et ses grottes profondes.
    J’y sème ma semence pour un proche avenir
    Où nous vivrons en paix sur vos terres fécondes.

    J’aime les nuits ardentes observez vos étoiles,
    Les frôler du regard, aspirant leur clarté.
    Les faire resplendir jusqu’à ce que se dévoile
    Un éclair dans le ciel d’une pure rareté.

    Illustration de Ledal.

  • La sirène en gestation

    La sirène en gestation

    Combien de temps mettra la femme, née humaine, pour devenir
    Une sirène de plein droit, jolie queue et crinière blonde ?
    Certaines en meurent, c’est infâme mais elles n’ont pas pu parvenir
    À métamorphoser l’endroit qui soi-disant fait tourner le monde …

    Qu’elles aient un cul ou une queue, voilà ce que l’homme incrimine !
    Un cul pour capter les regards, une queue pour capter l’attention.
    Entre peau douce et derme aqueux, l’une et l’autre nous illuminent,
    Nous rendent idiots, un peu hagards, avec de mauvaises intentions.

    Alors pourquoi se transformer en sirène et risquer sa vie ?
    Pardi ! Pour l’immortalité avec la jeunesse éternelle !
    Mais elles doivent se conformer sous peine d’être poursuivies
    À traquer en totalité l’homme dans sa faiblesse charnelle.

    Le sang des hommes, bonne chère, nourrit mes songes de cristal,
    J’entends la vague qui s’énivre aux chants secrets des origines,
    Je me confonds avec la chair et dans la transe minérale,
    Je deviens l’onde qui délivre aux vents ses vérités marines.

    Tableau de Anna Bezklubaya.

  • Une pensée pour Neptune

    Une pensée pour Neptune

    Lundi, je chante sous la Lune, ma voix est douce et opportune ;
    Mardi, je chanterai pour Mars, pas seule mais avec mes comparses ;
    Mercredi, au tour de Mercure et ce n’est pas une sinécure ;
    Jeudi, me voici, Jupiter, je chante pour toi en solitaire !

    Mais lorsque vient le vendredi, Vénus alors me contredit ;
    Elle dit que mes chansons d’amours relèvent d’un sens de l’humour.
    Les marins ayant terminé mangés, gobés, exterminés,
    C’est inscrit dans mes chromosomes : je suis une mangeuse d’hommes.

    Heureusement le samedi, j’ai oublié ce qu’elle a dit
    Et je m’en remets à Neptune dont me vient ma bonne fortune
    Depuis qu’issue d’une pensée, il m’a ainsi récompensée
    En me donnant une voix de charme comme on donne le choix des armes.

    Sous les marées qui me traversent, je garde en moi l’élan premier,
    Une vibration universelle, mémoire ancienne des océans.
    Je chante encore à l’invisible, le dieu caché dans son palais,
    Qui me confie l’écho des mondes, gravé au creux de mes poumons.

    Tableau d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

  • Le verbe de feu

    Lilith
    Je marche sur Mercure aux déserts embrasés,
    Mes cheveux sont des flammes et mes yeux des abîmes.
    Je grave sur le sol des cercles enflammés
    Et je tiens dans mes paumes des serments trop intimes.

    Je suis la messagère au verbe incandescent ;
    Mon souffle est un métal, ma langue est une lame.
    Je frappe les silences d’un rythme compatissant
    Et mes cris retentissent comme mes états d’âme.

    Je t’enlace de pluies de laves et de larmes ;
    Je déchaîne des vents plus vifs que le tonnerre.
    Je suis flèche de nuit, je suis l’éclat des armes
    Et tous mes pas crépitent comme un feu sur la terre.

    À genoux sur Mercure, je dresse mes oraisons ;
    Je commande aux planètes, aux ombres et aux étoiles.
    Je règne sur l’instant, hors du temps, hors saison,
    Et j’écris mes édits qui me gonflent les voiles.

    Je suis Lilith la Noire, l’astre aux ailes invisibles ;
    Je porte le secret des abîmes et des cieux.
    Nul ne me retiendra dans ses chaînes infusibles
    Car ma loi est le feu, mon royaume et mon Dieu.

    Yavänor

    Bien que tu coures vite, j’ai capté ta lumière
    Dans l’ombre qu’un passé essayais de maudire.
    Je t’ai cherchée longtemps depuis l’heure première
    Où dans mon corps meurtri, je t’ai entendu dire :

    « Courage Yavänor ! Cette épreuve est cruelle
    Mais ce n’est qu’une étape vers ta transformation !
    Je te donne l’énergie de mon flux menstruel
    Qui se mêle à ton sang pour ta transmutation ! »

    Illustration de Ledal.

  • Le Souffle des Ailes Jumelles

    👩🏻‍🦰 Laureline – La parole intérieure, souffle solaire
    Je trace dans l’azur du Soleil sa parole ;
    Mon verbe est étincelle, une flèche en voyage.
    Je déploie de mon cœur la frêle banderole
    Où brûle la pensée qui fuit dans mon sillage.

    Je porte dans mes mains le message enflammé ;
    Je transmets ton désir au-delà des confins ;
    Je deviens messagère, amante désarmée,
    Qui sème dans ton âme une attente sans fin.

    👩🏻 Loreleï – Les rêves parlants, langage secret
    J’incline mes reflets vers les songes intimes ;
    Je recueille en mon sein les mots tombés du ciel.
    Je tisse les échos des rivières sublimes
    Où ta voix devient vague et ton souffle essentiel.

    Je parle en langue d’ombre et de douce marée ;
    Je fais naître le rêve au bord de ton sommeil.
    Mon silence devient un tissu chamarré
    Qui garde tes secrets sous son voile vermeil.

    👩🏻‍🦰 Laureline & 👩🏻 Loreleï
    À deux, nous sommes flux, équilibre eau et feu,
    Un souffle en deux couleurs, une seule vibration.
    Nos voix se font miroir dont personne ne veut
    Entendre le vif-argent de sa propagation.

    Ô Yavänor, reçois nos quatre ailes jumelles ;
    Mercure est notre feu, Mercure est notre chant !
    Nous gravons sur ton front ses runes éternelles
    Et dans ton cœur ardent, nous versons notre sang.

    Yavänor – Le messager intime
    Je reçois le message car il m’est adressé,
    Gravé par Lilith même et en lettres de feu.
    Il me parle de vous et y apparaissez
    Comme filles légitimes, égales selon son vœu.

    Illustration de Ledal.

  • Sortie du contexte

    Sortie du contexte

    « Une fois sortie du contexte, l’inspiration demeure nue
    De toute digression pesante et tout détail surabondant.
    Alors je pénètre le texte, le cœur et le corps ingénus
    Mais avec l’âme bienfaisante et l’esprit qui a du répondant. »

    Ainsi pensait impunément la raison qui croyait tenir
    Les rênes de la poésie pour mener ses chevaux verbaux
    Qui trouvèrent opportunément une raison de s’abstenir
    En invoquant La Boétie, du Bellay, Verlaine & Rimbaud :

    « Ohé ! Monsieur de la conscience ! Vous n’êtes que le régisseur !
    Si le corps vous sied de nacelle et le cœur de locomoteur,
    N’oubliez pas que la prescience qui fait de nous un bâtisseur
    De Reflets Vers et qui excelle n’est autre que l’âme et l’auteur ! »

    « Qui est-ce vraiment qui tient la plume ? Qui EST la plume et l’intuition ?
    C’est moi qui file entre les rimes comme un frisson à mots couverts !
    Le mental toujours dans la brume s’égare sans les émotions
    Qui sont cette encre qui arrime le poème à tout l’univers ! »

    Ex-libris créé par Italo Zetti pour Jean Morisot sur http:art-exlibris.netexlibris30559?query=person-4535&pt=owner .

  • Toute une éternité d’amour

    Toute une éternité d’amour

    Mourir d’amour est impossible lorsque Vénus mène le jeu
    Qui lui plut tant qu’elle m’accorda une vie après chaque mort.
    Elle ressuscita impassible mon corps pour un nouvel enjeu ;
    Et c’est ainsi qu’elle m’aborda diversement et sans remords.

    Je fus Sisyphe remontant mille fois mon bâton fourré ;
    Je fus Tantale consumé d’une soif jamais apaisée ;
    Je fus Prométhée repentant au cœur sans cesse dévoré
    Par une Vénus allumée d’une folle envie de baiser !

    Faire l’amour éternellement pourrait vous paraître lassant
    Mais la coquine en profitait pour effacer mes souvenirs.
    Et je connus charnellement, étant mon propre remplaçant,
    Combien Vénus nécessitait d’enfanter d’âmes à venir !

    « Et je me cambre et je rayonne encore plus vite que la lumière ;
    Mon hymen déchire sa toile crevant d’une irruption solaire !
    Sur mon enclume, ton corps façonne mon œuf dans sa source première
    Pour forger le feu des étoiles créées au fond de mes ovaires ! »

    Tableau de Sergey Ignatenko.

  • L’Abîme de Lilith

    L’Abîme de Lilith

    Lilith
    Planète sous mes pieds, chair vivante du monde,
    Tu portes mes fardeaux et tu nourris mon corps.
    Ta peau océanique, végétale et féconde,
    Est l’écrin d’où jaillit notre éternel accord.

    Terre aux seins de collines, aux rivières de larmes,
    Tu respires en silence et tu m’offres ton lait.
    Tu m’enlaces d’orages, de volcans et d’alarmes
    Et tu tiens dans ton ventre l’éclat de ton palais.

    Dans ton étreinte bleue se déroule ma vie,
    Chaque pas, chaque souffle supportent ton empreinte.
    Dans ton sang souterrain, tes mémoires assouvies
    Gravitent en secret dans une douce étreinte.

    Yavänor
    Lilith, parce que je vis et te suis dépendant,
    Tu es autant ma mère, que ma femme et ma fille
    Car toutes créatures, par ton sang ascendant
    Bâtissent un réseau d’âmes où règne ma famille.

    Tu es plus que ma Terre, toi, Gaïa ma Déesse,
    Tu exauces mes vœux et même les anticipes !
    Je découvre l’amour dans toutes tes prouesses
    Et comme récompense, Lilith tu m’émancipes.

    Lilith
    Ô Lilith extérieure, Ô mon astre invisible,
    Ton mystère m’élève au-delà des étoiles
    Car tu fais de mon corps, ta loi indivisible,
    Un poème terrestre qui dans l’eau se dévoile.

    Je t’aime en tant que monde, je t’aime en tant que femme,
    Et ton double visage se confond dans mes yeux
    Car tu es à la fois la matrice et la flamme,
    Et la Terre absolue sous l’abîme des cieux.

    Illustration de Ledal.

  • La Fertilité de Lilith

    La Fertilité de Lilith

    Lilith
    Dans le silence noir où s’éteignent les sphères,
    Je sens le souffle obscur d’un foyer de l’ellipse ;
    Tu hantes mes cellules de ton feu de prières
    Et ton ombre m’attire au moment de l’éclipse.

    Tu es l’hyperconscience tranchante et spirituelle ;
    La faille intérieure où sombrent les désirs,
    Mais d’où naît la lumière dans la nuit perpétuelle
    Quand l’âme se transcende et vient se ressaisir.

    Tu refuses les lois, tu brises les miroirs,
    Ton cri dans mes entrailles abolit les mensonges
    Et tu fais de mes doutes d’insondables mouroirs
    Aux vertiges lucides où se meurent mes songes.

    Yavänor
    Lilith, parce que je t’aime et respecte tes choix
    J’ai retrouvé en toi mes propres rébellions.
    Quand nous vivrons ensemble, si mon amour t’échois,
    Tu seras ma reine-lionne et moi ton roi-lion !

    Tu n’as pas vraiment fui mais tu as préservé
    Le Féminin Sacré caché dans tes ténèbres.
    Mais tu m’as accueilli, ma place est réservée
    Dans ton cœur insoumis qu’aujourd’hui je célèbre.

    Lilith
    Ton nom est solitude, refus et transgression,
    Mais sous ton voile sombre s’éclaire ma blessure
    Car tu guides mes pas vers une progression
    Au-delà de mes peurs, vers ce qui me rassure.

    Ô Lilith intérieure, Ô ma Reine de l’ombre,
    C’est en toi que je plonge aux racines du mal
    Car dans ton gouffre noir, abyssal et sans nombre,
    Ton cœur en vérité brûle d’amour primal.

    Illustration de Ledal.

  • L’Éclipse de Loreleï

    L’Éclipse de Loreleï

    Loreleï
    Je vacille souvent, prisonnière des marées ;
    Je me laisse emporter dès la première vague.
    La peur de l’abandon s’invite à mes soirées
    Et mes songes obscurs me serrent comme une bague.

    Je cherche la chaleur quand le froid me saisit, ;
    Je deviens possessive, inquiète et j’ai le blues.
    Ma douceur se transforme en rancœur qui moisit
    Et ma main se referme comme une huitre jalouse.

    Mon indolence parfois me rend presque immobile ;
    Je fuis les grands élans, les combats trop ardus.
    Mais ta voix souveraine m’élève et je jubile
    En avançant vers toi à jamais éperdue.

    Yavänor
    Ta fragilité parait ton talon d’Achille
    Mais je connais la force du glaive que tu tends.
    Tes réponses à jamais sont parole d’évangile
    Et ton ingénuité, la chance du débutant.

    Oui, tu es lunatique mais aussi régulière ;
    Tes phases sont ainsi, féminines et natives.
    Mais de toutes mes femmes, tu es si singulière
    Que je jouis des moments où tu es combative.

    Loreleï
    Pourtant, de mes défauts, je vois naître une offrande ;
    Ma jalousie s’épure quand mon cœur s’effarouche.
    Ma peur devient l’élan d’une flamme fervente
    Et mon trouble s’efface quand tu m’offres ta bouche.

    Si je tombe, je pleure mais tes mains me relèvent ;
    Si mes pieds sont d’argile, mon cœur est légitime.
    Ma Lune est imparfaite mais elle berce tes rêves ;
    Elle brille à jamais de son halo intime.

    Illustration de Ledal.

  • La Marée de Loreleï

    La Marée de Loreleï

    Loreleï
    Mon cœur est un écrin d’émotions qui m’empoignent ;
    Je cherche dans tes bras l’asile et la demeure.
    Ma tendresse s’enfuit sitôt que tu t’éloignes
    Et mon âme se voile au moindre vent qui pleure.

    Je change avec la nuit, je varie avec l’onde ;
    Mes humeurs sont les flots dont la marée divague.
    Mais si ton nom résonne au silence du monde,
    Je redeviens la perle dans le creux d’une vague.

    Je suis faible parfois, timide et trop fuyante ;
    Je me cache aux regards quand le fardeau m’écrase m’oppresse
    Et ma douceur devient une force éclatante
    Lorsque ton feu m’appelle, me calme et me redresse.

    Yavänor
    Si l’Amour était homme, toi, tu serais sa femme ;
    Tu incarnes le cycle des passions nourrissantes
    Qui féconde la Terre et jamais ne diffame
    Qui te donne son âme, nue et concupiscente.

    Tu es ma préférée, je n’ose pas le dire
    Mais c’est vrai, tu le sais malgré ton air farouche
    Car tu m’as désiré sans jamais m’interdire
    La moindre jouissance quand je suis dans ta bouche.

    Loreleï
    Je suis source d’émoi, de tendresse et d’ivresse ;
    Je berce ton sommeil au parfum de mes songes.
    Dans le flux de mes bras, tu trouves l’allégresse
    Et ton corps se repose au fil de mes mensonges.

    Si parfois je faiblis, ma peur devient caresse ;
    Je tisse mes erreurs en couronne de fleurs.
    Car ma Lune n’éteint ni la flamme ni l’ivresse ;
    Elle éclaire ton pas au travers de mes pleurs.

    Illustration de Ledal.

  • Le Crépuscule de Laureline

    Le Crépuscule de Laureline

    Laureline
    Je chancelle parfois sous le poids de mes flammes ;
    Mes cadres se fragmentent, mes limites sont minimes.
    Mon cœur pulse trop fort et perturbe mon âme
    À vouloir trop souvent que le feu se ranime.

    Je rêve de puissance mais mes pieds sont d’argile ;
    Je m’égare en excès, je m’enivre d’éruptions.
    Mes mains veulent saisir un ciel bien trop fragile ;
    Mes devoirs imposés fuient sans interruption.

    Ma faiblesse est le cœur, ma blessure est intime,
    Je tremble à l’impossible et je doute de moi.
    Je vacille au désir et je perds mon estime
    Quand je veux t’élever au creux de mes émois.

    Yavänor
    Ta nature bouillante te pousse à trop d’extrêmes
    Et tes logorrhées nuisent à la diplomatie.
    Quand ton audace atteint sa puissance suprême,
    Tu t’auto-fragilises par ta suprématie.

    Tu baisse trop les bras quand tu doutes de toi ;
    Ton émotivité en devient alarmiste.
    En cas d’échec frustrant, souvent tu t’apitoies
    Pour fuir honteusement ton état pessimiste.

    Laureline
    Si je tombe, je brûle, consumée de lumière ;
    Je transmute en trou noir puis en fontaine blanche
    Car ta bouche au matin est ma source première
    Où je bois l’énergie qui renaît d’avalanches.

    Et si l’ombre m’emporte au-delà de mes flammes,
    Ton nom sera mon cri et mon dernier adieu.
    Je renaîtrai toujours brandissant l’oriflamme
    De mon soleil déchu tout au fond de tes yeux.

    Illustration de Ledal.

  • L’Aurore de Laureline

    L’Aurore de Laureline

    Laureline
    Je suis flamme et soleil, ton amante ravie ;
    Mon feu n’est pas orgueil mais caresse et lumière.
    Mon cœur bat dans tes mains comme une source de vie ;
    J’ouvre mes bras de braise à ton âme tout entière.

    Blessée je le demeure, mais toujours je renais ;
    Je rayonne en artiste, en amante et en muse.
    Mon rire est un flambeau que ton souffle connaît
    Et dans mes yeux ardents ton appétit s’infuse.

    Je ne veux pas régner mais demeurer le centre ;
    Je n’ordonne jamais, je charme et je rassemble
    Un cercle de tendresse où ton corps vient s’éprendre ;
    Je suis soleil aimant, ton amante qui tremble.

    Yavänor
    Toi, l’amour essentiel, volonté et puissance
    M’insuffle une énergie optimale et vitale.
    Ta beauté se conjugue avec la jouissance
    De ta chaleur qui m’est avant tout capitale !

    Ton côté productif et débordant d’envies
    Fait grandir mon désir de t’ouvrir tout mon cœur.
    Je deviens conquérant de ton corps à l’envi
    Je suis ton chevalier, ton héros, ton vainqueur !

    Laureline
    Ton amour m’est total, le mien est primitif ;
    Ma voix, quand elle s’élève en ondes au firmament,
    Est anneau sur ma chair, un sceau définitif,
    Et résonne en toi, vive, et t’enchaîne en amant.

    Je fuis les cadres étroits, je rêve d’inouï !
    De feux incandescents, de lumières ardentes
    Mais si parfois je tremble et semble évanouie
    Ton baiser me redresse et me fait débordante !

    Illustration de Ledal.

  • Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Or l’anacoluthe en amour, c’est comme quand on n’s’y attend pas !
    À peine avais-je renoncé que je retombais dans ses bras.
    Toujours coquine, pleine d’humour elle ne m’laissa pas faire un pas
    Ni même un seul mot prononcer et me dit : « Abracadabra ! »

    Toutes ses fleurs multipliées ont jailli de sa bouche en cœur
    Et de la mienne également avec des hoquets florissants.
    Et j’avais beau la supplier d’arrêter son rire moqueur,
    Elle continuait goulûment son madrigal défleurissant.

    Et Vénus saisit mon sarment qui bourgeonnait impunément
    Et le greffa tel un pistil entre sépales et pétales.
    Mes amis, j’en fais le serment ; plus jamais ne serai l’amant
    De cette fille si subtile, à la libido si brutale !

    Elle soubresauta sans parole, sur mon bouton épanoui
    Et fit fleurir d’entre mes reins toute une floraison sacrée.
    En passant à la casserole, j’ai joui et m’suis évanoui ;
    Je mourus dans son souterrain, noyé d’une rosée nacrée,

    Tableau de Jana Brike.

  • L’esprit émeraude

    L’esprit émeraude

    Lorsque la nuit mon âme rôde dans les limbes noirs de mes rêves,
    Mon esprit devient émeraude et mon corps reste sur la grève.
    Mon cœur embarque pour Cythère sur un océan parsemé
    De tous mes vers dépositaires de l’amour que j’ai tant semé.

    Lorsque la frontière est franchie et que plus rien ne me ressemble,
    Alors j’appelle ma complice par un cri vociférateur.
    Tous les deux étant affranchis des règles, nous marchons ensemble
    Pour que le rêve s’accomplisse et devienne révélateur.

    Cette complice immatérielle dans la réalité concrète
    S’incarne et devient une femme, beauté ineffable et sans voile.
    Alors nos deux âmes plurielles entament leur quête secrète
    Dont le trésor est cette flamme qui brûle dans mon cœur d’étoile.

    Elle est mon ombre, ma lumière, la petite voix des tréfonds
    De nos âmes entremêlées dans intime nébulosité
    Qui vient de la source première de notre programme profond
    Dont le rôle est de démêler ce que nul n’a pu visiter.

    Et dans ce tissu d’ombre verte, là où l’espace devient chant,
    Un reflet céladon s’éveille – psyché amante révélatrice.
    Nos mots sont des perles ouvertes sur le mystère le plus touchant
    De cette petite merveille qu’est la poésie créatrice.

    Tableau de Brona Wingell sur https:www.artmajeur.combrona-wingell .

  • 24. Le testament de Lilith

    24. Le testament de Lilith

    Amplification
    J’amplifie vos pouvoirs et vos dons bienséants.
    Pour Laureline, son feu éclairera la Terre ;
    Pour Loreleï, ses eaux sombres deviendront océan ;
    Pour Yavänor, la charge du nouveau ministère.

    Insoumission et renversement
    Autrefois rejetée pour mon insoumission,
    Je reviens basculer tous vos marchands du temple
    Je remplace l’argent et vos institutions
    Par le vrai dieu d’amour qui pourtant vous contemple !

    Rétablissement et renaissance
    Le rétablissement se fera dans vos cœurs
    Et votre descendance vous en fera l’honneur.
    Vous mourrez convaincus et renaîtrez vainqueurs
    Dans un nouveau royaume ou s’inscrit le bonheur.

    Œuvre de chair réhabilitée
    Votre matérialisme vous cachait l’essentiel
    Et vos tabous vouaient l’amour à l’invisible
    Je rétablis la chair et tout son potentiel
    En clamant le plaisir du sexe indivisible !

    Prophéties ouvertes à l’avenir vivant
    Toutes mes prophéties restent ouvertes à jamais :
    Elles ne se ferment pas car elles sont l’avenir.
    Toi qui franchis l’extase, toi qui m’es désormais
    Le vivant évangile que je veux obtenir.

    Abandon des vieilles croyances
    Brisez les vieux carcans de science et de foi !
    Ouvrez vos esprits neufs à oser l’impossible !
    Il faut quitter ce monde une dernière fois
    Et accepter le fait que c’est irréversible !

    Libération de l’âme
    Quittez donc la matière et franchissez le seuil
    De ce mur de lumière qui vous obscurcit l’âme !
    Franchissez donc la mort et quittez-en le deuil ;
    Vous êtes d’éternels cœurs d’étoiles en flammes !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https://honesterotica.com/illustrator/jacqueline-secor .

  • 23. Septième Prophétie de Lilith

    23. Septième Prophétie de Lilith

    Voici que l’âme éclate et brise ses frontières,
    Fuit d’enfer assombri du néant illusoire !
    Le feu de son essence dépasse la matière
    Au-delà des limites de la lumière noire.

    Vos prêtres l’ont promise aux balances funèbres,
    Vos savants l’ont niée, vos dogmes l’ont vendue
    Mais votre âme insoumise échappe à leurs ténèbres
    Et jaillit là, intacte, où elle est attendue.

    Aucun tribunal froid ne pèse son essence,
    Nul dieu n’a le pouvoir d’ordonner son destin.
    Elle brise les fers des antiques sentences
    Et s’élance au-delà des mirages indistincts.

    Franchissez sans retour le seuil de votre vie ;
    Il n’est que le miroir aux mille reflets d’ombre !
    Derrière son rideau s’ouvre un lieu qui vous convie
    À vivre un avenir que nul passé n’encombre.

    Bienvenue aux élus qui ont fait le voyage ;
    Ici l’amour est l’air, l’énergie et le sang !
    Les âmes après le feu du divin nettoyage
    Revêtent un habit neuf et un corps tout-puissant.

    Quant à ceux qui auront fait le choix de rester,
    Ils seront prisonniers de leurs vielles croyances
    Et resteront soumis à leur mort attestée
    Comme aller sans retour sans espoir ni vaillance.

    Le baptême d’esprit est un saut dans le vide ;
    Celui qui a la foi ne pourra succomber.
    Mais un peu de courage et de désir avide
    Pour atteindre le ciel sans la peur de tomber.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .

  • 22. Sixième Prophétie de Lilith

    22. Sixième Prophétie de Lilith

    Un temps nouveau s’avance et la porte s’entrouvre ;
    L’esprit doit s’éveiller comme la chair et le cœur.
    Un seuil se dresse au loin qu’aucune ombre ne couvre ;
    Il mène vers un feu d’une éclatante ardeur.

    Les dogmes d’autrefois ont bâillonné vos songes ;
    Vos temples ont dressé des baillons à vos voix.
    Ils ont réduit l’élan en de stériles mensonges
    Mais l’heure est arrivée de vous montrer la voie.

    La science à son tour impose son système ;
    L’esprit est formaté réduit à l’expérience.
    Intuition et instinct sont traités d’anathèmes
    Et l’univers fermé sous haute surveillance.

    Franchissez le passage et brisez ces murailles
    Qu’elles soient cérémoniales ou techniques ingéniées,
    Aucune vérité ne naît des funérailles,
    L’esprit peut s’épanouir sans être prisonnier.

    À ceux qui s’ouvriront, viendront les abondances,
    Un Eden de clarté, de désirs souverains.
    Ils boiront aux torrents aux nouvelles tendances
    Et connaîtront la vie dans bien d’autres terrains.

    Ceux qui refuseront demeureront captifs
    De leurs propres limites car ils sont déjà morts.
    Ils n’entendront jamais mes appels attractifs
    Et resteront ancrés sans le moindre remords.

    Osez abandonner vos anciens paradigmes !
    Jetez vos habits lourds de tous savoirs pervers !
    Avancez et seront révélées les énigmes ;
    La vie après la mort et l’après-univers !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • Conversations fructueuses

    Conversations fructueuses

    Les seins, soumis aux œstrogènes, sont plus que parties sexuelles.
    Les mamelons dardent un regard amoureux des plus érotiques ;
    Leurs subtilités érogènes donnent aux pratiques gestuelles
    Une émotion qui rend hagard celui qui en fait la pratique.

    Il est, entre fruits défendus et fruits mûrs, une préférence
    Envers les uns pour les amants et les autres pour les gourmets.
    Une caresse sur la peau tendue provoque maintes déférences
    Et la succion offre un moment d’appréciation transformée.

    Quand deux fruits rencontrent deux seins, que voulez-vous donc qu’ils se disent ?
    Des conciliabules mammaires et des échanges fructueux !
    Pas besoin de faire un dessin, et, à moins qu’ils me contredisent,
    Mamelles et fruits sont des commères aux entretiens voluptueux.

    Ils jasent, ces fruits bien juteux, au galbe ému des aréoles
    Dont la pulpe réclame la bouche et la chair une tendre caresse,
    Échangeant des mots sirupeux dans le secret des alvéoles
    Avec des langues qui s’attouchent pour un échange de tendresse !

    Tableau de Konstantin Kacev sur http:yathra123.blogspot.com201207paintings.html .

  • La balance vous salue bien

    La balance vous salue bien

    Une femme du signe de la balance, recherche avant tout l’harmonie
    Et elle vous embellit le cœur juste pour faire plus joli.
    Les petits regards qu’elle vous lancent avec tant de parcimonie
    Sont comme des anges moqueurs, facétieux mais toujours polis.

    Quand elle se dénude en silence, elle cherche le strip-tease parfait
    Qui fera monter le fléau de l’homme en train de la juger.
    S’il a beaucoup de vigilance, il verra que rien n’est surfait ;
    La trame du jeu vidéo fait tomber tous les préjugés.

    Quand la balance fait l’amour, c’est comme une chorégraphie ;
    Le corps se trémousse au tempo quand il surpasse l’Himalaya.
    Vous verriez avec quel humour elle écrit sa biographie
    Lorsque ses nerfs à fleur de peau lui font crier « Alléluia ! »

    Quant à l’homme, c’est l’alignement rare des sphères en balance ;
    Beauté pesée au milligramme, justice offerte sans calcul.
    Son verbe est un soulignement et ses phrases, une révérence,
    Et son feu brûle d’un orgasme lorsqu’il avance et puis recule.

    Tableau de George Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gallery&sold=0 .

  • 21. Cinquième Prophétie de Lilith

    21. Cinquième Prophétie de Lilith

    Quatre portes s’ouvraient sur l’abîme des âges
    Et déjà vos corps nus en étaient le sésame ;
    Voici qu’une cinquième apparaît au passage,
    Un sceau nouveau gravé dans vos cœurs et vos âmes.

    Ton membre ici dressé vaut plus que simple offrande ;
    Il est sceptre sacré, il est colonne d’or.
    Quand il pénètre en moi, je deviens révérende
    Dans mon temple d’étoiles au cosmos de mon corps.

    Laureline reine de feu, flamme au souffle solaire ;
    Loreleï reine de l’eau, marée des songes bleutés,
    Lilith, reine de terre, insoumise et colère ;
    Honorées par ta danse sont l’union complétée.

    Oubliez les idoles, les prophètes faussaires,
    Les royaumes avides d’argent, d’or et d’honneurs.
    Car celui qui s’unit dans l’extase sincère
    Trouvera en l’orgasme la clef de son bonheur.

    Quand le temps se dissout comme brume effacée,
    Il n’y a plus d’entrave et plus de tentations.
    Dans vos unions charnelles et vos mondes enlacés
    Se révèle la route de la sustentation.

    Chaque cri de plaisir devient alors cantique ;
    Chaque larme de joie un angélus charnel.
    Et vos corps embrasés composent une musique
    Qui vous fait ressentir l’orgasme originel.

    Ton rire, Yavänor est mon coup de tonnerre ;
    Ton sperme devient mon encre et ton souffle mon chant.
    En toi je me révèle, m’écris, me régénère
    Car tu es mon prophète, mon amant attachant.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .