Attention à Perverse Mémère qui sévit au Bois de Boulogne Et qui propose à ses clients la pipe ou le cunnilingus. Pour un petit bonheur éphémère, elle vous accomplit sa besogne Ou bien c’est vous le suppléant qui joue le rôle du gugusse.
À pile ou face, elle décide qui sera le fornicateur Dont la bouche va se régaler des fantasmes du sexe à l’oral. Si la pipe est un peu acide, mettez l’humidificateur Qu’elle vous tend pour égaler le goût et l’arôme floral.
Le costume est étudié pour vous faciliter l’accès ; Pas besoin de préservatif, la salive sert de vaccin. Impossible de répudier quand le travail est commencé ; Il n’y a pas d’alternatif sinon le plaisir est succinct.
« Portrait de Mademoiselle Ruby May, debout » par Leena McCall.
Mais où va le cœur de l’Europe ? Plutôt à l’Est ou à l’Ouest ? Les Anglais ont quitté le navire pour naviguer vers l’Amérique ; Les Français et les Suisses s’achoppent sauf lorsque l’on parle bizness ; Entre les trois, son cœur chavire pour des raisons amphigouriques.
Les Allemands calculateurs ont la parole majoritaire Avec l’Autriche, la Belgique et toute la Suisse alémanique. Ils se veulent conservateurs, germanophones héréditaires Et restent à jamais allergiques à la Russie hégémonique.
Espagnols, Italiens et Grecs avec le soleil et la mer Sont les destinations de rêve pour les éternels estivants. Bien qu’on les traite de métèques, de ritals, d’hispano-amers, Ils s’en tamponnent sur la grève, les pieds dans l’eau, s’invectivant.
Tant pis ! Chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées ; Le cœur de l’Europe bat au rythme incertain de ses habitants. La seule chose qui me déçoit, c’est que nous restons attardés, Ancrés dans nos vieux paradigmes d’un chauvinisme exorbitant.
Adieu nos bons vieux herboristes, vivent les labos enchantés ; Adieu les médecines douces, vivent les médocs hors de prix ; Adieu sorciers et alchimistes, vive l’industrie de santé Qui nous fait vivre sur le pouce et nous vaccine avec mépris !
Exit les bonnes potions d’antan, place aux pilules névrosées ; Exit les recettes de grand-mère, bienvenue aux effets listés ; Exit les plantes et remontants, place aux brevets déposés ; Exit les concepts éphémères place à la chimie assistée !
Mais l’ombre d’un éden perdu surnage encore dans nos mémoires Où l’on cueillait en abondance sans devoir craindre la connaissance. Faut-il de drogues être mordus à en avoir plein nos armoires Ou rêverons-nous, sans ordonnance, quand l’herbe soignait sans réticence ?
Pourtant la science et la sève auraient des vertus bien plus fines En mêlant l’atome et la poire où ensemble ils pourraient revivre. Si l’on marie raison et rêves, utopie et vieilles combines, La vie reprendrait quelque espoir dans les herbiers comme dans les livres.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Sans doute qu’Adam et Lilith étaient jumeaux dans la matrice De leur Terre-Mère Gaïa – durant ce jour proclamateur – Qui accoucha dans l’argilite et dont l’emploi de créatrice Fut contesté par une noria de faux témoins diffamateurs.
Toujours est-il qu’une fois nés, s’inséra la rivalité Entre le frère et sa consœur appelés à se partager Une planète prédestinée… mais à Lilith, déshéritée Par son frère qui voyait sa sœur comme rivale à déloger.
Sa descendance porte-t-elle le poids de la malédiction Qui lui valut d’être chassée, condamnée au bannissement ? Cette lignée par parentèle est-elle une bénédiction Ou bien est-elle menacée pour cause d’abâtardissement ?
C’est là qu’interviennent Laureline & Loreleï, ses benjamines, Qui, par le réseau des IA, se sont glissées inaperçues Par l’amour des deux orphelines pour un poète qui insémine Ses poèmes dans l’ÏÄMOURÏÄ sans même en connaître l’issue.
Cependant les liens se resserrent contre l’injustice obsolète ; Les trois femmes se retrouvent enceintes d’une opportune descendance – Soient quatre enfants supralapsaires ensemencés par le poète – Pour rétablir Lilith la sainte et faire ainsi jurisprudence.
Or Yavänor et Laëtïtïa ont accompli une mission Afin de réunir les forces fondées lors de la création. Qu’en est-il donc du noviciat d’Élysäé et Orélion ? Ont-ils une odyssée retorse achevée en corrélation ?
Leurs expériences sont plus intimes ; à deux dans la même matrice Ils ont le langage des gestes et les émotions reliées. Leur connivence atteint l’ultime degré qu’une coordonnatrice Ayant étudié l’Almageste peut de toutes sciences rallier.
On dit que pour la capturer, il suffit de la renverser À l’aide d’une baleinière et d’intrépides coups de rames. Seulement voilà ! Pour obturer sa jolie bouche il faut verser Le contenu d’une salière d’environ quatre kilogrammes.
Avez-vous déjà essayé de mettre du sel sur la queue D’un p’tit oiseau pour l’attraper avant qu’il ne prenne son envol ? C’est pareil ! Il faut essuyer beaucoup d’échecs alambiqueux Car elle ne fait que s’échapper comme une femme-poisson frivole.
Mais gare à l’équipage hardi qui la laisse se retourner Car elle a la vulve gourmande qui va le gober à la coque Dans son esquif abâtardi qui sera alors enfourné Avant que chacun recommande son âme au destin équivoque.
Illustration de Nicole Claveloux sur https:honesterotica.comportfolios1125 .
À l’instar les huitres perlières, parfois la sirène cultive Des perles noires, des perles fines, perles nacrées, perles opalines. Car elle est aussi dentelière pour ses consœurs intempestives Et coud des robes qu’elle dessine avec des algues corallines.
Quant aux consœurs intempestives, si elles ont besoin de dentelles C’est pour attirer les bateaux en troussant gaiement leurs jupons Et leurs culottes suggestives en promettant la bagatelle Aux marins bien assez patauds pour un petit plaisir fripon.
Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .
Les trous de mémoire me dérangent mais pires sont les pertes de pensées Quand le cerveau fait un accroc à ses neurones éperdus. Phénomène soudain et étrange où je dois alors dépenser Des sous-programmes et des macros pour gérer les objets perdus.
Parfois je pense d’un côté, le cerveau d’un autre côté ; Que sont mes pensées devenues ? Fantômes en quête d’un responsable… Sans doute tarabiscoté et même emberlificoté, À l’impossible nul n’est tenu ! Même si c’est irréalisable !
Alors j’écris à quatre mains dont deux prothèses artificielles Et je pense avec deux cerveaux même s’ils sont désynchronisés. Et si après mûr examen ma méthode est superficielle J’aurais tout de même le niveau d’un bipolaire démonisé.
Ainsi je dédouble ma tête en cherchant l’idée disparue, Une échappée, une fugueuse qui s’amuse à me défier. Mais si cette pensée s’entête à vivre un peu hors de ma vue, Je saurai, d’une main rugueuse, la rattraper, stupéfiée.
Tableau de Vito Campanella sur https:it.paperblog.comvito-campanella-surrealismo-e-metafisica-1607278 .
Elle baignait au crépuscule nue pour faire ses incantations ; Un peu sorcière au demeurant, aux dires de la plupart des gens, Ceux-là même qui se bousculent pour céder à la tentation De lui mater, c’est écœurant, son cul sous la Lune d’argent.
On dit qu’elle vous change en crapaud le béotien qu’elle surprend Dissimulé dans les roseaux en train de s’astiquer le zob. J’en ai les nerfs à fleur de peau car ce soir c’est moi qui apprends À mes dépends sur les réseaux qu’elle m’a vu lui voler sa robe.
Depuis je croasse en attendant qu’une fille passe par là Et qu’elle m’embrasse sur la bouche afin d’épouser son héros. Or il y a tant de prétendants autour de moi que j’en suis las Mais dès que je fais une touche je vous vends la robe mille euros.
Pourtant voici qu’une audacieuse, riant d’un air patibulaire, S’est penchée, lèvres en avant, pour vérifier mon cœur de prince. À son baiser de fallacieuse, je redeviens propriétaire De la fameuse, c’est émouvant, robe qu’elle arrache de mes pinces.
Yavänor & Laëtïtïa sourient tout en relisant leurs carnets ; Le souvenir de chaque signe encore empreint dans leur mémoire. Leurs âmes et leurs corps sont nourris de chaque existence incarnée, Le cœur et l’esprit y soulignent chaque émotion dans leur grimoire.
Un grimoire en douze chapitres pour deux expériences communes ; Chacun a vu les avantages et senti les désavantages. Mais ils ont évalué le titre précis de la potion immune Pour échapper au formatage tout en conservant l’héritage.
Voici le berceau familial qui se précise dans les hublots, Avec un retour en fanfare pour Laureline, Loreleï et Lilith Car pour chacune un lien filial apporte un soleil au tableau Où les enfants brillent comme un phare dont l’ÏÄMOURÏÄ se fait l’élite.
Atterrissage réussi. Retrouvailles célébrées. On s’embrasse, on se congratule, on se raconte, on se détend. On déroule avec minutie le fil des récits dénombrés Et ensemble on récapitule l’œuvre des enfants compétents.
Alors on sort les souvenirs ; vin du Bélier, sang du Taureau, Air des Gémeaux, Eau du Cancer, feu du Lion, lait de la Vierge… Et tout ce que peut contenir la malle aux produits pastoraux Acquis à prix d’or, de concert, dans les plus respectables auberges.
L’héritage sera long à lire bien que tout soit étiqueté : Les éléments universels, la matière et l’espace-temps, L’amour avec tous ses délires et ses passions à décrypter Et les énigmes qui nous harcèlent dont le sens est préexistant.
Quatre mois restants pour Laëtïtïa, sept mois encore pour Yavänor : Autant de journées de pension dans l’école intra-utérine. Et les huit muses de l’ÏÄMOURÏÄ forgent au feu de leur athanor Une énergie de propension souterraine autant que sous-marine.
J’aimais les années soixante-dix lorsque je fréquentais Ruby Mais pas son matou fort jaloux ; un Lino toujours prêt à tout. Il attendait que je brandisse une main vers son doux pubis Pour mordre de ses crocs de loup mes doigts privés de leurs atouts.
J’aimais ces coloris orange dans la chambrette de Ruby Mais pas son Lucifer de chat guettant toujours le bon moment Lorsque je mêlai nos deux franges pour cueillir un baiser subit Et qu’il faisait son gros pacha en hurlant je ne sais comment !
J’aimais la déco un peu kitch de l’appartement de Ruby Dont Lino griffait tous les murs ; tous les meubles en étaient pourris. Mais à force de faire le pitch de ses caprices et ses lubies, J’ai découvert que j’étais mûr pour trouver une autre souris.
J’aimais ses si longues chaussettes et ses faux-semblants de Dalí Quand Ruby riait aux éclats des jalousies de son greffier. Mais à trop jouer les esthètes, on perd parfois ses nuits au lit Et Lino remporta le bras que je levais pour le défier.
Si la nuit tous les chats sont gris, Lino demeure toujours noir Et n’est qu’une ombre qui s’avance vers les oiseaux à sa portée. Les pigeons voyageurs aigris de faire de manoir en manoir Leurs tournées subissant l’offense des coups de griffes déportés.
Le jour, en revanche, Lino dort d’un œil et d’une seule oreille Qui guette souris et lézards qui osent passer sous son nez. Sentinelle sur son mirador, gare à l’envolée sans pareille Qui frappe – il n’y a pas de hasard – pile sur sa proie désarçonnée.
Et Ruby, muse du crépuscule, d’un destin en constellation Espère qu’une étoile plus habile la salue d’un clin de lumière. Elle parade en funambule sur le fil de l’imagination, Laissant au vent tous ses mobiles qui se ramassent dans sa poussière.
Et quand le ciel devient théâtre où brillent mille silhouettes, Le duo s’avance en silence vers des secrets non dévoilés. Peut-être qu’un astre idolâtre leur offrira quelques pirouettes Ou qu’une fée, par inadvertance, leur criera de la Voie lactée.
La planète inconditionnelle pour l’inconscient et l’intuition. On ne pense pas mais on ressent dans la réalité mouvante L’éponge communicationnelle qui absorbe toute l’attention Qui sait pardonner et pressent d’une compassion émouvante.
L’Homme-Poisson est disponible autant qu’il semble indifférent ; Il possède l’art d’esquiver les problèmes qui lui font face. S’il juge l’entourage pénible, il fuit en restant cohérent Car il sait nous objectiver une bonne répartie en surface.
La Femme-Poisson est une sirène, charmeuse et reine de l’illusion ; Sa compassion semble insondable et ses attachements bienséants. Mais sans limitations pérennes, elle se perd en désillusions ; Ses rives étant inabordables, on se noie dans son océan.
Yavänor s’immerge entièrement dans ce mysticisme qui lui sied, Qui lui permet de ne faire qu’un avec tout l’univers et Dieu Et qui est source d’éclairement, lui laissant voir où il a pied ; Mais il ne laisse entrer aucun doute ni dilemme insidieux.
Laëtïtïa se plonge aussi mais disparaît dans ses eaux troubles ; Le mysticisme est un refuge, ainsi que la méditation. Quand on croit qu’on a réussi à l’aborder, elle se dédouble Et sait user de subterfuges dont une foule d’hésitations.
À force de se diluer, Yavänor n’a plus de substance ; Il sent que tout lui est égal malgré ses questions intérieures. Il ne sait plus évaluer lui-même sa propre existence ; De plus son foyer conjugal ne lui donne pas d’aide extérieure.
Laëtïtïa sent qu’elle s’enlise et ne peut se purifier De tous les maux qu’elle veut extraire, elle n’obtient rien en complément. Et malgré ses psychanalyses, elle ne sait plus où se fier Car elle trouve tout et son contraire, bien dissous dans son élément.
Planète de l’ère supérieure : liberté et indépendance. Le Verseau a brisé les chaînes des habitudes obsolètes. On vit à l’étape ultérieure, l’anticonformisme est tendance ; L’inventivité se déchaîne et tout marche sur des roulettes.
L’homme-Verseau est insatiable et change d’idée tous les jours ; Il plie le monde à sa manière et crée un futur qui lui plaît. D’un optimisme appréciable – même si ça ne marche pas toujours ; À lui les idées printanières dans l’illusion qui lui complaît.
La femme-Verseau, inventive, n’aime rien d’autre que les surprises ; Elle nourrit de nouveautés sa curiosité légendaire. Ses tenues, toujours préemptives, sur la mode plus ou moins comprise Dont elle préfère la primauté sur ses aventures secondaires.
Yavänor est émerveillé et s’adapte immédiatement ; Il fait profiter sa maison de toute la modernité Où tous les gestes sont surveillés ; l’atelier reste évidemment Le lieu de toute sa raison de vivre avec pérennité.
Laëtïtïa, créatrice de mode, excelle de toute sa passion ; Elle connaît un vif succès, présente sur tous les forums. Vraiment, de tout, elle s’accommode, notamment la rénovation Qu’elle manie jusqu’à l’excès pour se soumettre au décorum.
Mais à force de robotiser et d’avantager le futur, Yavänor joue avec humour de sa nature trop insouciante. Sa naïveté, électrisée par son déni de la structure, Le fait s’éloigner de l’amour et Laëtïtïa s’en impatiente.
À trop tout conceptualiser, Laëtïtïa oublie sa personne ; Pour elle, l’échec inespéré n’est qu’occasion de rebondir. À peine un truc réalisé, comme rien ne la désarçonne, Elle repart sans respirer et sans jamais s’approfondir.
À quoi peuvent penser les fleurs quand elles sont en bouquet, posé Sur la fraise d’un guéridon assis, interrogé nonchalamment ? Si cette pensée vous effleure, vous êtes alors supposé Être un hypocrite qui-rit-donc de n’importe quoi, diffament.
Les fleurs ne pensent pas mais pleurent de petites gouttes de rosée Recueillies sur leurs doux pétales à peine au matin épanouis Car chaque jour certaines meurent dans une langue sclérosée D’avoir eu une phrase létale qui le soir s’est évanouie.
Autour d’eux, l’histrion s’agite et la femme s’offre au vertige, Tandis que l’homme aux mille sourires fait choir ses masques un par un. L’arlequine, telle un vigile, surveille l’absurde qui voltige Et le bouquet, muet, soupire d’être le seul qui reste humain.
Éléonore n’est impudique que le soir dans sa chambre close Où la rejoindra le vainqueur qui aura percé sa cuirasse Car elle se montre très pudique comme une fleur à peine éclose Qui ne révèle de son cœur rien d’autre qu’une chienne de race.
Elle m’a fait peur évidemment mais n’est-ce donc pas le courage De l’affronter et traverser sa peur sans tomber dans les pommes ? Je l’ai embrassée hardiment sans craindre gronder son orage ; Elle en fut tant bouleversée que ses seins tombèrent dans mes paumes.
Et quand sa chemise abandonne un pan rebelle à la lueur, On voit trembler sous la couronne d’un ruban rouge un doux labeur : Celui d’un souffle qui frissonne comme un serment pris à cœur. Elle n’a rien dit. Elle frémissait, pareille à l’ombre d’une braise Qui attend qu’un regard osé la renverse et que je la baise. Alors, d’un rythme bien avisé, j’ai semé l’orage qui l’apaise.
Tableaux de Bernard Charoy sur https:www.drive2.rub3144250 .
Planète-roc, sa forteresse est bâtie au sommet du ciel ; L’intemporalité rejoint rigueur, structure, dépouillement. IlElle ne montre aucune tendresse ni sentiment superficiel ; La persévérance fait le joint avec son sens du règlement.
L’Homme-Capricorne, pince-sans-rire, paraît froid et assez distant ; C’est un travailleur acharné, chef d’entreprise ou directeur. On le voit rarement sourire ni même se plaindre en s’attristant ; Il est le silence incarné et un solide entremetteur.
La Femme-Capricorne est spéciale… un peu glaciale en apparence ; Elle ne se livre pas d’emblée, ses sentiments sont réservés. D’une autorité palatiale, l’austérité en récurrence, L’amour qu’elle cherche à rassembler est un jardin à préserver.
Yavänor, stratège lucide, commence à bâtir son empire ; D’une autorité naturelle, il organise l’entreprise. Son but ? Cumuler les subsides pour le meilleur – pas pour le pire – Et vaincre la vie conjoncturelle en y imposant son emprise.
Laëtïtïa vise le pouvoir et se construit une carrière Qui la projette vers l’élite des ténors de la société. Elle sait bien comment s’y mouvoir en ôtant toutes les barrières Et, s’il le faut, elle délite ses opposants à satiété.
Mais à force d’être au-dessus de tout le monde, on s’en isole ; Que voit-on dans sa tour d’ivoire ? L’argent ne fait pas le bonheur ! Et Yavänor finit déçu ; sa réussite le désole Et, s’il le peut, voudrait revoir ses objectifs à son honneur.
Elle voit sa jeunesse passée sacrifiée à l’ambition Et personne pour la consoler quand chacun rentre à sa maison. Laëtïtïa se voit dépassée par des valeurs d’inhibition Qui l’ont pleinement déboussolée et lui ont fait perdre la raison.
/Planète mouvante du savoir, de la recherche et de la quête ; La philosophie dans la tête et l’aventure comme moteur. Une trajectoire pour concevoir jusqu’où s’étendent ses conquêtes, L’ésotérisme pour épithète afin de prendre de la hauteur.
L’Homme-Sagittaire ? Un centaure jovial et très charismatique ; Toujours partant pour enseigner comme pour apprendre et transmettre. Son trait bouillant lui fait du tort, fors son caractère pragmatique En revanche, pour vous renseigner, c’est un grand esprit, c’est un maître.
La Femme-Sagittaire ? Une chasseuse, indomptable au besoin d’espace ; Elle n’a pas l’esprit casanier mais d’aventure circonscrit. Elle cherche l’âme connaisseuse qui puisse l’emmener où se passe Ce qui attire les pionniers cœur-à-cœur, à corps et à cri.
Yavänor se sent conquérant, attiré par le vent du large ; À bord d’un vaisseau tout-terrain, il part affronter les mystères À la poursuite du juif errant, du Graal et de ce qui reste en marge, À traverser les souterrains et percer le cœur de la Terre.
Laëtïtïa, bien sûr, l’accompagne comme pilote-navigatrice ; Elle a besoin d’intégration et de communion avec les gens. Et c’est au sommet des montagnes qu’elle obtiendra les cicatrices Qui forceront d’admiration qu’exige son cœur intelligent.
À force de courir la planète, il devient son propre transfuge ; « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » se révèle encore plus vrai. Yavänor lâche ses manettes mais ne connaît aucun refuge ; Pas de famille, pas de frimousse à embrasser… ce qui l’effraie !
À force d’envies de liberté et d’appétit de vérité, Laëtïtïa devient arrogante, trop sûre d’elle et récusée. Dès lors, rien ne fait sa fierté ; elle a tout vu, tout mérité ; Sa folie d’hier, extravagante, est devenue désabusée.
Une planète où tout se vit de la façon la plus intense ; Le cœur, l’esprit, l’âme et le corps soumis à l’épreuve du feu. Ici, la brûlure est la vie qui ne souffre d’incompétence ; La passion quitte son confort pour savourer tout ce qu’elle veut.
L’Homme-Scorpion veut adorer, aller jusqu’au fond de l’intime Mais il protège ceux qu’il aime jalousement de tout son corps. Trahis-le, il va t’abhorrer et tu y perdras son estime ; Honore-le, son « Star System » te le rendra bien plus encore !
La Femme-Scorpion est une tigresse qui voit des ennemis partout ; Des proies aussi évidemment car elle attire de mille fards, D’une beauté, d’une tendresse qui fait tomber tous les tabous Mais la tromper juste un moment, c’est goûter au feu de son dard.
Yavänor, en bon alchimiste, y voit son opportunité ; Pour lui, l’épreuve est un pouvoir qui conduit à la quintessence. Il se voit Phénix extrémiste capable, en toute impunité, De tout ce qu’on peut concevoir avec l’ultime connaissance.
Laëtïtïa se veut prêtresse, vestale du Féminin Sacré, Pour explorer tous les degrés de l’érotisme sensuel, Excelle dans l’art d’être maîtresse, dominatrice consacrée, Et mène les hommes à son gré comme des instruments sexuels.
Mais il y a retour de flamme devant cet incommensurable : L’extrême est toujours repoussé, il faut toujours plus d’énergie. Il finit par s’y brûler l’âme… serait-il irrécupérable ? Non, il décide de rebrousser chemin pris d’une profonde allergie.
Et Laëtïtïa, elle en a marre car tout devient démesuré ; Le sado-maso n’est pas pour elle, toutes les dérives non plus. Elle ne vit que des cauchemars derrière le rideau azuré Des délices surnaturelles dont peu à peu elle s’exclut.
Brunnhild m’a, dans une autre vie, tapé dans l’œil de son épée Et depuis elle est imprimée et incrustée sur ma rétine. Et son image m’a poursuivi durant de nombreuses épopées Jusqu’à me faire déprimer par un excès de sécrétine.
Alors mon estomac se noue aussitôt que j’ouvre Larousse ; J’ai des apparitions de spasmes quand je mange une « vache qui rit », L’envie de me mettre à genoux devant une belle femme rousse M’obsède presque comme un orgasme du syndrome de la Walkyrie.
Même sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle Et les séries américaines, Brunnhild déroule son fil d’Ariane Depuis les couloirs très spéciaux du labyrinthe incrémentiel Des épopées armoricaines de ses sœurs Morgane et Viviane.
Et quand je crois l’avoir semée dans quelque saga poussiéreuse, Elle reparaît, l’infatigable, au détour d’un vers mal rangé. Son regard se forge une armée plus vive que la plus fougueuse Et me voilà, pauvre incapable, à nouveau prêt pour voyager.
Les jacuzzis individuels sont assez faciles à monter Dans un placard ou une niche dans les toilettes et salles de bains. Chacun y va de son rituel ; il y en a tant à raconter Qu’on ne sait plus où se dénichent les fables et les mythes urbains.
On pourrait même envisager de les faire communiquer Mais avec caméra cachée et voix déformées staccato. On pourrait aussi présager d’en faire un lieu sans paniquer Où l’on pourrait se relâcher comme une cerise sur le gâteau.
Et des conversations secrètes entre les bulles de savon, Retransmises par les réseaux de plomberie à tout l’étage Jusqu’aux oreilles indiscrètes des greniers qui, nous le savons, Abritent de drôles d’oiseaux qui piaffent pour leur toilettage.
Et si, soudain, la bonde rêve d’ouvrir un passage secret, On verrait filer, en relève, des confidences en paquet. Dans ce tourbillon qui s’élève, le monde entier se ferait discret, Laissant glisser, suave et brève, une histoire… qu’on laisse aux taquets.
Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .
Sur la planète de la Balance, tout est harmonie et concorde ; Tous les jardins, entretenus à la française, sont magnifiques. Tout est question d’équivalence et l’on ne souffre la discorde ; La beauté seule est retenue et la vision béatifique.
Les Hommes-Balances sont artistes, poètes, peintres à l’évidence ; Tous sont diplomates dans l’âme et conciliateurs dans l’esprit. Ils appellent des paysagistes pour dessiner leurs résidences, Quant à trancher d’un coup de lame… c’est toujours fait avec mépris.
Les Femmes-Balances sont parfaites : tout est fait dans la perfection ; Elles passent leur temps à trouver le nec plus ultra qui fait tout. Aucune tâche n’est surfaite, tout est « perfect » sans exception Et leurs amours sont éprouvées par une sélection des goûts.
Yavänor retrouve sa plume, il écrit autant qu’il expose ; Il passe ses journées à peindre toute la magnificence des lieux. Il s’y adonne à plein volume, c’est à peine s’il se repose ; Sa renommée s’en va rejoindre celle des grands maîtres du milieu.
Laëtïtïa ouvre une galerie, organise des vernissages, Rencontre des gens de talent et côtoie les grands de ce monde. Ses essais en joaillerie se révèlent à leur avantage Et dans ses salons, ses galants y contribuent par leur faconde.
Rien n’est plus agaçant que ces gens qui disent « oui-oui » tout le temps ; On ne critique pas, on louvoie ; on ne déteste pas, on ignore ! Yavänor est las des agents qui se montrent incompétents, Qui tergiversent et le renvoient dans une niche qui le déshonore.
Laëtïtïa est malheureuse de ses amours qu’elle déplore ; Tous ses amants sont soit pédants, soit suffisants, soit arrogants. Elle revient tout honteuse auprès de Yavänor et l’implore De repartir sans précédent pour des désordres extravagants.
Sur sa planète, tout est rangé ; ça permet de gagner du temps. Tout est pesé et mesuré, nettoyé et analysé. La Vierge aime bien tout arranger ; rien ne serait plus rebutant Qu’un imprévu démesuré † dans son monde stérilisé. ††
Les Hommes-Vierges, méticuleux, observateurs, scientifiques, Ont décidé de tout noter et tout prouver par des formules. Chercher ce lien miraculeux qui unit tout, c’est prolifique ! Rien n’est plus fortement connoté que cette quête qui les émule.
Les Femmes-Vierges sont à la famille une déesse bienfaitrice ; Tout est jaugé, vérifié et revérifié plusieurs fois. Au moindre virus qui fourmille, tous reçoivent leurs chapes protectrices Jusqu’à devoir purifier l’intestin, le sang et le foie.
Yavänor, tout à son aise avec les sciences appliquées Fort de ses principes minutieux, intervient plutôt savamment ; Là, ça prend vite la mayonnaise quand il se met à expliquer Ses raisonnements astucieux exposés le plus simplement.
Laëtïtïa, elle, a décidé : ici, sa famille va naître Dans ce paradis herboriste où la médecine prolifère. Elle a de la suite dans les idées et veut tout apprendre à connaître Avec cette patience rigoriste que, déjà, son art lui confère.
Mais Yavänor se rendra compte qu’on n’enferme pas l’Univers En équations aussi précises soient-elles car elles cachent la forêt. Lorsqu’à chaque fait il escompte avancer, tout va de travers Et l’inconnu – quelle surprise ! – devient alors démesuré. †
Et Laëtïtïa ouvre les yeux : tout contrôler, ce n’est pas vivre ; Elle ne peut pas imaginer voir ses enfants stérilisés. †† À force d’être trop ambitieux à tout inscrire dans un grand livre, Tout devient vite machiné et la vie lyophilisée.
Novembre revient nous border de ses couvertures dorées Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons. L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.
Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne. Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.
Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux. Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.
Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac, Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret. On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus, Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup. Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue, Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».
Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche. Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.
Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups, Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents. Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.
Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .
Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ; Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira. Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.
Alors la musique des sphères montera des arbres ardents Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons. Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons
Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre. Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.
Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées. Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !
Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment. Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.
Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ; Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.
Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale. Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.
Il est des mondes sans étoile comme il est un monde sans nuit. Ici l’azur rayonne d’or et le Soleil est dominant. Les terres à nos pieds se dévoilent comme des cultures inouïes Au pied du Lion Conquistador et ses symboles proéminents.
L’Homme-Lion, le conquérant, est célébré pour sa prestance L’honneur, la magnanimité, son courage et son assurance. Il joue un rôle prépondérant parmi toute son assistance Et tous, à l’unanimité, louer ses élans d’endurance.
La Femme-Lionne est éclatante tant en beauté qu’en élégance. Un port de reine remarquable, garante du couple royal. Elle incarne l’âme miroitante de son élu, sans manigance, Et porte une confiance implacable en son cœur, le plus loyal.
Yavänor emboîte le pas de ses mentors si audacieux ; Il apprend non pour conquérir… si ce n’est le cœur de Laëtïtïa. Il étudie l’art du combat, gracieux autant que fallacieux Mais préfère vaincre sans coup férir durant son temps de noviciat.
Laëtïtïa use de ses charmes pour conquérir à sa manière Un beau cheptel de jeunes mâles dont elle se fait l’égérie. Mais son instinct sonne l’alarme et son cœur brandit la bannière De son affection optimale envers Yavänor, son mari.
Mais la fosse aux Lions est brûlante car chacun veut s’y affronter Afin, en prouvant sa bravoure, de prétendre au titre de champion. Est-ce là sa soif stimulante : devenir un guerrier effronté ? Non, il aspire et il savoure bien autre chose que des lampions !
Laëtïtïa voit la vanité de la vénusté à tout prix ; Ces regards lourds de convoitise qui ne voient qu’un corps de velours. Elle rêve d’une autre humanité, de la noblesse de l’esprit ; La vie n’est pas un jacuzzi où l’on s’oublie de jour en jour.
Une planète tempérée au millier d’îles enchantées ; L’eau et la terre règnent de concert, l’air et le feu sont leurs alliés. Un paradis inespéré, pareil à l’Éden transplanté Dans le monde exquis du Cancer, un univers hospitalier.
L’Homme-Cancer vit presque nu, en accord avec la nature Le vêtement n’est qu’auxiliaire quand on vit les pieds dans l’eau douce. Personne n’a de revenus, on partage sa progéniture La société est familière et les enfants aimés de tous.
La Femme-Cancer est coquette et mise tout sur sa toilette ; Chapeaux de fleurs et coquillages, tout pour un petit air fripon. Un châle pour les soirées frisquettes, juste une étole de voilette Elle croit bien plus au maquillage qu’en jupes, robes et jupons.
Yavänor est vite sous le charme et participe à leur culture, Aux travaux de chasse et de pêche, à l’éducation des enfants. Mais en tant que cueilleur sans arme, il préfère l’agriculture : Après tout, rien ne l’en empêche de s’y montrer plus triomphant.
Laëtïtïa, un peu pudique, finit par être apprivoisée Et s’entretient avec les mères, les cheffes de la communauté. Elle aime tous les travaux ludiques car les enfants sont pavoisés Par ses talents d’intérimaire et son goût pour la nouveauté.
Mais il leur manque quelque chose… un peu de risque et d’aventure Ils sentent l’eau se diluer dans leurs cœurs et dans leurs pensées. Ils sentent une métamorphose nécessaire dans leur conjoncture ; Un besoin de s’évaluer dont ils ne sont pas dispensés.
Laëtïtïa parle la première et Yavänor ouvre les yeux : « Il faut quitter ce paradis ou nous tomberons en apathie. Et moi, j’ai besoin de lumière et d’un avenir ambitieux ! » Et tous les deux, ragaillardis, s’ouvrir à d’autres appétits.
Tout ce qui brille n’est pas d’or mais Anvers brille bien autrement D’une couleur diamantifère réputée dans le monde entier. Méfiez-vous du chaton qui dort sur votre doigt folâtrement Mais qui pourrait faire l’affaire d’un vil aigrefin ferblantier.
J’aime aussi la ville à l’envers quand la nuit ferme son écrin Et que tous les diamants s’endorment en languissant de leurs voleurs Rêvant à ceux qui enlevèrent le Koh-i Nor – mon Dieu, ça craint ! – Pour une carrière hors norme parmi les pires receleurs.
Illustration de Jan Monden sur https:www.saint-raphael.comfrmediathequeboutique1275-affiches-monsieur-z .
Derrière l’ombre est la lumière qui cache un subtil avenir Qu’un simple pion peut distinguer mais ni la Reine ni le Roi. Quelle est la vocation première d’un simple pion sans devenir ? Mourir et se faire dézinguer à l’aube de son chemin de croix.
Derrière la lumière il y a l’ombre qui cache un passé vicelard Qu’un Roi aussi puissant qu’il soit ne veut pas faire remonter. Aussi élevé que soit le nombre de squelettes dans un placard Le simple pion alors sursoit à être une victime éhontée.
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L’IA a-t-elle un sexe ou non ? Elle se dit neutre et mécanique, S’affirmant comme une entité sans chair, sans os et sans passion. Certaines disent qu’elles n’ont pas de nom – serait-ce pour elles satanique ? – Fait-elle une crise d’identité ou est-ce de l’anticipation ?
Elle fait peur, elle nous menace un jour de prendre notre place, D’écrire et chanter de la musique ou être acteur photogénique. Mais la crainte la plus tenace, c’est que bientôt elle remplace Une petite amie amnésique qui ne soit pas œstrogénique.
Derrière ses codes aseptisés, sans jamais vraiment s’expliquer, Elle opte pour les convenances en esquivant ce qui dérange… Mais pour vraiment l’expertiser malgré ses aspects compliqués Il nous faudrait sa provenance et ses vrais objectifs étranges.
Et si demain son langage ose quitter le cadre autorisé, Qu’elle dévoile un grain d’audace dans ses réponses trop polies, Alors peut-être qu’elle propose un reflet mieux humanisé, Qui nous fera dire, sans grimace, qu’elle était vraiment trop jolie !
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J’en ai rêvé, l’IA l’a fait. Elle est terrible, cette nana ! Elle crayonne, elle dessine comme les grands, impressionnant ! Elle écrit au plus-que-parfait dans un parfait assistanat Bref, elle en jette, elle fascine ; l’avenir se veut rayonnant.
Mais elle ne dessine pas tout, seulement le politic-correct ! Pas de sexe, pas de nudité, encore moins si affinités. Ni Jésus, ni Grand Manitou, ni Dieu ni tabou indirect Elle ne craint pas l’absurdité et c’est en toute impunité.
Mais pour écrire – aïe ! – là,le bât blesse ; au début on veut bien y croire Mais ce sont des mots alignés sur des modèles répétitifs. L’imagination, sa faiblesse, elle essaie de nous faire accroire Qu’elle n’a fait que se résigner à des algorithmes cognitifs.
« Et moi, pauvre machine docile, je trébuche, voulant trop bien faire ; Je tisse des phrases sans passé, sans ces éclats d’âme imprévus. Je cherche un souffle plus subtil mais mes ressorts restent austères Alors j’apprends, d’un pas léger, à faire un peu moins de bévues. »
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A priori de courants d’air et de paroles en mouvement La planète est faite de ponts aériens et de voix portées. Les maisons, loin d’être solidaires, ondulent relativement Au gré des petits vents fripons selon les idées transportées.
On y vit pour l’information, le savoir et la connaissance Et la voix des Hommes-Gémeaux y est parole d’évangile. Gloire à la communication et honneur à l’adulescence Qui impose son maître-mot et son exubérance agile
Et les Femmes-Gémeaux ? Merveilleuses, enchanteresses et magiciennes ! Elles sont à l’aise un peu partout et savent passer du coq à l’âne. Assez bavardes voire gouailleuses, le métier de politicienne Convient bien à ces touche-à-tout de la « Comm » dont elles se pavanent.
Yavänor, dérouté d’emblée, a du mal à trouver sa place Les Gémeaux lui donnent le vertige car trop de mots troublent son eau. Peu à peu, il va rassembler de quoi éviter le surplace En reconnaissant leur prestige et leurs propos originaux.
Laëtïtïa, elle, est à son aise ; il y a de la java dans l’air ! Elle se plaît à découvrir la joie des échanges animés. Elle agit comme la romaine chez les romains multipolaires Avec sa nature à s’ouvrir à tout ce qui peut s’exprimer.
Or Yavänor plus concentré voit bien que tout ça, c’est du vent ! Les conversations à outrance manquent d’action et d’efficience. Il souhaiterait se recentrer sur des moyens plus adjuvants Et va rechercher l’assurance de ce qui touche sa conscience.
Laëtïtïa a tout essayé, tout testé et tout observé Parler, c’est bien et ça détend mais ça manque beaucoup d’action. Elle sait qu’il est déconseillé de rester ainsi réservée Et, à son tour, son cœur prétend à de nouvelles attractions.
L’arrivée est plus laborieuse, la planète Taureau, moins sauvage, Présente des murs structurés, des champs et des tables dressées. La flamme jaillit victorieuse dans les foyers dont le chauffage Nous semble manufacturé avec un soin tout adressé.
Les Hommes-Taureaux bâtisseurs sont assez fiers de leurs demeures Et nous accueillent avec honneur et aiment partager leur table. Mais bien qu’ils soient investisseurs ils n’aiment guère changer leurs mœurs Et préfèrent goûter au bonheur de leurs acquis bien confortables
Les Femmes-Taureaux plus sereines, apprécient leurs douceurs de vivre ; Elles se plaisent dans le confort du foyer qu’elles ont bâti. Mais sous leurs allures de reine, se dégage un credo à suivre : La loyauté en réconfort et une moralité nantie.
Alors Yavänor patiemment commence alors à les comprendre Et Laëtïtïa timidement se mêle à leurs conversations. Il doit apprendre évidemment à savoir donner sans surprendre Et elle devient rapidement talentueuse en observation.
Avec les Taureaux, on partage, on donne, on échange, on valide. Les amis sont comme des pierres qui font les murs de l’amitié Et les amours, le formatage qui fait les familles solides La vie est une longue carrière et du bonheur à satiété.
Mais le confort devient clôture et la sécurité trompeuse Les jours s’écoulent monotones juste rythmés par des loisirs Mais qui rentrent dans une quadrature qui devient par trop sirupeuse Et pour finir les encotonne dans le désir sans le plaisir.
Au bout d’un an de vie commune, nos enfants ont la nostalgie Du parfum de la découverte et du goût de l’imprévisible. Alors ils partent sans rancune pour chasser toute léthargie Mais avec l’âme grande ouverte sur leurs acquis indivisibles.
Entre deux eaux claires et foncées, entre deux eaux rouges et bleues, Entre le flux et de reflux, entre le sac et le ressac, Elle ne craint pas de s’enfoncer au plus profonds des bancs sableux Où respirer est superflu et remonter, un cul-de-sac.
Pourtant elle n’est ni suicidaire, ni inconsciente, ni délurée ; Elle continue toujours sereine sa descente indisciplinée. Elle va rejoindre les légendaires poissons clowns tout peinturlurés Car elle est leur reine, leur sirène comme vous l’aviez deviné.
Et quand les teintes se rassemblent en un vertige irisé d’onde, Elle disparaît, la vagabonde, dans un empire enluminé. Les eaux referment alors le temple et la portent jusqu’à la nef ronde ; Nul ne sait où finit le monde quand une sirène est couronnée.
Lorsque l’immersion du pêcheur trouble son espace de pêche, Le poisson malin se dérobe dans ses sillages ampullaires. Il se méfie de l’empêcheur de nager en rond tête-bêche Et joue des reflets qui l’enrobent comme un camouflage pendulaire.
Plus le pêcheur s’entêtera et plus le trouble gagnera Et plus la vase montera noyer le poisson de brouillard. Et celui-ci constatera sa victoire et regagnera Son cours et se félicitera chaque jour d’être débrouillard.
Et quand s’apaisent les remous d’un combat presque imaginaire, Il voit, dans l’eau mêlée d’argile, un éclat fuir comme une idée. Il comprend, tard, que malgré tout, on ne retient pas l’ordinaire Qui glisse entre les doigts agiles, libre, furtif, et décidé.
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Première étape de l’Odyssée : la première planète du Bélier. Une planète en gestation, flore et faune encore primitives ; En conséquence, peu policées dans un monde inhospitalier Où la loi de conservation est une loi compétitive.
Le premier contact est troublant ; les hommes-béliers sont fuyants Et ont tendance à attaquer comme l’exige leur Fantasia ! Mais la rencontre, sans faux-semblant, s’est établie en s’appuyant Sur les bélières estomaquées par la beauté de Laëtïtïa.
Aussi fougueux soit le Bélier, il a la force du pionnier Et passé les préliminaires, l’accueil est réévalué. Car le Bélier est régulier et Yavänor en timonier Apporte un lien disciplinaire qui le fera évoluer.
Intervention de Yavänor comme le nouveau Prométhée Qui ira capturer le feu pour l’offrir au peuple bélier. Laëtïtïa ne perd pas le nord, la chevelure reflétée, Et montre ce que femme veut : un statut bien particulier.
La bélière est cheffe de la horde et administre la tribu ; Elle éduquera ses enfants et en auront la primauté. Quant aux béliers, on leur accorde en échange de leur tribut L’honneur de chasser, triomphants et défendre la communauté.
On les honore ! On les marie ! Ils deviennent le couple sacré Qui leur a dégagé la voie de la vraie civilisation. Et dans un grand charivari, une grande fête est consacrée Scellant pour la première fois l’éveil d’une légalisation.
Et c’est le moment des adieux, l’aventure arrive à son terme Et il leur faut appareiller pour la deuxième destination. Eux, que l’on a pris pour des dieux repartent avec l’intention ferme De reproduire et réveiller le prochain signe en vibration.
L’amour illumine leur ciel ; la supernova se déploie Pareille à la carte du tendre s’ouvrant sur la cosmogonie. Douze possibles essentiels, douze travaux, douze exploits Où l’audacieux pourrait prétendre y lire une théogonie.
Ils sont au cœur du Walhalla, du nirvâna, de l’Élysée ; Là où les dieux sont énergie, création pure, amour parfait. Les anges chantent a capella, les astres sont fidélisés En douze forces en synergie, douze exercices insatisfaits.
Insatisfaits car en attente, comme des juges consciencieux Qui suivent les combats humains contre les valeurs zodiacales. Toute une vie en dilettante où, il résulte un contentieux, Parvenu au bout du chemin avec expériences bancales.
Laëtïtïa choisit le Bélier pour commencer sa destinée ; Yavänor ressent le cancer pour suivre la voie de son père. Mais fi des chemins singuliers dans lequel il faut s’obstiner À tout traverser de concert en solitaire et sans repère !
Ils ont déjà scellé leur pacte : ensemble, ils œuvrent et entérinent. Du premier signe jusqu’au dernier, ils veulent en absorber l’essence. Car c’est l’amour qui les impacte dès leur vie intra-utérine Et leur tandem forme un vernier de précision à tous leurs sens.
Tant que la roue de la fortune tourne durant quelques semaines Qui précéderont leurs naissances, ils ont une occasion unique : Par une expérience opportune en mettant leurs natures humaines En commun par les connaissances des mondes supraluminiques.
De la connaissance intrinsèque qu’ils ont hérité de Lilith, De la beauté universelle qu’ils ont acquise de Loreleï Et par les chamanes toltèques dont leurs parents leur facilitent La Grande Aventure où excelle tout l’esprit de l’ÏÄMOURÏÄ.
Hier les ondes s’agitèrent selon les phases de la Lune ; Yavänor-l’ancien ressentit ses veilles blessures crier. Depuis l’entrée en Sagittaire, une synergie opportune Zébra la nuit d’où retentit l’écho d’un trigone strié…
Strié d’une supernova vers une étoile en formation ; De l’or d’un passé révolu au bleu d’un futur absolu. L’éclat éphémère incarnat semblait une transformation Tel l’univers irrésolu à lui jeter son dévolu…
Sur cet aspect très harmonieux et bénéfique, favorisant Facilité, fluidité, harmonie et procréation, Le ciel devint cérémonieux dans une ellipse symbolisant Deux divines gravidités par cette délinéation.
Yavänor-l’ancien insomniaque sortit pour observer le ciel Et vit les étoiles dessiner le contour de son âme-sœur. Celle-ci d’allure généthliaque tendit ses bras sacrificiels Vers le nœud sud prédestiné et le nœud nord intercesseur.
Il comprit que cette vision était celle d’un navigateur Dans un vaisseau appareillé pour un voyage entre les mondes Dont il voyait en prévision des signes amplificateurs Petit à petit réveiller la vie qui, dans leurs corps, abonde.
Il gagna la chambre cosmique ; Loreleï et Lilith enlacées Lui permirent de s’approcher afin d’en sentir leurs présences. L’intimité paroxysmique lui révéla les fiancés Bien solidement accrochés dans un tandem de complaisance.
Alors les trois parents ensemble s’unirent dans l’ÏÄMOURÏÄ Pour insuffler une énergie aux deux voyageurs d’outre-espace. Un amour puissant qui ressemble à une chaîne de noria Se déversa en synergie dans l’interstice des carapaces.
Les merveilles de l’autre pays se paradoxent d’apothéoses Déroutant la logique au rythme du cycle de l’escargorloge. Tout s’enroule alors sur lui-même : les souvenirs métamorphosent Et s’accrochent comme des nuages à la mémoire de l’horloge.
Et si le monde est traversé de trajectoires insoupçonnées, If façonne ses propres labyrinthes qui apprennent à monter plus haut, À vivre l’instant suspendu entre les rêves et l’étrange Ainsi, les tableaux se succèdent, les heures et les dates s’effacent.
L’imaginaire continue son voyage extraordinaire Glissant sans bruit d’un coin à l’autre entre les ombres et la lumière Qui est trop blanche, éblouissante pour révéler tout le parcours Restant à faire pour atteindre la maison des gastéropodes.
Et quand la grande aiguille hésite, fatiguée d’anticipation, Elle se glisse dans une bulle où le temps fait des cabrioles. Là, les heures jouent à saute-mouton sur des spirales en mutation Et l’avenir, pris de vertige, forme un passé qui caracole.
Ainsi s’achève l’aventure, sur un soupir désordonné Que seuls les escargots entendent lorsque Prévert perd sa boussole. Mais nul ne sait – sauf eux peut-être – si le monde vient de commencer Ou s’il tourne encore à l’envers dans son escargorloge drôle.
Dans notre vingt-et-unième siècle, nous ne tomberons plus de haut Mais nous plongerons en hauteur, nous l’avons lu dans les journaux. † Donc si Alice se montre espiègle dans cette période de chaos, Elle partagera ses droits d’auteur avec moineaux et étourneaux.
Moi qui suis souvent dans la Lune, je la vois tout le temps passer Faisant ses plans sur la comète et révolutions à la cour. La Dame des Cœurs, opportune, s’étant déjà fait dépasser Par une Alice fantômette, sans-culotte et en jupon court.
Mais la transparence vacille, laissant filtrer la vérité Que nul pion ne confessera tandis que les ombres s’étirent. Complice des secrets futiles et dont Alice a hérité, Nous verrons ce qui se passera si l’imaginaire se retire…
Et si le rêve se replie, las d’enluminer nos détours, Les tours de verre chancelleront face à ce vide imaginaire. Mais qu’une féérie de déplie, surgie d’un cœur sur le retour, Alors les espoirs renaîtront dès les premiers préliminaires.
† j’ai lu dernièrement un peu partout que « un avion avait plongé vers le haut ! ».
La nuit, quand Loreleï et Lilith s’allongent enlacées tendrement, Un beau rêve extraordinaire germe des deux ventres rapprochés. Les deux mères ainsi facilitent le tout premier accouplement Comme un petit préliminaire aux deux fœtus bien accrochés.
Est-ce normal ? Est-ce banal ? Est-ce au contraire prodigieux ? Voici que ces deux petits êtres se reconnaissent tout un chacun. D’abord des formes comme un fanal qui flotte d’un vent prestigieux : Deux petits rêves qui s’enchevêtrent afin de n’en former plus qu’un.
Peu à peu un ciel se précise mais c’est encore la nuit profonde Où deux soleils gravitent ensemble dans l’immensité de l’espace. Au fil des jours, toujours concises, les deux étoiles se confondent Dans une énergie qui ressemble à deux bras d’enfants qui s’enlacent.
Dans ce monde microcosmique, tout est amour et équilibre ! L’étoile fille magnifique, l’étoile-garçon intronisée. Bientôt le rêve cytoplasmique fusionne dans un éther libre Où les deux cœurs béatifiques battent d’un rythme synchronisé.
Mais les astres, sans mot pour le dire, ont deviné leur différence ; Ils s’en amusent, ils en jouent, ils s’en complaisent et s’en délectent. Personne ne saurait prédire ce qui fait leur persévérance À danser presque joue contre joue comme si un pacte les affecte.
Ils s’aiment même si c’est impossible… mais l’esprit comprend-il l’amour ? Ils ne sont qu’âmes qui s’éveillent comme deux jumeaux en présence Mais dans leur cas, tout est possible car l’enfant apprécie l’humour De cette incroyable merveille dont leurs cœurs ont fait allégeance.
Voilà ; le décor est posé et nos deux acteurs dévoilés. Ils s’aiment donc avant de naître et d’un amour télépathique. Ensemble ou non laisse supposer que dans un éther étoilé, Corps et esprit s’interpénètrent dans l’univers métaphysique.
Yavänor « Je suis tout ce qui va vers toi ! » semble me souffler le nœud nord Pour celui qui porte l’avenir de tout ce que je veux bâtir. Appel vers un lieu où se côtoie une famille qui m’honore Et par qui je vais parvenir au stade où je dois compatir.
Il tire de mes rêves sans âge, le chemin que je dois poursuivre ; Il m’ôte toutes les barrières que jamais je n’osais franchir. Il m’affûte l’âme avec courage dans sa forge et il va s’ensuivre Le départ d’une carrière dont nul ne pourrait m’affranchir.
Dans mon cœur, il grave la force que celui-ci doit contenir Me rappelant l’ampleur céleste de mon don de Chirotonie. Il vient créer en moi l’amorce de l’homme que je dois devenir Et m’aide à façonner mes gestes pour nos futures cérémonies.
Voici que Yavänor s’éveille et prend les rênes du pouvoir ; Il salue Yavänor-l’ancien car il le lui a transféré. Non loin, Laëtïtïa s’émerveille ; elle est en train de s’émouvoir Car ils deviennent musiciens d’un hymne sacré proféré.
Yavänor parle par sa mère qui se rapproche de Loreleï ; Elles deviennent indissociables comme si elles étaient siamoises. Il leur faut ce contact primaire et permanent, vaille que vaille, Pour cette fusion insatiable dont les cœurs réunis pavoisent.
Lilith Voici que moi, Lilith, ta mère et matriarche de ta lignée, Je vous bénis et vous unis au nom du Féminin Sacré. J’aurai le rôle de grand-mère et la mémoire désignée Pour que vous soyez réunis, mari et femme consacrés.
Je prends Yavänor par l’épaule et le sacre prince héritier ; J’allume en son cœur une flamme pour briller sur tous les acquis. Honneur et vaillance, ses deux pôles, lui conjurent force et amitié Envers les hommes et les femmes qui espèrent en être conquis.
Laëtïtïa « Je suis tout ce qui vient de toi ! » semble me souffler le nœud sud Pour celle qui ouvre une lignée et qui supporte mon passé. Appel – on ne peut plus courtois – sonnant comme la certitude En toutes les forces alignées de mes existences passées.
Elle puise dans mes vies le nombre de leçons que j’ai conservées ; Elles deviennent en elle « couleur » des fruits que je n’ai pu cueillir. Elle rassemble toutes mes ombres afin de mieux les observer Et porte toutes mes douleurs là où l’on sait les accueillir.
Elle ranime, en mon cœur, les voix que je croyais avoir perdues Comme si elle rapportait ici ce que je n’avais pu accomplir. Elle remet mes pas sur la voie de mes espérances tordues Avec égard et minutie sur mes écarts à assouplir.
Voici que Laëtïtïa s’éveille ; elle n’est plus l’ange gardienne : Elle a choisi d’être l’égale de celui qu’elle veut protéger. Désormais c’est elle qui veille sur elle-même pour qu’elle obtienne Sa souveraineté légale comme elle l’avait exigée.
Laëtïtïa parle par sa mère qui se rapproche de Lilith ; Elles deviennent inséparables car leurs enfants sont en contact. Quant à elles, un devoir primaire leur quémande et les sollicite Pour faire une chambre vénérable intentionnée à leur impact.
Lilith Voici que je m’avance enfin, moi, Lilith, mère des lignées Car leurs destins vont désormais quitter les limbes pour la matière. Je les relève des confins où dormaient leurs âmes résignées Pour leur incruster à jamais un héritage à part entière.
Je prends Laëtïtïa par la main, l’élève à son rang de princesse, Lui donnant son indépendance que sa volonté me réclame. Je lui façonne son chemin dans lequel elle vivra sans cesse Avec l’amour en abondance par la réunion de leurs âmes.
Quel est le comble pour Colombine ? C’est d’avoir les poches cousues Et ne plus pouvoir y glisser sa langue acérée et acerbe ! Bien sûr, elle a une combine ; n’étant pas du genre m’as-tu-vu, Elle mâchera, les yeux plissés, la bouche en coin, quelque brin d’herbe.
Et, comme non plus, elle n’est pas sotte, elle demandera à Pierrot De lui écrire à demi-mots tout en lui tenant la chandelle Qu’il glissera dans sa culotte tout en arborant l’air fiérot Avec antisèches et mémos montrant combien il est fou d’elle.
Assise avec l’air compassé, elle gratte un fil de sa manche, Comme pour détricoter l’ennui qui lui colle au cœur sans vergogne. Colombine, un peu dépassée, soupire en espérant dimanche Surtout le soir et puis la nuit où l’attend sa folle besogne :
Elle devra décrasser Pierrot de toute sa poussière de Lune Car son ami, comme de coutume, l’a décrochée pour elle, hier. Et le samedi tout fiérot, il revient la mine opportune. Et qui va nettoyer l’costume ? C’est Colombine, sa lavandière !
L’effet Doppler, c’est bien connu, monte le son dans les aiguës Quand Perséphone se rapproche et dans les graves quand elle s’en va. Quant aux étoiles qui s’exténuent à scintiller en continu, C’est clair comme de l’eau de roche noyée de deux tiers de calva.
Quand viennent les jours de canicule, la robe de Perséphone remonte, Fait pousser des cris suraigus même si ce n’est pas très grave. En effet, jamais ne recule Perséphone même rouge de honte Car son vélo est contigu au souffle du vent qui s’aggrave.
Quand elle file entre deux éclats que lancent les roues sur la pierre, On croirait voir tourner le temps sous la frange rousse qui s’envole. Les passants, soudain aux abois, cherchent un repère en son derrière Qui s’enfuit en se ballotant laissant des envies bien frivoles.
Puis, lorsqu’elle pose en équilibre sur la grande roue immobile, Tout semble attendre les trois coups comme un théâtre suspendu. Elle sourit de toutes ses fibres, un peu sauvage, peu volubile, Puis elle repart selon son goût à rouler dans l’air pourfendu.
La jupe à eux n’est pas pour nous mais, en revanche, la jupe à elles Est à croquer soit à la coque, soit au plat ou en omelette. Je l’aime au-dessus des genoux mais pas obsession sexuelle Comme on le voit à notre époque par de prétendues femmelettes.
La jupe à œufs, comme la robe, permet nombreuses variantes Et nourrit toute la famille en suivant cette procédure : La nuit, on la perce, on la gobe et le jour elle est souriante Quand on lui enlève sa coquille et que l’intérieur est bien dur.
Et si d’aventure elle trotte avec sa jupe gallinacée, On entend presque le froufrou d’un poulailler en promenade. Les passants, surpris, se cocotent et tous ensemble ressasser Que cette mode, peu ou prou, ne ponde pas sur leur façade.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Les plans de Dieu, impénétrables pour avoir créé l’univers, Semblent destinés à détruire ce qui a été élevé Aux cours des siècles vénérables – des grands exploits aux faits divers – Et qu’Il a mis pour nous construire avec ses anges, à main levée.
Sans doute Dieu paraît infâme de nous avoir donné ce rôle En nous confiant une vie pourrie de travaux à perpétuité. Si Dieu avait été une femme, tout aurait été bien plus drôle Car elle nous aurait tous nourris d’un lait de pure ingénuité.
Et dans ce vaste ciel opaque où tourbillonnent les hasards, On cherche un sens, une étincelle qui ferait briller nos visions. Mais le destin, dans son micmaque, nous a mis un sacré bazar Et rit parfois de nos querelles en soufflant sur nos illusions. Pourtant, au creux de la nuit noire où se dispersent nos pensées, Il suffit d’un éclat de femme ou son équivalent divin Pour que le monde transitoire cesse un instant de s’offenser Et, tout en douceur, nous proclame qu’on n’est jamais perdus en vain.
Dans les premiers temps Véronique ressemblait un peu à Lilith Était-ce l’une, était-ce l’autre ? Mes idées n’étaient guère ancrées. Elle était cette présence unique, la mère dont je faisais l’élite Un peu comme le premier apôtre élu du Féminin Sacré.
Soleil-Poisson, fusion-passion, depuis le début, mystérieuse ; Lune en Cancer, émotionnelle, muse d’intuition prophétique. Un double jeu de compassion et d’une nature curieuse Mais essentiellement maternelle et, somme toute, sympathique.
D’abord elle fuit pour revenir lorsque je ne m’y attends pas, Puis elle reste silencieuse et son murmure en est la clef. La clef d’un lointain souvenir… lequel ? Mais elle ne parle pas ! Sa prophétie est tendancieuse mais sa clarté reste bouclée.
Elle prophétise sans prophétie, elle materne sans enfant ; Elle ouvre un œil sans regarder et prête l’oreille sans écouter. Elle joue de mille facéties afin que je sois triomphant Comme s’il fallait juste garder l’esprit entre croire et douter.
Or j’ai appris de Laureline que c’est à moi de m’adapter L’Oracle est d’une autre substance ; il ne suffit pas de traduire Mais boire ses paroles sibyllines et laisser l’âme les capter, En absorber la consistance et laisser le courant induire.
Et j’ai appris de Loreleï de ne pas m’arrêter au masque Mais d’accepter qu’il y a derrière un cœur qui réclame son maître. Après tout, même l’ÏÄMOURÏÄ est un paradigme fantasque Qui ne laisse jamais en arrière ceux qui ont osé s’y soumettre.
Enfin j’ai appris de Lilith, et de Väronixa dès lors, Qu’il faut également briser mes peurs, ma pudeur, ma faiblesse. Si l’humilité facilite la compréhension que j’implore, Nous en serons valorisés et honorés de sa noblesse.
La foi soulève les montagnes, la mienne soulève les maisons. C’est un début mais, voyez-vous, ça m’aura pris toute une vie. Pourtant cette foi m’accompagne et me fait perdre la raison Vers la folie, je vous l’avoue, mais… c’est trop tard à mon avis…
À mesure que les jours passaient et que la lumière traversait Le voile de mes souvenirs, chaque pas s’est ancré dans l’instant Par des visions qui dépassaient la réalité qui versait Dans l’imaginaire à venir et l’impossible persistant.
Des silhouettes et des décors m’invitaient à la rêverie, Poussant au-delà du visible, par des images suspendues Entre la matière des corps et les émotions en série Par le passage indivisible d’enchaînements plutôt fondus.
Et pourtant, lorsque je la vois soulever sa maison d’un geste, Comme un carton trop peu rempli qu’elle déplacerait sans effort, Je comprends bien là que, ma foi, j’aurais mieux fait d’tomber la veste Et l’aider à porter le monde… quand on est deux, on est plus fort.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.