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  • Les aoûtiennes

    Dès les juilletistes parties, les aoûtiennes entrent dans la danse
    Et les seins nus s’épanouissent sous de pudiques parasols.
    Les hommes en contrepartie étalent également leurs panses
    À moins qu’ils ne s’évanouissent après leur énième Bartissol.

    Mais entre santé et pudeur, qui sait qui des deux primera ;
    Les gros lolos à peine couverts ou une frimousse dénudée ?
    Les flics auront-ils la lourdeur de rudoyer les scélérats
    Qui vont à visage découvert plutôt qu’un sexe préludé ?

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

  • Mon Roi Soleil

    Mon Roi Soleil

    Au mois d’août les chats sont partis, au soleil, les souris se dorent ;
    Les chiens partent à la campagne à pied, à cheval, en voiture.
    Le soleil, en contrepartie, puisque les vacanciers l’adorent
    Envoie la pluie à la montagne pour ruisseler sur les toitures.

    À la mi-août, les chats reviennent et les souris rentrent à l’école ;
    Les chiens se remettent à mordre dans les goulets d’étranglement.
    Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne, le même cycle caracole ;
    Ça donne du fil à retordre aux partisans du changement.

    The Golden Art d’Andrea de Pascalis.

  • La lutte contre qui-vous-savez

    La lutte contre qui-vous-savez

    Que j’aimerais avoir la force d’Hercule lors de son combat
    Contre le Lion de Némée, la créature légendaire !
    Que sa fourrure me renforce et que l’ennemi succombât
    Pour que disparaisse à jamais ses menaces génocidaires !

    J’étranglerais les variantes de ses chimères vérolées,
    Je ferais cracher le venin du faux vaccin de leurs dentiers.
    L’autorité contrariante de l’état fort déboussolée
    Par le virus jugé bénin et proscrit dans le monde entier.

    Illustration de Dvojnik.

  • La cartographie du tendre

    La géographie de l’amour aplanie la carte du tendre,
    Dresse les cimes proéminentes et trace les abîmes du cœur.
    Les voies se croisent aux carrefours avec des hôtels pour attendre
    La correspondance imminente avec le prochain remorqueur.

    Les Monts de Vénus remarquables avec leur touche d’exotisme
    Sont les mamelles des voyages qui nourrissent les belles promesses.
    Les télétransmissions par câble relient les couples illégitimes
    Mais cryptées par un gribouillage que seuls ses arpenteurs connaissent.

    Cartographies d’Ed Fairburn.

  • La musique de l’amour

    La musique de l’amour

    Si l’amour était en musique, la femme serait la partition
    Et l’homme jouerait de l’instrument en pénétrant l’orchestration.
    Allegro, selon la rythmique et l’attrait de la position,
    Le duo jouirait congrûment d’un vrai chef-d’œuvre en gestation.

    On commencerait allegretto l’ouverture aux préliminaires
    On effleurerait l’instrument, juste d’un baiser sur la bouche.
    La suite serait en vibrato avec coups de tambourinaire
    Portés en frappant indûment d’un coup de baguette farouche.

    Photo de Serge Lutens.

  • Anamorphoses

    Rien ne se perd, tout se transforme et l’humanité se transmute !
    Les africains plus blancs que blancs et les chinois qui jappent au nez ;
    Les femmes aux formes sans cesse énormes mais dont le charme se permute
    Avec les hommes, sans faux-semblants, aux sexes surdimensionnés.

    Un troisième œil n’a pas suffi, un quatrième dans les naseaux
    Enregistrera notre vie avec un poil d’indiscrétion.
    On saura qui se cocufie en explorant dans les réseaux
    Les internautes asservis à leurs virtuelles excrétions.

    Photos de Joshua Davison sur https:theinspirationgrid.comglitch-portrait-paintings-by-joshua-davison .

  • La fée des lavandes

    La fée des lavandes

    Les longues jambes allongées qui s’étirent vers l’horizon
    Personnifient ses courbes mauves et la lavande devient femme.
    Monts de Vénus si mensongers trompent mon cœur et ma raison
    Par leurs effluves douces et fauves qui troublent l’essence de mon âme.

    Mamelons en touffes violines qui réitèrent leurs appels
    À laisser mes sens s’accorder à la plante en robe de fée.
    Fesses arrondies sur les collines, fragrances versées à la pelle,
    Distendues jusqu’à m’encorder dans leurs vertigineux effets.

    Création de Kryolan sur https:beautyshallsavetheworld.com2013012013-a-new-year-and-a-new-kryolan-calendar .

  • Les habits neufs de l’impératrice

    Andersen n’a pas précisé que, l’Empereur étant marié,
    L’Impératrice comme toilette s’était fait faire une tenue :
    Robe en coton mercerisé avec dentelle appariée,
    Chaussures, chapeau et voilette bien qu’elle s’y sentit toute nue.

    Qu’à cela ne tienne ! On verrait bien tous ceux qui seraient assez bêtes
    D’admettre qu’ils ne voyaient rien du tissu précieux alloué.
    Or, justement, les poils pubiens ridiculisaient la coquette
    Tant et si bien que l’historien n’osa jamais le lui avouer.

    Photos de Trina Merry sur https:welldonestuff.comincredible-body-paintings?utm_content=buffer69b45&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer .

  • Le grand livre de l’amour

    Le grand livre de l’amour

    Introduction
    En amour comme en littérature, l’introduction d’une aventure
    Fera long-feu ou sonnera le départ d’une belle histoire ;
    Des mots à bonne température ajustés d’un style mature
    Invitent au baiser qui sera leur première petite victoire.

    Développement
    La vie s’apparente au roman et offre un développement
    Où chaque étape du projet produit des tomes en série.
    Tom et Léa puis, leur maman vivront d’épanouissement
    Avec un papa prorogé pour des années de féerie.

    Conclusion
    L’histoire s’arrête et puis repart ; la conclusion ferme la page
    Sur une première partie qui appelle un nouvel auteur
    Qui remettra sur le départ, par un nouveau redécoupage,
    Un conte autrement réparti pour reprendre de la hauteur.

    Tableau de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

  • Patchwork

    Soit, je m’aime comme je suis, comme le Dieu qui m’a construit,
    Soit, j’ me mets à vitupérer contre ce Dieu qui m’a raté.
    Quoi qu’il en soit, ce qui s’ensuit, soit me renforce ou me détruit
    Mais rien ne me fait espérer connaître un jour la vérité.

    Avec ma tête de cochon et mes yeux de biche aux abois,
    Je me console avec mes pieds qui marchent en crabe de concert.
    Mon dandinement folichon qui tient plus du cheval de bois
    Me fait tourner comme il lui sied mais de bon cœur, comme un cancer.

    Sculptures de Sergei Isupov sur https:sergeiisupov.comworks-in-public-collections .

  • Le dos au miroir

    Le dos au miroir

    Étrange miroir du passé qui reflète l’envers du futur
    Et qui compare les nouvelles à l’historique répertorié.
    L’info est déjà dépassée, le scoop de première mouture
    Ne sont toujours que ritournelles d’évènements inventoriés.

    Le miroir lit entre les lignes, entre les mots en anagrammes
    Et me redresse les mensonges en vérités dissimulées.
    J’y vois toujours les mêmes signes des mêmes faits au kilogramme
    Qui s’y confèrent et qui rallongent les mêmes bobards simulés.

    Tableau de Dannis Duanc.

  • Le fou à la cervelle d’oiseau

    Une autre carte après le fou, ultérieure aux vingt-deux arcanes ;
    Il perd la tête et la cervelle et se disperse dans les airs.
    Une fois lâché les garde-fous et soufflé d’une sarbacane,
    D’un dernier coup de manivelle, le fou s’enfuit dans le désert.

    Désormais chevalier sans tête, sur sa monture, tel un héros,
    Le cœur vide et l’esprit ailleurs, seul le corps se plaît à vibrer.
    Une corneille guide sa quête pour recommencer à zéro
    Son existence de railleur, éternel déséquilibré.

    Tableaux d’Esao Andrews.

  • Les amours de sable

    Les amours de sable

    Les amours bâties sur le sable ne perdurent pas mais se meuvent
    Au gré des vents et des marées et selon l’humeur de la Lune.
    Les souvenirs impérissables nourrissent le cœur et l’émeuvent
    Bien que nul ne soit amarré à quelques terres de fortune.

    Sauvegarde et sécurité forment une solide carapace
    Mais manquent d’improvisation, d’aléatoire et d’imprévu.
    L’âme cherche la sérénité et le cœur cherche son passage
    Contre la cristallisation d’un futur où tout est prévu.

    Tableau de Jiri Borsky.

  • Êtes-vous Van Gogh ou Picasso ?

    Spectaculaires et attirantes dans les méandres de leurs chairs
    Lorsqu’à Van Gogh, elles dédient leurs corps à l’art impressionniste.
    Outremer mêlé d’amarante, l’amour fait monter les enchères
    Et devient l’encyclopédie de l’inspiration féministe.

    Paradoxales par les volumes de leurs physiques tout en rondeurs
    Quand à Picasso, elles expriment leurs attirance pour le cubisme.
    J’aime leur consacrer ma plume afin d’écrire en profondeur
    L’hommage à la couleur qui prime pour les amateurs du nudisme.

    Créations de Kryolan sur https:beautyshallsavetheworld.com2013012013-a-new-year-and-a-new-kryolan-calendar .

  • Un marin en Suisse

    Un marin en Suisse

    Emmenée par un beau marin au regard d’un bleu outremer
    Sur la mer blanche des alpages qui s’étend au cœur des Grisons,
    Elle offrit le creux de ses reins et naturellement devint mère
    D’enfants qui formèrent équipage pour courir d’autres horizons.

    La navigation helvétique étant soumise au gré des lacs,
    Le marin, plutôt flibustier, connu d’autres conquêtes intimes ;
    Derrière son visage hermétique, sa destinée aphrodisiaque
    Lui fit ouvrir d’autres bustiers que ceux de l’épouse légitime.

    Je n’ai jamais croisé sa route mais celle de sa première épouse
    Avec laquelle je navigue entre les fleuves et les torrents.
    Ce vieux loup de mer en déroute aurait au cours d’une partouze
    Rencontré une fille prodigue près du canal du Saint-Laurent.

    Illustration de Hugo Pratt.

  • Le premier août

    Le premier août

    Pour une fois, le premier août se présente presqu’en hiver.
    Nous avons longtemps cru, sans doute, telle est la loi de l’univers,
    Que l’été règne sans concession une fois franchi le solstice
    Et juste après la récession des jours qui déjà raccourcissent.

    Le dérèglement climatique explique tout, n’explique rien.
    L’activité problématique de toutes les races de terriens
    Ignore le cœur de la Terre et la raison de sa Nature
    Nous n’en étions que locataires pour une courte villégiature.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les Femmes aux Foyers Modérés – 2

    Comme un vrai poulailler, plus on sera de fous
    Et plus les poules à lier seront folles de vous.
    Dans les cages à lapin tout le monde s’entasse
    Et puis, dès matin tout le monde se casse.

    Du matin jusqu’au soir, ces autruches en jupons
    Ne peuvent plus surseoir à guetter les fripons.
    Quelques femmes volages ouvrent aisément leur lit
    Troquant batifolage contre mélancolie.

    Toutes femmes honnêtes, au regard de la loi,
    Font les marionnettes et marchent au pas de l’oie.
    À l’épouse respectable, à la femme au foyer,
    Vous serez redevable mais c’est vous qui voyez.

    Tableaux de Felicia Chao.

  • Les Femmes aux Foyers Modérés – 1

    De mémoire d’oiseau, nous n’avions vu de cages
    Établir un réseau de tous ces commérages.
    Ça papote et ça piaille dans tous nos escaliers
    Et la marmaille braille gaiement sur les paliers.

    On a toujours besoin d’un plus petit que soi
    Surtout si le conjoint un beau jour les déçoit.
    La raison pour laquelle sans cesse elles bougonnent
    Dévoile les séquelles lorsqu’on les abandonne.

    Depuis qu’on est sortis de la coquille d’œuf,
    À ces cris assortis on pâtit sous les meufs !
    Toujours en train de pondre à chaque accouplement,
    On ne sait que répondre à leurs roucoulements.

    Tableaux de Felincia Chao.

  • Ilot fleuri

    Ilot fleuri

    Le premier août est à la fête et la nature épanouie.
    Herbes follettes et fleurettes enchantent les jardins fleuris.
    On se réveille et l’on s’apprête sous le soleil évanoui
    À louer la flore satistaite d’une charmante espièglerie.

    Coquelicots en vagues pourpres qui déferlent sur les talus,
    Marguerites et pâquerettes parsemées en cercles de fées.
    Le crépuscule qui empourpre, offre au ciel une plus-value
    Et l’aurore fait des collerettes de perles de pluie, de rosée.

    Les lutins toute la journée dorment car ils ont travaillé
    À décorer les jardinières, et les bosquets, et les îlots.
    Aujourd’hui, c’était la tournée pour une fleur émerveillée
    De naître d’une pépinière avec ses sœurs méli-mélo.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La nuit secrète

    La nuit secrète

    La nuit, profonde et séduisante, déploie ses rideaux de velours
    En ôtant sa robe outremer parsemée d’étoiles piquées.
    J’espère sa lune luisante qui vient éclairer mon cœur lourd
    D’une lumière douce-amère mue d’une aura revendiquée.

    Puis, Morphée, nue et ténébreuse, colle son corps d’obscurité
    Et me tend ses bras de sommeil pleins d’inconnu et de mystères.
    Quelques étoiles filandreuses filent en toute célérité
    À la rencontre du soleil de l’autre côté de la Terre.

    Tableau de Jean-Léon Gérôme.

  • Mariages de couleurs

    Mariages de couleurs

    Mariage d’amour, mariage en couleurs,
    Marions les tendances, marions les coutumes !
    Mariage chantant, mariage roucouleur,
    Marions les tenues, marions les costumes.

    Véritables patchworks de races par-devers soi
    De jacquards écossais aux étoffes indiennes.
    Parures de coton, de satin et de soies,
    Trousseaux et lingeries pour la vie quotidienne.

    Ah, que j’aime croiser des avis différents,
    L’intuition féminine et l’esprit masculin.
    Pensées impertinentes contre rêves déférents
    Pour moudre ses douleurs dans le même moulin.

    Photo d’Al Neaimi.

  • La peur donne du zèle

    La peur donne du zèle

    Si la peur me donne des ailes afin de pouvoir m’envoler,
    Elle est mauvaise conseillère quand elle occulte ma raison.
    Ainsi, si je mets trop de zèle à vivre en des lieux inviolés,
    Je m’enferme derrière des œillères et je me terre à la maison.

    J’ai le choix des priorités entre mon fric, entre ma vie.
    Et si j’ai trop besoin d’argent, j’accepterai de m’y soumettre.
    Mais contre toute autorité, je favorise ma survie ;
    Le meilleur choix départageant, est de rester mon propre maître.

    Illustration de Paweł Kuczynski.

  • Réseau-Dieu

    Radio-Vatican, c’est fini ! Al Jazeera, c’est terminé !
    Désormais Dieu est en réseau et surtout les réseaux sociaux.
    On s’ confesse en catimini, on se plaint, on est laminé,
    On se traite de noms d’oiseaux entre sites et spots commerciaux.

    On ne sort plus mais on s’observe et on critique la planète ;
    La peur du loup est renforcée par des pandémies fabriquées.
    On n’ se nourrit que de conserves mais achetées sur internet ;
    Pour survivre on s’est efforcé d’habiter des lieux étriqués.

    Illustrations de Paweł Kuczynski.

  • L’heure bleue-et-or

    L’heure bleue-et-or

    En Rouge-et-or, j’ai beaucoup lu ; en bleu-et-or, j’ai parcouru,
    Pour mon plaisir, mon dévolu, beaucoup d’avenues et de rues.
    Rues miroitantes sous la pluie, avenues sombres sans un bruit,
    Quartiers partiellement détruits ou en train d’être reconstruits.

    Les silhouettes bleu-de-nuit, les façades aux grilles dorées,
    Les immeubles plongés dans l’ennui, ceux que des couples ont adoré.
    Amoureux sous un parapluie, mélange d’ombres et de gris,
    Un mot de trop venant de lui et elle qui part d’un pas aigri.

    Tableau de Thomas Schaller.

  • La faim du monde

    La faim des temps est annoncée et à grands cris de pénuries
    Tandis que les prix ont grimpé selon d’obscures prescriptions.
    Moi-même, j’ai dû renoncer à sortir sous les intempéries
    Sans m’arrêter de regimber à l’encontre des restrictions.

    Sans doute est-ce la faim du monde qui pousse les gouvernements
    À nous repousser vers le gouffre quitte à faire un pas en avant
    Avec des procédés immondes qui nous entraînent fermement
    Vers une société qui souffre mais autant en emporte le vent.

    Illustrations de Paweł Kuczynski.

  • Sans-fil à la patte

    Isolé sur l’île déserte, bercé par les vagues internet,
    Le navigateur se signale par ses messages à la mer.
    À l’aide de ses mains dissertes, il commente sur la planète
    Toutes les infos subliminales avec des fôtes de grammaire.

    C’est au pays des internautes que les aveugles sont les rois
    Et les réseaux sont des œillères qui occultent l’actualité.
    Les publications et les notes qu’ils communiquent sont l’octroi
    Qu’ils paient pour vivre loin derrière le monde et sa réalité.

    Illustrations de Paweł Kuczynski.

  • Les voix célestes

    Les voix célestes

    Trois perles fines qui écoutent le fil de l’histoire raconté
    Par les voix célestes qui chantent à travers le canal du cœur.
    Tandis que leurs rires s’égouttent, voyez leurs âmes remonter
    Vers les origines attachantes de ce qui les rendra vainqueur.

    Plus elles rient et plus l’esprit se conjugue aux trois harmonies
    Dont l’accord vibre à l’unisson avec les anges protecteurs.
    Tout ce qu’elles ont vu et appris au cours de ces cérémonies,
    Nous-mêmes, nous en nourrissons car nous en sommes récepteurs.

    Photo de Cho Gi Seok.

  • Miss Gertrude

    Miss Gertrude

    Gertrude, prude jeune fille, amatrice de viennoiseries,
    Vécut dans le sud de la France et tomba amoureuse d’un Duc.
    Le temps d’agrandir sa famille au prix de quelques gauloiseries,
    Elle reprit son chemin d’errance quand ses amours furent caduques.

    Gertrude, charmeuse des cœurs, regagna son pays natal
    Et épousa d’abord un Comte, puis, un Baron puis, l’Empereur.
    Cependant son parcours vainqueur connut un contrecoup fatal
    Le jour où en faisant ses comptes, elle s’aperçût de son erreur.

    Elle s’était trompée sur les âges de ses enfants, de ses parents
    Si bien qu’à chaque anniversaire les bougies allaient s’accroissant.
    Ce qui explique qu’à l’usage, jouant un rôle prépondérant,
    Son ordinaire se resserre à deux brioches et trois croissants.

    Tableau de Théo Van Rysselberghe.

  • Cheval te le dire

    Cheval te le dire

    Ce qui me parle dans un tableau, dans une image, une œuvre d’art,
    Se dégage comme une couleur inexplorée dans l’arc-en-ciel.
    Mon cœur dispose d’un hublot et d’une audition en standard
    Qui sentent les joies et les douleurs de l’artiste et son potentiel.

    Ainsi ce cheval qui ricane au souvenir de Rossinante,
    Le vieux cheval de Don Quichotte, bel l’étalon auparavant.
    Or sa mémoire le chicane et sa tête est dodelinante
    Car son cavalier lui chuchote qu’ils vont voir les moulins à vent.

    Tableau de Le Corbusier de l’expo Beaubourg http:celine-photographie2.overblog.com201505exposition-le-corbusier-a-beaubourg.html .

  • Fondues dans la nature

    Fondamentalement féminine, Mère Nature nous lie au monde
    Par tous ses rameaux naturels envers l’arbre de vie cosmique,
    Ses empreintes se disséminent dans nos couches les plus profondes
    Du microcosme culturel à nos racines macrocosmiques.

    Ainsi les femmes de nature proche des arbres par leur charme.
    Communiquent naturellement avec la flore de la Terre.
    J’en reconnaît la signature lorsqu’elles pleurent ou rient aux larmes
    Et pouffent spirituellement comme Gaïa et Déméter.

    Montage Photo de Michel Lamoller sur http:www.journal-du-design.frarttautochronos-par-michel-lamoller-65006 .

  • Les avions furtifs

    Les avions furtifs

    Furtivement l’objet volant, déguisé en avion de ligne,
    Récolte ses informations dans les chemtrails éparpillés.
    Il semble un Alien raffolant de collectionner tous les signes
    Témoins de la transformation de la plante écharpillée.

    D’une notoire discrétion, ils montrent leur intelligence
    En se gardant bien d’attirer le feu de nos belligérances.
    Lorsqu’ils tentent une infiltration ils la font avec diligence
    Et vont bien vite se retirer dans une totale indifférence.

    Parfois l’avion mal attaché, lorsque la colle se décolle,
    Soulève une queue indiscrète et le pot aux roses apparaît.
    Ceux qui l’ont vu l’ont rabâché patiemment comme un cas d’école
    Mais ces infos restent secrètes et la découverte disparaît.

    Photo de £@£!€Ñ.

  • Mise en boutons

    Au commencement la plante est graine puis, poussent feuilles et boutons
    Et quand la fleur s’épanouit, elle sème la joie dans la maison.
    Puis, viennent ses fruits qui s’égrènent et son nectar pour les gloutons
    Et pour finir s’évanouit jusqu’à la prochaine saison.

    La mise en boutons d’une femme estompe les marques du temps
    Et, plus la femme est aguerrie, plus l’effet est apprécié.
    Contre le crépuscule infâme d’un troisième âge rebutant,
    Admirons cet art qui guérit la fanaison dépréciée.

    Photo d’Anna Wintour vue par Chuck Close.

  • La franc-macronnerie

    La franc-macronnerie

    On le supposait « bon-à-rien », il s’est révélé bon aryen ;
    En pire, il a semé l’effroi en se prenant pour un petit roi,
    Petit roi qui a fait l’erreur de se prendre pour un empereur,
    Pour un Kaiser, pour un Führer, pour le tyran de la fureur.

    Il lance un pavé dans la mare puis, lâche, il largue les amarres
    En fuyant vers les antipodes préparer le prochain épisode.
    Mais lorsqu’on prouvera ses crimes, diront alors ceux qu’il opprime :
    « Tu paieras pour ta trahison et on te mettra en prison ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’homme en mosaïques

    L’homme en mosaïques

    Visualiser la multitudes de petits « moi » sur mon visage
    Constituerait le grand tableau de toutes mes contre-vérités.
    Vous y verriez mes attitudes selon le ton des paysages
    Que j’aperçois par le hublot de mes mémoires héritées.

    Si je dis non, si je dis oui, je peux passer du rouge au vert
    Et si je mens ou si je nie, mon nez pervers part en avant.
    Heureusement, seul je jouis de me voir ainsi découvert
    Et c’est là toute l’ironie d’en être le singe savant.

    Portrait de Chuck Close mis en mosaïques par Andrew T. Warman.

  • Le petit quartier du temps passé

    Le petit quartier du temps passé

    Regardez bien, regardez vite, demain tout sera démoli !
    Les vieux quartiers remplis de charmes sont promis à l’évolution.
    Adieu boutiques qui nous invitent à chasser la mélancolie ;
    Cet essor me fait fondre en larmes par ses urbaines exécutions.

    Le vieux restaurant italien aux fresques peintes sur les murs
    A laissé la place au drugstore qui sert un café dégueulasse.
    Le vieux libraire tyrolien, le poissonnier et ses saumures
    Et même le marchand de stores ont baissé leurs rideaux, hélas.

    Qui est coupable ? Est-ce Amazone ou le confinement forcé
    D’avoir fermé les magasins non essentiels pour la survie ?
    Citoyens de seconde zone, notre extinction est amorcée
    Depuis que le progrès zinzin veut nous améliorer la vie.

    Vu sur https:imgur.comgallery2sTmy .

  • La carotte

    La carotte

    On m’a agité la carotte devant mon nez toute ma vie
    Et j’ai couru après l’argent nécessaire à mon existence.
    D’abord une simple marotte puis, une irrésistible envie
    Jusqu’au terme départageant où rien ne restait en substance.

    Finalement cette carotte, c’est moi, tel que j’imaginais
    La vie dans une société organisée pour le bonheur.
    Mais cet argent qui me garrotte tant et que j’emmagasinais
    Goulûment jusqu’à satiété est devenu mon déshonneur.

    Photo de Filippo Ioco.

  • La Terre est morte !

    La Terre est morte !

    Sur une mer couleur d’argent, sous un ciel couleur de pétrole,
    Le soleil brille comme de l’or derrière des nuages en diamants.
    Ainsi s’en vont se partageant les richesses en belles paroles
    Qui blessent la Terre indolore par ceux qui la tue patiemment.

    La mer se vide désormais de la vie qu’elle a fécondé,
    Le ciel s’obscurcit à présent de particules liposomes.
    Le soleil, aveugle à jamais, se cache derrière l’ondée
    Chargée d’acide omniprésent qui efface la trace des hommes.

    Photo de Julius Olsson sur https:www.tate.org.ukartartworksolsson-moonlit-shore-n02787 .

  • L’ancêtre

    L’ancêtre

    Je suis comme un tricot de laine dont le temps tire le fil qui pend
    Qui lentement me détricote des jambes jusqu’au périnée.
    Ma peau, jadis de porcelaine, se fragmente en s’entrecoupant
    De rides qui s’emberlificotent comme un sourire buriné.

    Restera-t-il un souvenir, une vieille photo jaunie
    Qui finira dans un album à ma mémoire disparue ?
    Je vis ainsi mon avenir par ma vieillesse rajeunie
    Lorsqu’arriva l’ultimatum où devant Dieu j’ai comparu.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’exo-squelette

    Le formatage par la crainte m’a doté d’un exo-squelette
    Qui me contraint et qui m’enferme d’une solide carapace.
    Plus se resserre son étreinte et plus ma personne maigrelette
    S’atrophie et atteint le terme où elle faiblit, où elle trépasse.

    Voilà le but de ce carcan que le pouvoir me fait porter
    Afin de mieux m’éliminer au cas où je ne saurais me taire.
    On me contrôle en me marquant et pourquoi pas me déporter
    Derrière des enceints minées dans le trou du cul de la Terre !

    Photo de Maciej Grochala sur http:www.bleaq.com2015maciej-grochala .

  • La femme en mosaïques

    La femme en mosaïques

    Dans un décor de mosaïques fait de carreaux et de losanges,
    Les arrondis se dissimulent en épousant son gabarit.
    Mais l’atmosphère prosaïque plait à mon cœur qui est aux anges
    Et qui se flatte d’être l’émule à défaut d’être son mari.

    Femme idéale et femme floue selon l’humeur au goût du jour
    Et qui ressemble à la lectrice de ma poésie messagère
    Qui me renforce et me renfloue à l’encre trouble de l’amour
    Comme une force directrice pour une idylle passagère.

    Tableau de Kate Worm.

  • Cherchez la femme !

    Au pays des hommes opaques, les femmes paraissaient transparentes
    Du moins pour les hommes aveugles qui les tâtaient pour les coucher,
    Ou ceux qui vendaient leurs barbaques d’une façon déshonorante,
    Et ceux qui en parlaient au peuple comme femelles mal embouchées.

    L’éternel féminin problème n’a pas l’air de sauter aux yeux ;
    Je comprends pourquoi désormais on s’entend pour masquer les genres.
    Ni homme ni femme, plus de dilemme, plus de guerre, plus de contentieux ;
    On s’en débarrasse à jamais dans une société transgenre.

    Photos de Kamuflaj Sanatı.

  • Sous la glace

    Sous la glace

    De l’autre côté de la glace qui miroite le monde à l’envers,
    Vivent tous les déshérités qui n’ont pas l’droit de respirer.
    Ce petit peuple se déplace tant bien que mal dans l’univers
    Et se cachent, en vérité, des imbéciles mal inspirés.

    Parfois dans mes rêves, j’inverse le sens de la réalité
    Pertinemment je me retrouve du côté des expatriés.
    Cette situation perverse me fait revoir l’actualité
    Et j’examine et j’éprouve l’antagonisme approprié.

    Illustration d’Oriol Vidal.

  • La voisine du dessus

    La voisine du dessus

    Quand j’entends la musique imbiber le plafond
    Qui transmet la cadence de l’humeur des voisins,
    Au début, je l’avoue, j’en ai ras le carafon
    D’être obligé d’entendre l’heur de ces argousins.

    Or un soir, je montai pour frapper à la porte ;
    La voisine en tutu fut ravie de me voir.
    Elle me prend par la main, m’entraîne et puis, m’emporte
    Pour un slow en terrasse et moi de m’émouvoir.

    Nous avons poursuivi nos échanges dansants
    Mais un soir son mari fit sa rentrée jalouse.
    D’humeur d’abord joviale puis, d’esprit distançant
    Quand au cours d’un tango j’embrassai son épouse.

    « Changeons de partenaire ! » dit le mari jaloux
    En attrapant sa femme entre ses bras balourds.
    Craignant une riposte ou quelques pièges-à-loup,
    J’abandonnai la piste, attristé, le cœur lourd.

    Depuis lorsque j’entends frapper des pas de danse,
    Je me mets au balcon pour lorgner la voisine.
    Elle me voit et m’envoie en guise de correspondance
    Un baiser de la main qui retombe dans la cuisine.

    Tableau d’Andrew Ferez.

  • Ma chatte et moi

    Ma chatte et moi

    Ma chatte, bel animal à poil, pourlèche une queue goulûment
    Tout en ronronnant doucement en espérant une caresse.
    Puis, elle s’étend sur la toile en poussant un hululement
    Avec quelques trémoussements afin qu’un beau mâle apparaissent.

    Je suis allongée sur mon lit, un magazine dans les mains
    Qui exécutent une navette entre ma chatte et le journal.
    Je ne sais plus ce que je lis lorsque j’arrive à mi-chemin
    Avec l’euphorie stupéfaite d’un petit plaisir nocturnal.

    Illustration de Paul Landacre.

  • Comme une cruelle impression

    La Terre, d’une soif vengeresse, ouvre les écluses du ciel ;
    Voici la pluie qui lui répond et lui abreuve ses sillons.
    Pour apaiser sa sécheresse par des orages substantiels,
    De l’eau a coulé sous les ponts jusqu’en Languedoc-Roussillon.

    L’afflux de nouvelles recrues pour débourber rues et ruelles
    Vient épauler les secourus chaque jour de chaque semaine.
    Qui l’eut cru que toutes ces crues traduisent une année bien cruelle,
    Que des noyés, des disparus s’ajoutent aux catastrophes humaines !

    Tableaux « La Seine … » de Claude Monet.

  • Femme-fleur

    Femme-fleur

    Une jolie fleur dans une belle peau, soit un beau soleil dans le dos,
    Et la journée s’embellira vers une promesse d’amour.
    Deux petits oiseaux bien à propos, un joli paon sur une poule d’eau
    Et mon petit cœur s’emballera sur cette invitation glamour.

    Tandis que le soleil s’affaisse sur le Mont de Vénus ambré,
    Le paysage se détend dans la douceur du crépuscule.
    L’ombre s’étire sur les fesses, les jambes et le bassin cambré ;
    La nuit referme ses battants et les étoiles se bousculent.

    Photo de Craig Tracy sur https:www.topito.comtop-bodypainting-craig-tracy .

  • Les deux mains droites – 2

    Les deux mains droites - 2

    Les mains d’artiste visionnaire créent, d’une audace intemporelle,
    Toutes les histoires du monde passées, présentes et d’avenir.
    Mains gauche et droite décisionnaires pour une action incorporelle
    Qui, d’une inspiration féconde, peint tous les meilleurs souvenirs.

    Assistées d’un bon partenaire, les deux mains droites réunies,
    Les deux énergies se conjuguent et se renforcent en même temps.
    Une force extraordinaire venue d’un lien qui prémunit
    Par la synergie qui subjugue adversaires ou combattants.

    Les deux mains droites en avant comme dans une chorégraphie
    Apportent un message de paix par leurs deux paumes synchronisées.
    Les deux mains en moulin à vent fonctionnent en télégraphie
    Pour témoigner notre respect d’une manière préconisée.

    Deux mains de femmes ou deux mains d’hommes, soit de deux sexes différents ;
    L’important réside en l’union et l’association des valeurs.
    La protection crée comme un dôme quand les êtres sont afférents
    À associer en communion leurs intentions avec chaleur.

    Et les mains gauches évidemment n’en sont pas quittes pour autant.
    Elles agissent dans la pénombre sans besoin de se dévoiler.
    Elles agissent plus prudemment par un amour les chapeautant
    Qui fait partie du même nombre que les quatre membres étoilés.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ma libraire

    Ma libraire

    Chez ma libraire tout me plaît et je l’aime à tous les étages
    Depuis son rayon érotique du sous-sol avec ses volumes
    Dont le contenu me complaît, surtout quand il y a des images,
    Jusqu’à son espace exotique qu’occupent ses trésors de plume.

    Quand je passe devant sa vitrine, mon appétit de nouveautés
    Me fait pénétrer en son sein pour y tâter ses belles pages.
    Les bras croisés sur la poitrine que chaque pas fait sursauter
    En bringuebalant du bassin, elle vient m’en offrir davantage.

    Ma bouquiniste et ses coussins au sein d’un bon coin de lecture
    Me parle d’amour pour ses livres et pour le lecteur que je suis.
    Je vous l’avoue, j’ai le dessein de lui faire vivre une aventure
    Et que Cupidon nous délivre la flèche d’amour qui nous poursuit.

    Photo de Sølve Sandsbø.

  • Lecture zen

    Je suis soumis à l’attraction des fruits de l’imagination
    Et la lecture me délivre de tous les soucis de la vie.
    Concentration, décontraction s’amusent de ma fascination
    Et l’apesanteur d’un bon livre à la pesanteur me ravit.

    Je croise les lignes et les mots au cours de mon sport cérébral
    Et je me détends en coulisse en prenant le train d’aventures.
    J’oublie mes peines et mes maux par le battement palpébral
    De mes yeux remplis de malice et de passion pour la lecture.

    Les romans m’offrent des voyages autour du monde en rotation
    Avec les bandes dessinées pour la traversée des nuits blanches.
    Et j’aime en rendre témoignage depuis que j’ai la vocation
    D’écrire leurs traces disséminées dans mes poèmes en avalanches.

    Tableau d’Alexis Martinez Puleio.

  • Les années zinzins

    Plus rien ne sera comme avant du jour où je fus confiné
    Entre les quatre murs étroits de ma cellule-appartement.
    C’en est ainsi ; dorénavant, je vivrai le cœur résigné
    À ne pouvoir payer l’octroi envers le moindre échappement.

    Alors je voyage en cuisine comme sorte de défouloir,
    Je vis mes aventures en chambre en parcourant mille romans,
    Les excursions que j’avoisine se font tout au long du couloir
    Qui va de janvier à décembre à chaque heure, à chaque moment.

    Heureusement, j’ai l’insomnie comme véhicule de l’espace
    Qui m’envoie vers des ribambelles de rêves en majorité.
    Et je fais fi des calomnies qui disent que ma carapace
    Dissimule un esprit rebelle à toute forme d’autorité.

    Tableaux de Felicia Chao sur https:imgur.comgalleryolStj5q et sur https:read01.comjjBxzJE.html#.YMWzxS2vjxw .