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  • La chanson de Richard Strauss

    La chanson de Richard Strauss

    L’enfance escalade l’octave sur la portée de la musique
    D’une comptine guillerette souvent absurde et délurée.
    Les sabots deviennent des claves jouant de la pataphysique
    Dans l’imaginaire d’opérette d’où le sérieux est épuré.

    Là, sur le beau Danube bleu à la recherche de l’or du Rhin,
    Nous partions chasser les sirènes avec un violon comme appeau.
    Nous marchions sur les bancs sableux, dans les grottes et les souterrains
    Jusqu’à rentrer l’âme sereine chargés d’un trophée de crapauds.

    Illustration d’Alexandra Huard sur http:alexandrahuard.blogspot.com201202la-chanson-de-richard-strauss.html .

  • Voir avec son quatrième œil

    Tout est pêché par le regard pareil à la pêche au lancer ;
    L’œil se projette sur la piste de l’image subtile et sauvage.
    Et le cœur, à tous les égards, envoie le message élancé
    Vers le cerveau psychanalyste spécialisé dans l’archivage.

    Si le regard est mosaïque et décortique la vision,
    Il ne verra que l’essentiel de ce qu’il souhaite analyser.
    Mais ces résultats prosaïques finissent par faire division
    Sur des détails non-essentiels à ce qu’il fallait finaliser.

    Si le regard est mécanique et se limite à la raison,
    Il ne verra que la fonction qui fait l’organe et évolue.
    Mais ces résultats laconiques souffrent de la comparaison
    Avec ce qui fait la jonction de l’inconnu irrésolu.

    Et le regard matérialiste de la société actuelle
    Ne cherche que les bénéfices quelle qu’en soit la consommation.
    Plus il sera capitaliste, plus la nature sera cruelle
    En faisant un feu d’artifice de sa planète en crémation.

    Tableaux de René Magritte, Wandson Lisboa, Geoffroy Amelot & Adam Lister.

  • Tablomaton

    Dans l’arrière-salle d’un musée, je découvris une machine
    Dont les photos d’identité étaient vantées impressionnistes.
    Un peu curieuse et amusée, je m’installai, dressai l’échine
    Et affrontai l’intensité de l’œil du maître-machiniste.

    Ainsi scannée, numérisée, l’intimité mise au carré,
    Je posai sur le tabouret ma véritable académie
    Et tout mon corps éthérisé, soumis aux couleurs bigarrées,
    Se détendit pour savourer sa vraie cubiste anatomie.

    Depuis, je me vois autrement sous le regard de Picasso,
    Les bleus de l’âme décolorés sous le couvert de la manœuvre.
    J’ai changé mon encadrement et enlevé tous les tasseaux
    Pour un espace amélioré où je vis ma vie de chef-d’œuvre.

    Tableau de Pablo Picasso et Photos de Lujian Zeta Zee & Martin Steinthaler.

  • Pomme éternelle

    Nous sommes tous interpellés par la vie et ses deux visages ;
    Faut-il se faire vacciner ou se méfier d’un complot ?
    Cette pomme si dure à peler a démarqué un balisage
    Où les perdants assassinés vivront parqués dans un enclos

    Le virus, ce fruit défendu, serait-il la reconnaissance
    Afin qu’un ordre rétablisse les privilèges d’un Empire ?
    Tout était donc sous-entendu dans l’air depuis notre naissance
    Afin que chacun soit complice en laissant faire sans rien dire.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Le cul entre deux chaises

    Le cul entre deux chaises

    Vaccinés ou être guéris juste pour faire comme avant ;
    Croire en tout ce que l’on nous dit pour mieux rejoindre le troupeau.
    Le monde s’est trop aguerri à trop écouter ses savants
    Qui, à force de pandémies, mettent nos nerfs à fleur de peau.

    Avoir le cul entre deux chaises, la position est équivoque ;
    Courir deux lièvres à la fois, le vaudeville est difficile.
    Vérités ou simples hypothèses font des situations loufoques
    Qui, en éprouvant notre foi, nous rend plus forts ou imbéciles.

    Tableau de Louboutin.

  • L’œil assoiffé

    L’œil assoiffé

    La chasse est ouverte la nuit dans cette nature sauvage
    Où manger ou être mangé reste la règle conflictuelle.
    Les prédateurs sortent à minuit pour mieux perpétrer leurs ravages
    Et entretenir le danger de la vie aveugle et cruelle.

    Les nuits suivant la pleine Lune, en phase d’obscurité complète,
    Entre le coucher du soleil et l’imminent lever de Lune,
    Leurs pauvres victimes opportunes déconcertées à l’aveuglette
    Tombent sous la griffe qui balaye et fauche à la bonne fortune.

    Les attaques de lions sur les humains sont plus fréquentes pendant les nuits qui suivent la pleine lune : les prédateurs profitent de la phase d’obscurité complète entre le coucher du Soleil et le lever de la Lune pour surprendre leurs victimes.

    Photo de Tony Crocetta.

  • La chasse aux météores

    La chasse aux météores

    Heureusement, les météores apportent leurs touches artistiques
    Et impressionnent les paysages comme fidèles innovateurs
    Qui jouent des lumières au-dehors avec des cieux dualistiques
    Comme des signes qui présagent des lendemains rénovateurs.

    L’émission du soleil couchant explose toujours l’audimat
    Avec l’aurore également pour les pionniers, les lève-tôt ;
    Le voile de neige effarouchant qui dépose l’anonymat
    Sur les bois dans l’étalement des collines et des coteaux.

    Tableau d’Orhan Kilic.

  • Des rituels pour échapper aux rituels

    Des rituels pour échapper aux rituels

    Puis, un beau jour, tout se répète ; les jours se suivent et se ressemblent
    Et, chaque jour, se superposent les mêmes heures de chaque instant.
    La vie, sans tambour ni trompette, n’est plus qu’un rythme qui rassemble
    Un cérémonial, je suppose, vers un avenir attristant.

    Pour chasser la monotonie, je m’invente des rituels ;
    Les repas pris à heures fixes, la promenade du matin
    Qui devient la cérémonie des rendez-vous habituels
    Avec les collisions prolixes du cerveau qui perd son latin.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Cuisines des quatre saisons

    Cuisines des quatre saisons

    Parmi les cuisines exotiques, les cuisines de tous les pays,
    Toutes les saisons contribuent à la gastronomie moderne ;
    Légumes cuits au froid arctique ou sous la cendre de Pompéi
    Réunissent tous les attributs de l’homme de goût qui s’y prosterne.

    Comme je suis ce que je mange, je bannirai de mon office
    Les nourritures industrielles et celles qui viennent du bout du monde
    Car tous ces étranges mélanges de génétiques maléfices
    Nous apportent déjà des kyrielles d’allergies et de troubles immondes.

    Photos de Shinichi Sasaki.

  • Pourquoi l’Empereur est-il tout nu ?

    Pourquoi l’Empereur est-il tout nu ?

    Plus gros, le tissu de mensonge, plus grand l’habit de comédie.
    Plus on veut façonner la peur, plus on en coudra de boutons.
    Alors je m’imagine en songe comme une sorte de parodie
    Où les gens frappés de stupeur deviennent doux comme des moutons.

    Plus rien après n’est ridicule et l’absurde devient quotidien ;
    On nous oblige à nous masquer, on nous contraint à l’étiquette.
    La résistance capitule et l’on croit les politiciens
    Qui nous leurrent sans se démasquer et nous font fumer la moquette.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .

  • Le banquet des dieux

    Le banquet des dieux

    Bien sûr, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger
    Mais c’est le propre de la vie qui me pousse à tant consommer.
    En effet « manger » me délivre de la disette et des dangers
    Qui menaceraient ma survie si je n’mange pas à point nommé.

    Manger, ce plaisir délicieux, mérite d’être multiplié
    Avec invités et convives si possible sans modération.
    Mais ne soyons pas malicieux car il faudra bien se plier
    À demeurer sur le qui-vive et agir en pondération.

    Hélas, le paradis des gueuletons souffre du nombre d’invités
    Répartis autour de la Terre et qui s’apprêtent à converger.
    Le nombre croissant de rejetons étant absurde d’éviter,
    Il nous faudrait mettre sous serre toutes les terres émergées.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .

  • Sauvez le flamant rose !

    Sauvez le flamant rose !

    Lorsque les eaux auront noyé les terres plates de Camargue,
    Les flamants roses déprimés seront réfugiés climatiques.
    Il faudra bien les côtoyer et, que ça vous plaise ou ça vous nargue,
    Offrir aux oiseaux réprimés un environnement aquatique.

    Pourquoi pas nos salles de bains pour joindre l’utile à l’agréable ?
    Une bassine pour pédiluve et la bouée autour du cou
    Après quelques mois de turbin pour rendre le tout imperméable,
    Nous en sentirons les effluves embaumer pour un moindre coût.

    Tableau de Kevin Sloan.

  • Sauvez l’éléphant rose !

    Sauvez l’éléphant rose !

    L’absurde besoin d’évasion aura sauvé les éléphants
    En les transformant en montures pour aller courir la savane.
    Chaque fois qu’il en a l’occasion, l’homme aime se montrer triomphant,
    Prêt à partir à l’aventure solitaire ou en caravane.

    L’éléphant coursier au début me paraissait bien ridicule
    Mais on s’y fait, bien arrimé, sur la selle en délicatesse.
    Et la nature contribue à promouvoir ce véhicule
    Car l’animal sait exprimer son aptitude à la vitesse.

    Illustration de Jean-Yves Delitte.

  • Rencontres avec l’au-delà

    Rencontres avec l’au-delà

    Partout je me suis éparpillée dans les espaces parcourus
    Pour jeter un œil au-delà de l’horizon de mes limites.
    Ma tête s’est déshabillée et sur la Lune a discouru
    Tandis que l’âme « a capella » chantait pour devenir ermite.

    Mon corps, un temps, a côtoyé le fleuve des morts vers l’enfer
    Mais il n’a pas su s’adapter et s’est prononcé à l’encontre.
    L’esprit trop instruit s’est noyé dans la science des transferts ;
    Seul le cœur a su adopter tout le bienfait de ces rencontres.

    Illustration de Qingyi33.

  • Le lotus bleu-rubis

    Le lotus bleu-rubis

    Les couleurs de l’Extrême-Orient dans la nuit si fluorescentes
    Teintent de rouges souvenirs le voile noir de mes nuits blanches.
    Et je m’en vais inventoriant ces arabesques évanescentes
    En les espérant devenir des silhouettes qui se déhanchent.

    L’effet Doppler me les rapproche aux premières heures avant minuit
    Dans des volutes orientales comme le dragon des légendes.
    Et puis mes rêves se raccrochent au bleu-rubis d’un train de nuit
    Qui me ramène d’occidentales folles insomnies que j’appréhende.

    Ling Tan photographiée par Vivienne Tam.

  • L’étoile de Descartes

    L’étoile de Descartes

    Chacun attribue le bon sens dans une direction donnée
    Que chacun pense la meilleure même si elle n’est pas partagée.
    Cette opinion même est l’essence de nos ententes désordonnées
    Puisque ceux qui regardent ailleurs sont jugés désavantagés.

    Si tous les hommes naissent égaux et d’opinions équivalentes,
    Alors le bon sens représente une étoile aux milliard de branches.
    Ainsi certains actes illégaux deviennent action ambivalente
    Selon cette loi omniprésente… mais c’est à charge de revanche.

    Photo de Rob Woodcox.

  • L’arbre de vie

    Dans la cinquième dimension, s’étend toute l’arborescence
    Des multiples chemins de vie ; l’inexplicable phénomène.
    Tous nos enfants font l’ascension de l’amour en effervescence
    Qui les entraîne pour la survie de notre destinée humaine.

    Nos arbres généalogiques représentent une mosaïque
    Qui pave toute notre Terre d’une forêt de collisions.
    Alors il paraîtrait logique que les différends prosaïques
    Qui nous divisent en adversaires nous réunissent en cohésion.

    Photos de Rob Woodcox.

  • Trois petits tours – 2

    Quand le rêve prend des couleurs, il devient un songe inspiré
    Par une station émettrice des histoires les plus honorables.
    Le bleu révèle les douleurs d’une âme au destin aspiré
    Auprès des lignes directrices aux routes incommensurables.

    Le bleu contient tant de nuances que ses tons en sont insondables
    Le rêveur choisit sa palette entre le cyan et l’outremer.
    Il dosera son influence selon les vents accommodables
    Qui soulèveront la voilette des jeunes beautés éphémères.

    Car la beauté fond au réveil ; les visages se volatilisent
    Dans l’eau de rosée de l’aurore qui dilue les bleus de la nuit.
    Mais une couleur reste en veille afin que le rêveur élise
    Celle qui demain viendra encore renouer l’intrigue à minuit.

    Tableaux de Diego Fernandez sur https:aphrodisiacart.tumblr.comtaggedDiego+Fernandez .

  • Trois petits tours – 1

    Lorsque les beaux rêves s’enchaînent durant plusieurs nuits d’affilée,
    Lorsque les anges se déguisent dans des volutes de fumée,
    Je reste sur la même chaîne pour voir le film en défilé
    Par chaque scène qui aiguise l’appétit que j’ai consumé.

    Je fais un arrêt sur image lorsque l’héroïne apparaît
    Pour en tâter toutes ses formes et pour en goûter sa substance.
    Un ralenti pour faire hommage à la grâce qui transparaît
    Dont je me renseigne et m’informe pour de prochaine occurrences.

    L’achèvement souvent se perd dans des tourbillons vaporeux
    Mais la fin n’a pas d’importance et j’en oublie le dénouement.
    À la nuit tombée j’en espère un épisode savoureux
    Qui nourrira la consistance de mon plus humble dévouement.

    Tableaux de Diego Fernandez sur https:aphrodisiacart.tumblr.comtaggedDiego+Fernandez .

  • La fête à la libération

    La fête à la libération

    Viendra la fin des oppressions où l’on pourra faire la fête
    Mais rien ne sera comme avant pour les anciennes générations.
    Viendra le temps des répressions où l’on verra tomber des têtes
    Dans l’euphorie parachevant le jour de la libération.

    Pendant la folie collective, on chantera avec allégresse,
    On boira et on mangera avec des larmes et des rires.
    L’atmosphère étant explosive, la joie entraînera l’ivresse
    Et la foule se vengera pour le meilleur et pour le pire.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .

  • Prisonnier de moi-même

    Prisonnier de moi-même

    Je suis comme cet éléphanteau, fermement rivé au piquet,
    Qui lutte de tous ses efforts jusqu’à renoncer, épuisé.
    Par tous ces liens fondamentaux à ma liberté abdiquée,
    Je me contrains dans l’inconfort de mon carcan concrétisé.

    Et puis, j’apprends à me soumettre aux règles de la société
    Et m’habitue à mes limites que je négocie sans relâche.
    Ces contraintes deviennent mes maîtres et me formatent à satiété ;
    Soit je m’enfuis comme un ermite, soit j’accepte et je deviens lâche.

    Mais au dehors, l’intolérance à être différent des autres
    Me renvoie dans mes certitudes aussi solides qu’une prison.
    Ma liberté devient l’errance d’une utopie – typiquement vôtre –
    À vivre dans vos habitudes qui ne dépassent nul horizon.

    Tableau de Rodrigo Aviles.

  • Le miroir de la mer

    Le miroir de la mer

    La ligne d’horizon tendue sur la frontière qui sépare
    L’O de la mer et l’R du ciel n’est que le bord du miroir d’OR
    Qui renvoie l’arc inattendu du rayon vert qui se prépare
    Quand le soleil interstitiel descend, s’immerge et puis, s’endort.

    Dans ce lieu bi-dimensionnel, un corps astral en pleine Lune
    Perce la surface outre-mer et diffracte en éclairs gris-blanc.
    L’astre nocturne ascensionnel répand dans la nuit opportune
    Le reflet d’argent éphémère qu’une vague apporte en tremblant.

    Illustration de Catherine Meurisse.

  • Bons baisers bien baveux !

    En Helvétie, la mer fantôme évoque encore le vendredi
    Les bisous tendres et bien baveux des sirènes alémaniques.
    En Romandie, mêmes symptômes mais c’est plutôt le mercredi
    Que leurs rappels, j’en fais l’aveu, demeurent les plus hédoniques.

    Sur les montagnes du Valais, les héritiers des loups de mers
    Remontent les torrents furieux au respect de leur libido.
    Et du Jura ont dévalé les néréides et les chimères
    Qui font le bonheur des curieux qui s’approchent, nus, des cours d’eau.

    (Tableaux de Pedro Covo.
    Sans mentir, j’ai trouvé un magnifique coquillage coniques dans un ruisseau en montant au château de Kyburg qui se dresse devant chez moi de l’autre côté de la Töss.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’aube de la féminité

    L’aube de la féminité

    Les nuits sont paraît-il enceintes et nul ne connaîtra le jour
    Qui naîtra demain des amours du Soleil amant de la Terre
    Dont l’intimité sacro-sainte à l’aube enfantera toujours
    Les merveilleux fruits du labour pour son offrande alimentaire.

    Ainsi quand deux soleils se lèvent comme nimbés d’une auréole,
    Dans une aurore qui frissonne après l’amour d’une nuit blanche,
    C’est la femme qui prend la relève par l’éclat de ses aréoles,
    Sa peau de pèche qui hérissonne et son bassin qui se déhanche.

    (Tableau de Vladimir Karnachev.
    « Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra. », proverbe ottoman.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Red Bull, sors de l’Europe !

    Red Bull, sors de l’Europe !

    Après avoir séduit Europe et lui avoir fait trois enfants,
    Zeus la donna en mariage au roi de Crète Astérion.
    Elle, abusa de psychotropes de toutes sortes en s’esclaffant
    Contre ce fol carambouillage que nous-mêmes discréditerions.

    L’histoire se répète de nos jours ; on nous promet l’Europe unie
    Pour aider notre économie et nous rendre compétiteurs.
    Hélas, nous sommes à notre tour violés, trompés et démunis
    De notre propre autonomie par nos alliés débiteurs

    Tableau de Vladimir Karnachev.

  • Iel, Faunet, faunette

    Iel, Faunet, faunette

    Est-ce un garçon manqué ? Une fille réussie ?
    On ne savait pas trop quelle était sa nature.
    En tous cas, il ou elle s’amusait sans souci
    À parafer ses farces de sa folle signature.

    Tu tombais dans trou et tu l’entendais rire
    En voyant son derrière s’enfuir dans les fourrés.
    Tu « le » ou « la » trouvais en train de te sourire
    Émergeant d’un étang, la tête énamourée.

    Comme elle était jolie ou comme il était beau
    Avec ses papillons en guise de couronne !
    « Il » ou « elle » dansait en frappant des sabots,
    Cornes en colimaçon et la queue fanfaronne.

    Tableau d’Akreon.

  • Déesses ou démones ?

    Je ne sais à qui me fier parmi tous ceux qui me promettent
    Une société exemplaire où justice serait attestée.
    Suis-je moi-même qualifié pour dire sans trop se compromettre
    Si untel pourrait me complaire ou si je pourrais le détester ?

    Tous ceux que j’ai pris pour des anges se sont révélés des démons
    Et ceux dont je me méfiais ont fait pire que je ne pensais.
    Mais je crois que lorsqu’ils mélangent gauche, droite, aval et amont,
    C’est pour mieux me stupéfier et bien mal me récompenser.

    Tableaux de Keith Stillwagon.

  • Le monde du dessous

    Le monde du dessous

    Sous les abysses insondables inaccessibles aux pollutions,
    Des créatures fantastiques jouent aux dépends de la science
    Qui les considère pendables au regard de l’évolution,
    Eux, qui se montrent sarcastiques de demeurer dans l’inconscience.

    Ils vivent de chasse et de pêche sans besoin de justifier
    Une nourriture équilibrée, minimum cinq algues par jour.
    Ils n’ont aucune loi revêche ni de credo mystifié ;
    Tant qu’ils ne sont pas dénombrés, ils se complaisent en leur séjour.

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Le monde du dessus

    Le monde du dessus

    Au-delà de ce que peut comprendre la plupart des petites gens,
    Existe un royaume des dieux interdit aux simples mortels.
    Pour y entrer, il faut apprendre la loi du pouvoir de l’argent,
    Faire partie du club dispendieux et s’établir dans le cartel.

    La jet-set vit dans l’abondance dans son univers triomphant
    Où elle s’amuse à créditer crises et misères sur la Terre.
    Par la fontaine de jouvence alimentée par des enfants
    Elle vit depuis l’éternité de ses richesses excédentaires.

    De temps en temps, un ange déchu vient féconder une mortelle
    Afin de produire un héros qui vient galvaniser son peuple
    Et doit payer le terme échu de son parcours qui l’écartèle
    Par sa mort qui remet à zéro les péchés du troupeau aveugle.

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Le monde intermédiaire

    Le monde intermédiaire

    Entre le paradis des riches et l’enfer des plus démunis,
    Toute une humanité subsiste coincée entre ces infinis.
    Certains n’hésitent pas et trichent, certains demeurent impunis,
    Tandis que les autres résistent vers un futur indéfini.

    J’ai connu des hauts et des bas, côtoyé de grosses fortunes,
    Passé du dénuement complet à une remontée en surface.
    Je n’en ferai pas un débat mais j’aime ces vagues opportunes
    Qui rendent mon parcours incomplet mais que voulez-vous que j’y fasse ?

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Quand les jeux débloquent

    Bien sûr, nous sommes tous l’égaux comme des pièces interchangeables
    Mais ça agace notre ego de ne pas être indispensables.
    Bien sûr, nous sommes d’un même bois, d’une même chair, d’un même sang
    Mais qu’il est pénible le poids s’il s’en révèle embarrassant.

    L’histoire se répète comme un jeu dont chaque partie recommence ;
    Certains y voient même un enjeu pour tout remporter à outrance.
    Et les nouvelles générations, en reprenant les mêmes rôles,
    Revoient sans exagération tous ceux qui n’ont pas de parole.

    Photos de Lee JeeYoung sur http:elmarquesdeco.blogspot.com201402jeeyoung-lee-un-juego-hipnotico.html .

  • Shéhérazade super star

    Shéhérazade super star

    Le roi de Perse fut invité lors d’une fête entre hommes et sans femme
    Et la Reine seule à ce moment en profita pour le tromper.
    Hélas, elle ne put éviter au retour du cocu infâme
    Qu’il décapita les amants par une lame en acier trempé.

    Prétendant les femmes perfides, il en épousa chaque jour
    Une jeune vierge exécutée au matin des noces cruelles.
    Shéhérazade, belle et sylphide, rusée et pleine de bravoure
    Mit fin aux femmes persécutées par ces tortures sexuelles.

    La nuit de noces, elle raconta une histoire extraordinaire
    Qui se terminait sur un suspense à suivre au prochain numéro.
    Intéressé, il reporta l’exécution disciplinaire
    Et chaque jour le roi, bon prince, fut accro au fil des héros.

    Au bout des mille-et-une nuits, le roi tomba dans l’habitude
    D’écouter son cher feuilleton qui radoucit le néophyte.
    Addict à tromper son ennui, il fit avec mansuétude
    Placer partout des œilletons afin que ses proches en profitent.

    Photo de Tejal Patni sur https:www.slrlounge.comraging-colors-mind-bending-monochrome-rule-fashion-calendar-tejal-patni .

  • Impressionnisme en clair-obscur

    L’impressionnisme imaginaire illimité de la Nature
    Semble a priori prévisible sur l’intervalle d’une année.
    Bien sûr, tournesols factionnaires renouvellent leur mandature
    Régulièrement irrésistibles dans les champs jamais surannés.

    La garde-robe des toilettes à volonté des paysages,
    Elle aussi, paraît prédictible au fil des modes et des saisons.
    La Terre use ainsi de voilettes, de clair-obscur et d’éclairages
    D’une manière indéfectible selon qu’il plait à sa raison.

    Tableaux d’Iris Scott sur https:www.irisscottfineart.comlandscapes .

  • Impressionnisme entre terres et eaux

    Novembre restreint sa lumière d’un rideau de brume laiteux
    Et nous peint ses natures mortes sous un gesso de gelée blanche.
    Et moi, je rêve dans ma chaumière d’arbres aux parfums velouteux
    Que le vent du matin transporte tandis qu’il dénude leurs branches.

    Novembre obscurcit les étangs de l’encre noire de l’automne
    Et ragaillardit les oiseaux sur l’eau dormante des marais.
    Et moi, j’écris en reflétant mes pensées tristes et monotones
    Entre les chênes et les roseaux dans des couleurs bleues chamarrées.

    Tableaux d’Iris Scott sur https:www.irisscottfineart.comlandscapes .

  • Fusions des sexes

    Le corps a ses désirs qui soumettent l’esprit
    À la quête d’amour intense et magnétique.
    Les jeunes hommes ont faim, leurs cœurs en sont épris
    L’âme-sœur les attire, divine et érotiques.

    La peur donne des ailes à l’amoureux timide
    L’amour est un alcool pur qui le décomplexe.
    Avec un peu de zèle malgré ses mains humides
    Et un peu d’hardiesse dont il se sent perplexe.

    La guerrière amoureuse prépare ses stratagèmes,
    Ses plans sur la comète, tout l’amour à attendre.
    « Ô mon prince charmant, mon chevalier que j’aime,
    Sauras-tu me trouver sur la carte du tendre ? »

    Tableaux d’Anna Carll sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201507anna-carll.html .

  • Fusions des cœurs

    Le cœur a ses couleurs que la raison n’a pas
    Et ose en afficher tous les bleus de son âme
    Ou l’esprit vert-galant pour qu’il serve d’appât
    À l’homme solitaire qui appelle une femme.

    Quand les corps se rencontrent, les couleurs se mélangent ;
    L’âme qui bleuissait alors se met au vert ;
    Les douleurs rouge-sang s’atténuent dans l’orange ;
    Les cœurs complémentaires se livrent à découvert.

    Puis l’amour maestro exprime sur la toile
    Les tons issus du père et que la mère enfante.
    Ils expriment la Terre, le Soleil, les étoiles
    Et fusionnent les cœurs d’une œuvre triomphante.

    Tableaux d’Anna Carll sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201507anna-carll.html .

  • La complotiste en chair

    La complotiste en chair

    Les samedis, elle suivait toutes les manifestations
    Qui soulevaient tout le pays face aux lois institutionnelles.
    Dans la chaleur qui s’ensuivait, elle ôtait en contestation
    Ses fringues, sous les yeux ébahis, nue, anticonstitutionnelle.

    Il fallait la voir affronter les gendarmes en tenue casqués
    En leur pointant ses deux obus bien qu’ils n’en soient point convaincus.
    Lorsqu’ils chargeaient cette effrontée, il fallait les voir s’offusquer
    De la voir commettre l’abus de dandiner son petit cul.

    À force d’exciter ces larrons toujours butés, toujours plan-plan,
    Ils ne virent pas d’inconvénient à prévenir leur hiérarchie.
    C’est ainsi qu’on vit Macaron, Casse-tête avec Vérantanplan
    Ordonner à Darmaniannian d’arrêter net l’oligarchie.

    Tableau de Gary Benfield.

  • Dans le doute

    Est-ce que j’ai peur et n’ose pas manifester mes positions
    Pour suivre le troupeau docile qui regagne le bon vieux temps ?
    Ou oserai-je franchir le pas pour, en joignant l’opposition,
    Choisir le combat difficile dont je me sens représentant ?

    Puisque choisir c’est renoncer, qu’ai-je de plus facile à quitter ?
    L’argent qui s’en va et revient ou une fin de vie supposée ?
    Les médias nous l’ont annoncé : les dettes ne seront jamais acquittées
    Tandis que si la mort survient, la question n’est plus à poser.

    Alexandra Martynova photographiée par Charles Guo.

  • L’anti-Dieu

    L’anti-Dieu

    Au commencent de ce monde, il n’y avait ni dieu ni maître
    Mais un grand vide dénué de toutes bonnes intentions.
    Hélas, par un système immonde, nous vîmes la religion naître
    Qui nous a tant exténués par un Dieu de toute invention.

    IL dit qu’il nous tient dans sa main mais c’est pour mieux nous oppresser
    Et s’IL nous aime à la folie, c’est afin de mieux nous manger !
    Je préfère croire qu’ici demain, IL s’enfuira d’un air pressé
    Et qu’enfin ma mélancolie s’annihilera sans danger.

    Tableau de DADAIST-Gabriel.

  • Ce vide qui créa le monde

    Ce vide qui créa le monde

    Les croyants croient qu’un Dieu puissant a créé les cieux et la Terre ;
    Les savants préfèrent un Big-bang à l’origine de l’Univers.
    Chacun souhaite un épanouissant achèvement humanitaire
    Qui, à peine sorti de sa gangue, évoluera à cœur ouvert.

    Eh bien, Mesdames et Messieurs, tout cela n’est rien que poudre aux yeux !
    L’univers a été produit à partir du vide créé.
    Ainsi la Terre et les cieux ne sont pas le fruit orgueilleux
    Mais le résultat, aujourd’hui, du plus grand bide procréé.

    Illustration de Miles Johnston.

  • L’être nouveau

    L’être nouveau

    L’homme nouveau apparaîtra ou non selon le contenu
    De ce qu’on nous fait avaler comme propagande à l’envi.
    Tandis que l’âme comparaîtra dans un paradis convenu,
    Le corps, entièrement ravalé, vivra une nouvelle vie.

    Avec une aile de papillon, le vertige sera supplanté ;
    Avec une queue de poisson, fini l’œdipe avec sa mer ;
    Des cornes fixées aux pavillons pour nos téléphones implantés
    Et un radar à ultrasons pour sonder le fond de sa mère.

    Sculpture d’Irina Zaytceva.

  • En vers et en blues

    Entre la beauté mise en vers et la misère chantée en blues,
    La vie nous joue de l’oxymore avec d’étranges découvertes.
    Elle nous met le cœur à l’envers et la mémoire devient jalouse
    Des mains qui seules se remémorent l’étreinte de la femme offerte.

    La femme bleue chauffe bien mieux comme la flamme du feu follet
    Qui nous embrase toute une nuit d’un amour à dormir debout.
    Et quand un matin insomnieux se lève, le cœur est affolé
    De devoir patienter minuit, trop d’heures mises bout à bout.

    Tableaux de Jeremy Mann.

  • Portrait nature

    Portrait nature

    D’abord l’horloge biologique avec son capital-soleil,
    L’apport vital en vitamines A, B, C, D, fer, magnésium.
    Pour mes besoins physiologiques qui me maintiennent en éveil,
    Aliments antyoxydés, selon les récents symposiums.

    Je deviendrai fruits et légumes pour booster mon immunité ;
    Je consommerai naturel et respirerai au grand air.
    Par extraits de pépins d’agrumes, j’augmente ma sérénité
    Et par ces apports culturels, fleurira mon sale caractère.

    Portrait d’Elmira Namazova.

  • L’harmonie entre le flux et le reflux

    Au sommet de mes quarante ans – ou des cinquante selon les gens –
    Je me croyais être au sommet de toutes mes incertitudes.
    Mais comment remonter d’autant de temps qui va en s’allégeant
    Pour continuer d’assumer une existence en servitude ?

    Après le flux du temps qui passe, vient le reflux du temps passé ;
    Passé à revivre ses bilans et à rêver ses ambitions.
    Rompre le fil, crever l’espace, quitter ce monde compassé
    Paraît un remède jubilant mais clos de trop d’inhibitions.

    Tableaux de Vanessa Lemen.

  • Madame est servie !

    Madame est servie !

    En belle livrée naturelle, frac, plastron blanc et queue-de-pie,
    Le pingouin, petit majordome, excelle dans l’art du service.
    Ses connaissances culturelles, question thalassothérapie,
    Comblent autant de femmes que d’hommes, que d’amateurs ou de novices.

    Hélas, les pôles disparaissent causés par la fonte des glaces
    Et le réchauffement du climat par ce que les hommes ont gréé.
    Que l’humanité comparaisse fautive d’avoir pris trop de place
    Et restitue a minima la Terre que Dieu leur a créée !

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • Toujours dans la Lune

    Toujours dans la Lune

    Quand les conversations me semblent lourdes de phrases vides inconsistantes,
    J’échappe à l’attraction verbale et voyage autour de la Lune.
    Là, mes petites oreilles sourdes captent les paroles subsistantes
    Que les satellites bringuebalent purgées d’innombrables lacunes.

    Dans la Mer de Sérénité, j’écoute le ressac du temps
    Qui m’apporte avec du recul les informations essentielles.
    Tout ce qui n’est que vanité, inutile ou pas important,
    Devient résidu ridicule et gabegies excrémentielles.

    Illustration d’Andy Santoso.

  • La fille en jaune au grand chapeau

    Dans notre sexe puritain qui ne sait voir le moindre sein,
    Je dois flouter l’intimité sous peine d’être censuré
    Car le modèle américain nous impose un code sacro-saint
    Et taxe d’illégitimité ses valeurs caricaturées.

    Bientôt nous voilerons les femmes comme prohibition infâme ;
    Toute beauté sera cachée, les laids y seront attachés.
    Bientôt nous tramerons un film pour masquer ses détails infimes ;
    Au moindre doute on pourrait voir une fin de non-recevoir

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Géométrie des nouveaux sexes

    La femme est ronde, l’homme est carré ? Aujourd’hui on chamboule tout !
    Maintenant que les genres sortent de nos cadres traditionnels,
    Si le sexe est contrecarré, quel est notre meilleur atout
    Pour que la mode nous apporte un caractère exceptionnel ?

    Les hétéros, pauvres héros auraient le moral à zéro
    Si on leur disait que l’habit vêt les genres de tout acabit.
    Robes, saris, jupes indiennes autant pour bis, gays, trans, lesbiennes
    Le sexe, bien sûr, occulté sans faire de difficulté.

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Carreaux et rayures, on tourne en rond

    Mode à carreaux, mode à rayures, la mode reste géométrique
    Malgré la créativité et l’envie d’être avant-gardiste.
    Mode rétro et revoyures, la mode est trigonométrique
    Car elle ne peut éviter ses révolutions fantaisistes.

    Après avoir changé le corps, métamorphosé sa vision,
    La mode nous crée des lunettes pour voir le monde à notre image.
    Dès lors, choisissez le décor pour vous apporter l’illusion
    De voir sur toute la planète même ramage, même plumage.

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Le cœur au quatrième top

    Le cœur au quatrième top

    Au premier top, mes sens s’éveillent par l’audition et la vision ;
    Au deuxième top, mes sens opèrent par l’odorat puis, par le goût ;
    Au troisième top, je m’émerveille par le toucher en position
    Afin qu’ensemble, ils coopèrent pour que, tout de vous, je m’engoue.

    Au quatrième top, c’est le cœur qui entend, qui voit et qui sent,
    Qui goûte et touche tout l’amour qui émane de votre aura.
    De tous mes sens, il est vainqueur, pathétique et compatissant
    Car il vous touche de son humour en accord de son lectorat.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .