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  • La Corne à Dali

    La Corne à Dali

    Par l’O du mur, d’un coup de corne, vient télépather la licorne
    Qu’une fée avait appelée avant de se faire étaler.
    Or, il n’y a aucun témoin mais des indices néanmoins
    Qui prouvent qu’on a transpercé le mur et de l’or renversé.

    Mais voici que la fée s’éveille et que soudain, elle s’émerveille :
    « C’est moi qui ai percé le mur ! » avoue-t-elle dans un murmure.
    « C’était pour permettre à la Lune quelques visites opportunes ! »
    « J’en suis ravie ! » dit la Licorne. « J’ai eu peur que l’on ne t’écorne ! »

    Licorne de Salvador Dali exposée lors de Marseille 2013.

  • Ceci n’est pas un Dupondt

    Contrairement aux apparences, toute image un peu trop fidèle
    Ne traduit pas réellement l’émotion qui monte en surface.
    Apparemment cette carence ne proviendrait pas du modèle
    Mais plutôt virtuellement du cerveau qui fait volte-face.

    Plus nous multiplions l’objet qui nous rassure ou nous fait peur
    Et moins l’œil n’y fait attention, il faut s’en faire une raison.
    D’ailleurs, n’importe quel sujet dupliqué à toute vapeur
    Provoquera l’inattention à force de péroraison.

    Matriochka, poupées gigognes, tout n’est qu’une mise en abyme ;
    L’observateur s’identifie à sa perception synoptique.
    Mais, avouons-le sans vergogne, ces aberrations légitiment
    Notre vision qui quantifie que tout n’est qu’illusion optique.

    D’après Hergé et Magritte sur https:tintinomania.comtintin-herge-magritte .

  • Agence Animalia

    Dans les banlieues et les cités, de poulaillers en cages à poules,
    La police n’ose plus entrer ; sans doute tient-elle à ses plumes.
    Alors, pour ne pas les citer, on voit squatter les Babacools
    Et de drôles d’oiseaux concentrés pleins de regrets et d’amertume.

    Un jour, l’inspecteur Canardo, désabusé, démissionna
    Car le commissariat, vraiment, lui courait sur les haricots
    Dégouté du poids du fardeau, son insigne, il abandonna
    Et s’éloigna sous les braiments des ânes et des bourricots

    Ainsi, ce poulet défroqué ouvrit l’Agence Animalia
    Et engagea une levrette spécialisée en filatures.
    Ils s’établirent dans un troquet nommé « La dame aux camélias »
    Un drôle de nom pour leurs enquêtes mais parfait comme couverture.

    Sculptures d’Alessandro Gallo sur https:www.booooooom.com20160413hybrid-sculptures-by-artist-alessandro-gallo .

  • Sous le masque, la grâce

    Sous le masque, la grâce

    J’aime lorsque tombe le masque sur le visage déshabillé
    Comme un strip-tease qui révèlerait toute l’intimité de l’âme.
    Une bouche charnue et fantasque, des yeux vrais et démaquillés,
    Un petit nez qui oserait se tortiller comme une flamme.

    Masque tombé, la vérité sort de la bouche de la femme
    Comme un enfant à découvert à l’orée d’une forêt sombre.
    Riche de mémoires héritées et d’amour dont mon cœur s’affame
    Et d’un regard à peine ouvert qui m’invite à sortir de l’ombre.

    Tableau de Thomas Richman Blackshear.

  • Le mensonge qui tue

    Le mensonge qui tue

    À petites doses insidieuses, la télé vient me formater
    Avec le choc de ses infos et ses programmes de variétés.
    Au moyen de voix mélodieuses je tends à la conformité
    Et j’avale tout ce qu’il faut sans la moindre contrariété.

    Quand je suis cuit, d’un cri qui tue, on manipule mon cerveau
    J’achète ce qu’on me conseille et je voyage où l’on me dit.
    Je m’épuise et je m’évertue à presser le pas comme un veau
    Et travailler pour de l’oseille qui ne m’apporte que maladie.

    Si tu ne sais pas t’arracher à la doctrine médiatique,
    On fera de toi un robot entièrement téléguidé.
    Plutôt que de t’amouracher de ce bourrage idiomatique,
    Dis-toi bien que c’était trop beau … … mais prévu pour te liquider.

    Illustration de xxx.

  • Le refuge étoilé

    Le refuge étoilé

    Le gigantesque arbre étoilé réserve des fruits à surprises
    Et grâce aux moteurs de recherche, j’y trouve plus ou moins ma voie.
    Par des mots à demi voilés qui laissent planer des méprises,
    On me tend soi-disant la perche sans que je sache qui me l’envoie.

    On m’y propose des nuit de rêves pour y goûter l’amour de fées
    Qui me paraissent savoureuses et totalement désirées.
    Parfois je dois dans l’heure brève répondre à l’ami catastrophé
    Qui me demande une vigoureuse somme d’argent à lui virer.

    Nul besoin de passe-sanitaire pour circuler dans les boutiques ;
    Concerts, cinémas s’offrent en ligne sans nécessiter d’affreux masque.
    Ce monde qu’on croyait austère car virtuel et robotique
    Propose le seul recours digne aux antipass et antivax.

    Tableau de Loetitia Pillault.

  • Pendant ce temps à Lourdes…

    Pendant ce temps à Lourdes…

    Dans l’armée sacrée des miracles, les sœurs en attente du front,
    S’organisent en fines stratèges car quelque chose a dérapé ;
    Dieu, lui-même, à travers l’oracle de ses prophètes, a fait l’affront
    De ne plus bénir les cortèges des pénitents handicapés.

    Dieu se serait-il mis en grève ? La nouvelle vient de tomber.
    En effet, il en a assez de rafistoler les mourants.
    Il s’est imaginé un rêve – auquel les saints ont succombé –
    De désormais se prélasser loin de tous problèmes courants.

    Les anges ont fourni la raison : depuis qu’on fait croire aux terriens
    Que la peur de l’épidémie est plus forte que celle du péché,
    Qu’on les confine à la maison en les traitant de bons à rien,
    Le vaccin devient l’ennemi sauf si l’on peut l’en empêcher.

    Bonne nouvelle dans les chaumières ! Personne n’est resté au logis !
    Les braves gens sortent manifester, aveugles, muettes et sourdes.
    Attendons des sœurs leur lumière pour fournir une théologie
    Capable de nous admonester la fin du Covid même à Lourdes.

    Photo de Steve McCurry sur https:www.stevemccurry.com .

  • Bas les masques !

    Lorsque les masques n’auront plus cours, nous devrons le symboliser
    Par un visage libéré de l’étouffement du scandale.
    Honte à ceux qui portent secours par des vaccins diabolisés
    Après avoir délibéré d’un pass voté par des vandales.

    Sous le masque nous grincions des dents, les yeux embués de nos miasmes ;
    Sans masque, la face découverte, nous rirons en tirant la langue.
    Grimaces et rictus évidents pour se moquer avec sarcasmes
    De toutes polémiques ouvertes envers Emmanuel et son gang.

    Tableaux de Jean Dominique Antony Metzinger.

  • Bain de cartes

    Bain de cartes

    La Reine qui veut brouiller les cartes, possède plus d’un tour dans son sac.
    D’abord elle joue les jolis cœurs, à la fin de l’envoi, elle pique.
    Ses sujets aussitôt s’écartent car ils en craignent le ressac
    Lorsqu’elle abat d’un air vainqueur ses atouts en bataille épique.

    Seulement voilà quand on est reine, on en craint les révolutions.
    Les sans-culottes qui n’ont plus rien à perdre descendent dans la rue.
    On déshabille la sirène et on fait la dissolution
    D’un gouvernement de vauriens et on pleure l’honneur disparu.

    Photo Instagram de Frombeewithlove.

  • L’amour en fumée

    L’amour en fumée

    Par tout le sexe consumé que j’avais idéalisé
    Avec l’amant qui choisirait comment diriger le navire,
    L’amour est parti en fumée le jour où j’ai réalisé
    Qu’en moi surtout il désirait l’esclave de tous ses désirs.

    Tout le film de nos souvenirs se mêlent dans les vapeurs d’alcool
    Dans lequel je noie le chagrin de notre idylle qui fait naufrage.
    La raison de mon avenir va devenir un cas d’école
    Et en attendant, j’ai du grain à moudre dans mon cœur en rage.

    Illustration Lust Digital Art By Geliografic sur https:webneel.comdaily6-lust-digital-art-geliografic .

  • To be rich or not to be rich

    Fais-tu passer ta vie avant ton fric ? Fais-tu passer ton fric avant ta vie ?
    Telle est la question qu’on se pose dans les milieux favorisés.
    Pour les populations d’Afrique dont le problème est la survie
    La solution ne s’interpose que par ethnies terrorisées.

    Peur de n’avoir jamais assez, peur de manquer de nourriture,
    Peur de se sentir rationné et enfermé dans son cocon…
    Tous les moyens sont amassés pour soumettre par la torture
    Ceux que l’on a conditionnés par des années de télécon.

    Illustrations de Pawel Kuczynski.

  • Autoportrait

    Autoportrait

    Moi, si je devais me décrire comme j’aimerais être perçu,
    J’aurais le front rempli de vers et les joues pleines des bleus de l’âme.
    D’encre de Chine pour écrire, mes yeux auraient été conçus
    Pour appréhender à travers votre cœur, sa petite flamme.

    Mais Dieu, mon père ainsi qu’ ma mère m’ont modelé à leur image
    Avec une bouche charnue et des yeux de biche aux abois.
    Ainsi mes poèmes amers sont finalement leur héritage
    Et si je suis si biscornu, c’est parce que j’ai cassé du bois.

    Autoportrait de Beth Marcil sur https:www.artfromtheinsideout.commixed-media-portrait-for-grade-5 .

  • Les beaux yeux

    T’as de beaux yeux, surtout le gauche car il me parle avec le cœur ;
    T’as de belles mains, surtout la droite quand elle brandit mon crayon.
    J’aime sur ta bouche l’ébauche d’un petit sourire moqueur
    Lorsque d’une parole adroite vers l’amour nous appareillons.

    T’as d’beaux cheveux, surtout les blonds qui ressemblent à un champ de blé ;
    T’as d’belles jambes, de belles hanches surtout quand tu viens t’accroupir
    Et m’offres tout ton corps oblong tous les week-ends dans ton meublé
    Pour faire l’amour jusqu’au dimanche suivi de six jours de soupirs.

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

  • Crépuscules complotistes

    Crépuscules complotistes

    Cette météo anarchiste présente son côté artiste
    Mais je ne suis pas masochiste et je la trouve complotiste.
    À cause d’un printemps en retard suivi de cet été pourri
    De quarante jours au mitard sous une glaciale flouerie.

    Or voici que la canicule vient de nous tomber sur le cul
    Avec des bulletins ridicules qui n’ont pas assez de recul.
    Alors les fantaisies du ciel et ses crépuscule cosmiques
    Me semblent assez concurrentiels avec l’époque pandémique.

    Photo de Mathieu Rivrin.

  • De la vache enragée

    De la vache enragée

    Quand les pervenches chanteront, les vaches seront bien gardées
    Et les taureaux prendront eux-mêmes le chemin vers les abattoirs.
    Quand les vautours arriveront, leur cuir sera sauvegardé
    Afin de couvrir sans problème nos canapés ostentatoires.

    Quand les sérums et les vaccins issus de la vache enragée
    Seront réservés aux abonnés qui devront prendre toute leur vie
    Un shoot de plus en plus succinct dont l’effet sera prorogé,
    Là, bonnet blanc et blanc bonnet, nous serons tous du même avis.

    Tableau d’Elsa Sroka sur https:www.southwestart.comeventssorrel-sky-jul2020 .

  • Les fleurs penchées

    J’ai beau pencher de tout mon cœur vers les jeunes filles en fleurs,
    Je n’ai pas hélas la main verte pour leurs amours de jardinières.
    Même mes textes chroniqueurs et mes poèmes écornifleurs
    Passent par leurs oreilles ouvertes comme banalité routinière.

    Alors je parle aux plantes mûres qui embellissent avec le temps
    Et je les arrose de vers à l’eau de prose et de rosée.
    À la plus belle, je lui murmure que je l’aimerai toujours autant
    Quand elle sera sèche en sous-verre mais d’éternité composée.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:elizabethprice-ceramic-sculpture.weebly.comsculptures.html .

  • Le pont sur la Nivelle

    Le pont sur la Nivelle

    Sur le pont de Jean de Nivelle, nul ne rétorque à son appel.
    On reste sourd aux bienvenues, on ne répond pas à son nom.
    Ainsi les mauvaises nouvelles ne sont pas transmises à la pelle
    Et aucune disconvenue ne trahira votre renom.

    Impolitesse ? Pas du tout ! Je vous en fiche mon billet !
    Le torrent et ses eaux grondantes dégagent tant de décibels
    Que vous attraperiez la toux à force de vous égosiller
    Et les oreilles correspondantes devenir sourdes de plus belle.

    (Tableau de Louis Dewis.
    Le pont sur la Nivelle également appelé Pont Romain, date du 5eme siècle, il fut reconstruit en 1994, après l’effondrement de la pile centrale, due à la crue. Il a été inscrit aux monuments historiques le 19 mai 1925.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Femmes coccinelles

    Ne dites plus « bête-à-bon-Dieu » mais « femme-en-quête-spirituelle »
    Car, de nos jours, les coccinelles sont l’élytre de l’ascension.
    Le nombre de pois dispendieux définit l’âge contractuel
    Auquel la faute originelle ne condamne aucune dissension.

    Ainsi la femme émancipée arborera autant de pois
    Que de conquêtes amoureuses comptabilisées à son actif.
    Les hommes pourront anticiper à en apprécier le poids
    Selon des offres langoureuses mais à effet rétroactif.

    Photos de Serge Lutens.

  • Divagations estivales

    Divagations estivales

    Sans me moquer des catastrophes et rire des inondations,
    J’ai aimé ces intempéries qui ont changé nos paysages,
    L’été figé dans l’apostrophe qui a joué les prolongations
    Durant la mi-temps d’hystérie sous ses incessants arrosages.

    Les rivières ont connu leurs crues, de l’eau est passée sous les ponts,
    Malgré les vacances gâchées, on pouvait sortir s’amuser.
    Tandis qu’aujourd’hui, qui l’eut cru ? Il nous faut un coup de tampon
    Afin de pouvoir s’arracher des restrictions désabusées.

    Illustration de François Ravard sur https:bd-chroniques.beindex.php20210803vague-damour?fbclid=IwAR1flFxTxDcOr0fgLHJbdWziET4KlP38-abvMbsgn9P_74Y4T_rtxVNZIiM .

  • L’homo-synthétique

    L’homo-synthétique

    Aussitôt le gène « casse-couilles » éradiqué de nos bâtards
    Et celui des « marie-salope » isolé, réduit à néant,
    On verra des hommes-grenouilles, femmes-reinettes, enfants-têtards
    Vivre dans des zones interlopes, vingt-mille lieues sous l’océan.

    Le génie de la mutation transformera hommes et femmes
    Et l’on choisira son bébé sur catalogue génétique.
    Hélas, par ces permutations, naîtront quelques monstres infâmes
    Qui, s’ils ne sont pas macchabées, deviendront « homo-synthétique ».

    Bodypaintings de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

  • Bonjour, salut !

    La bienséance et le bien-être obligent, les hommes modernes
    Opteront pour de nouveaux signes pour se saluer en public.
    Le moyen pour se reconnaître sous les néons et les lanternes
    Devra toutefois être digne des enfants de la république.

    On pourrait se frapper du coude ou bien soulever sa tignasse ;
    Lever la main comme un indien ou dodeliner de la tête.
    Aujourd’hui nos aïeux le boudent et bien qu’hier ils s’indignassent,
    Pour les plus jeunes, c’est le maintien d’une arrogance toute bête.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:www.kelliemillerarts.comelizabeth-price .

  • Femmes à la volée

    Femmes à la volée

    Femme frivole, femme qui vole, femme légère, femme adultère.
    Que de mots doux, jetés en l’air pour défier son déséquilibre !
    Femme qu’on vole, femme convole, femme solitaire ou volontaire,
    Les hommes ont un vocabulaire approprié à leurs calibres.

    Hélas la femme tombe des nues quand on la croit femme facile
    Ou quand on vient lui décoller sa jupe à volants, envolée.
    L’homme la scanne toute nue avec sa vision imbécile
    Jusqu’à ce qu’elle vienne lui coller une gifle qu’il n’a pas volée.

    Photo d’Ernest A. Bachrach.

  • Grosse tête, petit cul

    Chacun renferme en son miroir l’infinité de sa mémoire
    Qui, pour raisons ésotériques, est stockée quelque part ailleurs.
    Ainsi les millions de tiroirs et les centaines de grimoires
    Qui renferment notre historique ont trouvé un coin bien meilleur.

    Je traîne ainsi ma grosse tête comme une bosse dans le dos
    Qui m’déséquilibre par le poids de mes chagrins et mes remords.
    Je sens cet immense pense-bête qui prend en charge tous mes fardeaux
    Oscillant comme un contrepoids qui bat entre la vie et la mort.

    Sculptures de Sergei Isupov sur http:sergeiisupov.comworksworks-in-public-collections#jp-carousel-801 .

  • Le chat dégringolo

    Le chat dégringolo

    Mon petit farceur de mari m’a tendu tellement haut mes fils
    Qu’il sera sans doute marri d’savoir que, quand je me faufile
    Debout les pieds sur l’escabeau dont les quatre marches ballottent,
    Je m’fais siffler par les ribauds sous prétexte qu’ils voient ma culotte.

    Même le chat, ce scélérat, s’en vient jouer le funambule
    Et fait trembler mon étendage pareil aux cordes d’un violon.
    Sous un motif de chasse aux rats, il débouche sans préambule
    Et termine son dévergondage en s’agrippant de tout mon long.

    Alors l’escabeau fout le camps, je me cramponne au fil de fer
    Tandis que le chat dégringole en me labourant la chemise
    Puis, la culotte, par conséquent, tombe par-terre pour satisfaire
    Les petits voyous qui rigolent matant mon cul, quelle méprise !

    Illustration de Marta Orlowska.

  • L’impasse diabolique

    L’impasse diabolique

    S’il est facile d’entrer en crise dans les méandres de la loi,
    Il demeure assez difficile avec un plan de s’en sortir.
    Après la première surprise, on trouve tous de bon aloi
    À se conduire en imbéciles et même de s’y assortir.

    À chaque jour, son oppression qui augmente insensiblement
    Comme la grenouille plongée dans l’eau qu’on chauffe doucement.
    Plus forte sera la pression, plus suivront ostensiblement
    Les moutons vers leur apogée et mourront d’affadissement.

    Entrée du palais de Linlithgow.

  • Les passages en diagonales

    Chaque jour, la voûte céleste me fait avancer dans l’espace
    Et franchir le couloir du temps à chaque arcade récurrente.
    À chaque fois, je me déleste d’une tranche de vie qui passe
    Et puis, à chaque fois je m’attends à vivre une journée différente.

    Curieusement, le bon chemin n’est pas tracé en ligne droite.
    Je dois savoir virer à temps et dégringoler une pente.
    Jamais ne remettre à demain une décision maladroite
    Mais me décider à l’instant d’une intuition participante.

    Photos de Bjorn Borgers et Stefan Opalka.

  • Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Aveuglé par l’information diffusée dans l’actualité,
    J’ai longtemps cru être éveillé alors que j’étais un mouton
    Berné par la déformation d’une fausse réalité
    Comme un enfant émerveillé par tous ses jouets à boutons.

    Seul celui qui ferme les yeux à la pollution médiatique
    Évite de s’empoisonner lentement à petites doses.
    Or, j’ai fait ce choix judicieux d’occulter l’intox systématique
    Dans l’info qui vient foisonner à m’en filer une overdose.

    Illustration de Saman Torabi sur https:cartooncontest.yesilay.org.trenarchive?page=10 .

  • L’homme de bois

    Que ne suis-je homme-végétal, roseau pensant au cœur de bois,
    Enraciné dans la nature et qui revit chaque printemps !
    Aux beaux jours, mes premiers pétales refleuriraient à chaque fois ;
    L’automne verrait ma mâture porter la robe du pénitent.

    Je vivrais nu dans les forêts avec femmes-fleurs à portée
    Afin de féconder les fruits qui propageraient mon essence.
    L’hiver viendrait me déflorer mais l’été saurait m’apporter
    Un héritage dont l’usufruit serait l’éternelle naissance.

    Œuvres de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

  • Nouvelles voyances

    Même si la Terre perd la boule au cours de ces temps incertains,
    Les hommes cherchent une carrière et les femmes, leur avenir.
    La bosse du commerce roule chez des médiums fort libertins
    Qui ressassent à l’un ses barrières et à l’autre ses beaux souvenirs.

    Tant que la Terre sera ronde et les étoiles brilleront,
    Ils demanderont des miracles et une existence princière
    Car depuis que le monde est monde, jamais les yeux ne se dessilleront
    Et l’on aura besoin d’oracles et superstitions outrancières.

    Photos de Dana Trippe sur https:www.weekend-creative.comthoughtsinspiration76 .

  • Femme à rayures… femme à mouillure

    Femme à rayures… femme à mouillure

    Derrière une femme voilée se cachait une femme à rayures
    Qu’un soir en fermant ses volets, j’aperçus par l’entrebâillure.
    Plus tard sous le ciel étoilé, je revins pour la revoyure
    Et la surprise tout affolée, le corps nu, moite de mouillure.

    Juste vêtue de la pénombre que lui projetaient les persiennes,
    Je l’embrassai tout doucement derrière le moucharabieh.
    Je ne me souviens plus du nombre de fois où cette magicienne
    S’offrît dans un trémoussement de sa corolle bilabiée.

    Photo de Wojciech Magierski.

  • La contorsionniste

    La contorsionniste

    Pour les uns, elle se plie en quatre, pour les autres, toujours disponible,
    Tout est question d’adaptation au moule qui lui est offert.
    Ainsi, pour rentrer dans le cadre, sa position souvent pénible
    Se borne à la constatation qu’elle a franchement trop souffert.

    Femme élastique ou chiffe molle ? Femmelette ou bien loque humaine ?
    Il est tant de mots qui s’étirent qu’il y a autant de réparties.
    Mais pour passer à la casserole, celles à la petite semaine
    Devront satisfaire aux satyres ou les botter dans les parties.

    Veruschka von Lehndorff – 1972 par Richard Avedon.

  • Fragmentations

    Fragmentations

    Sans doute y-a-t’il plusieurs corps dans ce qui nous fait homme et femme !
    Un corps de chair, d’eau et de feu, d’air et de Terre mélangés ;
    Un esprit souvent en désaccord entre l’honorable et l’infâme ;
    Un cœur qui tend, de tous ses vœux, à surmonter tous les dangers.

    Toutes les pièces de mon puzzle ne sont pas livrées dans la boîte
    Certaines se touchent, d’autres s’entendent, d’autres se voient, d’autres se goûtent.
    Quoi qu’il en soit, je reste seul à découvrir comment s’emboîtent
    Toutes ces parcelles qui tendent à m’améliorer mon écoute.

    Hermon & Heroda par Alma Haser.

  • Soirées intimes

    Soirées intimes

    Que dois-je faire quand je m’ennuie dans des soirées interminables
    Où les heures soporifiques n’en finissent plus de s’étirer ?
    Combien j’ai hâte que la nuit d’un mystère inimaginable
    Réveille en moi d’honorifiques fantasmes qui vont m’attirer !

    Juste vêtue d’obscurité, ma première fée imaginaire
    Vient m’embrasser comme Morphée convoyée par sa sœur jumelle
    En vêtement de vérité pour un rêve extraordinaire
    Dans lequel je suis le trophée de ces deux chasseuses femelles.

    Quant à ceux qui les croient lesbiennes admirant le phallus sacré
    Je les invite à postuler afin de leur être présentés.
    Qui sait ? Peut-être qu’elles entretiennent une admiration consacrée
    À se le faire inoculer lorsqu’il est bien instrumenté ?

    Photo de Helmut Newton.

  • La sirène immigrée

    La sirène immigrée

    Leurs jolies queues emprisonnées par ceux qui draguent l’océan
    Les ont poussées, contre leur gré, à se ramener sur nos plages.
    Sorties des eaux empoisonnées par des détritus malséants,
    Pauvres sirènes immigrées et condamnées au recyclage.

    Certaines chantent dans les rues, dans le métro ou dans les bars,
    Ou reconverties en hôtesses dans les palaces en plein turbin ;
    D’autres pleurent leurs queues disparues dans un bordel à Zanzibar.
    Aussi, messieurs, par politesse, ouvrons-leur nos salles-de-bain !

    Stephanie Seymour à Hawaii en 1989 et photographiée par Herb Ritts.

  • Vacances sur Mars – 1

    Vacances sur Mars – 1

    Vacances de rêves inoubliables, loin de la civilisation.
    Choisissez Mars pour un séjour désempourpré de vos douleurs !
    Des paysages incroyables grâce à la canalisation
    Des eaux de Mars qui, pour toujours, vous marquerons de leurs couleurs.

    À condition d’aimer le rouge et vivre nu sous le soleil
    Car la lumière trop éloignée peine à bronzer les épidermes.
    En revanche, on vit et on bouge au rythme des vents qui balayent
    Le sable qui vient témoigner d’une satisfaction à terme.

    Vu sur https:yazbukeyloves.tumblr.com .

  • En quête d’une héroïne

    En quête d’une héroïne

    Quand l’inspiration ne vient pas, tous mes conduits sont grand ouverts
    Pour permettre au canal du cœur d’irriguer l’imagination.
    Je me prépare un bon repas, je dresse la table et le couvert
    Je cherche, le gosier mastiqueur, le goût de la fascination.

    Souvent le goût de l’héroïne surgit brusquement dans la bouche ;
    Elle me raconte l’histoire salée d’une sorcière de Bohème
    Vêtue d’une robe en fibroïne aux fils de soie, elle débouche
    Ma bonde d’où viennent exhaler tous les arômes d’un poème.

    Photo de Haris Nukem.

  • L’amour vache

    L’amour vache

    Bien que ces vaches de censeurs veuillent tout nous désapprouver,
    Voici une jolie vache à poil et un superbe taureau en rut.
    Et n’en déplaise aux défenseurs de la morale retrouvée,
    Vous découvrirez sur la toile le goût sauvage de l’amour brut.

    Hélas, je n’ai pu accéder aux ébats des amours bovines
    Car la pluie s’est mise à tomber pareille à un rideau pudique.
    Mais l’animal a concédé à montrer sa moitié rouquine
    Le jour où elle a succombé à son caractère méthodique.

    Tableau de Jennifer Stottle Taylor.

  • La nuit de tous les désirs

    La nuit de tous les désirs

    La compagnie a fait l’erreur
    de couper l’électricité
    La nuit où je suis arrivé
    à mon rendez-vous libertin.
    Pourtant j’ignorai la terreur
    que m’inspirait l’obscurité
    Et tapotai sur les rivets
    de la porte d’un geste incertain.

    Une main est sortie de l’ombre
    et m’a fait signe de rentrer
    Puis, m’a guidé dans le couloir
    jusqu’à son petit nid douillet.
    J’entendis plusieurs voix en nombre
    et j’en fus très déconcentré
    Car voici que, sans le vouloir,
    des mains m’ont tout déshabillé.

    On me tâta les génitoires
    tandis qu’on me pinçait les fesses
    Et je me suis senti happé
    par une bouche de velours.
    Alors moi, sans faire d’histoires
    mais tourmenté, je le confesse,
    J’ai senti mon fluide échapper
    le cœur battant, confus et lourd.

    Au petit jour on m’a réveillé
    par des câlins pleins de promesses ;
    C’était le chat dans mon giron
    qui me pelotait sans finesse.
    Je relevai de l’oreiller
    une tête lourde avec mollesse
    En maudissant ce vigneron
    qui m’a vendu son vin de messe.

    Tableau de Dmitri Anatolyevich Belyukin.

  • Les femmes de l’été

    Été pourri pour les houris, le paradis est repoussé ;
    Heureusement pendant ce temps les jeunes filles sont en fleurs.
    Tous les minets et leurs souris tiennent leurs chausses retroussées
    Et les pieds nus en clapotant dansent sous l’orage écornifleur.

    Été pluvieux et malheureux, les vacances ont un coup dans l’eau ;
    Par bonheur, demoiselles d’honneur et jolies mariées font la fête.
    Le marié rit, le bienheureux, en entraînant au bungalow
    Sa jeune épouse pour une heure pour un intime tête-à-tête.

    Été maudit dans les taudis que les inondations emportent ;
    Grâce à Dieu, les matins radieux rendent les femmes encore plus belles.
    Et les compagnes ébaudies s’en viennent frapper à la porte
    Et puis, s’en vont sans un adieu jouer les pucelles rebelles.

    Été bâclé par les raclées des pluies cinglantes et persistantes ;
    Mais davantage d’avantages quand les femmes ouvrent leurs maisons
    Et qu’elles vous offrent la clef avec une fièvre insistante
    Pour les protéger de l’orage pour toutes les autres saisons.

    Tableaux de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • L’illusion du masque

    Depuis un an, je mets le masque pour avoir le droit de rentrer
    Dans les trains ou les autobus avec des gens à côtoyer.
    Cette respiration fantasque me donne un air déconcentré
    Qui me perturbe les sinus et m’embue les doubles foyers.

    Je ne sais pas où me conduit le vaisseau du gouvernement
    Qui trace un drôle plan de vol vers je n’ sais quelle destination.
    J’ai l’impression d’être éconduit par un commandant qui me ment
    Et qui, ma liberté , me vole sous d’iniques attestations.

    J’ai décidé de m’arrêter et tirer le signal d’alarme
    Malgré la désapprobation des gens masqués et asservis.
    Tant pis. J’ai été maltraité mais ne regrette pas mes larmes
    Et arrivé à la station, je suis sorti pour ma survie.

    J’ai ôté ce masque maudit et ses odieuses précautions,
    J’ai recouvré mon équilibre loin de la fausse actualité.
    J’ai été d’emblée ébaudi et dès ma première impression
    J’ai découvert un monde libre dans toute sa réalité.

    Illustrations de Moebius.

  • Mon petit bocal

    Mon petit bocal

    Je distille ma propre liqueur qui s’écoule du canal du cœur
    Grâce à l’essence que je recueille et au spirituel que j’accueille.
    Et si vous voulez y goûter, je vous invite à écouter
    Les voix des anges viticoles qui changent le suc en alcool.

    Si vous trouvez que mon local se réduit au petit bocal,
    Sachez que sa capacité égale sa sagacité.
    Ce que l’on voit à l’intérieur paraît plus grand que l’extérieur
    Cette source est la résurgence de mon éternelle jouvence.

    Tableau de Viaggio Magico.

  • Métamorphoses

    Métamorphoses

    Quand les prochaines gestations verront naître des aberrations
    Grâce aux conseils déblatérés par de drôles de polichinelles,
    Nous pleurerons les mutations des prochaines générations
    Une fois l’ADN altéré par le graphène originel.

    Par le vaccin de la discorde de l’arbre de la méconnaissance
    Nous allons vivre tous ensemble une joyeuse apocalypse.
    Et si tous les peuples s’accordent à obéir en connaissance
    Alors l’humanité ressemble à une race qui s’éclipse.

    Pas plus de virus dans la pomme que de survie par le vaccin
    Le serpent a changé de peau et revêtu l’habit de science.
    Et cette pandémie, en somme, n’est qu’un moyen des plus succincts
    À nous transformer en robots esclaves de notre inconscience.

    Illustration de Chiara Aime.

  • Les nouveaux héros

    Les nouveaux héros

    Aujourd’hui, on devient héros par la puissance dégagée
    Par ce qui nourrit les banquiers et tire les nerfs de la guerre.
    La suite au prochain numéro ? Toutes les forces engagées
    Pour protéger sur l’échiquier le roi et sa reine vulgaire.

    À qu’elle sauce serons-nous mangés ? Tout est déjà anticipé !
    Nous serons pucés et parqués comme gibier provisionné.
    D’ailleurs, ça doit les démanger puisqu’ils ont déjà dissipé
    Poisons et virus embarqués dans leurs vaccins empoisonnés.

    Illustration de Paweł Kuczynski.

  • Les femmes et les trois petits singes

    Les femmes et les trois petits singes

    Tellement de sourds sur la planète qui soutiennent ne rien entendre ;
    Tellement d’aveugles sur la Terre qui, eux, prétendent ne rien voir ;
    Tellement de gens sur internet qui, la main, refusent de tendre ;
    Tellement de muets solitaires qui se taisent sans le savoir…

    Les femmes crient à la fenêtre mais les sourds ne peuvent l’admettre ;
    S’il faut, elles se montrent nues mais les aveugles n’ont rien vu ;
    Elles s’expriment sur les réseaux mais on les traite de noms d’oiseaux ;
    Elles ont beau s’ casser les méninges, l’homme moderne reste un singe.

    Photo d’Ormond Gigli.

  • Migration piscicole

    Migration piscicole

    Les cascades à rebrousse-temps, comme une clepsydre à l’envers,
    Saumons, lamproies, truites de mer, remontent le cours des torrents.
    Les escaliers à contretemps, depuis la Suisse jusqu’à Anvers,
    Voient remonter aux maisons-mères leurs anadromes vétérans.

    Hélas, certaines sont trop hautes dans les zones industrielles
    Où les eaux chutent de six mètres et empêchent la progression.
    Même si les plus costauds sautent, cette barrière préjudicielle
    Additionne tous les paramètres pour qu’ils soient en rétrogression.

    (The RUG Company sur https:www.therugcompany.comuscustom-bespoke
    Les espèces anadromes comme l’esturgeon, le saumon, la truite de mer, la lamproie de rivière ou l’alose quittent la mer et remontent les rivières pour venir s’y reproduire.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Printemps cosmique, été comique

    Printemps cosmique, été comique

    Printemps pluvieux, été heureux ? Printemps cosmique, été comique ?
    J’ai beau chercher les relations des intermittents paradoxes,
    Interroger les valeureux bulletins météorologiques,
    Examiner les équations des précessions des équinoxes,

    Rechercher dans l’astrologie une logique aux mauvais signes,
    Retracer toute la genèse et les péchés qui s’y encroûtent,
    Internauter de mon logis les publications à la ligne,
    J’en ai raté ma mayonnaise et pédalé dans la choucroute.

    Tableau de Frantisek Kupka.

  • Suspendu au bon vieux temps

    La diligence en chrysalide pour prototype en papillon,
    Les deux chevaux désattelés, eux, gobent les mouches du coche.
    Encore un jour et on valide la dernière mise au postillon ;
    Bientôt ils pourront cavaler, ça va marcher, c’est dans la poche !

    Le voiturier fait des efforts, il pousse, il geint pour s’extirper.
    Les phares sortent en premier puis, le capot et ses verrous.
    Voici sorti en contrefort, toutes options suréquipées,
    Le bolide que vous réclamiez pour partir sur les chapeaux de roues.

    Tableau de Esao Andrews.

  • Musique hors chambre

    Musique hors chambre

    Petite musique des rues dépouillée d’accords dissonants
    Pour la simplicité de l’appareil de la jolie compositrice.
    J’aime ces notes disparues du folklore polissonnant
    Dont l’artiste n’a pas son pareil pour mes délices auditrices.

    Je lui propose, à quatre mains, de rejouer la partition ;
    Elle au violon et moi au cor pour faire un duo en goguette.
    Tout en suivant le parchemin des gammes de l’orchestration,
    Elle a joui lorsque son corps a suivi mon coup de baguette.

    Tableau de Constantin Art Paunescu.

  • Loup, y es-tu ?

    Loup, y es-tu ?

    Derrière l’arbre qui cache la forêt se masque un loup dissimulé
    Qui hurle pour vous effrayer et prétend qu’il veut vous manger.
    La peur de se faire dévorer par trop de propos simulés
    Est, par la presse, défrayée par l’année de tous les dangers.

    Derrière l’intox manigancée se camoufle un vrai prédateur
    Dont la morsure empoisonnée s’attache à toutes vos envies
    D’une menace autofinancée par le pouvoir des dictateurs
    Qui s’efforcent de vous cloisonner dans un combat contre la vie.

    Illustration de Guillaume Morellec.

  • La vie autrement

    La vie autrement

    C’est rigolo, ces Rayons X qui laissent apparaître mon squelette
    Et la résonance magnétique, vue dans ma matière vivante.
    Elle me montre tel le Phénix qui se transforme en flammelettes
    Afin, par biogénétique, de renaître à la vie suivante.

    Sans doute qu’avec la 5G, nous serons tous irradiés
    Et n’aurons plus besoin de phare grâce à nos cheveux lumineux.
    Le cerveau hyper méningé par des pensées expédiées
    Évoquera un gyrophare perçant nos yeux faramineux.

    Une cellule humaine obtenue avec rayonnement X, résonance magnétique nucléaire et microscope cryoélectronique.