Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • VĂ©nus primevĂšre

    Vénus primevÚre

    Elle avait cette habitude de s’étendre sur son lit,
    Laissant ses pieds sur le sol, à demi agenouillée.
    Puis, elle Ă©cartait ses jambes, m’incitant Ă  l’hallali !
    C’était sa façon sauvage de se faire enquenouiller.

    Elle savait me surprendre et savait trĂšs bien jouer
    Aux jeux des amours coquines, c’était lĂ  tous son plaisir !
    Les positions libertines la rendaient toute enjouée
    Et sa maniùre de faire m’obligeait à me ressaisir.

    Elle Ă©tait trĂšs inventive, je n’ai pas connu un jour
    OĂč elle n’ait pas procréé, une position d’amour.
    Je dois bien le reconnaßtre, de la cuisine au séjour,
    Nous avons, toutes les piÚces, baptisées de nos mamours.

    Cette femme aux deux visages savait comment me parler :
    De ses yeux ou de ses seins, je ne savais oĂč lorgner,
    De sa bouche ou de sa vulve, je ne savais oĂč baiser,
    De son nez ou son nombril, je ne savais oĂč humer.

    Cette femme est au physique ce que l’amour est à l’art !
    Si mes rimes sont un peu riches, c’est à elle que je le dois !
    Elle a su ouvrir mon cƓur et mon goĂ»t du papelard.
    J’aime lui tremper ma plume ou le faire avec les doigts.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les Rois Mages

    Les Rois Mages

    Trois rois se sont approchés guidés par la belle étoile.
    Celle qui devait annoncer que leur prophÚte était né.
    Parcourant dans la nuit brune, le vent soufflant dans les voiles,
    Leur route autour de la terre, dans leur barque carénée.

    L’un Ă©tait venu d’Afrique, l’autre d’Asie orientale,
    Le troisiÚme était issu de la branche occidentale.
    Ils ont su se regrouper toujours l’Ɠil sur la nova
    Pour aller saluer le fils unique de Jéhovah.

    Tous trois chargĂ©s de prĂ©sents, des cadeaux dignes d’un roi :
    L’or pour faire une couronne, une galette des rois ;
    L’encens pour embaumer l’ñme et purifier le corps ;
    Et la myrrhe consacrĂ©e Ă  l’écho du bon accord.

    Ils entrùrent dans la maison, trouvùrent l’enfant et Marie,
    Se sont tous trois prosternĂ©s, recueillis, pour l’adorer.
    Et puis ouvrant leurs trésors, adaptés au gabarit,
    Ils le consacrĂšrent roi d’une renommĂ©e dorĂ©e.

    Puis, ils se sont séparés, en emportant le secret
    De l’identitĂ© du fils qu’ils venaient de retrouver.
    Ils ont gagné leurs pénates en demeurant trÚs discrets,
    Ils ont créé leur légende que Dieu leur a approuvée.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Bien loin du Titicaca !

    Bien loin du Titicaca !

    Bien loin du Titicaca, bien loin du Machu Pichu,
    Dans la cordillĂšre des Alpes, on est bien dans nos forĂȘts.
    La marine nationale sur nos lacs est infichue
    D’empĂȘcher que nos richesses soient sans cesse comparĂ©es.

    Les vrais habitants ruminent, les vaches Ă  chocolat au lait.
    Tandis que les trains rapides restent éternellement à quai.
    Et s’il n’y a pas de tempĂȘte aux lacs bordĂ©s de saulaies,
    C’est pour cela qu’on demeure inflexibles sur nos acquĂȘts.

    MĂȘme les petits villages vivent la neutralité !
    DrĂŽle de confĂ©dĂ©ration oĂč trĂŽnent les coffres forts

    « Motus et bouche cousue » et confidentialité
    Servent à la loi du silence et c’est bon pour le confort.

    « Vous qui passez sans me voir », n’observez pas mes valises !
    C’est tout à fait anonyme, juste du linge à laver !
    Mes copains les douaniers m’ont indiquĂ© les balises
    Que je n’ai plus qu’à pister pour aller les enclaver.

    L’imagination vĂ©gĂšte et les langues sont variĂ©es.
    Que ce soit en tradition ou aussi en religion.
    MĂȘme les vaches mugissent en sons dĂ©sappariĂ©s
    Mais loin de toutes légendes, on se gare de la contagion !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Chacun son chat

    Chacun son chat

    Une petite bĂȘte qui se couche sur moi
    Et qui cherche tendresse et ne sait quel émoi !
    Un amour instinctif qui réclame caresses,
    Un amour protecteur d’une douce paresse.

    Tu refuses de manger ton repas préféré
    Tant que je n’ai pas flattĂ© ta douce robe de laine.
    Tu bois uniquement dans ton pot référé :
    Dans ce pot du bambou que je gorge d’eau pleine.

    Quand je sors, tu me guette et tu dardes l’oreille ;
    Quand je rentre tu m’accueilles juste derriùre la porte.
    Ton plus précieux jouet à nul autre pareil :
    Un ruban élastique, tout le reste peu importe.

    Tu n’es pas un morfale, tu n’es pas un voleur !
    Si je laisse Ă  portĂ©e n’importe quelle denrĂ©e,
    Tu viens curieusement en respirer l’odeur ;
    Ça suffit Ă  ton goĂ»t et j’en suis dĂ©genrĂ©.

    Quand je vais m’allonger sur mon lit un moment,
    Tu accours oĂč que tu sois au son des couinements
    De mon sommier de bois et, pour lire un roman,
    C’est presque chimĂ©rique sous tes ronronnements !

    Tableau de Fabienne Barbier