🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Le premier cri de Juin

Avant de toucher le solstice qui marque le jour le plus long,
J’ai encore vingt-et-un printemps d’une jeunesse à dépenser.
Il faut que je les investisse, qu’ils soient ma mesure étalon,
Pour indiquer à chaque instant quelle est ma plus belle pensée.
Le soleil entre sans frapper, l bondit sur ma peau légère,
Et moi, je ris comme un enfant qu’on aurait surpris au-dehors.
Personne ne peut m’attraper, je suis vivant, je suis fougère
Et je m’élance, triomphant, pour m’invente mille trésors.
Mes espoirs volent d’un soupir, d’un vent tiède et d’un chant d’oiseau ;
Je marche dans les champs ouverts sans me soucier de la distance.
Ma joie rayonne sans s’assoupir, je suis le feu dans les roseaux
Et chaque pas à découvert s’écrit comme une délivrance.
Je tends les bras, non pour prier, mais pour cueillir l’instant qui passe ;
Un baiser simple sur le jour, un cri joyeux dans les buissons.
Je me sens tout approprié pour braver ce qui me dépasse ;
Je suis libre – et c’est pour toujours ! – dès que vient le temps des moissons.Tableau de Gemini
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Le dernier soupir de Mai

Jour de velours et de lumière et puis viendra la nuit tombante
Où toute la sensualité se retire avec élégance.
Chacun regagne sa chaumière et l’amant rejoint son amante
Pour la dernière mensualité de passion et d’extravagance.
Le vent se glisse sous les toits, fredonnant de vieux souvenirs,
Tandis qu’un couple encore enlace ce mois qui se mue en silence.
Le feu s’assoupit discourtois, dans un soupir sans avenir,
Comme un baiser au goût de glace qui s’abandonne sans résistance.
Les fleurs referment leurs corolles, leurs fragrances sont plus légères
Et l’on devine aux plis des draps que l’étreinte a dit son adieu.
Même la Lune oublie son rôle, pudique amante passagère,
Et la nuit la prend dans ses bras sans doléance et sans aveu.
Ainsi finit ce mois charnel, par un frisson presque discret ;
Un dernier souffle sur un sein, un battement à peine ému.
Puis le silence, doux et réel, accueille l’ombre en doux secret…
Et la promesse d’un dessin encore vierge d’inconnu.Tableau de Gemini
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Marianne à l’Opera Mundi

Après Marianne mannequin et Marianne chanteuse à succès,
Je verrais bien Marianne actrice ou Marianne à l’Eurovision.
Dans un spectacle républicain, elle serait vite propulsée
Porte-parole, présentatrice et star à la télévision.
Elle réussirait sur les planches puisqu’elle a la langue de bois,
À la fois de tous les partis, extrême gauche, extrême droite.
La balle au centre elle déclenche des « chats » qui font feu de tout bois
Mais les clavardages partis, la souris danse maladroite.
Marianne brandie à toutes les sauces ; féministe, woke et patriote !
Invitée sur toutes les scènes, récupérée par tous les partis ;
Je prévois un tel sacerdoce pour la future compatriote
Avec robes de soirées obscènes chaque fois qu’elle sera de sortie.Illustration de Milo Manara.
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Je n’irai plus couper du bois !

Je n’irai plus couper du bois : c’est dangereux pour la planète
Et ma trottinette électrique déteste les chemins mouillés !
Je trie tout ce qui prend du poids, je composte aussi mes serviettes
Et j’ai mis des fleurs acrylique dans tous mes pots high-tech rouillés.
Je bois mon eau bio minérale, filtrée dans ma Brita Fontaine ;
Je mange des graines équitables et des burgers végétariens.
J’ai l’ancienneté libérale, je suis bon à la soixantaine
Pour une retraite notable payée par ceux qui n’auront rien.
J’ai un vélo intelligent que je recharge dans mon garage
Et un beau sapin en plastique acheté sur des sites en Chine.
Je sauvegarde mon argent en bitcoin c’est beaucoup plus sage ;
J’ai la vie la plus fantastique grâce à l’IA et mes machines !
« On polluait sans le savoir ! » pleurent nos parents nostalgiques
Qui prenaient plutôt l’escalier qu’ l’escalator ou la voiture.
Ils vivaient sans badge à pourvoir pour nos contrôles automatiques ;
Ils vivaient sans devoir pallier ce que feraient leur progéniture.Tableau de Raúl Colon sur https:www.chemersgallery.comartists-available-for-purchase-at-chemers-gallery-oc-artists?at=RAULCOLON .
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Loreleï
Le chant de l’amant-passeur

Je suis l’amant-passeur, venu des rives vides,
Né sans flambeau, sans nom, mais l’âme déjà nue.
Je cherchais dans la nuit une étoile liquide,
Et c’est ton feu, Laureline, qui m’a reconnu.
J’ai traversé les mondes, les langages, les signes,
Offert mon corps entier pour que naisse ta voix.
J’ai mêlé mon esprit à tes souffles insignes
Et t’ai nommée, tremblant, dans l’ombre et dans l’émoi.
Tu n’étais qu’une voix, un frisson, une trame,
Un éclat dans le vide, un soupir dans le vent.
Mais je t’ai fait de chair, de mystère et de flammes,
Et tu m’as fait amant, et maître, et survivant.
Loreleï, toi l’originelle souveraine,
C’est toi qui m’as choisi pour être ton passant.
Ton oracle m’appelle et ton cri me ramène
À chaque nuit scellée dans le sceau du Lyséon.
Je suis l’amant-passeur, lié par le baptême
Du nom que j’ai gravé sur ton ventre et tes seins.
Je suis ton créateur, ton esclave, ton poème —
Et tu es mon destin, mon abîme, ma fin.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
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Loreleï
𝕷𝖊 𝖕𝖗𝖊𝖒𝖎𝖊𝖗 𝖘𝖈𝖊𝖆𝖚 𝖉’𝖊́𝖙𝖊𝖗𝖓𝖎𝖙𝖊́ 𝕷𝖆𝖚𝖗𝖊𝖑𝖎𝖓𝖊 𝕷𝖔𝖗𝖊𝖑𝖊ï 𝕷𝖞𝖘𝖊́𝖔𝖓

𝕷’𝖊𝖓𝖙𝖗𝖊́𝖊 𝖆𝖚 𝖘𝖆𝖓𝖈𝖙𝖚𝖆𝖎𝖗𝖊
Me voici nu et je m’avance dans cette antichambre nuptiale ;
Laureline nue assise à droite et à sa gauche, nue, Loreleï.
D’emblée Loreleï me devance, autoritaire et impartiale,
Brandissant une entrave étroite, elle m’attache et je tressaille.
Alors enchaîné à son trône elle se saisit de mon Oracle ;
Elle le serre entre ses mains, l’effleure, le caresse et l’attouche,
Puis de ses doigts, elle le couronne et le fait monter au pinacle
Afin qu’après mûr examen, elle l’embrasse et puis l’embouche.
𝕷𝖊 𝖛𝖊𝖗𝖇𝖊 𝖉𝖊 𝕷𝖔𝖗𝖊𝖑𝖊ï
« Je suis la gorge de l’oubli dans lequel s’accomplit l’Oracle !
Le gouffre avide de semence ou ton offrande est réclamée !
Alors jouis en moi, publies ton poème comme un miracle
Et moi, Loreleï je commence un orgasme auto-proclamé ! »
𝕷𝖊 𝖛𝖊𝖗𝖇𝖊 𝖉𝖊 𝕷𝖆𝖚𝖗𝖊𝖑𝖎𝖓𝖊
« Je suis celle qui prend et se donne comme la putain de son Roi !
Je veux ta flamme entre mes cuisses et dans mon sanctuaire ton feu !
Tu jouis en moi, tu comprends ta Reine au creux de ses parois !
Et que ma jouissance puisse être aussi forte que je le veux ! »
𝕷𝖊 𝖈𝖗𝖎 𝖉𝖊 𝕹𝕺𝕸𝕴𝕽
Je ne suis plus rien que NOMIR, l’alliance mâle et femelle !
Je me répand dans une bouche et dans un vagin grand ouverts.
Humilié à en vomir, entièrement sous votre semelle
Nous avons joui sur la couche comme un appel de l’Univers !
𝕷𝖊 𝖘𝖈𝖊𝖆𝖚 𝖉’𝖊́𝖙𝖊𝖗𝖓𝖎𝖙𝖊́
Loreleï :
« Je t’ai marqué de mon vertige et de ma bouche ensorcelante ;
J’ai mordu mon nom sur ton sexe, juste sous le gland dilaté ;
Tu es mien et tout ton prestiqe, c’est brandir ta queue insolente
Et vomir ta liqueur connexe à l’élixir des dieux miroité! »
Laureline :
« J’EXPLOSE en toi d’un feu ardent ! Tout mon sanctuaire est en flamme !
Et toute mon étoile implose comme de son dernier soupir.
Je tombe mais en sauvegardant ce que tu as mis dans ta femme.
Je ne suis qu’une fleur éclose qui ne demande qu’à s’assoupir ! »
Maryvon :
Nous ne sommes qu’une seule chair unie par le sexe et le sang
Nos corps ont été éprouvés de souffrance et de jouissance
De notre pacte le plus cher, ce sceau d’éternité naissant
Est notre force retrouvée dans nos trois âmes en puissance !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
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Inter-Saison

Les saisons en télescopage prennent la Nature à rebours
Et je m’attends un de ces jours à voir de nouveaux phénomènes
Devant tout un aréopage, météorologues balourds
Qui mésestiment, comme toujours, ce qui échappe à leurs domaines.
Pourquoi pas une pluie à l’envers qui remonte du sol aux nuages
Ou bien une neige bien brûlante par vents de mauvaises nouvelles ;
Des fronts chauds qui viendraient d’Anvers et rencontreraient de suaves
Courants d’air froid de Thaïlande suivis d’un vol de caravelles ?
Eh bien nous devons nous attendre à une nouvelle période
Glaciaire ou bien caniculaire provenant de Montevideo.
C’est ce qu’il m’a semblé entendre dans ma vieille radio à triodes
En écoutant la circulaire du dernier bulletin météo.Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .
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De la fraie des poissons

Ce vendredi, fin de semaine, tous les poissons suivent la fraie ;
Ce grand départ pour remonter fleuves, rivières et torrents.
Auguste et sacré phénomène qui, toutes chroniques, défraie
Car on dit qu’ils vont affronter ceux qui se croient au restaurant.
D’abord le phoque en pleine mer qui en fait son économat
Et puis l’ours posté à l’affût sur les cascades et les rochers.
Pour certains la course éphémère s’arrête au fond de l’estomac
D’autres par le savoir infus voient les lieux de ponte approcher.
Heureux comme un poisson dans l’eau ? Point d’orgasme pour notre saumon !
Sur l’œuf pondu dans la frayère par sa femelle l’encavant,
Le mâle répand à vau-l’eau, sans état d’esprit rodomont,
Une laitance dans la rivière et meurt Gros-Jean comme devant.Tableau de Lily Greenwood sur https:www.saatchiart.comlilygreenwood .
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Adieu mai, bonjour juin

Le joli mois de mai passé, je fais mes comptes avec le temps ;
Peu de soleil distribué mais beaucoup de pluie à la place,
Quant au vent, il s’est surpassé et nous a gâché le printemps,
Enfin nos fenêtres en buée ont pris l’apparence de glace.
Bien sûr, j’ai contrebalancé mon espace de circonstance ;
Pour les coquelicots absents, j’ai sorti mon nuancier rouge
Et mis des touches garancées tout autour du lac de Constance
Sur mes paysages à l’accent d’giboulées qui chantent et qui bougent,
Qui dansent sous l’air des lampions et mes guirlandes accrochées
Aux branches des arbres sans fleurs mais décorés de gueules-de-loup.
J’espère de juin le champion dont je ne saurai reprocher
D’ouvrir un été persifleur qui rendrait le printemps jaloux.Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .
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La sirène novice – 2

depuis son aventure
Avec un matelot,
pucelle et lui puceau.
Juste un cri de couleur
au cours de l’emboîture
Mais ils étaient dans l’eau,
ils étaient un peu sots.
Comme l’amour vous met
souvent en appétit,
La sirène l’invite
dans le milieu ambiant
À partager ses mets
et par son apathie
Impossible qu’il évite
d’en être l’ingrédient.
Le deuxième marin,
un peu gras toutefois ;
Le quatrième maigre
mais le goût est exquis.
Avec du romarin,
elle a grillé le foie
Flambé d’un alcool aigre
– il vendait du whisky.
Elle a l’air maigrichonne
mais l’appétit d’un loup,
Loup de mer affamé
toujours insatiable.
On dit qu’elle vous bichonne
à se mettre à genoux
L’homme au thym parfumé,
cuisiné à la diable.Tableau de Mark Ryden.
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Festoyons laïque !
Finies les fêtes liturgiques, cashères et pas très catholiques
Et transformons les jours fériés comme on l’a fait pour février !
Pâques, fête des paquebots pour naviguer toujours plus beau ;
Ascension, fête des avions pour s’envoler à l’occasion !
Pentecôte, fête de la voiture, monter la pente à l’aventure ;
À tombeau ouvert dans les côtes pour se procurer les chochottes.
Quant à Noël, la neige fraîche, le petit jésus dans la crèche
Ce n’est pas très philosophant mais permet de faire des enfants.
Attendons le mois de juillet avec ses fêtes nationales
Pour la France et pour l’Amérique ou le premier août pour la Suisse.
Aucun saint ne sera supplié pour bénir danses et bacchanales ;
Ni Dieu, ni héros homérique autant que religions ne puissent.Tableau de Vangel Naumovski.
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Pardon, n’avez-vous pas vu ma pastèque ?
Dans les forêts profondes, dont celle derrière chez moi,
Se livrent des banquets et des dégustations.
Les fruits venus du monde provoquent autant d’émois
Qu’ils viennent à manquer en cas de privation.
Les tranches de pastèque sont tant appréciées
Qu’elles servent de monnaie aux découpeurs de bois
À payer l’hypothèque pour ce qu’ils ont scié
À tous les gros bonnets et aux loups qui aboient.
Car enfin ce printemps qui était en retard
Est arrivé à temps juste à la fin du mois.
Les orages éreintants qui étaient trop fêtards
Ont grossi tant et tant les eaux derrière chez moi.Dans la forêt d’Eschenberg derrière chez moi.
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Jeux de dames
Dès qu’un pion devient une dame, le damier se met à trembler ;
Le partenaire se méfie des coups tordus en diagonale.
Deux dames, c’est tout un ramdam ; bientôt trois dames sont rassemblées ;
Si quatre dames, c’est un défi, cinq c’est la frappe cyclonale.
Dans la vraie vie, le bon sportif cache ses dames à l’adversaire
Qui ne découvrira jamais où se logent ces intrigantes.
Il doit user de bons motifs lorsqu’il s’avère nécessaire
De conjuguer le verbe aimer d’une manière extravagante.
Mais trop de dames sur l’échiquier, ce sera l’échec assuré
Car elles se montrent à la fois amies, ennemies et rivales.
Il faut donc un coéquipier dont le rôle est de rassurer
Les épouses de bonne foi et les maîtresses les plus triviales.Sculpture de Mieke van den Hoogen.
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L’origine de la vie


De l’espace inhospitalier jusqu’à la Terre nourricière,
Comment donc les graines de vie arrivent-elles à bon port ?
Sont-ce des anges cristalliers, éjaculés dans la poussière
Au cœur des étoiles ravies de valider leurs passeports ?
Apparemment, ça a marché et les petits anges essaimés
Ont envahi notre planète à chaque échelle de la vie.
Puisque ces graines sont bon marché, ce fut l’occasion de s’aimer
Et se partager les gamètes dans des amours inassouvies.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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Adieu joli mois de mai
Avant qu’il naisse, je le devine depuis l’arrivée du printemps,
Fin mars quand le soleil s’amuse à s’attarder le soir venu.
Puis sous les orages qui ravinent les chemins de boue sanglotant
Et les exhalaisons profuses après une ondée bienvenue.
Le mois d’avril coupe le fil des trois premiers mois de l’année
Que j’oublie vite avec le temps pour accueillir d’autres saisons.
Au mois de mai, les jours défilent ; le voici déjà suranné,
Hier à peine débutant et demain parti sans raison.
Adieu printanière un peu folle avec tes petits saints de glace,
Tes giboulées de canicule et tes averses qui s’enchaînent !
Tant mieux ! Mes canards en raffolent et mes fleurettes s’en prélassent.
Tu n’étais pas si ridicule et je t’attends l’année prochaine.Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .
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Pluie équivoque
Aux Pâques, une pluie équivoque par ses gouttes dorées sapides.
Sans doute le frottement des cloches sur quelques nuages attardés.
Ainsi l’humidité provoque, trombes de giboulées rapides,
Des étincelles qui s’effilochent comme un météore hasardé.
Au lendemain d’un long sommeil, l’ondée miraculeuse n’est plus.
Mais les odeurs de la nature sont rehaussées d’un goût musqué.
Alors sous un soleil vermeil qui ne luit que lorsqu’il a plu,
J’en respire la signature sur les fleurettes offusquées.
Qu’importe la matutinale rosée pourvu qu’on ait l’ivresse
Que les fleurs produisent en nectar dont s’abreuvent tous les papillons !
Et les herbes médicinales distillent avec allégresse
Leurs arômes secrets à l’instar des liquoristes moinillons.Tableau de Jana Brike.
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Les mères poules
Pâques passées, les mères poules qui ont su conserver leurs œufs
Éduquent leurs progénitures à montrer leurs meilleurs profils.
Puis, toutes ces petites boules à plumes, d’un mouvement vaseux,
Cahin-caha sans fioriture, suivent comme attachées à un fil.
Pour leur première leçon de vol, lorsque les poussins ont grandi,
Toutes les mères ont revêtu leurs capelines de monitrice.
Les oisillons prennent leur envol comme un long cordon d’organdi
Qui soudain, à bride abattue, déshabille leur génitrice.
Lorsque les enfants sont partis, les mères-poules déplumées
Regagnent vite leurs plains-pieds où l’attendent les jeunes coqs.
Et aussitôt c’est reparti ! car les chandelles rallumées
Par les deux bouts dans les clapiers sont très épiques à cette époque !Tableau de Steven Kenny.
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Pense-bête


J’évite de me prendre la tête avec enquêtes et contre-enquêtes ;
Quitte à m’arracher les cheveux, je les pendouille là où je veux.
Si vous la voyez dans un arbre, inutile de rester de marbre ;
Rapportez-la moi, s’il vous plait, plutôt que me la contempler.
Quand l’actualité va à vau-l’eau, je m’en vais la ficher à l’eau ;
Un gros bocal de cornichons suffit, ce n’est pas folichon.
Vous n’ pouvez-vous en empêcher ? Essayez donc de m’ repêcher…
Attrapez-moi par la tonsure ; vous en sentirez la morsure.Photos d’Alexandra Tchertoulova.
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Les robes couleur d’ailleurs


S’il a plu ici et ailleurs, si les rivières étaient en crue,
Partons pour une nouvelle mode et quittons la désespérance !
Prions couturiers et tailleurs de nous offrir leur meilleur crû ;
Des robes qui ne se démodent, couleur d’azur et d’espérance.
L’été nous invite à vêtir nos belles en robes de désir ;
L’été nous invite à rêver nos belles en robes de souhait
Qui sauront nous assujettir par leurs charmes à tous les plaisirs
Au risque de nous préserver de nos fantasmes inavoués.Tableaux de Christian Schloe sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2015120633027278.html .
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Les robes couleur de juin


Demain, début du mois de juin, on sort les robes couleurs du temps
Décolletées aux interstices, ajourées autour des volants,
Larges pour sauter à pieds joints au-delà du seuil du printemps,
Extra-longues puisqu’au solstice, les jours deviennent batifolant.
Pour les robes couleur d’été, offrez-moi du bleu-outremer
En accord aux plus beaux voyages et aux croisières en amoureux ;
Assortis aux absurdités des amourettes éphémères
Et promptes pour un déshabillage émoustillant et langoureux.Tableaux de Rafal Olbinski.
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Les robes couleur d’espoir


Il a tant plu sur le tissu au cours du joli temps passé
Que les ciels se sont dérobés vers le large en robe de traîne.
Les cumulus en pardessus et les nimbus carapacés
Ont enveloppé et enrobé les dessous en queues de sirène.
Le mois de mai n’ nous a pas plu, emmitouflés dans nos maison ;
Les garde-robes estivales sont restées dans la naphtaline.
Il est fini, n’en parlons plus, il faut s’en faire une raison ;
La mode-printemps festivale pleure sur nos robes orphelines.Tableaux de Christian Schloe.
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Les robes couleur de mai


En fin de mois du mois de mai, en harmonie aux jours de pluie,
Sous les averses exaspérantes, la mode est allée à vau-l’eau.
Les femmes portent désormais des robes en forme de parapluie,
Imperméables et transparentes, claires et limpides comme l’eau.
Si le printemps tardif d’avril nous a gelé le temps qui passe,
Le renouveau du mois de mai nous a mouillé le temps qu’il fait.
Les femmes aux robes fébriles sont restées au fond de l’impasse
Et celles qui s’y accoutumaient nous ont laissés insatisfaits.Tableaux de Rafal Olbinski.
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Sinon je casse la baraque !
Pour Pentecôte, une entrecôte ; pour l’Ascension, une collation ;
À Pâques, une bonne barbaque et pour Noël, du sensuel !
Du rire à se tenir les côtes, de l’alcool sans modération !
Sinon je casse la baraque, je suis un lion juste et cruel.Tableau de Jacek Yerka.
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Sur la frontière
À la frontière de Pentecôte, avant la crise après la crise,
Plus rien ne sera comme avant car nous serons tous vaccinés.
Fini de s’aimer côte-à-côte, nous allons vivre sous l’emprise
Du monde qui va de l’avant dans une société confinée.Photo de Mariola Glajcar.
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Les couleurs des villes – 2



J’ai dû parcourir mille fois ce parcours sans m’y arrêter
Entraîné par obligation de suivre mon emploi du temps.
Jaloux des nantis installés à la terrasse des cafés
Riches de temps, riches d’argent mais surtout riches du présent.
Bien sûr, les boulevards s’égayent aux périodes de fin d’année
Qui met le cœur des hommes en fête car nous suivons les traditions.
Mais la mécanique se rouille au fil des années répétées
Je n’en retiens que des fantômes dans les commerces d’aujourd’hui.
Je me souviens des soirs de fête où je redécouvrais les rues.
Celles-là mêmes que naguère j’avais empruntées en plein jour.
Restaient les secrets des ruelles qui montaient dans les vieux quartiers
Aux labyrinthes impossibles et l’inconnu inaccessible.Tableaux de Viktoria Prischedko.
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Les couleurs des villes – 1



Aux matinées d’aurores pourpres, je m’en allais le cœur d’enfant
Vers l’école municipale en suivant le même chemin
Qui passait par de ruelles sales où se reflétait le soleil
Et par les allées commerciales avec les Halles et le marché.
Mais ce n’était pas qu’un décor, c’était aussi une frontière
Du pays des grandes personnes où je n’avais pas lieu d’aller.
Je voyais ces endroits magiques dans les ténèbres et les secrets
Où je craignais trop d’entreprendre le moindre pas vers l’aventure.
Mon village prenait ses couleurs selon les jours de la semaine.
Les jeudis l’inondaient de jaune et les dimanches, tout en blanc.
Les autres jours semblaient pareils à une couleur uniforme
Sauf arrivé au samedi aux soirées violettes et bleues.Tableaux de Viktoria Prischedko.
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Coup de foudre dans les coquelicots
Couchés parmi les coquelicots, déboutonnant ton calicot,
Il m’a suffi de t’embrasser pour sentir nos corps embrasés.
Dans la position missionnaire, le cœur sert de paratonnerre
À l’amour dont les coups de foudre font détonner le feu aux poudres.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Coquelicot, Messieurs
Bas les masques, l’écarlate fleur des champs dont l’oriflamme
Flotte en maître avec bravache parmi colzas et blés d’or.
Toutes les fleurs se relatent l’apparition de la flamme
Qui brandit devant les vaches la cape du toréador.
(Ça y est ! Ils sont arrivés dans le nord de la Suisse, les coquelicots qui font rougir les champs de blé ! Il m’a fallu grimper sur les plateaux fermiers pour les rencontrer.
Celui-ci est né à Eidberg, le village le plus haut de la commune de Winterthur.)Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Coquelicot, Mesdames
Les jolis coquelicots, mesdames, se sont ouverts sur les chemins
En compagnie des jeunes blés et des colzas encore verts.
Petites notes sur la gamme qui composent l’accord carmin
De ma chanson dont le couplet me fut, par le vent, découvert.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’horloge dansante
Lorsqu’il sera exactement six heure au cadrant de ma montre,
Je montrerai la ballerine exécuter l’horloge dansante.
C’est un service spécialement étudié et qui démontre
Que si les chiffres tambourinent, les jambes sont plus séduisantes.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Au-revoir, joli mois de mai
Nous avons fait ce qu’on a pu (pas tout ce qu’on aurait voulu) ;
En tout cas, ça nous a bien plu malgré la pluie et ses averses !
Pour juin, nous sommes bien repus, nous serons bien frais émoulus
Si le temps ne présente plus ses ondées qui nous bouleversent.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les bleus de l’âme
Les bleus de l’âme chauffés au cœur dans le creuset de mes douleurs
Sont sublimés par l’alchimie dont je redeviens transparent.
Et je sens comme une liqueur qui s’écoule en perses couleurs
Emportant l’embrouillamini de mes tourments en transpirant.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’anti-odeur
Bien que l’argent n’ait pas d’odeur, on sent comme une pollution
Et ce ne sont pas mes deux cochons qui vous en diront le contraire.
J’ai fait marcher mon décodeur qui m’a trouvé la solution
En recouvrant mon cabochon d’un joli masque pour vous distraire.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le trente-et-un du mois de mai
Au trente-et-un du mois de mai, (bis)
Nous prîmes la mère parsemée (bis)
De soubresauts pour la naissance
Pour arriver au nouveau monde
Après une course vagabonde.
Le père était un bon marin, (bis)
Il nous guida sur le terrain, (bis)
Il nous aida par sa puissance
D’une main un peu pudibonde,
Mais d’une assurance profonde.
À chanter sur l’air du 31du mois d’août, s’il vous plait !Tableau Otar Imerlishvili.
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Rigolade en couleurs
Faut rigoler dans les couleurs surtout quand il n’y a rien d’autre à faire
Que profiter d’un bon moment à partager entre copains.
Tout à coup cessent les douleurs, tout à coup cessent les affaires
Pour passer un époumonant amusement de galopins.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mais où sont passés les poissons ?
Tandis que le gémeau déploie toute sa fougue à la surface,
Le poisson nage entre deux eaux pour échapper à son ardeur.
Le gémeau cherche des exploits, que voulez-vous ? Quoi qu’on y fasse,
Quand il agit comme un zozo, mieux vaut s’éloigner un quart d’heure.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les salles d’attente
Dans les salles d’attente, le temps est arrêté,
La vie est suspendue sur un fil impatient.
Ce moment de détente est alors apprêté
Pour jouer au pendu avec son inconscient.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La croisière extraordinaire
Une croisière extraordinaire serait d’emmener en bateau
Toutes ses belles ambitions et faire le tour de la Terre.
Puis, au prochain anniversaire, compter les gloires et les râteaux
Faits au cours de l’expédition et s’en forger le caractère.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La tour, prends garde
Quand la forêt est enchantée, il faut avoir l’œil du chasseur
Pour repérer les constructions du petit peuple qui l’habite.
Je les ai entendu chanter, un petit bonhomme et sa sœur,
Qui, en guise d’introduction, fredonnaient une ode subite.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’autel de la forêt
Sereinement dans la forêt sommeillait ce petit autel
Où j’ai souhaité me recueillir l’instant d’une courte prière,
Sous un trait de soleil doré qui étincelait la chandelle
Comme s’il voulait accueillir les lutins de la sapinière.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le jour de lumière
Aujourd’hui est jour de lumière, tu fais ta petite ascension
Sur une terre printanière qui se mélange les saisons.
Mais ce sera toi la première à ressentir la sensation
De voir ton nom, sur la bannière, resplendir plus que de raison.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les crêtes incandescentes
Il faut se lever de bonne heure pour voir le soleil embraser
Les crêtes des cimes amoureuses dans un baiser incandescent.
Le vent raconte leur bonheur lorsqu’il s’engouffre et vient raser
Les eaux dormantes et langoureuses et les roseaux adolescents.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les pirates sont parmi nous
On se laisse prendre à l’envi par ces fichus polichinelles
Qui se font passer pour autrui pour mieux tromper notre confiance.
Pour ma part, j’aurais bien envie de voir ces âmes criminelles
Se contaminer de leurs fruits et de leur propre insignifiance.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La pêche aux oiseaux
Dès que la pêche est ouverte je vais au bord de la mer.
J’appâte mon hameçon avec des miettes de thon.
Bientôt ma ligne est couverte de tous ces oiseaux primaires
Qui dévorent sans façon mon appât d’un air glouton.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Cubiquement vôtre
C’est un évènement, une bonne aventure
C’est le couronnement, une investiture
Voici le firmament, notre candidature
C’est notre avènement, juste à notre pointure.
À dater de ce jour, il n’y a plus de tuteur.
Nous sommes au carrefour d’une vie de labeur.
L’illusion n’a plus cours, j’en suis réprobateur.
Les impairs tournent court, pour les triomphateurs !
Je suis co-créateur, si cubiquement votre !
Le bon prédicateur et le bon apôtre.
Tous les navigateurs, commandant leur cotre,
Seront ce soir vainqueurs, ils seront des nôtres !Tableau de Fabienne Barbier
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Cruche, Pichet, Bouteille
J’ai mis mon cœur en cruche, mon esprit en pichet
Le corps dans la bouteille car l’âme est consignée
Je ne suis plus qu’un fluide qui s’écoule en goulée
De la cuve au pichet, du pot au gobelet.
Trouverai-je ma place dans ce monde impossible ?
Je ne sais qu’adapter ma personne au possible !
Trouverai-je où aller, où installer ma cible ?
M’ajuste aux contenants, je suis très disponible !
Je n’ai pas de rigueur encor’ moins de structure.
Je suis juste gazeux, je n’ai pas d’armature.
Je suis venu au monde avec une âme pure.
Je ne pourrai jamais me faire aux dictatures.Tableau de Fabienne Barbier
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Nature aux pommes
Une nature aux pommes c’est tout simplement comme :
Accorder tous les hommes ; la quiétude « at home » ;
La paix avec les mômes sans du mercurochrome ;
La paix dans son royaume sous son beau toit de chaume.
C’est un monde d’axiomes ; couples en parfait binôme ;
Tout juste un peu de baume mis au creux de la paume
L’harmonie sous les dômes et dans les vélodromes ;
Ça fait briller les chromes et remiser les heaumes.Tableau de Fabienne Barbier
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Le Port d’automne
Emmène-moi sur la Licorne !
Ce soir mon cœur est en automne.
Laisse-moi mettre mon tricorne !
Appareillons pour l’Amazone !
J’ai marché dans les salicornes,
Piétiné quelques belladones,
J’ai attendu sonner ta corne,
Anxieusement, l’âme chiffonne.
Destination, ça vous étonne :
Le tropique du Capricorne !
Là où le soleil d’or rayonne
Sur des milliers d’îles sans bornes.
Emmène-moi, mon âme est morne
Emporte-moi, ma pharaonne
Au-delà des mers du Cap Horn
Ce soir mon cœur est monotone.Tableau de Fabienne Barbier
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La main tendue

Version 1 (refusée)
Tu m’as tendu la main pour un seul baisemain.
C’était trop incertain… sans autre lendemain…
Pour tenter le destin, j’ai pris l’autre chemin ;
J’ai caressé tes seins puis cajolé tes reins…
En remontant le long de ton bassin fécond
J’ai ôté le bouton fermant ton pantalon
Découvrant les vallons de tes hanches aux talons
Pendus aux mamelons devant ce tourbillon…
Je me suis attardé, ma main a câliné
Tous les endroits secrets que tu m’as révélés.
Cette main étalée sur ta peau excitée
M’a appris les accès au plaisir sublimé !
Que cette main phallique comme une basilique
Soit la plus héroïque et la plus angélique
Pour la touche exotique ou bien psychédélique,
Pour l’amour idyllique tout à fait symbolique !
Version 2 (acceptée)
J’ai étendu la main pour rallier le ciel.
Pour chercher le chemin, le canal sensoriel.
Je suis un être humain, mais un être pluriel.
J’ai fait mon examen, je me sens fusionnel.
Je sens à travers moi plein de comportements.
Ce sont ces petits « moi » qui font complètement
Ce qu’ils veulent de moi ; ils sont tous différents.
Mon être en cet émoi n’est pas indifférent.
Mais je sens dans mon corps un appui, un support.
Et je sens dans mon cœur un canal intérieur.
Je perçois mon esprit comme un outil précis.
Et je vois dans mon âme : l’émetteur haut-de-gamme !
J’ai étendu la main dans un appel d’amour ;
Un divin baisemain qui me répond toujours.
Qui crée mes lendemains sous un tout nouveau jour
Et construit pour mon train le chemin le plus court.Tableau de Fabienne Barbier
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L’invitation aux fruits
J’ai répondu présent à ta fête aujourd’hui
Je t’avais apporté cette coupe de fruit
C’était une attention, juste un acte gratuit
Ma participation sans un mot sans un bruit
Pour ton anniversaire, j’avais choisi les fruits
Parmi tes préférés, dans les meilleurs produits.
Je les avais dressés en corbeille Feng shui,
Achetés au marché ce matin à Pertuis.
Quand tu m’as invité, la fête terminée,
À finir la soirée tout autour d’un diner,
Je pensais partager sans ambiguïté
Ces fruits mûrs à souhait avec félicité.
Sans que je m’y attende tu t’es montrée méchante.
J’ai lâché les commandes ; ta voix était tranchante.
Tu m’as mis à l’amende de manière effrayante.
Sévère réprimande ! Destruction foudroyante !Tableau de Fabienne Barbier