Éolïäne alias Éölïäne alias Éôlïäne

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Éolïäne, la sirène des liens vivants
Éolïäne, sirène de passage jouerait les coursières du cœur ;
Une messagère un peu spéciale qui relierait les cœurs d’étoile.
Lorsqu’elle se charge d’un message, elle y dépose deux marqueurs :
Les deux coordonnées spatiales des amoureux qui se dévoilent

Éolïäne cache parfois les lettres que s’échangent les amoureux,
Puis les rend toutes parfumées d’algues et de baisers salins.
Elle adore embrouiller les êtres quand ils deviennent trop sérieux
Et l’aventure part en fumée quand les puceaux sont trop malins.

Éolïäne connaissait Cristïäs depuis leur enfance innocente
Et lui faisait mille malices et des embuches prédatrices.
Jusqu’au jour où, dans la bouillasse, il fit une chute avilissante
Qui inquiéta tant sa complice qu’elle en devint sa protectrice.

Éölïäne, la muse instable
Éölïäne, muse de passage prendrait le rôle d’inspiratrice
Quand ça lui chante et justement les sirènes sont d’humeur changeante.
N’aimant pas les poèmes trop sages, elle se montre instigatrice
Pour y déverser son piment d’une encre violette et chantante.

Éölïäne aux rimes impossibles trouble les trouvères distraits,
Puis disparaît en s’esclaffant derrière un rideau de méduses.
Quand un poème devient passible d’un twist, elle mélange de l’abstrait
Au texte pour que même un enfant trébuche sans la moindre excuse.

Quand elle rencontra son poète elle fut tout de suite amoureuse
Mais regimba car ne voulant jamais montrer ses sentiments.
Elle prit son esprit girouette en inventant une savoureuse
Fable absurde en tourneboulant des prénoms à compartiments.

Éôlïäne, la guide des traversées
Éôlïäne, guide de passage connait nombre de raccourcis
Car les rivières des sirènes s’écoulent en trous véritables.
Trou de ver comme interfaçage pour les trouvères endurcis,
Vieux baroudeurs dont la carène usée est toujours redoutable.

Éôlïäne reconnaît les criques où les étoiles viennent boire ;
Les vieux marins lui font offrande de sardines et de foie de morue.
Elle ouvre aux voyageurs lyriques les raccourcis vers les déboires
Et les errances les plus grandes qu’ils n’auront jamais parcourues.

Elle adore les grandes traversées mais ne sait lire aucune carte.
À quoi ça sert puisque l’espace change après chaque trou de ver ?
Malgré ses dons controversés, elle sait voir quand une nef s’écarte
Des chemins de l’hyperespace et des dédales de l’univers.

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Illustrations de Ledalïä.

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