L’absorption irréversible

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Quant au tsunami, il fait peur, il balaye tout sur son passage
Il se veut vague émotionnelle mais fait plus de mal que de bien.
Il arrive à toute vapeur, témoin des tensions, des ravages
Et des failles proportionnelles à un grand amour diluvien.

Son absorption irrationnelle voudrait engloutir les douleurs
Mais elle refroidit trop vite celui qu’elle voudrait sauver.
Son intensité passionnelle en fait voir de toutes les couleurs
Et sa victime alors évite de l’affronter pour s’ensauver.

Loreleï aime tellement aplanir qu’elle en perd ses propres contours
En cherchant à tout réparer elle apporte la dissolution.
Alors qu’elle voulait bannir le mal sans espoir de retour
Tout se retrouve séparé par effet de révolution.

Si elle devient silencieuse et se retire dans ses profondeurs,
Son temps de tristesse insondable peut durer une éternité.
Et cette paix est tendancieuse car elle déclenche l’effet frondeur
D’une tempête redoutable par son inopportunité.

Elle pourrait même se dissoudre entièrement pour ceux qu’elle aime
Et se prend alors la réplique du tsunami ad hominem.
Et comme on a peur d’en découdre quand elle éprouve ses dilemmes,
Plus rien dans ce cas ne s’applique pour la protéger d’elle-même.

Alors lui reviennent le déluge, l’engloutissement de l’Atlantide,
Et les petits chamboulements qu’elle a malgré elle effleurés.
Sa dépression est un refuge et sa nature devient languide
Car face à tous ces engouements, Loreleï est triste à en pleurer.

Mais la sirène des abysses ne parvient pas à se noyer
Ni se laver de ses blessures et sa faille reste enflammée.
Il faudrait qu’elle ne subisse plus ces attentes déployées
À chercher une voix qui susurre un peu de chaleur réclamée.

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Illustrations de Ledalïä.

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