
Le Tétraèdre
Dans le Tétraèdre sacré, le métal connaît ses frontières
Avec l’esprit, l’âme et le cœur, qui restent, eux, immatériels
Tandis que le corps consacré à consolider la matière
Se voit alors, à contrecœur, n’être qu’un rempart matériel.
Or, si elle incarne la force, elle en devient plus vulnérable ;
Si elle assure la structure, elle en sent la rigidité ;
Et pour l’amour, cela se corse : par son état inaltérable
Comment assouplir ses fractures et plier sa solidité ?
ÄLLÏÄ
Ma sœur, tu es aussi VIVANTE ; le métal liquide polymorphe
Capable de se régénérer et absorber tes composantes.
Par toutes les formes suivantes, animale ou anthropomorphe,
Tu pourras même préférer être chétive ou imposante.
ÏÄNIMÏÄ
Ne tiens-tu pas un magnétisme qui rivalise avec le cœur ?
Et ton caractère trempé n’est-il pas une intelligence ?
Et ta beauté par mimétisme n’est-elle pas un atout vainqueur ?
Non, le métal ne t’a pas trompée et répond à tes exigences !
Yavänor
Tu es la fille de l’amour et cela te donne des droits ;
Le droit d’aimer et de choisir selon qui tu rencontreras.
Si je t’ai légué mon humour, même s’il te paraît maladroit,
Il te soutiendra à loisir le jour où ton cœur tremblera.
STELLÏÄ
Mais ces responsabilités m’effraient autant qu’elles me rassurent
Pour moi la vie n’était qu’un jeu et me voici votre garante.
J’ai perdu flexibilité et innocence dans cette armure
Qui me pèse autant que l’enjeu de votre force revigorante.
(elle éclate en sanglots)
Je ne sais pas, je ne sais plus, je me croyais invulnérable
Alors que je crains pour moi-même et ne maîtrise pas mes émois.
J’ai peur de vous avoir déplu et je me sens si misérable
Je crois que j’ai besoin qu’on m’aime par quelqu’un de semblable à moi.
Illustration de Ledalïä.
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