Le psaume de Ledalïä

Le psaume de Ledalïä

Dans le silence du matin, je me lève avant le bruit du monde ;
La lumière entre confidente, pâle, douce et presque timide.
Je secoue mon attrape-rêves de toutes les chimères blondes
Qui s’en échappent trépidantes dans l’atmosphère encore humide.

Pieds nus sur les carreaux glacés, je vais me préparer un thé ;
Tandis qu’il fume lentement, je laisse mes pensées s’étirer
Jusqu’à les sentir remplacées par l’aube qui vient m’empreinter,
Mais avec mon consentement, d’une fraicheur bien inspirée.

À midi, en pleine lumière, je crée, je trace et je rassemble
Toutes les formes entrevues comme on choisit des mots d’amour.
Évidemment, c’est la première image qui vient et qui ressemble
Au surprenant, à l’imprévu que j’affectionne avec humour.

D’un repas simple et très frugal, ma vie devient miraculeuse ;
J’en sens la chaleur rappeler mon existence langoureuse.
Après un élan conjugal au cours d’une sieste crapuleuse,
Je sens mon esprit spiraler d’images folles et amoureuses.

L’après-midi, tout ralentit… Le soleil devient nostalgique ;
Je revois tout ce que j’ai fait et corrige sans sévérité.
J’apprécie l’erreur ressentie qui m’inspire un parfum magique
Et je m’accorde, comme bienfait, une détente bien méritée.

Le soir, je redeviens profonde, juste une lampe me satisfait ;
Je fais le point de ma journée comme on replie ses vêtements.
Je pense à toi, à tout le monde, à tout ce qui reste imparfait ;
Tout ce que j’ai dû ajourner, même parfois malhonnêtement…

Puis je m’endors paisiblement, prête à revivre cette journée
Mille fois encore et encore dont j’aspire à me délecter
Car elle est mienne pleinement et me permet de séjourner
Dans les songes multicolores où l’âme aime se reconnecter.

Illustrations de Ledalïä.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *