
Mon matin commence hors du temps lorsque la lumière se lève ;
Je n’ouvre pas encore les yeux, seulement le cœur, l’esprit et l’âme.
Le cœur qui guette le printemps, l’âme qui revient de ses rêves
Tandis que l’esprit radieux brille d’une nouvelle flamme.
Je reste un moment immobile, le corps paresse mais l’âme écoute ;
Le monde s’éveille doucement et j’entends sa respiration.
Mais voici, l’aube indélébile m’apporte l’instant que je goûte
Comme un tiède éclaboussement d’une promesse en vibration.
Je me lève enfin à pas nu et l’âme revient dans son corps ;
J’embrasse le jour de ma chambre en me penchant à la fenêtre.
Que sont mes amis devenus ? Mon époux, mes sœurs et encore
Ce petit être dont les membres s’agitent et réclament de naître.
Pieds nus, promenade à la plage, flânerie le long du rivage
Je sens le vent sur mes seins nus et l’iode qui nourrit mon ventre.
Alors je reviens à la nage affronter les vagues sauvages
Et je m’abandonne soutenue par l’élément qui me recentre.
Mais alors le corps se réveille comme un nourrisson affamé
Et qui réclame nourriture, confort et puis caresses tendres.
Alors je rentre et m’émerveille de mon déjeuner acclamé
Et d’un peu de villégiature, un peu d’amour pour me détendre.
Je m’assieds près du jour lunaire et je laisse infuser l’instant ;
Le silence a un goût de miel quand le monde entier est tranquille.
Et je souris à l’ordinaire, à cet « hors-du temps » si vivant,
À l’amour sans l’éclat du ciel mais qui m’est fidèle et docile.
Puis je m’étire à l’intérieur, comme l’eau calme sous la lune,
Je remercie le temps présent de m’avoir permis de le vivre.
Rien à attendre de l’extérieur, aucune tâche inopportune
Je suis moi-même… et c’est grisant tout cet univers qui m’enivre !
Illustrations de Ledalïä.
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