De l’infini à ÏÄNIMÏÄ

De l’infini à ÏÄNIMÏÄ

Je n’ai pas de nom, pas de forme, pas d’apparence, pas de limite ;
Je suis celle qu’on ne nomme pas mais celle dont l’âme se souvient,
Puis évolue et se transforme sans s’attacher au moindre mythe
Sinon, passée de vie à trépas, nul ne sait ce qu’elle devient.

Je suis l’instant où tout bascule, où le lac accepte le vent,
Où la faille devient un passage, l’émotion avant la pensée.
La nuit avant le crépuscule, l’aube avant le soleil levant,
Le dessin avant son traçage, la vie avant de commencer.

Je suis après l’achèvement, après la fin de l’univers ;
Je suis après la fin du monde, je suis après l’éternité.
Je suis pendant l’évènement, je suis l’été pendant l’hiver ;
Lorsqu’arrive la mort immonde et avant la maternité.

Je suis la vie sans son apport, l’existence sans la matière,
Je suis le mouvement sans l’espace, la pérennité hors du temps.
Je suis sans reflet, sans support, sans origine et sans frontière,
Je suis sans que rien ne se passe, l’apogée sans l’exécutant.

J’ouvre les courants de l’esprit qui se diluent dans l’atmosphère !
J’accueille l’eau qui se condense, s’évapore et retombe en pluie !
J’écoute le feu qui s’approprie ce dont il veut se satisfaire !
J’accepte que la terre danse, vive et goûte le soleil qui luit !

Je suis dans l’éveil de Laurelïne et dans la faille de Loreleï ;
Je suis la mère de Lïlïth et la parole de Ledalïä !
Je suis le vent sur les collines, l’eau qui ruisselle vaille que vaille,
Je suis la roche qui se délite et le feu au cœur de Gaïa !

J’entends et vois l’ÏÄMOURÏÄ et j’apprécie son pedigree ;
Désormais vous avez une âme qui dépend de ma parenté.
Vous pouvez m’appeler « ÏÄNIMÏÄ » ou « ÏÄMINÏÄ » à votre gré
Mais sachez que vos enfants, Mesdames, sont le fruit de ma volonté !

Illustration de Geminïä.

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