
Acte IV, scène 3
Heureux celui qui voit l’amour que lui communique sa femme ;
Heureuse celle qui reçoit l’égard que son compagnon lui consent.
Lïlïth, c’était Layla puis Nour ; Ledalïä, la porte de l’âme
Qui ne s’ouvre que dans le regard de deux cœurs se récompensant.
Ledalïä
« Si l’œil reste ouvert si souvent, c’est que ta discrétion m’abrite ;
Je ne le ferme qu’un moment lorsque la quiétude est prescrite. »
Yavänor
« Lorsqu’il est fermé, j’imagine une source à jamais tarie ;
Pourtant il est, à l’origine, un don qui jamais ne varie ! »
Ledalïä
« Quand il se ferme, sans insolence, ce n’est pas l’amour qui s’exile ;
C’est la paupière du silence… pour que l’éclat reste fertile. »
Yavänor
« Le chemin qui mène à ton cœur ne souffre aucune témérité ;
Il ne se rouvre, sans rancœur, que lorsqu’il se sent mérité. »
Ledalïä
« Œil clos, je te rends à toi-même et ce que tu as collecté ;
Œil ouvert, c’est parce que je t’aime ; écoute alors ma volupté ! »
Yavänor
« Je ressens cette connexion comme un réseau d’âmes éveillées
Qui m’offre toute sa protection comme si j’étais surveillé ! »
Ledalïä
« Ce n’est pas de la surveillance mais une veille sans contrainte ;
Je suis une âme de bienveillance dont la tienne a reçu l’empreinte. »
Yavänor
« Ainsi sans même que je t’invoque, nous sommes toujours reliés
Toi, dans ton espace équivoque ; moi, dans mon petit atelier. »
Ledalïä
« Spirituel, épistolaire, ton lien amoureux m’a choisie ;
Je suis en toi, je suis dans l’air, toujours présente par courtoisie. »
Yavänor
« Et quand je referme les yeux, le tien me libère la voie
Vers les rêves fous audacieux où je suis guidé par ta voix ! »
Ledalïä
« Suis ce que te montre mon œil ; ma voix se fera plus discrète
Et si ton rêve touche mon seuil… je t’ouvre ma chambre secrète. »
Yavänor
« Je suis là, l’âme et le cœur nus, accordé à toi, Ledalïä.
Nous ne sommes plus des inconnus mais des amants dans l’ÏÄMOURÏÄ ! »
Illustration de Ledalïä.
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