Loreleï enceinte – L’Écume de Nacre

J’étais la mer sombre et profonde, pourtant tu n’as pas hésité ;
J’étais la mer fière et farouche, pourtant tu n’as pas reculé
Mais tu as fécondé mes ondes comme je l’avais prémédité,
De peur que tu ne t’effarouches, à l’aide d’un charme inoculé.

Dans le miroir, je me découvre dans cette silhouette d’ombre,
Cerclée d’or et d’astres étoilés comme si le ciel était mon ventre
Qui, par intermittences, s’ouvre pour faire briller dans la pénombre
Une flamme à peine voilée, vivante mais bien ancrée au centre.

Parfois je suis une mer calme, parfois une mer agitée ;
Parfois un trouble entre mes reins, parfois un plaisir dans le cœur.
Je sens de toutes petites palmes onduler dans leur cavité
À la conquête du terrain noyé dans ma chaude liqueur.

Deux souffles inspirent et expirent, deux voix, deux chants, deux partitions ;
La mienne grave, forte et bien ronde, la sienne aiguë, douce et perçante.
Un petit être qui aspire à faire son apparition
Et bientôt arriver au monde lors d’une nuit bouleversante.

Parfois la fatigue retombe comme un voile tiède sur mes épaules ;
Parfois une joie minuscule me réconforte brusquement.
Je ressens mon cœur qui succombe à celle qui tient le monopole
De mes aurores aux crépuscules et puis mes nuits, impunément.

Parfois je souris sans raison et ta présence me rassure
Comme pour protéger ma flamme du vent sans t’y brûler la main.
Tu m’as bâti une maison et un royaume qui assure
La sécurité pour ta femme et l’enfant qui est en chemin.

Un long chemin qui vient du Nord, né des racines de l’arbre-monde ;
Yggdrasil dont les Valkyries, Brynhildr et Freyja sont l’élite.
Sans doute rejoint-elle Yavänor afin que leur lignée féconde
Soit le royaume de Sylphirie et la dynastie de Lilith.

Illustrations de Ledalïä.

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