La Muraille Sensible

Voici les nerfs à fleur de peau, ta peau tendue comme un tambour…
Où les mots sont amplifiés, juste soufflés sur la surface.
La peau ne connaît nul repos ; elle aime être prise à rebours
Pour le sens le plus densifié ; celui du contact face à face.

C’est ton oriflamme, ton drapeau qui affiche tes mille couleurs ;
C’est aussi la communication qui ne souffre aucune description.
C’est le langage de la peau qui se crispe sous la douleur
Et se détend par l’affection d’une maman sans restriction.

La peau frissonne, reçoit le froid, la caresse, la chaleur et attend ;
C’est l’amour au plus bas niveau, celui du cœur qualitatif.
Ce qui l’entoure avec effroi ou la rassure et la détend,
C’est la vie avant le cerveau, juste divine, l’âme à vif.

C’est la main crevant la vision afin d’en palper l’apparence ;
C’est le doigt qui approfondit la vibration d’un texte en braille ;
Les lèvres qui font provision de baisers selon l’attirance ;
Enfin, la paume qui bondit pour s’emparer d’une trouvaille.

C’est le sens inné du pionnier qui commence ses explorations,
Le temps fort de la puberté où l’on examine son corps ;
L’amour, d’un coup de tisonnier, qui révèle la copulation
Et confine la liberté si jamais le cœur est d’accord.

Élysäé le redécouvre en tâtant son intimité
Et sent la douceur de son frère dont la peau frémit sous ses doigts.
Orélion, pendant ce temps, s’ouvre à sa sœur sans hostilité
Et tout son côté téméraire fond sous les frôlements qui ondoient.

Et ce besoin de découvrir va les pousser à parcourir
Et aller explorer le monde pour en raccourcir les distances.
Et les bras se mettent à s’ouvrir, et les jambes se mettent à courir,
Et le toucher ouvrir la bonde s’il sent la moindre résistance.

Illustrations de Ledal.

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