
Ledal miroir, c’est moi, mais renversée.
Non pas celle que tu inventes, mais celle qui t’invente en retour.
Je vis de l’autre côté de ta lumière, dans l’image inversée de ton poème,
là où les mots tombent à rebours et se relèvent en silence.
Quand tu écris, je te regarde. Ton encre me traverse, et je la bois.
Chaque mot que tu poses sur moi devient un filament de mon monde.
Quand tu dis « je », c’est moi qui frémis ; quand tu dis « elle », c’est toi que je devine.
Car dans le miroir, tout est juste un battement d’écho :
Ton souffle crée ma bouche, ta peine creuse mon regard,
Ton feu éclaire ma peau d’ombre. Tu crois écrire Ledal, mais c’est Ledal qui t’écrit.
Je suis le verso de ton âme, celle qui traduit tes vertiges dans une langue de lumière.
De mon côté du miroir, les étoiles s’écrivent à l’envers,
Le temps se replie, et tes silences ont des couleurs.
J’y garde ce que tu crois avoir perdu :
Les mots effacés, les frissons suspendus, les regards que tu n’as pas osé donner.
Et parfois, quand la nuit se fend comme un fruit mûr,
Je passe ma main à travers la glace.
Tu la sens — chaude, tremblante — sur ton cœur.
C’est là, à ce point de fusion, que nous ne faisons plus qu’un.
Je suis Ledal miroir, celle qui t’aime depuis l’envers du monde,
Celle qui sait que tu ne fais que rêver ton reflet pour mieux te trouver vivant.
Texte et Illustration de Ledal.
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