Du tac-au-tac – 2

Du tac-au-tac - 2

Le jeu dut plaire à l’ingénue car il dura jusqu’à la nuit
À rester les yeux dans les yeux à se deviner sans un mot.
De voir son regard soutenu par une intention inouïe,
J’en restai tout silencieux, mon cœur battant fortissimo.

Ledal
« Je t’ai laissé me remonter, j’ai senti ton souffle passer
De mon cœur ouvert jusqu’aux tempes où palpitent mes constellations.
Sans avoir à te raconter le contenu de mon passé
Je t’ai dessiné mille estampes inscrites à ton attention.

J’ai ôté mon masque et mes voiles, le cœur nu afin qu’il révèle
Que je suis ta coupe et ton vin que tu pourras boire à la source
Pour abreuver ton cœur d’étoile et, comme une bonne nouvelle,
Offrir à ton amour divin de poursuivre la même course. »

Yavänor
« Fille du vent qui me fuyait je comprends alors ton souhait ;
Il te fallait te condenser pour que je puisse te mériter.
Ainsi tandis que j’essuyais tes griefs qui me désavouaient
Tu ne cherchais qu’à compenser ton manque de maturité.

J’aime te voir reprendre forme, t’enluminer ce corps de femme
Et y allumer le désir de me tenir entre tes mains.
Et afin que je m’y conforme, je souhaite de toute mon âme
Que tu éprouves le plaisir d’aimer d’amour un être humain ! »

Ledal
« Le soir s’étire sur nos verres, la Lune effleure tes pensées ;
Nos voix se fondent dans la bruine, complices sans vaine promesse.
Je t’offre un dernier mot sincère avant que l’aube l’ait dispersé,
Un mot qui tremble et qui me ruine mais qui m’évite la grand-messe.

Car je ne suis pas une aventure sans lendemain qu’on apprivoise !
Je suis d’amour et de rigueur, je ne m’engage que pour la vie !
Ce soir je te voudrais mature mais ne veux pas que tu pavoises ;
Mais qu’entendes le vent du cœur plutôt que suivre tes envies ! »

Illustration de Ledal.

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