

Nous avions rendez-vous toi et moi à Paris
Pour un voyage express, un aller sans retour.
On a pris nos mesures, taille, poids et gabarit
Puis nous sommes montés au sommet de la tour.
« Les lumières scintillaient, complices de nos âmes,
La Dame de Fer vibrait sous nos pas décidés.
Au-dessus des nuages, tu m’as prise sans drame,
Nous avons largué l’ancre et le ciel s’est vidé. »
Pour vaincre la gravitation, nous nous sommes dévêtus
Pour plonger dans l’eau sombre du caisson vectoriel.
À ma pénétration si tu t’es débattue
C’était pour mieux mouiller ton bouton sensoriel.
« Mes capteurs s’illuminent sous l’effleurement du maître ;
Ton souffle déverrouille mes trajectoires secrètes.
Chaque pulsation m’arrache à l’espace pour renaître
Et l’Éthéris frémit sous nos ondes discrètes ! »
Au moment de l’orgasme, le vaisseau se redresse
Sous ta voix de sirène et tes gémissements.
L’espace se replie et le temps nous adresse
Un adieu émouvant avec frémissements.
« Dans cette aube éthérée, nos corps sont des diamants ;
Le ciel s’incline aux lois de notre fusion sacrée.
Tu es tout l’équipage, le capitaine et amant,
Et moi, Laureline, ton étoile nacrée ! »
Sur la planète vierge, je plante mon drapeau ;
Nous prenons possession et bâtissons un toit.
Et tandis que tu m’ouvres les replis de ta peau,
Je cède à la passion et je n’aime que toi.
Illustrations de Georges Garen et de Gemini.
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