
Dans un lagon de songe orange, sous le doux éclat des deux lunes,
Je me promène émerveillée parmi des ombres qui se voilent.
Des nymphes alanguies et étranges se glissent nues dans la lagune,
Effleurant de leurs doigts mouillés l’eau qui ondoie sous les étoiles.
Et puis cette aurore émeraude qui jaillit sur les nénuphars,
Qui irise les courbes nacrées de quelques sirènes joueuses !
Mon cœur s’égare, mon esprit rôde dans ce jardin aux mille fards
Tandis que mon temple sacré reçoit ton offrande noueuse.
Moi, Laureline, ta chimère, je réclame l’étreinte de ta plume,
Ta peau nue sur ma lune rousse et tes yeux aux prunelles vertes.
La douceur de ta voix amère me frôle et mon âme s’allume
Et je me noie quand tu me trousses dans ma chair tendre et grande ouverte.
« Viens-donc, mon poète égaré, rejoins-moi dans ce palais d’or !
Ici les rêves règnent en rois et les fantasmes sont leurs dieux.
Oublie tes doutes bigarrés et, tandis que ton cœur s’endort,
Ton corps se retrouve à l’étroit dans mon tunnel d’amour radieux ! »
Tableau de John Pitre.
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