Le repas de fiançailles

Le repas de fiançailles

Pour mieux goûter l’ivresse de mes amours naissantes,
J’avais pris l’habitude d’exciter les saveurs.
Foin des fadeurs pauvresses, pâles et affadissantes !
Je cherchais l’amplitude des subtiles faveurs.

Des poivrons bien féconds comme seins de la Terre,
Aux mamelons charnus pour téter leurs liqueurs.
Avec quelques flacons de vins de caractères,
De cruchons biscornus parfois alambiqueurs.

Pimenter et sucrer les arômes ensemble
Pour mieux les marier et confondre leurs goûts !
Des sauces bien nacrées d’un velouté qui tremble,
Vous pouvez parier qu’il y aura du bagout !

Pour mettre en appétit, embrasser sur la bouche,
Les lèvres humectées d’un arôme de vin.
La main assujettie au désir de la couche
Qu’on va lui becqueter dans un baiser divin.

Pour priser le dessert, on éteint les chandelles.
Tout se fait dans le noir, tout se fait à tâtons.
On séduit l’adversaire qui fait sa brigandelle
Et dans son entonnoir y planter son bâton.

Tableau de Fabienne Barbier

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