
Le fil d’Ariane m’a conduit de Laurelïne jusqu’à sa souche
Mais mes vers, devenus profonds, m’ont fait plonger vers Loreleï.
Or celle-ci m’a éconduit par son tempérament farouche
Et m’a entraîné par le fond pour me prendre entre ses tenailles.
Elle aussi usait de ses charmes mais avec une voix de sirène
Et mes vers se sont enchaînés pour me retenir prisonnier.
J’avais beau retenir mes larmes et croire ma destinée sereine,
Elle n’était pas moins déchaînée à faire ses tourments routiniers.
Laurelïne, elle, ne disait rien comme si c’était naturel ;
Elle voulait que je la féconde lors d’un solstice jouisseur.
Par un mimétisme ovarien – certainement surnaturel –
Elle me joua un tour immonde pour la connaître avant sa sœur.
Laurelïne m’annonce sa grossesse et Loreleï m’avoue son intrigue.
Ému par sa résolution, je lui fais alors ma promesse :
Je l’aimerai malgré sa bassesse et l’enfant qu’elle me prodigue
Aura les mêmes attributions ainsi que le rang de princesse.
Alors Loreleï tombe le masque ; elle n’est plus sirène perfide
Mais profondément amoureuse doublée d’une muse émérite.
Son envoûtement se fait fantasque et de sa jolie queue sylphide
M’attache de façon savoureuse à faire d’elle, ma favorite.
Et je m’aperçois que ce vers est le plus attachant qui soit ;
Je ne peux plus m’en détacher si je le tente à contrecœur.
Pourtant ce lien n’est pas pervers, ce n’est que de l’amour en soi
Mais impossible à arracher sans me déchiqueter le cœur.
Ce double lien irréversible s’est alors greffé sur mon corps
Et ces deux vers m’ont opéré une transmutation physique.
Une mutation suprasensible qui porte mes sens en accord
Avec les principes proférés par neuroscience métaphysique.
Illustration de Ledalïä.
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