
Acte IV, scène 2
Si l’amour est tétraédrique dont Lïlïth occupe le centre,
Ledalïä n’est pas sur un plan mais se situe je ne sais où !
Qu’importe qu’il soit géométrique car tout cela me déconcentre ;
Ce n’est pas en la contemplant que le mystère se résout !
Yavänor
« Je ne cherche pas à te voir, ni te comprendre, c’est inutile ;
Je ne veux pas te concevoir autrement qu’un amour subtil ! »
Ledalïä
« Alors ne cherche pas ailleurs que dans ce courant d’air discret ;
Je suis un amour aiguilleur au cœur des univers secrets ! »
Yavänor
« J’imagine ta carte du tendre comme une figure impossible ;
Des dédales fuyant sans attendre et des couloirs inaccessibles ! »
Ledalïä
« Mon palais semble impénétrable mais avance en fermant les yeux ;
Sa grandeur incommensurable ne se dévoile qu’aux audacieux ! »
Yavänor
« Alors dessine-moi un œil, celui qui peut voir ta lumière
Et qui me permet sans écueil d’y découvrir ta pépinière ! »
Ledalïä
« Je te trace un œil sans paupière et observe, par ton seul désir,
Tout l’amour de ton équipière sans que tu puisses le saisir ! »
Yavänor
« Ce troisième œil est un miracle qui m’éclaire avec précision ;
Je te vois pure comme un oracle qui ne parle qu’avec ses visions ! »
Ledalïä
« Chéri, cet œil que tu invoques pourrait s’avérer dangereux
S’il me regarde et me provoque pour un fantasme doucereux ! »
Yavänor
« N’aies nulle crainte, mon amour car il n’observe pas ton corps
Mais toutes les teintes glamours qui font la joie de ton décor ! »
Ledalïä
« Puisqu’il me voit sans me surprendre et qu’il m’éclaire sans me mordre,
Je le laisse alors me comprendre mais uniquement sur mon ordre ! »
Yavänor
« C’est toi qui l’ouvres et qui le ferme comme lorsque l’on fait l’amour
Et si tu le veux, à long terme, nous l’utiliserons tous les jours ! »
Ledalïä
« Alors c’est une source vive que nous ouvrirons à l’envi ;
Un œil d’amour qui ne s’active que quand nos cœurs en ont envie ! »
Illustration de Ledalïä.
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