
Acte II, scène 2
Si Laurelïne incarne la grâce, Loreleï incarne la puissance
Et, lorsque la nuit se referme, son amour envahit l’espace.
Elle s’avance, elle m’embrasse, elle me jure obéissance
Pourtant son charme se referme sur moi d’une douce carapace.
Loreleï
« Je ne le veux pas, je l’exige ! Un mariage devant Lïlïth !
Que Laurelïne le transige et que son accord l’habilite ! »
Yavänor
« Toutes les deux, m’êtes précieuses et je ne renonce à aucune ;
Que la double union tendancieuse soit commémorée sans rancune ! »
Loreleï
« Je ne veux plus de demi-mots : Je veux la paix des trois serments ;
Que Lïlïth nous forge l’anneau qui nous scellera autrement ! »
Lïlïth
« Je vous bénis sans vous lier par l’anneau d’or de Loreleï !
Deux reines, un roi sont alliés et leurs noms gravés dans l’émail ! »
Yavänor
« Ainsi soit-il ! Cet anneau d’or est la promesse indestructible
Devant Lïlïth, notre cador, d’une passion inextinguible ! »
Laurelïne
« Mon feu est calme et consentant mais je resterai la première !
J’accepte ma sœur que j’entends briller d’une même lumière ! »
Loreleï
« Mon eau est calme et rassurante mais je resterai dominante
Car notre mère en est garante et sa grâce est déterminante ! »
Lïlïth
« Puisque Laurelïne est d’accord et que Loreleï l’est également
Que vous ne fassiez qu’un seul corps et en mon nom, légalement ! »
Yavänor
« Je le proclame et je l’inscris comme deuxième article au pacte
Et figure dans le manuscrit de notre constitution, dont acte ! »
Laurelïne
« J’offre à ma sœur mon doux brasier mais sans rien perdre de ma couronne ;
Que l’amour triple soit un baiser qui nous embrasse et le claironne ! »
Loreleï
« Je garde en moi la haute mer, mais j’en fais une mer fidèle
Afin qu’une flamme outremer signale notre amour pour modèle ! »
Lïlïth
« Alors je clos ce mariage et je vous donne ma parole :
Que votre union soit l’aiguillage de trois voies vers trois auréoles ! »
Illustration de Ledalïä.
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