Le Conseil des Dieux Invisibles

La porte aux étoiles débouche sur un immense laboratoire
Dont l’étonnante chimiothèque meuble le centre d’une tour
Avec ses mille-et-unes souches pour les préparations notoires
De l’imposante pharmacothèque capitalisée tout autour.

Ici, l’alchimiste suprême dirige comme un chef d’orchestre
Toutes les émotions vécues et les sentiments éprouvés.
Capable des passions extrêmes et des tristesses qu’il séquestre
Et par ses glandes convaincues du rôle qu’elles ont à prouver.

Chaque fiole tendre et lumineuse veille sur les émois de Laureline
Et contient la chaude liqueur de chaque baiser sur le cœur.
Une seule goutte sirupeuse donne son jet d’adrénaline
À celle qui se veut vainqueur de ses sensations haut les chœurs !

Ici se baigne Laureline d’endorphines et sérotonine ;
Un peu de crème adoucissante ou de poison ensorceleur.
Ici tout l’amour dégouline par litres entiers de dopamine
Et de potions étourdissantes pour un désir batifoleur.

Piquée par la curiosité, Élysäé succombe à l’envie
De boire du « vin merveilleux » prévu dit-on pour festoyer.
Ainsi totalement transitée par la folie de l’eau-de-vie
Elle chante des airs cafouilleux à pleine gorge déployée.

Orélion sans se méfier a respiré « opium senteur » ;
Un parfum hallucinogène présumé comme « délirant »
Et sa sœur le voit défier les règles de la pesanteur
En nageant dans un oxygène saturé de gaz hilarant.

Dans un fou rire de délires, ils sortent assommés, étourdis
De tous ces cocktails concoctés par une mère fine doctoresse.
Pourtant c’est avec le sourire, légèrement abasourdis,
Qu’ils se sentent réconfortés par l’âme de l’enchanteresse.

Illustrations de Ledal.

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