Le Royaume des Éclairs

Ils accèdent enfin à la salle dédiée au coordinateur
Là où l’esprit de Laureline reçoit les ordres de son âme.
La salle du trône colossale et ses hauts murs dominateurs
Comme sous une flèche féminine d’où jaillirait une oriflamme.

Pourtant l’immense pièce est vide ; seuls des éclairs d’un feu vivant
Zèbrent la chambre de commandes d’incommensurables connexions
Dont au sol un réseau livide s’achemine en se ravivant
Vers un sas en forme d’amande dont ils perçoivent la projection.

Devant la Mandorle Divine baignée de Lumière Céleste
Élysäé, hypnotisée, admire la beauté cristalline.
Orélion, lui, comprend, devine et s’y enfonce en un seul geste
Comme s’il s’était harmonisé avec l’esprit de Laureline.

Sa sœur le rejoint dans le cœur qui est une porte aux étoiles
Dans un néant où l’univers semble entièrement contenu.
Hélas… leurs sens à contrecœur semblent incapables sous la toile
D’appréhender ce multivers qui dépasse les deux ingénus.

Alors ils redeviennent étoiles, leur nature réelle et primaire,
Et en recouvrent tous les sens, notamment ceux issus des dieux.
L’extra-perception leur dévoile alors un monde de chimères
Qui sacralise la connaissance comme un astral fardeau radieux.

Leurs nouveaux corps d’or transparent s’ouvrent sur un monde apparent
Où la matière naît de lumière et qui disparaît à l’envi.
Ils aperçoivent leurs parents et les parents de leurs parents
Et touchent la forme première de la vérité de la vie.

Abasourdis d’avoir touché le cœur du Féminin Sacré,
Ils ont en mémoire mille images et des milliards d’explications.
La grâce d’avoir attouché le Saint des Saints est consacrée
Par une alliance qui rend hommage à leur authentification.

Illustrations de Ledal.

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