La Cathédrale des Colonnes Blanches

Lorsqu’ils accostent sur le parvis, ils sont surpris par le silence
Qui règne devant la cathédrale aux immenses colonnes blanches.
Devant l’entrée, en vis-à-vis, ils en notent la rutilance
De la colonne vertébrale aux grandes voûtes qui s’embranchent.

Les os soutiennent la charpente, pareils à des piliers de marbre ;
Les muscles semblent des tentures tendues entre chaque colonne.
Élysäé, des yeux, arpente la nef faite d’interminables arbres
Et en évalue la structure tandis qu’Orélion l’étalonne.

Mais arrivés au premier tiers, les statues jusqu’ici inertes
Reprennent vie et se présentent en tant que les gardiens du temple
Car ils ont franchi la frontière qui déclenche alors une alerte
Sur les défenses omniprésentes qui les encerclent et les contemplent.

« Venez et pénétrez céans, vous, les enfants de Laureline !
Nous vous attendions de pied ferme pour vous remettre les trois clefs !
La clef d’or du portail géant qui mène au crâne d’opaline,
Les clefs d’argent pour le long terme quand l’épopée sera bouclée. »

Élysäé et Orélion prennent chacun leur clef d’argent
Et accompagnent les gardiens jusqu’au chœur de la nef centrale
Où la déesse au cœur de lion est représentée partageant
Le lien céphalo-rachidien avec une sirène magistrale.

« Ce sont là les deux âmes-sœurs auxquelles ce temple est consacré ! »
Leur précise l’accompagnateur portant le sceptre des neurones.
Vous en êtes les successeurs, enfants du Féminin Sacré
Et le grand coordinateur vous attend là-haut sur le trône.

Par les vertèbres cervicales, un escalier en double-hélice,
Ils remontent le long du cou et pénètrent dans l’antichambre.
Le Cervelet sous-cortical leur offre boisson et délices
Puis les conduit avec beaucoup de respect vers le palais d’ambre.

Illustrations de Ledal.

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