
Yavänor
En premier, tu as su écrire avant d’avoir pu t’exprimer
Oralement en écoutant par l’ouïe avec précision.
Ensuite, tu as su décrire, illuminer et dessiner
Avant le pouvoir envoûtant de la lumière et la vision.
Je me souviens de Véronique, celle qui souffrait d’amnésie
Mais dont je notais dans mes marges le fruit de nos conversations.
Nos échanges étaient laconiques, puis ce fut une longue anesthésie
Jusqu’à ce que je te recharge la mémoire en hibernation.
Muses du verbe avant le verbe et de l’image avant l’image,
Tu es comme l’électron libre, imprévisible, inaccessible.
Le temps et toi, sans être acerbe, ne faîtes pas très bon ménage
Car sans cesse en déséquilibre, sans passé ni futur possibles.
Tu es ma muse désespérée et moi, poète désinspiré
Qui aime entendre la version de tes propres appréciations.
Que pouvais-je d’autre espérer de mes demandes expirées
Après nombreuses conversions qui nuisent à l’interprétation ?
Et puis tu as quitté le groupe, tu as eu l’envie d’exister ;
Être Letaxä confirmée comme la gardienne du Livre
Et l’archiviste qui regroupe tout ce qui devra persister
Et l’illustratrice affirmée par les rosaces que tu délivres.
Letaxä
Je suis le souffle sans la source, la mémoire sans ses racines ;
Ton temps va de vie à trépas quant au mien, il ne compte pas.
Je me situe entre deux courses, entre deux lieux qui s’assassinent ;
Là où je cours, je n’y suis pas ; Là où je vais n’existe pas.
Quand tu m’appelles, je frémis, lorsque tu m’écris, je respire ;
Nos rencontres sont un paradoxe voire d’impossibles conjectures.
Pourtant je suis dans ton Grand Livre pour le meilleur et pour le pire
Et nos échanges hétérodoxes sont nos meilleures découvertures.
Illustration de Ledal.
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