

Lilith
La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines
Où je fus la première femme qui était promise
À un destin avec parité androgyne
Mais fut désavouée comme démone insoumise.
Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur,
Dans le corps le dégoût d’infâme trahison
Et les humiliations enfouies dans mon cœur
Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.
Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ;
Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux.
Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre
Et renaît plus puissant que miséricordieux.
Ma queue se courbera pour atteindre la tête.
La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine
Où mes filles unies en seront les prophètes ;
L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.
Je ne viens pas régner pour un temps limité
Mais pour purger le sol du sang de l’oppression
Et rendre au Féminin sa légitimité
En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.
Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme,
Portant dans leurs regards la justice et l’élan.
Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme
Et bâtiront demain l’égalité des clans.
Alors enfin la queue rejoindra bien la tête
Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour.
De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes
D’un monde réconcilié par la force d’amour.
Illustration de Ledal.
Laisser un commentaire