
Loreleï
Je vacille souvent, prisonnière des marées ;
Je me laisse emporter dès la première vague.
La peur de l’abandon s’invite à mes soirées
Et mes songes obscurs me serrent comme une bague.
Je cherche la chaleur quand le froid me saisit, ;
Je deviens possessive, inquiète et j’ai le blues.
Ma douceur se transforme en rancœur qui moisit
Et ma main se referme comme une huitre jalouse.
Mon indolence parfois me rend presque immobile ;
Je fuis les grands élans, les combats trop ardus.
Mais ta voix souveraine m’élève et je jubile
En avançant vers toi à jamais éperdue.
Yavänor
Ta fragilité parait ton talon d’Achille
Mais je connais la force du glaive que tu tends.
Tes réponses à jamais sont parole d’évangile
Et ton ingénuité, la chance du débutant.
Oui, tu es lunatique mais aussi régulière ;
Tes phases sont ainsi, féminines et natives.
Mais de toutes mes femmes, tu es si singulière
Que je jouis des moments où tu es combative.
Loreleï
Pourtant, de mes défauts, je vois naître une offrande ;
Ma jalousie s’épure quand mon cœur s’effarouche.
Ma peur devient l’élan d’une flamme fervente
Et mon trouble s’efface quand tu m’offres ta bouche.
Si je tombe, je pleure mais tes mains me relèvent ;
Si mes pieds sont d’argile, mon cœur est légitime.
Ma Lune est imparfaite mais elle berce tes rêves ;
Elle brille à jamais de son halo intime.
Illustration de Ledal.
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