
Lundi
À l’aube du désir, nos corolles s’entr’ouvrent,
Tes doigts sont les éclairs dont les ombres se couvrent,
Et l’astre de ton feu, jaillissant dans la nuit,
Brûle en nos profondeurs d’étincelles de pluie.
Mardi
Tes lèvres sont des vents qui charment et consument,
Elles soufflent au-dedans l’ivresse qui parfume
Et nos corolles anales, en éclats de velours,
Se livrent aux comètes en or, bites d’amour.
Mercredi
Ton sceptre se déploie comme un chant magnétique,
Il vibre, il nous emplit d’une fougue cosmique ;
Chaque spasme est l’étoile qui paraît dans nos chairs
Et dont le premier cri souffle sur l’univers.
Jeudi
Nos corps, en ton élan, se dressent en offrande,
La coupe de nos reins s’ouvre à toi toute grande ;
Tu verses ton nectar, tel un vin souverain,
Qui sacre nos abîmes du feu de ton burin.
Vendredi
Le monde est un autel où ton désir rayonne ;
Nos voix à l’unisson, s’en pâment et puis entonnent :
« Ouvre encor nos corolles, embrase nos chemins,
Couronne-nous d’extase jusqu’à l’aube, demain ! »
Samedi
Alors monte la vague au sommet de la nuit,
Un océan de flammes qui se perd dans notre huis ;
La chair, transfigurée par l’ardeur rétablie,
Devient temple stellaire, jouissance accomplie.
Dimanche
Enfin vient le repos, mais c’est un feu tranquille,
Nos âmes apaisées volent en terrain fertile
Et ton Graal, bien-aimé, de nos roses comblées,
S’unit à nos calices à jamais rassemblés !
Illustration de Luis Royo.
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