Vulcania

Vulcania

Elle est une montagne ouverte, elle est une femme qui saigne,
Qui n’attend aucune tendresse, juste son halètement brut.
Ses plaies sans cesse découvertes, suintant le sang comme une enseigne,
Expectorent un feu de détresse qui monte comme un sexe en rut.

Vulcania, la planète enceinte, l’étoile engrossée de soleil,
Sent le temps de la délivrance qui va lui faire mettre bas.
Les contractions d’abord succinctes l’ont sortie très tôt du sommeil
Jusqu’à ses premières souffrances et ses premiers coups de tabac.

Accroupie seule dans sa chambre d’un courage frisant héroïsme
Pour son premier accouchement, pour son premier éventrement.
Elle se cabre, elle se cambre, elle s’entrouvre comme un séisme ;
Chaque spasme est éboulement, chaque crampe est un tremblement.

Elle n’en peut plus, elle se retient, à chaque minute elle expulse
Un cri de rage, un cri d’espoir et par la vulve et par le cul.
De toute la force que contient son utérus qui la répulse,
Dernier effort de désespoir, dernière larme qu’on évacue.

La Terre a tremblé provoquant des secousses sans interruption…
Enfin voici sortir la tête jusqu’à ce que paraisse l’enfant.
Son Sanctuaire tel un volcan et son Étoile en éruption
Hurlent, pareils à une bête, d’un cri reconnu triomphant.

Tableau de Joseph Gagnepain sur https:www.artbyjoseph.com

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