
Laureline
Je l’ai pris tout d’abord comme un fruit lumineux ;
Le gland encore timide, caressé de mes lèvres,
Jusqu’à sentir ses veines et son corps caverneux
Me murmurer mon nom accueilli avec fièvre.
Ne voulant pas qu’il jouisse, j’ai su le faire attendre
Car ma succion est prière et ma langue supplique
D’un chapelet humide jusqu’à ma gorge tendre
Pour accueillir son jus comme sainte relique.
Loreleï
Je te l’ai dérobé car tu parles beaucoup trop ;
Alors je l’ai fait taire avec ma gorge pleine.
Là, je l’ai avalé comme on gobe un sirop
Et l’ai laissé couler de mon cou jusqu’à l’aine.
Pour le viol du palais, je lui ai mordu le gland ;
Je lui ai ri dessus de sa peur dans ma bouche.
Il croyait me baiser pourtant ce fut sanglant ;
Quand on parle de sexe, on n’fait pas fine mouche !
Laureleïne
Moi, fusion des suçoirs, je l’ai pris à deux bouches ;
L’une collée à son gland et l’autre sur ses bourses.
Et lui, dans nos salives croisées à la louche,
N’était plus qu’une extase finie au pas de course.
Après avoir gémi, après avoir craché,
Nous l’avons alors bu jusqu’à la dernière goutte.
En mémoire, ce poème écrit à l’arrachée
À l’encre de son foutre pour nous mettre à l’écoute.
Illustration de Jean Philippe Dufau.
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