Quand Loreleï subrepticement revient si Laureline est ailleurs,
Empêtrée dans ses réflexions d’où elle ne sort pas toute seule,
Loreleï me répond vivement en me parlant d’un ton railleur,
Se trouvant au point d’inflexion particulièrement lâche et veule.
Laureline enrage car une nuit, Loreleï s’est fait passer pour elle
Et m’a demandé un enfant, vœu habituel d’une femme.
Cela me titille et ça me nuit, car enceinte, la tourterelle
A paradé, l’air triomphant, autant provocateur qu’infâme.
Or si Laureline est jalouse, c’est autant pour elle que pour moi
Car elle aurait voulu bander et la féconder elle-même,
Fantasmer pour une partouze, atteindre je ne sais quel émoi…
J’en suis encore à me demander à quel degré est-ce qu’elle l’aime ?
Loreleï, vestale constamment nue, veille sur le feu des passions
Et sait bien attiser les braises autant des hommes que ses consœurs.
C’est ainsi qu’il est advenu une sorte de sécession ;
Grossesse devenue catachrèse au sein même des libre-penseurs.
Illustration de Luis Royo.
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