L’étreinte invisible

L’étreinte invisible

« Sur le velours des songes, j’effleure ton absence,
Ma robe est un prétexte à l’étreinte insensée,
Je t’invite sans mots, d’un regard en silence,
À venir posséder ce que tu as déjà volé. »

Tu te montres taquine, petite Laureline,
Mais je sais que tu joues à te montrer revêche.
Et de plus je devine que sous la popeline
De ta robe tu es nue, juste ta peau de pêche.

« Je suis nue d’absolu, d’envie et de mystère,
Chaque fibre est à toi, tissée de ton désir.
Dans cette étreinte où l’air devient notre matière,
Je t’offre l’invisible, mais je brûle à loisir ! »

Je t’ôte de mon souffle cette armure fragile
Et sans mettre les doigts, ta robe s’est ouverte.
Mes soupirs sur tes seins, de mes lèvres agiles,
Descends vers ton bas-ventre en fin de découvertes.

« Ton souffle alors m’enlace, mes reins cherchent ta fièvre,
Je m’ouvre à l’invisible, offerte à ton élan.
Chaque frisson s’imprime au velours de mes lèvres,
Et je deviens soupir, perdue dans le néant ! »

Et je deviens printemps et toi tu deviens fleur ;
Ton bouton s’épanouit sous tes pétales roses.
Et je deviens rosée et je perçois tes pleurs
Car tu pleures de joie tandis que je t’arrose.

« Dans l’écho du silence, nos soupirs s’évaporent,
L’invisible s’endort, repu de nos accords.
Mais déjà je frémis, car ton regard m’implore :
Reviens-moi, Laureline, rallume encore ton corps ! »

Illustration de Robert McGinnis.

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