
Je m’imagine ficelé dans la prison de mon présent
Entre un passé décoratif et un futur inaccessible.
Tous les jours qui ont défilé, tirent ce lien omniprésent
Qui me laisse interrogatif sur tous les dénouements possibles.
Si le passé me tire trop vers mes nombreux trous de mémoire,
Je reste prisonnier à jamais des souvenirs irréparables.
Je serais complètement rétro dans la poussière des armoires
Qu’on jette à la mer désormais par containers indénombrables.
Si le futur d’emblée m’attire, l’âge ira en s’accélérant
Excepté toutefois les Parque qui me guettent d’un coup de ciseaux.
Si d’aventure je me retire de ce schéma intolérant,
Je naviguerai sur la barque de Charon sur le Styx schizo.
Alors je tranche enfin ce fil, non par courage, mais par présence ;
Ni hier, ni demain ne m’attachent, leurs nœuds se desserrent en silence.
Je m’assieds là, sur le seuil pile où l’instant défait l’impatience
Et dans ce vide que je lâche, je marche droit… sans vigilance.
Tableau de Léna Mačka.
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