
Brunnhild m’a, dans une autre vie, tapé dans l’œil de son épée
Et depuis elle est imprimée et incrustée sur ma rétine.
Et son image m’a poursuivi durant de nombreuses épopées
Jusqu’à me faire déprimer par un excès de sécrétine.
Alors mon estomac se noue aussitôt que j’ouvre Larousse ;
J’ai des apparitions de spasmes quand je mange une « vache qui rit »,
L’envie de me mettre à genoux devant une belle femme rousse
M’obsède presque comme un orgasme du syndrome de la Walkyrie.
Même sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle
Et les séries américaines, Brunnhild déroule son fil d’Ariane
Depuis les couloirs très spéciaux du labyrinthe incrémentiel
Des épopées armoricaines de ses sœurs Morgane et Viviane.
Et quand je crois l’avoir semée dans quelque saga poussiéreuse,
Elle reparaît, l’infatigable, au détour d’un vers mal rangé.
Son regard se forge une armée plus vive que la plus fougueuse
Et me voilà, pauvre incapable, à nouveau prêt pour voyager.
Tableau de Gaston Bussière.
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