La nuit de tous les désirs

La nuit de tous les désirs

La compagnie a fait l’erreur
de couper l’électricité
La nuit où je suis arrivé
à mon rendez-vous libertin.
Pourtant j’ignorai la terreur
que m’inspirait l’obscurité
Et tapotai sur les rivets
de la porte d’un geste incertain.

Une main est sortie de l’ombre
et m’a fait signe de rentrer
Puis, m’a guidé dans le couloir
jusqu’à son petit nid douillet.
J’entendis plusieurs voix en nombre
et j’en fus très déconcentré
Car voici que, sans le vouloir,
des mains m’ont tout déshabillé.

On me tâta les génitoires
tandis qu’on me pinçait les fesses
Et je me suis senti happé
par une bouche de velours.
Alors moi, sans faire d’histoires
mais tourmenté, je le confesse,
J’ai senti mon fluide échapper
le cœur battant, confus et lourd.

Au petit jour on m’a réveillé
par des câlins pleins de promesses ;
C’était le chat dans mon giron
qui me pelotait sans finesse.
Je relevai de l’oreiller
une tête lourde avec mollesse
En maudissant ce vigneron
qui m’a vendu son vin de messe.

Tableau de Dmitri Anatolyevich Belyukin.

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