Le pélican bouffon

Le pélican bouffon

Il n’est pas paradisier et c’est un bon point pour lui !
Avec ses pattes de canard et son bec à provisions,
On dirait une ménagère blottie sous son parapluie
Et dodelinant des hanches en faisant ses commissions.

C’est un oiseau porte-plume, d’un caractère bien trempé.
Sa peau lisse est bien ancrée sous un plumage opalin.
Un oiseau un peu bouffon qui vous force à vous cramper ;
Il n’est pas très à la mode, il n’a pas l’air très malin.

Peste soit du créateur, d’avoir pu l’imaginer !
Peste soit de l’architecte, d’avoir pu le dessiner !
Peste soit de l’ouvrier, d’avoir bien pu l’usiner !
Peste soit du barbouilleur, d’avoir pu l’enluminer !

Pour rajouter une couche sur ce beau papier couché,
Je trempe mon pélican dans l’encrier de mes songes.
Inutile de sauver cet oiseau mal embouché,
Inutile d’enfoncer ni de faire un pieux mensonge.

Mais voilà ! Il est créé ! Il va bien falloir l’aimer !
Surtout pas de tolérance, ce n’est bon que pour les fourbes ;
Mais permettre et accepter de le laisser s’essaimer
Et l’autoriser à vivre avec ses pics et ses courbes.

Tableau de Fabienne Barbier

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