Sur l’écran de la plage, j’ai mis le projecteur.
J’y reflète mon âme, j’y projette mes peurs.
C’est là que je visionne de cet œil directeur
Toutes mes atmosphères imprégnées de torpeur.
Si parfois je succombe à fuir mes cauchemars
Pour chercher un asile, un abri protecteur.
Une fois apaisé, je reviens goguenard,
Mais le poison reflue vite en mon collecteur.
Jusqu’à ce que j’admette de changer de bobine,
Jusqu’à ce que j’excepte toutes mes illusions
Ce ne sont pas les autres mais mes propres endorphines
Qui coulent dans mes veines et créent la confusion.
Aujourd’hui si je goûte à vivre au jour le jour,
C’est parce que j’y puise mon bonheur quotidien.
Je projette mon âme et c’est à contre-jour
Que j’y trouve la flamme qui suit mon méridien.
Plus rien ne peut m’atteindre et toutes les frayeurs
Que projettent les autres n’ont plus de fondement.
Je prépare leurs âmes et j’en suis le veilleur
Et toutes leurs chimères s’en vont timidement.
Tableau de Fabienne Barbier
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