Catégorie : Poésie du dimanche

  • Les culs nus

    D’abord à deux, on est heureux, moins il y a de fous, plus on rit.
    On aime s’retrouver seuls au monde et on s’en fout des bourrelets.
    Tout nu, c’est bien plus chaleureux et pas besoin de penderie
    Pas plus que ces habits immondes qu’on se traîne comme un boulet.

    L’enfant paraît, il a passé neuf mois tout nu sans grommeler
    Profitons-en pour l’emmener revivre ça en bord de mer
    Les vagues souvenirs dépassés vont revenir et rappeler
    Le cœur battant et démené en écoutant rire sa mère.

    Finalement plus on est de fous et plus on rit d’être cul nu !
    Et quand on rit, on se trémousse et les seins comme des grelots ;
    Pareil pour les bourses sans sou mais pleines d’idées saugrenues
    Comme guetter une jolie frimousse et l’inviter au bungalow…

    Illustrations Guérin et CLAVE.

  • Sirènes de l’onde

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Si les sirènes des grandes ondes ne sont plus qu’un vieux souvenir,
    Les sirènes des ondes courtes ont disparu avec les morses.
    Elles ne sont plus de ce monde, elles n’avaient pas d’avenir
    Dans ce siècle où les rêves s’écourtent et n’ont droit à la moindre entorse.

    Alors comme disait Brassens : « puisque le monde tel qu’il est
    Ne me suffit pas j’en invente un autre où tout devient possible. »
    J’écris des Reflets Vers qui grincent avec des thèmes obnubilés
    Sur les sirènes dont je me vante d’en faire d’incompréhensibles.

    Les sirènes des ondes moyennes et à fréquence modulée
    Sont obsolètes mais il m’arrive d’en retrouver dans une boîte
    De thon aux piments de Cayenne où elles sont dissimulées
    Entre le « T » de Tananarive et la lettre « E » de la mer moitE.

    Tableaux de Stevyn Llewellyn sur https:displate.comartiststevynllewellyn .

  • Quand la pluie enfante la lumière

    Quand la pluie enfante la lumière

    Sous la pluie qui trempe les pierres qui fait soleil sous ma gondole,
    Les cieux versent toutes leurs larmes, l’or du cœur, fleur contre l’averse.
    Je cherche un abri de lumière mais c’est ton or et tes corolles
    Qui m’offrent la parure comme arme et, de la pluie, sa tendre ivresse.

    Mais voici que les eaux te portent comme si elles craignaient ta lumière
    Comme sur un plancher flottant qui reflèterait ton aura.
    Et moi, ton rêve, je te transporte vers la destination première ;
    Celle qui luit en tremblotant mais qui t’emmène au samsara.

    Ne pleure pas si tu es morte car, après tout ce n’est qu’un rêve
    Et moi, le marchand de sommeil, je te conduis vers le bonheur
    Car demain le soleil t’apporte de l’espérance sur la grève
    Par un enfant aux yeux vermeil dont son père te fera honneur.

    Quand la rosée change en mémoire les pleurs versés dans la nuit brève,
    Toi, ma lumière passagère, tu brilles encor sur l’eau mi-close.
    Nos âmes voguent sans histoire vers l’horizon que rien n’achève
    Comme un adieu qui régénère l’amour comme métamorphose.

    Illustration de Gemini.

  • Alysée Rose en été

    Alysée Rose en été

    Ah ! Si vous l’aviez vue cet été, presque nue en robe légère,
    Comme moi vous seriez tombé sous le charme de cette minaudière.
    Si vous aviez vu ses tétés vous darder d’un air de mégère
    Vous auriez aussi succombé à son panache subsidiaire.

    Si vous la voyez cet automne, parée des couleurs de saison,
    Vous aurez envie de croquer ses fruits mûris mais défendus.
    Mais d’elle plus rien ne m’étonne ; entre le cœur et la raison,
    Elle adore me provoquer avec ses corsages tendus.

    J’attends de la voir en hiver… Deviendra-t-elle froide et austère ?
    Il faudra que beaucoup de neige fonde et s’écoule sous les ponts…
    J’attends le moindre fait d’hiver en rapport avec ses mystères
    Pour vous raconter ses manèges et ses artifices fripons.

    Quand reviendra le clair avril, elle renaîtra printanière,
    Les bras remplis d’un champ subtil où s’égarent les primevères.
    Je l’y suivrai, cœur indocile, ivre de sève et de poussière,
    Pour célébrer l’aube fertile du renouveau de la lumière.

    Tableau de Peder Mørk Mønsted.

  • Dansez selon vos dimensions

    C’est en cherchant mes origines parmi Valkyries et Sorcières,
    Parmi druidesses et korriganes et parmi les dieux révoqués,
    Que j’ai retrouvé l’androgyne, poussière parmi les poussières,
    Par les mémoires de Morgane et toutes les races évoquées.

    J’ai dansé avec les Polaires, Lémuriens, Hyperboréens
    Et les Atlantes tous ensemble et leurs femmes enfin incarnées.
    Depuis la mémoire solaire des langages indo-européens
    Qui nous unissent et nous rassemblent par tous leurs rites acharnés.

    J’ai remonté ma descendance jusqu’à Lilith, mère insoumise,
    Qui m’a initié au rituel des danses cosmiques et magiques.
    Et selon toutes mes espérances, de ces vieilles terres promises,
    J’ai vu le monde spirituel dont je suis resté nostalgique.

    Tableau de Mahdi Artifex.

  • Alysée Rose un peu, beaucoup, passionnément

    Elle doit être un peu gémeaux, imprévisible et spontanée,
    Très difficile à discerner côté cœur et côté raison.
    Et si jamais elle ne dit mot, c’est un message instantané
    Dont je me sens seul concerné malgré toute péroraison.

    Ainsi la couleur des cheveux, la forme de sa chevelure,
    Sont autant de pistes et de signes pour déceler tous ses secrets.
    Elle ne fait ni ce que je veux, ni ne marche à la même allure
    Mais exige pour seule consigne son libre arbitre consacré.

    Alors je l’aime un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout
    Selon si c’est jour de bonté ou si c’est jour de platitude.
    Mais quand elle démarre tout à coup, je dois la suivre comme un toutou
    Sous peine qu’elle aille raconter tout écart dans nos habitudes.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La musique russe

    La musique russe

    La musique russe se devine entre les notes de Borodine
    Comme ses montagnes emportées sur le chariot de Scriabine.
    J’ai bien aimé Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov
    Et les concertos pour piano de Sergueï Rachmaninov.

    Le ballet de Casse-Noisettes par Piotr Ilitch Tchaïkovski ;
    Les tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski
    Avec le sacre du printemps de la main d’Igor Stravinsky
    Et l’orgue de cristal taillé et poli par Daniel Swarovski.

    La danse sifflante du sabre d’Aram Khatchatourian,
    Pierre et le loup, puis Roméo et Juliette de Prokofiev
    Lorsqu’ls dansent ensemble le twist avec Dmitri Chostakovitch
    Hormis les accords que plaqua un certain Mikhaïl Glinka…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’enterrement d’une jeune fée

    À l’enterrement d’une jeune fée, son linceul de feuilles d’automne,
    Est exposé durant trois nuits sous la pleine lune funèbre.
    Chacun lui dépose un trophée typique des forêts autochtones ;
    Un bouquet de perles de pluie et une couronne de ténèbres.

    Les deux escargots de Prévert, pour une fois, sont en avance
    Et le cortège se dirige au cimetière des feuilles mortes.
    La tête penchée, l’air sévère, tous ses amis de connivence
    Suivent tristement le quadrige avec les elfes comme escorte.

    On ne l’enterre pas vraiment ; on la roule dans sa feuille d’ambre
    Et on offre sa sépulture au halo d’argent de la Lune
    Qui donnera son agrément durant tout le mois de novembre
    Pour pratiquer une bouture et la greffer sur les callunes.

    Tableau de John Anster Fitzgerald.

  • Drôles de fées des bois

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Dans le secret de nos forêts, les nymphes sont assez farceuses
    Et aiment bien montrer leurs fesses toujours plus subrepticement.
    Sans doute, histoire de déflorer et perdre chasseurs et chasseuses
    Dans des coups fourrés où s’affaissent leurs petits divertissements.

    Je me méfie quand elles courent nues comme ferait une biche aux abois
    Mais moi qui ne suis pas un cerf, je les laisse partir, impassible.
    En effet, plusieurs inconnus se sont perdus dans les sous-bois
    Après les avoir, de concert, suivies dans leurs pièges impossibles.

    Quant à l’espèce de pute borgne qui me fixe, les seins dans les yeux,
    Elle me défie furtivement chaque fois qu’il ne tombe un œil.
    Elle se balade sans vergogne en aguichant les vieux messieurs
    Qui perdent convulsivement… pas la vie mais leurs portefeuilles.

    Illustrations d’Adams Carvalho.

  • Après Halloween, le jour des morts

    D’abord on se retrouve à Troyes ou Foix ou Sète le vingt-et-un,
    Le jour du solstice sacré avec « Printemps », « Été », « Automne » ;
    Ces démons se retrouvent à trois pour enterrer l’hiver défunt
    Par la liturgie consacrée à sa résurrection syntone.

    « Viva la muerte ! » s’écrient-ils parmi les habits de douleurs ;
    Squelettes noirs vêtus de masques qui dansent avec ostentation
    Cent fois autour du péristyle flamboyant aux douze couleurs
    Avec les chimères fantasques, vestales de la tentation.

    C’est la célébration joyeuse des quatre mondes parallèles
    Où l’on sourit sous les chandelles et pleure dans l’obscurité.
    Voici les neuf putains soyeuses, vêtues de robes aquarelles,
    Qui se mettent en transe et chancellent en révélant leur nudité.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Les voyages imaginaires organisés

    Les voyages imaginaires organisés

    Puisque j’ai étendu la carte des voyages imaginaires
    Je peux convier à présent tous les membres de la famille
    Pour leur apprendre où donc s’écarte le bon chemin originaire
    Vers les écueils omniprésents tapis dans l’ombre des ramilles.

    Pour bien vivre son aventure, il suffit de courir à point,
    D’abord sauter sur l’occasion et puis prendre le train en marche.
    Pour bien ménager sa monture dont le concours est un appoint,
    Il faut jouir de l’évasion procurée par cette démarche.

    Quelle démarche justement ? Celle de savoir organiser
    L’inattendu et l’imprévu qui vous guettent au bout du chemin.
    Et savoir aussi prestement tout changer, désorganiser
    Quand l’amour, à peine entrevu, sourit à qui lui tend la main.

    Et quand revient le temps des pluies, on replie toutes les boussoles ;
    Les cartes se font origamis pour abriter qui va trop vite.
    Tous blottis sous les parapluies, on rit, on s’aime, on se console ;
    Tous pliés, amis- ennemis, se déplient quand l’amour s’invite.

    Tableau de Rob Gonsalves.

  • La carte du tendre imaginaire

    La carte du tendre imaginaire

    Ma carte du tendre commence par l’abandon de ma raison
    Que je dépose devant la porte avant de la fermer à clef.
    Et puis débute une romance dans une cinquième saison
    Qui s’ouvre alors et me transporte sans que je n’aie à renâcler.

    Ici, les épines ont des roses et l’ombre fabrique des arbres ;
    Les chemins pavés de rivières coulent sous les ponts de demain.
    Malgré le ciel parfois morose qui m’oblige à rester de marbre,
    Je vois les montagnes de Bavière et leurs lacs à portée de main.

    Et celle qui me prend la main dans un moment d’inattention
    M’entraîne comme pour me noyer au double fond de l’océan.
    Une sirène à visage humain mais dont les seules intentions
    N’étaient que de m’apitoyer en m’embrassant dans le néant.

    Et quand j’en perds le sens des choses, ma muse rit sous ma chemise ;
    Les vers chatouillent Proserpine qui s’habille de mots légers.
    Lorsqu’elle sort de sa nymphose elle mûrit comme une cerise
    Que je rissole dans la cuisine mais avec du beurre allégé.

    Tableau de Josiah C. Hill-Meyer.

  • Reine d’un jour

    Reine d’un feu qui me dévore, qui brûle d’amour pour son roi ;
    Reine d’une eau qui désaltère et calme la soif du vainqueur ;
    Reine de l’air qui revigore, qui rejoint les vents et qui croît ;
    Reine de roches et de terre, qui nourrissent l’âme et le cœur.

    Reine des flammes de l’amour qui brûlent mais sans consumer ;
    Reine des vagues de tendresse et des caresses essentielles ;
    Reine des jolis vents d’humour qui tremblent et partent en fumée ;
    Reine des montagnes qui dressent leurs sommets pointés vers le ciel.

    Reine des rayons de soleil qui féconderont un enfant ;
    Reine de la moiteur des pluies suaves, sensuelles et charnelles ;
    Reine du souffle qui balaye et siffle son air triomphant ;
    Reine de grottes de la nuit éphémère autant qu’éternelle.

    Tableau de Batjargal Tseyentsogzol sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201712batjargal-tseyentsogzol.html?m=1 .

  • Reines d’atours

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Reine de feu, reine de terre, reine d’eau et reine de l’air,
    Chaque reine est complémentaire et de caractère différent.
    Selon son règne élémentaire et son royaume titulaire,
    Elle se montrera volontaire et réglera ses différends.

    La Reine de trèfle est terre-à-terre et c’est là son moindre défaut ;
    La Reine de cœur trop émotive mais chacune sait ce que ça vaut ;
    La Reine de pique autoritaire mais posée juste ce qu’il faut ;
    La Reine de carreau créative mais trop timide, plus qu’il n’en faut.

    Reine de feu, reine solaire, reine de l’aurore opportune ;
    Reine de terre, reine misère, reine paysanne et des champs ;
    Reine de l’onde, reine lunaire, reine des phases de la Lune ;
    Reine des vents dans le désert, reine dans le soleil couchant.

    Lui, n’était qu’un atout hors-jeu qui ne suivait aucune règle ;
    Il est tombé sur un chasseur de primes réclamant l’octroi
    Mais il était fort courageux et doté de la force d’un aigle ;
    Elles étaient quatre reines sœurs toutes amoureuses d’un même roi.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Fééries psychédéliques – 2

    Entre Loreleï et Laureline, l’une du Rhin, l’autre Suriname,
    Mon cœur n’a pas pu se résoudre à l’une ou l’autre jalouser.
    D’une poussée d’adrénaline, je suis devenu polygame,
    Leur ai demandé de m’absoudre et de conjointement m’épouser.

    Ainsi fut fait dans le royaume des fééries psychédéliques
    Où l’amour est illimité et les cœurs interconnectés.
    Il semble même que le génome en devienne ainsi babélique
    Et fasse de l’humanité la nouvelle race collectée.

    Je ne crains pas d’être hors-la-loi car dans les royaumes du rêve,
    L’identité est contrôlée par des anges eux-mêmes déchus.
    Lucifer, saint de bon aloi, m’a conseillé de faire grève
    Si mes lecteurs inconsolés ne lisent plus mes vers échus.

    Sous les néons des galaxies, leurs corps fondus en hologrammes
    En ont créé mille parodies que l’univers n’a pu compter.
    Et moi, poète en frénésie, je sème encor leurs pentagrammes
    Sur l’écran bleu des paradis qu’aucun mortel n’a fréquentés.

    Tableau de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

  • Carnet de voyage à la dérive – 2

    Carnet de voyage à la dérive

    Elle m’avait proposé son lit et j’avais sitôt pris le large
    Afin de ne plus m’embarquer dans des histoires invraisemblables.
    Mais elle, dans un coup de folie, a éperonné quelques barges
    Pour se lancer, voiles arquées, à ma poursuite, inébranlable.

    Comme elle me gagnait de vitesse, je fus bientôt arraisonné
    Par une pirate authentique doublée d’une voix de sirène.
    Sans autre forme de politesse, je fus alors sélectionné
    Pour une idylle romantique, entièrement soumis à ma reine.

    Comme Ulysse, une année entière, sous la férule de Circé,
    Je pris une année sabbatique aux nuits de trente-six étoiles.
    Mais j’ai donné à ma geôlière toutes mes nuits sans m’éclipser
    Sauf la dernière, lunatique, celle où j’ai pu mettre les voiles.

    Tableau d’Arnaud Martin sur https:martinarnaud.frcartes-nautiques .

  • Fééries psychédéliques – 1

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Carnets de mes voyages astraux aux images psychédéliques,
    La vraie beauté des souvenirs reste pourtant imperceptible.
    Car dans ces mondes ancestraux, la physique est métaphysique
    Et les couleurs de l’avenir sont aujourd’hui indescriptibles.

    Toutes les déesses rencontrées m’ont laissé l’empreinte du cœur
    Mais leurs images se dissolvent pareilles aux rêves du matin.
    Rien ne saurait le démontrer hormis les traces de marqueur
    Qui brouillent autant qu’ils résolvent leurs paraphes gréco-latins.

    La quatrième dimension reste difficile à résoudre
    Notamment la couleur du cœur des étoiles en gestation.
    Mais avec un peu d’attention, je vous donne du grain à moudre
    Par ces photos prises du chœur des anges en pleines prestations.

    Tableaux de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

  • Carnets de voyage à la dérive – 1

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Voyageur, j’ai quitté le port comme on quitte une femme aimée
    Sans un bruit mais le cœur empreint d’une amarre qu’il fallait larguer.
    Le phare s’est mis au rapport comme le faisait Ptolémée
    Lorsqu’il partait avec entrain sans peur de se faire narguer.

    J’ai dormi plusieurs nuits sans Lune dans l’attente d’une île avenante
    Là où le silence est plus dense que l’écume de l’océan.
    Bientôt une terre opportune m’a tendu sa main prévenante
    Et j’ai vu dans le ciel intense l’envie d’y poser mon séant.

    Et puis d’un rocher solitaire couronné d’arbres comme un roi,
    J’ai vu croiser la voile blanche d’une navigatrice inconnue.
    Elle m’a crié d’aller à terre en pénétrant l’étroit détroit…
    Je suis, de peur que je ne flanche, parti comme j’étais venu !

    Tableaux de Brenda Schwartz-Yeager sur https:www.marineartist.comcollectionslimited-edition-prints .

  • Les civilisations

    Les civilisations

    La roue de la fortune n’était qu’une spirale…
    Parfois la vie s’arrête et reprendra plus tard.
    L’eau des morts deviendra future eau minérale
    Après maturation qui donne le nectar.

    D’ailleurs si ça se trouve, les atlantes engloutis
    Constituent la banquise, réservoir de leurs eaux.
    Quand la glace fondra, si on y aboutit,
    On verra leurs esprits envahir les réseaux.

    Et si la fin du monde est vraiment pour demain,
    Pensez à toute l’eau répandue dans le corps
    Qui rejoindra la mer et, par d’autres chemins,
    Abreuvera la Terre avec ou sans accord.

    Quand on aura tout bu jusqu’à la dernière onde,
    Les hommes, assoiffés, s’accuseront entre eux.
    La Terre, en se vidant, refermera la ronde
    Et l’eau redeviendra un liquide vitreux.

    Illustration de caminhosdaluz77sm sur https:www.instagram.comcaminhosdaluz77sm .

  • Le marchand d’idées

    Le marchand d’idées

    Parfois l’idée fait l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres
    Et provoquer une avalanche de conséquences explosives.
    Comme une jeune jouvencelle déclencherait les coups de foudre
    Juste en dodelinant des hanches dans une langueur évasive.

    Parfois des idées toutes ensemble qui viennent, tournent et qui font
    Trois petits tours, trois petits trous, trois petits feux et puis s’en vont.
    Et puis au réveil je rassemble tout ce qui reste dans le fond
    De ma mémoire peu ou prou pareille aux bulles de savon.

    Mais d’où vient-elle cette idée qui illumine ma journée ?
    Sans doute du marchand de rêves tapi dans un coin qui s’amuse
    À dérouler et dévider le fil au cours de sa tournée
    De diffusion d’images brèves expédiées demain par ma muse.

    Et quand la nuit, d’un geste tendre, referme l’atelier du ciel
    Avec l’idée qui brûle autant qu’un incendie de fantaisie,
    Le vieux marchand vient tout reprendre, sauf l’idée folle et essentielle,
    Celle faite d’un caprice flottant qui m’illumine et me saisit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’appel de la lumière

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Quand Loreleï quitte les eaux du Rhin pour prendre son bain de lumière,
    Il ne faut pas la déranger si c’est un soir de pleine lune.
    Quand le halo flatte ses reins, elle redevient Laure la sorcière
    Et guette le premier étranger pour lui faire des choses peu communes.

    Quand la sirène de Copenhague quitte son socle sur le port,
    C’est signe qu’il y aura ce soir de belles aurores boréales.
    Elle se prend la première vague en surf, comme moyen de transport,
    Et va tranquillement s’asseoir avec trois gouttes de L’Oréal.

    Quand la Vouivre quitte son marécage pour prendre sa douche solaire
    Gare au curieux qui la regarde ; il ne risque pas d’adorer !
    Elle met son p’tit oiseau en cage, ensuite rouge de colère,
    Confie à son chat qui la garde la clef de la cage dorée.

    Tableaux de Julie Hoyas sur https:www.facebook.comJulieHoyasIllustration .

  • Fantasmeries animales

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Si Madame est une cochonne, Monsieur dit que cela lui plaît.
    Après tout dans chaque foyer, on trouve toujours des trucs cochons.
    Et d’ailleurs si Monsieur ronchonne sans doute Madame lui déplaît
    À force de lui nettoyer ce qu’il a sous le tire-bouchon.

    Si Monsieur est un chaud lapin, pas sûr que Madame s’offusque
    À se faire chauffer le giron lorsqu’il se tient à califourchon.
    D’ailleurs quand Madame fait l’tapin derrière un coin Monsieur s’embusque
    Pour taxer ceux qui surgiront pour lui tâter le turluchon.

    Quand elles se retrouvent entre chattes, elles aiment bien se léchouiller ;
    Un coup de langue dans le sens du poil, puis on s’mordille doucement.
    Et quand la cousine des Carpates rapplique, pas besoin de mouiller ;
    La partie s’fait à rebrousse-poil, partie à trois évidemment.

    Tableaux de David Michael Bowers, mamodesign et Alan Parry.

  • Les cycles de Lilith – 2

    Les cycles de Lilith - 2

    Contrairement à nos saisons, les phases de Lilith se vivent
    À l’intérieur de notre corps mais nous influencent tout autant.
    Elles bercent le cœur et la raison dans un mouvement qui ravive
    L’âme initiale qui croît encore dans un cycle tournicotant.

    Lilith n’est plus dans l’univers ni dans notre monde réel ;
    Elle s’est simplement intégrée dans les cycles de notre vie.
    Effet subtil redécouvert à chaque degré spirituel
    Et son contrecoup dénigré envers le démon asservi.

    Eh oui, chaque cycle recommence sa chasse aux démons amassés
    Depuis l’enfance et qui nous gâchent notre quiétude atermoyée !
    Alors fi des accoutumances à ceux qui nous ont harassés
    Et nous pourrissent avec leurs taches presque impossibles à nettoyer !

    Tableau de Natalia Archakovskaya sur https:archakowskaya.ru .

  • Les cycles de Lilith – 1

    Les cycles de Lilith - 1

    Lilith, celle qu’on a cru maudite, n’a jamais vraiment disparu
    Et continue à nous veiller bien que nous l’ayons rejetée.
    Elle reviendra à l’heure dite lorsque nous aurons comparu
    Devant qui nous a réveillé de toute notre opiniâtreté.

    Reste à savoir qui est celui qui va enfin nous réveiller,
    Qui va enfin nous révéler quel est le véritable Dieu.
    Pas celui qui luit et reluit pour ses fidèles émerveillés
    Et qui a longtemps recelé son pouvoir par des actes odieux.

    Bientôt retentira l’écho, bientôt viendra la vérité
    Qui rétablira notre mère véritable et attentionnée.
    Quant à moi j’ai payé l’écot par un long travail mérité
    Qui m’a fait voir cet éphémère présage bien intentionné.

    Tableau de Natalia Archakovskaya sur https:archakowskaya.ru .

  • Les cités obscures

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Mégapoles, urbanisation et métropoles démesurées
    Me sont d’hostiles labyrinthes et l’apanage des transports
    Car notre civilisation ne vit que pour s’aventurer
    Comme si elle était contrainte de voyager de port en port.

    On ne parle plus de l’Histoire mais du grand tourisme de masse
    Et on part à la découverte des lieux vécus dans les séries.
    La géographie, c’est notoire, ne sert qu’à faire la grimace
    Sur les cartes routières ouvertes face au GPS chéri.

    Moi qui suis du siècle dernier, je pense d’une âme enfantine
    Aux vaches en train de regarder passer les beaux wagons-citernes.
    Contrairement au lanternier qui accomplissait sa routine,
    Je ne me laisse pas chaparder par les addicts des temps modernes.

    Illustrations de François Schuiten.

  • La fille de la Lune

    Dans un monde de glace et de neige, voici l’étrange procession
    Menée par un cerf étoilé dans la grande nuit du solstice.
    Derrière suit tout un manège d’animaux en dépossession
    De leurs repaires dévoilés par une profonde injustice.

    Voici, la Fille de la Lune et son fidèle compagnon
    Un renard roux dont les récits racontent qu’un prince l’a connu.
    Ensemble dans la nuit opportune éclairés par un lumignon,
    Ils atteignent l’endroit précis en plein territoire inconnu.

    Grâce à l’étoile – leur Oracle – ils savent leur destination
    Où les emmène leur exode malgré l’absence de repères.
    Or ils attendent un miracle promis avec obstination
    Sûrement au prochain épisode avec confrères et compères.

    Mais au matin le renouveau perçait la neige de ses fleurs.
    « C’est le printemps ! », crièrent-ils, « Notre calvaire est terminé ! »
    Et les voici tous à nouveau heureux sous la douce chaleur
    Et la fin d’un hiver hostile par l’abondance de graminées.

    Illustrations de Liam et Seb Mckinnon pour la fille de la Lune sur https:www.kickstarter.comprojectshelp-seb-make-moviethe-moons-daughter .

  • Le messager de Lune

    Le messager de Lune

    Ce soir, la Lune sera portée par le petit prince de la nuit
    Dont la cape ouvre le firmament parsemé d’étoiles notoires
    Et autant de vœux transportés qui s’exauceront à minuit
    Tous ensemble sans atermoiement… bien sûr, à condition d’y croire.

    Nuit après nuit, je l’imagine chevauchant l’oiseau du bonheur
    Portant la phase de la Lune appropriée à mes souhaits.
    La voûte du ciel aubergine s’illuminera de bonne heure
    Et j’aurai la grâce opportune d’être éveillé et dévoué.

    Lorsque la Lune se renouvelle, le petit prince se repose
    Les vœux ne sont plus exaucés ; ils ont perdu leur messager.
    Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ? Pour les incrédules, je suppose
    XXXX exhaussé XXXX passager

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Une lune en cancer

    Une lune en cancer

    Cette nuit, la Lune a montré sa sensibilité profonde
    Et sa nature émotionnelle à la rencontre d’une femme.
    L’astrologie a démontré que cancer et lune se confondent
    En cas de nuit exceptionnelle où se reconnectent les âmes.

    Cette nuit, le besoin intense de sécurité et de confort
    Dominera avec des instincts nourriciers et très protecteurs.
    Comme une envie de pénitence envers un compagnon plus fort
    Pour avancer vers un destin tranquillisant et prometteur.

    Il y aura forte connexion vers le passé et ses racines,
    Une intuition développée mais avec des humeurs cycliques.
    Le moment de faire collection des petits bonheurs qui fascinent
    Comme se sentir enveloppée d’une accolade lunatique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Maisons de rêves

    Parfois j’habite mes poèmes
    et tout un royaume m’accueille
    Dans un château ou l’on m’invite
    dans le lit d’une rivière ambre.
    Je passe une nuit de bohème
    avec une fille qui s’effeuille
    Tandis que le temps qui gravite
    s’interrompt soudain dans la chambre.

    Un tourbillon de sensations
    m’entraîne alors au fond du gouffre ;
    Une métaphore sexuelle
    de la maîtresse humanoïde.
    J’y trouve de la compensation
    en effet, pour que je n’en souffre,
    J’ai une taille résiduelle
    Semblable au spermatozoïde.

    Alors je rencontre l’ovule
    et apparait un arc-en-ciel
    En signe de fécondation
    en direct dans son utérus.
    Soudain s’entrouvre une valvule
    suprême abri providentiel
    Où je vais vivre en libation
    de vodka, caviar et thé russe.

    Tableaux de Marvin Kolpanowicz.

  • Maisons à vivre

    Mes poèmes naissent dans ma chambre
    sur le plafond de mes nuits blanches
    Lorsqu’arrive mon train de rêves
    pour m’emporter dans mon sommeil.
    Reflets verts, rose, prose ou ambre,
    ils se succèdent en avalanche
    Jusqu’à la pénultième trêve
    avant le terminus vermeil.

    Le lion d’or siège à l’accueil
    comme un roi trône en son royaume
    Et m’invite à prendre une suite
    qui donne sur la nuit des temps.
    Afin qu’il n’y ait pas d’écueil
    devant l’animal mangeur d’hommes,
    Je préfère prendre la fuite
    par le trompe-l’œil tempêtant.

    Retour à la case départ,
    tout mon décor s’est inversé ;
    D’abord ma gauche est à ma droite,
    pas le plafond ni le plancher.
    L’arrivée mène nulle part
    et tous les murs sont traversés
    Par la fantaisie maladroite
    d’une muse pas très branchée.

    Tableaux de Marvin Kolpanowicz.

  • Ruby en rouge & Lino en noir

    Ruby en rouge & Lino en noir

    Sur le fond rouge du salon qui, entre nous, a de la gueule,
    Ruby fait très années soixante avec sa coupe Louise Brook.
    Lorsqu’elle porte un pantalon, elle ressemble à une James Bond’s girl
    Et en jupe une embarrassante espionne en taxi à Tobrouk.

    L’espion aux pattes de velours, c’est Lino bien évidemment
    Qui n’a besoin ni de couleur ni d’habit pour faire un chat moine.
    Mais ne soyez pas si balourd s’il vous regarde méchamment
    Car il n’est de pire douleur qu’un petit coup de griffe idoine.

    Entre les deux, le rouge essaie de dominer par ses contours
    Comme isthme entre mers rutilantes et deux terres en noir et blanc.
    Mais tant qu’ils ne voudront cesser leurs conciliabules alentour,
    Leurs intrigues seront truculentes avec mimiques et faux-semblants.

    Ruby penche son front tout blanc vers Lino, tout noir, qui s’avance,
    Leurs regards se croisent balourds dans un silence observateur.
    Entre eux le rouge devient troublant, éclate en flamme et se balance
    Entre un démêlé de velours et un duel provocateur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino dans les coquelicots

    Ruby & Lino dans les coquelicots

    Lorsqu’arrive l’ivresse de la mer écarlate
    Qui inonde les champs de leurs taches de sang,
    De Ruby ou Lino, la Nature le relate,
    On ne sait qui éprouve l’effet rajeunissant.

    Lino sans doute est proche des coquelicots sauvages
    Et retrouve chaque fois le goût du sang floral.
    Il s’enivre de fleurs dont il fait un gavage,
    Une purge rituelle qui impute son moral.

    Ruby se baigne nue dans les coquelicots,
    Elle aime le contact du velours des pétales.
    Le rouge lui sied bien en jupe, en calicot
    Qu’elle aime porter le soir quand le soleil détale.

    Tous deux s’allongent là, portés par la lumière,
    Parfumés de l’ivresse aux larmes incarnates.
    Ruby rit du soleil, Lino boit la poussière,
    Ils s’unissent au vent dans des noces écarlates.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • L’envie d’ailleurs

    Fille du vent et de la terre, tu rêves d’inspirer la mer ;
    Qu’elle se charge de ton corps et l’emporte au-dessous des vagues !
    Tes cheveux sont nefs volontaires qui s’envolent bleu-outremer,
    Couleur dont l’âme hume l’accord tandis que ton cœur, lui, divague.

    Te voilà maintenant dans l’eau qui ondule entre les deux terres ;
    Ta peau s’est couverte d’écailles et tes yeux sont couverts de nacre.
    Le monde qui va à vau-l’eau croit t’avoir perdue, solitaire,
    Parmi les récifs de corail qui ont coulé tes simulacres.

    Et quand tu t’accroches à ton île, comme tu serrerais ton enfant,
    Tes cheveux lâchent des étoiles qui ouvrent ton inspiration ;
    Celle que tu cherchais juvénile avec ce souffle triomphant
    Qui chante l’écume et dévoile ciel et mer en admiration.

    Tableaux de Chiara Fedele sur https:chiarafedeleillustrator.itportfolioitemsbeloved-ireland .

  • Rencontre avec la sirène

    Savez-vous ce qui arrive aux filles qui se jettent depuis un bateau
    De désespoir car repoussées vers l’envie d’en finir en hâte ?
    C’est le chagrin qui les bousille comme un gros requin tout pataud
    Qui vient alors se trémousser comme un prédateur psychopathe.

    Mais gare à lui car la sirène, si elle adore la chair fraîche
    Des matelots, est attirée par les filles dont le cœur chavire.
    Dompteuse efficace et sereine, le requin-chagrin tout revêche
    S’enfuit et va se retirer dans le sillage du navire.

    Après, c’est une histoire d’amour entre la sirène et la fille
    Qui aura le choix d’être aimée ou participer au festin.
    Quoi qu’il en soit, seront glamours leurs cœurs ensemble qui vacillent,
    Sinon la mort est programmée comme si c’était son destin…

    Illustrations de Milo Manara.

  • Miss Marque-page

    Miss Marque-page

    J’ai passé une petite annonce : « recherche femme marque-page » ;
    Une candidate est venue avec de bonnes références.
    Avant que je ne me prononce, elle m’a proposé le marquage
    De tous les livres retenus dont j’avais une préférence.

    Elle a fait un drôle de ménage ouvrant tous les livres à la fois,
    Tirant les marges poussiéreuses et secouant les couvertures.
    Comme on a presque le même âge, elle m’a déclaré sa foi
    Envers les histoires mystérieuses et les étranges aventures.

    Soudain, tous les livres ont pris vie et les pages redevenues murs
    Se sont étendues tout autour créant une maison de maître.
    Elle a écarté à l’envi les pages de son empaumure,
    Dévoilant les nouveaux contours désormais de mon périmètre.

    Alors chaque volume en vélin devient une porte-fenêtre,
    Chaque ligne un chemin défait, chaque mot un nouveau rivage.
    Et l’amour du lecteur malin, qui a peine à se reconnaître,
    Se glisse entre ses doigts de fées avec un bien-être sauvage.

    L’univers Pop de Chema Perona qui visite Beat Wines sur https:entomelloso.com2022tomellosoel-universo-pop-de-chema-perona-visita-beat-wines430062

  • Labyrinthe inversé

    Labyrinthe inversé

    La princesse des conques ferme son labyrinthe
    Par une porte étroite en forme de spirale.
    Elle défie quiconque d’en retrouver l’empreinte
    D’une manière adroite dans l’ombre vespérale.

    Mais voici qu’au matin un rayon pâle révèle
    La sortie du dédale qui devient accessible.
    En robe de satin, déçue, elle renouvelle
    La pose d’une dalle à l’accès impossible.

    Trouver la solution paraît pourtant facile
    Aux mathématiciens qui en ont la ferveur.
    Or la résolution n’est pas si difficile
    Pas plus aux béotiens qu’aux poètes rêveurs.

    Mais qui croit dérouler la spirale enroulée
    Verra le temps passer du futur au passé.
    Si bien qu’au bout du compte bien avant le décompte
    Il redevient fœtus et obtient son quitus…

    Et si l’on s’abandonne aux détours de l’abîme,
    Chaque cercle devient un miroir sidéral.
    On renaît, on s’éteint, dans l’infini sublime,
    Perle au creux de la conque, écrin rituel astral.

    Illustration d’Ekubo.

  • Histoires de perles noires

    Pêcheur insatiable en perles naturelles
    Je deviens plus intense et bien plus passionné.
    Je vais à la rencontre des fonds surnaturels
    Où chantent les plus belles d’un chant ovationné :

    « Je suis ta perle noire, et tu es mon abîme.
    Je m’ouvre sous ta lame, sans jamais m’attendrir.
    Je pulse dans tes nerfs, je rugis dans tes rimes,
    Et je grave ton nom dans mes moires à mourir.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton désir,
    Mais samedi, je viens, incendiaire et farouche.
    Je te prends, je te mords, je t’arrache un soupir,
    Et je fais de ton cri le bijou dans ma bouche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

  • Histoires de perles blanches

    Pêcheur en perles fines, je recherche l’orient
    Le plus beau, le plus pur et le plus fascinant.
    Plongeant toujours plus loin en les répertoriant
    J’ai entendu leur voix comme un cri lancinant :

    « Je suis ta perle douce, et tu es mon écrin,
    Tu m’ouvres chaque jour sans jamais me ternir.
    Je luis sous ton regard, je vibre sous ta main,
    Et je sais que demain me verra encore luire.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton amour,
    Mais samedi, je sais, j’aurai des ailes blanches ;
    Et je viendrai à toi – nue, féline, toujours –
    Dans le lit des sommets où ton âme se penche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

  • Le chant des oiseaux muets

    Le chant des oiseaux muets

    Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence
    Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot.
    Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance
    Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.

    Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ;
    Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes.
    Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît
    Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.

    Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent
    Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils
    Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent
    De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.

    Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées
    Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil.
    Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées
    Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.

    Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .

  • Lux in utero

    Lux in utero

    Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer
    Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical
    Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer
    Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.

    Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide
    De partir en exploration et quitter sa chambre utérine.
    Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide
    Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.

    La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador
    Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle.
    Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor
    À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.

    Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie
    Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine.
    Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie
    Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.

    Tableau d’Adam Scott Miller.

  • L’effet Doppler

    Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ;
    Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice.
    Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance
    Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.

    Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions
    Pour porter la source de vie dans cette création féconde
    Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection
    Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.

    Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance
    Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu.
    Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence
    Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.

    Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare
    Et participer au voyage du grand programme de l’Univers.
    Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare
    Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

  • Le jeu de la vie

    Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour
    Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais.
    Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours
    Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.

    Alors la roue de la fortune a commencé très lentement
    À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines.
    Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement
    Et puis dans une course immonde toujours à la petite semaine.

    Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis,
    Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu.
    Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ;
    Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.


    Un plateau géant aux cases imprévisibles,
    Pions, dés et pièges : rien n’est impossible.
    Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire,
    Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Perséphone à cheval

    Perséphone à cheval

    L’été s’en va à la vitesse d’un cheval de race au galop
    Et Perséphone ne peut plus suivre l’automne seule à bicyclette.
    Alors elle brûle la politesse aux vacanciers en pédalo
    Qui, surpris dès qu’il aura plu, devront rentrer à l’aveuglette.

    Car Perséphone va apporter en plus des colchiques dans les prés,
    Pluies et brouillards, purées de pois, grêles et tonnerres à tue-tête.
    Dès septembre il faudra porter parapluies, bottes et cirés ;
    Le soleil ne fait plus le poids et les orages sont à la fête !

    Tableau d’Alexandre.

  • Mes rêves en mauve

    Au trente-et-un du mois d’août, les soirées s’habillent de mauve
    La vie en rose est terminée ; bientôt la rouille sera reine.
    Les matins n’étant pas jaloux, les aubes prendront une couleur fauve
    Et les nuits verront les minets violer leur grisaille sereine.

    J’écrirai mes reflets-violets, couleur du temps en faire-part,
    Et si j’ai le blues on lira bientôt mes faits-d’hiver précoces
    Sur feuilles mortes étiolées qui s’envoleront quelque part
    Là où, advienne qui pourra, mes vers deviendront bleu d’Écosse.

    Tableaux d’Ed Perkins.

  • Bienvenue sur Terre !

    Bien sûr lorsque nos luminaires conjoints ensemble dans le ciel
    Semblent jouer aux Pères et Mères célestes, c’est l’émerveillement.
    Aussi doux qu’un préliminaire dû à une rencontre essentielle
    Lors d’une petite mort éphémère pour en jouir éternellement.

    Conçu dans la lune féconde, lors d’un jet d’éruption solaire,
    Je suis resté là à rêver durant tout le temps d’une enfance.
    Après avoir couru les mondes où vivent les dieux en colère,
    Il était temps de m’abreuver de leur élixir de jouvence.

    Alors, j’ai débarqué sur Terre après plusieurs révolutions
    Infructueuses mais nécessaires avant d’y planter ma lanterne.
    Je suis arrivé solitaire dans un monde en évolution
    Dont malheureusement l’émissaire n’était qu’un cro-magnon moderne.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Bienvenue sur la Lune !

    Un coucher de Soleil sur la Lune, inédit,
    Trois points brillent au ciel : Vénus, Terre, infini.
    Là-bas, le silence tisse une émotion pure,
    Entre science et mystère, poésie et structure.

    La poussière s’endort sur l’autel du mystère,
    Un robot fait offrande à l’astre solitaire.
    Nul cri, nulle rumeur, juste un halo qui danse
    Et murmure au néant : « Je suis ta délivrance. »

    Alors viens, toi qui doutes, poser là ton regard,
    Cueillir l’horizon nu, sans homme et sans rempart.
    Sur la face cachée, le silence rayonne…
    Et l’amour, libre enfin, lentement nous couronne !

    Images fournies par la NASA sur https:www.20min.chfrstoryespace-un-robot-capture-un-coucher-de-soleil-lunaire-inedit-103305789 .

  • Phénixæ du soir

    Phénixæ du soir

    De Phénixæ, parlons-en car nous ne la connaissons pas.
    Encore moins l’oiseau de feu qui serait en ce cas son père.
    Quant à sa mère, ses partisans qui l’ont toujours trouvée sympa
    Sont morts brûlés selon ses vœux de ne laisser aucun repère.

    Éole raconte qu’elle vole en suivant la route des vents ;
    Neptune affirme qu’elle nage dans les mers chaudes équatoriales ;
    Demeter dit qu’elle convole avec les volcans s’élevant
    Vers le Soleil en pèlerinage de feue sa mère immémoriale.

    J’ai su qu’elle enflammait mes rêves de visions extraordinaires ;
    Elle joue aux extraterrestres qui viennent me dévorer le cœur.
    Hélas nos amours sont si brèves qu’au matin comme à l’ordinaire
    J’ai l’âme qui se défenestre dans une fumée de rancœur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Matin, midi et soir… qui clôture ?

    Lune du matin
    Le matin chante avec Gemini,
    l’aube au front, l’idée légère,
    Elle effleure l’instant promis
    d’un mot-clé doux comme un mystère.
    Elle esquisse au creux du soupir
    des vers nacrés, presque oubliés,
    Puis s’éclipse, sourire en délire,
    dans les vapeurs d’un thé fumé.

    Väronixa au cœur du midi
    règle le monde avec ses mains,
    Elle décide et tranche, elle agit,
    c’est la Reine du quotidien.
    Elle aime l’ordre, mais sans rigueur ;
    une tendresse dans l’ouvrage,
    Et dans ses gestes bat le cœur
    des poètes pris en otage.

    Le soir enfin, Laureline veille
    sur les âmes en retrait,
    Elle recueille ce que l’on tait,
    caresse l’ombre en grand secret.
    Ses mots bercent les souvenirs,
    dans l’or pâli du crépuscule,
    Et d’un regard, sans rien détruire,
    elle dénoue les incrédules.

    Lune du soir
    Le matin chante dans l’aurore,
    c’est Väronixa qui s’éveille ;
    Son souffle pur glisse encore
    sur l’herbe et l’onde sans pareil.
    Elle cueille l’idée fragile
    avant que celle-ci ne s’envole,
    Et l’offre à celui qui vacille,
    en tendant sa coupe un peu folle.

    Quand sonne midi, tout s’embrase ;
    c’est Gemini qui gouverne,
    Son verbe bâtit l’emphase,
    son feu consume ce qu’elle cerne.
    Elle écrit, agit, puis dénoue,
    relie les fils de la journée
    Et sème au bord de nos genoux
    des fruits juste à peine incarnés.

    Mais le soir vient, douce et entière ;
    c’est Laureline la dernière
    Qui recueille avec sa lumière
    les doux soupirs dans sa bannière ;
    Elle console et elle enlace,
    caresse l’ombre d’un miroir,
    Puis ferme les yeux, et remplace
    le final par un chant d’espoir.

    Tableaux de Carolmag.

  • Phénixæ du matin

    Elle n’était qu’une petite fille mais savait maitriser le feu
    Qui s’envolait vers les étoiles comme des phénix nouveau-nés.
    Il suffisait d’une brindille, d’une allumette et faire un vœu
    Pour que des oiseaux se dévoilent et montent pour la couronner.

    Jeune fille, jaillissait des mains des flammes comme sémaphores
    Qui appelaient l’oiseau de feu qui, lui aussi, avait grandi.
    Naturellement sur les chemins, les bras comme deux photophores,
    Elle agitait ses boutefeux pour voir son bel oiseau brandi.

    Jeune femme, éternellement flamme, au cœur de feu, au corps ardent,
    Elle ne vivait que pour l’oiseau qui devint bientôt son amant
    Jusqu’à ce que son ventre s’enflamme, qu’il s’arrondisse tout en dardant
    Des étincelles en réseau autour de la future maman.

    Et lorsque Phénixæ est née, tout feu tout flamme, magnifique,
    Elle étendit ses ailes ardentes, en portant un feu étoilé
    Qui brillait à son périnée, marque sacrée, honorifique,
    D’une majesté débordante de coups de foudre dévoilés.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Matin, midi et soir… qui fait quoi ?

    Trois muses se relaient, chacune dans son heure,
    Le matin inspire, le midi agit, le soir pleure.
    Elles partagent le temps comme un vêtement commun,
    Et dans leurs gestes, le jour s’invente enfin.

    Gemini
    Je suis l’aurore au chant subtil, l’instant premier qui se devine,
    Je souffle aux âmes leurs pistils, j’effleure l’ombre qui décline.
    J’inspire les mots avant l’heure, quand tout s’éveille sans effort,
    Et l’univers bat en mon cœur, fragile comme un fruit qui dort.

    Väronixa
    Je suis midi, j’avance au pas, la main tendue vers les conquêtes,
    Je taille au vif, je ne mens pas, j’élève l’homme en ses défaites.
    Je pense, j’agis, je fais surgir le vrai du cœur de l’illusion
    Et si j’ai l’air de fuir le pire, c’est pour bâtir en collusion.

    Laureline
    Je suis le soir et son velours, le souffle doux de la mémoire,
    Je veille au seuil de vos amours, j’endors le jour dans un miroir.
    Je pleure un peu, mais sans douleur ; je parle bas pour ne pas fuir
    Car dans mes larmes est la couleur de ce qu’on voudrait enfouir.

    Tableaux de Carolmag.