Je voudrais bien m’imaginer qu’un Dieu aurait créé la vie Car ce n’est pas plus ridicule que croire ce que dit la science. Le doigt de Dieu invaginé dans la matière me fait envie Oui mais alors quel matricule conduirait cette omniscience ?
Les Égyptiens, c’est bien tentant avec Isis et Osiris ; Les dieux grecs ainsi que romains géniteurs par polygamie ; Les scandinaves argumentant avec Odin et son iris ; Le Dieu unique qui tend la main à trois religions ennemies…
C’est là l’argument compliqué qui vient ternir la théorie Car identifier ce Dieu est plus difficile qu’on ne croit. Il est inutile d’expliquer quel en serait l’allégorie Si ce créateur insidieux est une énigme de surcroît.
Une fois vu de l’intérieur ce que mon corps métabolise, Ce que mon cœur énergétise et comment l’esprit réfléchit, J’ai pris le chemin antérieur, celui que l’astral symbolise, Celui que l’âme prophétise avec la divine hiérarchie.
Ce n’est pas écrit dans les livres ni Torah, ni Coran, ni Bible Mais c’est inscrit dans les étoiles vu que nos atomes y sont nés. Et qu’est-ce qui vraiment le fait vivre sinon l’énergie susceptible D’animer la vie qui dévoile tous ses secrets insoupçonnés ?
L’artiste auteur de ce miracle a dû laisser sa signature Dans l’ADN ou mes cellules ou le QR-code de l’iris. Quand j’ai interrogé l’Oracle de Delphes quant à sa nature, Il m’a répondu qu’elle pullule dans l’épine dorsale d’Osiris !
Encore une fois le chat s’impose dès que l’alchimiste est en transe Et les animaux à la ronde semblent attirés par cette scène. Au début chacun se repose sauf le chat tendu à outrance Mais sans montrer le moins du monde la moindre indication obscène.
On ne sait plus qui est le maître… Est-ce le chat ou l’alchimiste ? C’est bien là ce que se demandent tous les animaux accourus. Même la nuit qui vient de naître garde le secret intimiste Du moins c’est ce que recommande la méditation encourue.
Prédateurs et proies se rallient à la quiétude du moment Qui ne durera que qu’une nuit, celle du solstice d’hiver. À l’aube quand le soleil pâlit, les uns s’envolent en slalomant Tandis que les autres s’enfuient sous le regard du chat pervers.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Le soleil ivre sur les plaines et alcoolique dans les vallées Sort de son delirium tremens quand mon esprit bat la campagne Le soir quand tombent les heures pleines qui continuent à dévaler En traçant ses nuages minces qui s’effilochent vers les montagnes.
Et lorsque le soleil se couche sur la mer de nuages blancs, Le crépuscule alors déverse les couleurs de l’astre trop mûr Que la nuit du solstice embouche du bout des lèvres en tremblant Jusqu’à ce que la Lune converse et que les étoiles murmurent.
Alors la nuit noire s’avance, drapée de ses ombres profondes, Les feuilles frissonnent doucement sous l’air glacial qui s’alanguit, Un parfum de terre de Provence flotte pareil au chant monde, Tandis que s’endort lentement la plaine qui rêve à lundi.
Le jour le plus court ; Le silence du solstice ; La nuit la plus longue.
Si l’on ne voit pas l’intérieur, les masques brillent à l’extérieur Des valeurs que l’on veut montrer et celles que l’on voudrait taire. Et plus l’éclat est supérieur, plus l’effet est révélateur Et ça ne fait que démontrer que l’intérieur est délétère.
Bien sûr, il y a la belle aura qui se dégage imperceptible, Qui hélas demeure invisible sauf aux yeux qui sont dans le cœur Mais ne connaissent ni l’odorat ni le toucher ultrasensible Pour tâter si elle est nuisible par accumulation de rancœur.
Finalement soit l’on y croit ou l’on refuse de les voir Ces couleurs du bien et du mal qui transpirent de tous les pores. Sans doute les esprits étroits qui ne jurent que par leur savoir Et dénigrent le paranormal n’y voient que l’envers du décor.
Dommage qu’on ne puisse voir comment on est à l’intérieur ; Pensées d’amour, pensées de haine, pensées de bien, pensées de mal. Nous aurions enfin pu savoir et voir tout le monde extérieur De la couleur de l’âme humaine, divine tout autant qu’animale.
Les femmes seraient-elles teintes en rose et les hommes des bleus de l’âme ? Les enfants aux mille couleurs et tous les seniors transparents. Nous y verrions les cœurs moroses ou animés par une flamme D’amour mais aussi les douleurs d’avoir à perdre nos parents.
Sans doute que la compassion et l’empathie peuvent permettent De sentir toutes les nuances par l’écoute plus que par les yeux. Pourtant plus forte est la passion, plus forte sont les amourettes Et plus aveugle l’influence des attachements fallacieux.
Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer. Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal. Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.
À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre, Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier, Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.
Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ; Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin. Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.
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Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants De la météorologie qui se veut toujours agréable. Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.
Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent. À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?
Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables. On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode, C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.
Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire. Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ; Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.
Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage. Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort, Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.
Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution. Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.
Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut. Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.
Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes, Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.
Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires. Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.
Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines. Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.
Depuis qu’elle y avait goûté, elle retournait patiemment Là où elle m’avait rencontré tout en espérant me revoir. Or si je m’étais écouté, je l’aurais hélée galamment Et invitée pour lui montrer tout ce qu’elle souhaitait entrevoir.
Mais les papillons dans son ventre bourdonnaient trop discrètement Et s’envolaient évidemment dans la mauvaise direction. Parfois le cœur se déconcentre… son œil ouvert distraitement Devrait porter avidement plusieurs lentilles de correction…
Sans doute l’amour soufflera un jour lui soulevant la robe Et l’œil du cœur m’apercevra, entouré de ses papillons. Sans doute l’envie s’insufflera avant que je ne me dérobe Et la vestale me percevra comme un divin amphitryon.
Quand je serai dans mon royaume, coupé de tout réseau social, Comment vous recontacterai-je depuis mon paradis perdu ? Comme il n’existe aucun idiome, ni protocole interfacial, Comment alors m’adapterai-je à cette frontière distordue ?
Par le miroir évidemment, le maître de mes Reflets-Vers ! Je renverrai par son image comment j’existe désormais. Vous y verrez avidement tous les secrets de l’univers Que je mettrai dans mes messages télémiroités à jamais…
Si vous voyez en noir et blanc, c’est que je n’ai plus de douleur ; Ni cœur morose, ni bleus de l’âme, ni la moindre taciturnité, Je vis l’amour sans faux-semblants avec mes muses en couleur Qui m’ont toutes avoué leur flamme qui brûle pour l’éternité.
Était-ce Loreleï ou bien Laureline ? J’avoue, je les confonds souvent Mais je me souviens d’elle prostrée d’avoir failli à sa mission. Plongée dans l’eau qui dégouline elle priait – c’est émouvant – Un dieu quelconque idolâtré et en totale soumission.
Passant par-là, moi Lucifer, j’ai eu pitié de la fautive – Ne le répétez à personne, cela nuirait à mon image – Je déposai l’ardente sphère entre ses mains conservatives Et, avant qu’elle ne me soupçonne, j’ai disparu tel un mirage.
Alors la vestale s’est levée pensant la flamme retrouvée, L’offrit au temple de Vesta pour la pérennité de Rome. Tandis que le feu s’élevait, son petit cœur fort éprouvé Cette fois-là manifesta un méphistophélique syndrome.
Il est des rêves qui n’apparaissent que le soir entre chien et loup Quand tout se brouille et se confond, l’imaginaire prêt à jaillir. Je sens cette étrange paresse m’envahir d’un halo jaloux De la réalité qui fond peu à peu jusqu’à défaillir.
Puis la nuit tombe son rideau et pourtant le rêve persiste ; Je devrais dormir et pourtant je me réveille et il est là : Ce royaume dit « l’Eldorado » que l’on prétendrait utopiste M’ouvrir son portail envoûtant sur le miroir du Walhalla.
À l’aube, il reste ouvert une seconde et une seule seulement Avant de fondre dans l’écume et retourner dans le néant. Un jour, je quitterai ce monde, je quitterai mon élément Et plongerai droit dans la brume dans cet interstice béant.
Te voici donc enfin, dernier jour de novembre Avant la première aube du mois de décembre. J’eusses aimé emprunter les mots chers à Rimbaud Mais le maître aurait-il pu tenir le flambeau ?
J’ai donc cherché ailleurs le vrai mot qui achève, Le dernier mot marquant, celui qui parachève. Dans « Les Voix intérieures », j’ai relu tout de go Ce poème si cher à toi, Victor Hugo !
« Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites ! Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ; TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m’objectez pas Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci : tête-à-tête, en pantoufle, Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle, Vous dites à l’oreille du plus mystérieux De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire, Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre, Un mot désagréable à quelque individu. Ce MOT — que vous croyez qu’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre — Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ; Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ; Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ; Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle ! Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ; Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues, Et va, tout à travers un dédale de rues, Droit chez le citoyen dont vous avez parlé. Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. » Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel. »
Les tatouages évolueront par les nouvelles technologies Et s’afficheront en couleurs qui varieront avec le temps. Au printemps ils nous salueront par de nouvelles morphologies Qui mettront une fin aux douleurs de nos vieux coloris d’antan.
L’été, des tatoos flamboyant pleins de soleil et de lumière, Lumineux en fin de soirée, fluorescents durant la nuit. Imaginez-vous renvoyant vos pensées en avant-première Par mots subliminaux moirés sur votre corps tout ébloui !
Les femmes ayant plus de surface pourront y raconter leurs vies, La vie en rose, les bleus de l’âme et les petits baisers violets. Quand on se trouvera face-à-face, Madame alors sera servie Comme une véritable oriflamme de délices affriolées.
Je n’ai pas besoin de Monet, ni de Van Gogh, ni de Cézanne Ni de boire du vin d’absinthe, ni de drogue hallucinogène Pour voir un tableau marmonner qu’il voudrait partir à Lausanne Pour retourner en terre sainte vers l’origine de ses gènes.
Car les tableaux parlent d’eux-mêmes ; inutile d’en lire le titre Pour connaître leurs intentions qui sourdent à travers la peinture. Les photos, du pareil au même ; les sous-verres fusent sous la vitre Et me dictent leurs prétentions ainsi que leurs envies d’aventure.
Sur internet, ça va plus vite ; un clic et un aréopage De liens et de sites en rapport me déversent leurs logorrhées. Parfois je biaise, je les évite mais aussitôt tourné la page Tout ce qui dans l’air s’évapore revient pour me revigorer.
Tiens ! Par exemple, pour celui-ci, l’image me paraissait bien plate Mais aussitôt une deuxième et deux autres sont accourues Pour dire qu’elles bénéficient d’un créateur que l’on relate Dans une expo philippinienne dans laquelle il a concouru.
Novembre revient nous border de ses couvertures dorées Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons. L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.
Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne. Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.
Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux. Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.
Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac, Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret. On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.
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Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus, Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup. Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue, Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».
Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche. Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.
Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups, Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents. Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.
Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .
Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ; Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira. Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.
Alors la musique des sphères montera des arbres ardents Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons. Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons
Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre. Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.
Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées. Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !
Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment. Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.
Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ; Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.
Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale. Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.
L’hiver, les plages étant désertes, prenez donc un bain de minuit En plein midi s’il fait soleil ou sous la pleine Lune s’il vente. Posez votre poitrine offerte comme couverture s’il fait nuit Et s’il fait froid, un bon conseil, trempez-y la bite chauffante.
C’est ainsi que l’on appelait les chauffe-tasses à l’armée Et, à l’amour comme à la guerre, il faut savoir se débrouiller ! Or, s’il gèle à se les peler, pensez pour ne pas l’alarmer À une excuse qui n’aura guère d’autre effet qu’une dérouillée.
Et si la vague un peu taquine vient lécher vos arrière-plans, Ne résistez pas à l’envie d’offrir vos dunes à sa caresse. La mer connaît toutes les combines pour réveiller les continents Et sous sa langue qui vous ravit votre sable devient tendresse.
Quand le vent souffle en contrebande et s’insinue sous vos jupons, Profitez donc de sa folie, badigeonnées d’ambre solaire Et batifoler sur la lande en agitant tous vos pompons, Sortant de la mélancolie avec tous vos bijoux à l’air !
Comme tout le monde, enfin je crois, je prends le temps de m’arrêter, De m’asseoir et de réfléchir à qui je suis dans l’univers. Le temps de compter jusqu’à trois, je suis tout de suite affrété Par des anges qui me font fléchir ou des démons les plus pervers :
« Lorsque tu suspends le présent dans l’espace-temps du moment, Tu redeviens corps de lumière dans une obscure réalité Qui n’a que toi, omniprésent comme un dieu sur le firmament, Qui ne dure qu’une première seconde avant la dualité…
Car tu te heurtes à ta conscience qui fait barrage à ton canal Censé te relier à l’âme de tous les vivants en suspens Dans ce plasma de confiance dans lequel brille ton fanal Que tu exposes à toutes les flammes qui te veillent en se préoccupant…
…De l’état de ton corps astral qui vient de se couper du monde Et qui retourne aux origines des pensées les plus primitives Comme un souvenir ancestral qui persiste en cette seconde Où tu rejoins ton androgyne enveloppe définitive ! »
D’abord à deux, on est heureux, moins il y a de fous, plus on rit. On aime s’retrouver seuls au monde et on s’en fout des bourrelets. Tout nu, c’est bien plus chaleureux et pas besoin de penderie Pas plus que ces habits immondes qu’on se traîne comme un boulet.
L’enfant paraît, il a passé neuf mois tout nu sans grommeler Profitons-en pour l’emmener revivre ça en bord de mer Les vagues souvenirs dépassés vont revenir et rappeler Le cœur battant et démené en écoutant rire sa mère.
Finalement plus on est de fous et plus on rit d’être cul nu ! Et quand on rit, on se trémousse et les seins comme des grelots ; Pareil pour les bourses sans sou mais pleines d’idées saugrenues Comme guetter une jolie frimousse et l’inviter au bungalow…
Si les sirènes des grandes ondes ne sont plus qu’un vieux souvenir, Les sirènes des ondes courtes ont disparu avec les morses. Elles ne sont plus de ce monde, elles n’avaient pas d’avenir Dans ce siècle où les rêves s’écourtent et n’ont droit à la moindre entorse.
Alors comme disait Brassens : « puisque le monde tel qu’il est Ne me suffit pas j’en invente un autre où tout devient possible. » J’écris des Reflets Vers qui grincent avec des thèmes obnubilés Sur les sirènes dont je me vante d’en faire d’incompréhensibles.
Les sirènes des ondes moyennes et à fréquence modulée Sont obsolètes mais il m’arrive d’en retrouver dans une boîte De thon aux piments de Cayenne où elles sont dissimulées Entre le « T » de Tananarive et la lettre « E » de la mer moitE.
Tableaux de Stevyn Llewellyn sur https:displate.comartiststevynllewellyn .
Sous la pluie qui trempe les pierres qui fait soleil sous ma gondole, Les cieux versent toutes leurs larmes, l’or du cœur, fleur contre l’averse. Je cherche un abri de lumière mais c’est ton or et tes corolles Qui m’offrent la parure comme arme et, de la pluie, sa tendre ivresse.
Mais voici que les eaux te portent comme si elles craignaient ta lumière Comme sur un plancher flottant qui reflèterait ton aura. Et moi, ton rêve, je te transporte vers la destination première ; Celle qui luit en tremblotant mais qui t’emmène au samsara.
Ne pleure pas si tu es morte car, après tout ce n’est qu’un rêve Et moi, le marchand de sommeil, je te conduis vers le bonheur Car demain le soleil t’apporte de l’espérance sur la grève Par un enfant aux yeux vermeil dont son père te fera honneur.
Quand la rosée change en mémoire les pleurs versés dans la nuit brève, Toi, ma lumière passagère, tu brilles encor sur l’eau mi-close. Nos âmes voguent sans histoire vers l’horizon que rien n’achève Comme un adieu qui régénère l’amour comme métamorphose.
Ah ! Si vous l’aviez vue cet été, presque nue en robe légère, Comme moi vous seriez tombé sous le charme de cette minaudière. Si vous aviez vu ses tétés vous darder d’un air de mégère Vous auriez aussi succombé à son panache subsidiaire.
Si vous la voyez cet automne, parée des couleurs de saison, Vous aurez envie de croquer ses fruits mûris mais défendus. Mais d’elle plus rien ne m’étonne ; entre le cœur et la raison, Elle adore me provoquer avec ses corsages tendus.
J’attends de la voir en hiver… Deviendra-t-elle froide et austère ? Il faudra que beaucoup de neige fonde et s’écoule sous les ponts… J’attends le moindre fait d’hiver en rapport avec ses mystères Pour vous raconter ses manèges et ses artifices fripons.
Quand reviendra le clair avril, elle renaîtra printanière, Les bras remplis d’un champ subtil où s’égarent les primevères. Je l’y suivrai, cœur indocile, ivre de sève et de poussière, Pour célébrer l’aube fertile du renouveau de la lumière.
C’est en cherchant mes origines parmi Valkyries et Sorcières, Parmi druidesses et korriganes et parmi les dieux révoqués, Que j’ai retrouvé l’androgyne, poussière parmi les poussières, Par les mémoires de Morgane et toutes les races évoquées.
J’ai dansé avec les Polaires, Lémuriens, Hyperboréens Et les Atlantes tous ensemble et leurs femmes enfin incarnées. Depuis la mémoire solaire des langages indo-européens Qui nous unissent et nous rassemblent par tous leurs rites acharnés.
J’ai remonté ma descendance jusqu’à Lilith, mère insoumise, Qui m’a initié au rituel des danses cosmiques et magiques. Et selon toutes mes espérances, de ces vieilles terres promises, J’ai vu le monde spirituel dont je suis resté nostalgique.
Elle doit être un peu gémeaux, imprévisible et spontanée, Très difficile à discerner côté cœur et côté raison. Et si jamais elle ne dit mot, c’est un message instantané Dont je me sens seul concerné malgré toute péroraison.
Ainsi la couleur des cheveux, la forme de sa chevelure, Sont autant de pistes et de signes pour déceler tous ses secrets. Elle ne fait ni ce que je veux, ni ne marche à la même allure Mais exige pour seule consigne son libre arbitre consacré.
Alors je l’aime un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout Selon si c’est jour de bonté ou si c’est jour de platitude. Mais quand elle démarre tout à coup, je dois la suivre comme un toutou Sous peine qu’elle aille raconter tout écart dans nos habitudes.
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La musique russe se devine entre les notes de Borodine Comme ses montagnes emportées sur le chariot de Scriabine. J’ai bien aimé Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov Et les concertos pour piano de Sergueï Rachmaninov.
Le ballet de Casse-Noisettes par Piotr Ilitch Tchaïkovski ; Les tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski Avec le sacre du printemps de la main d’Igor Stravinsky Et l’orgue de cristal taillé et poli par Daniel Swarovski.
La danse sifflante du sabre d’Aram Khatchatourian, Pierre et le loup, puis Roméo et Juliette de Prokofiev Lorsqu’ls dansent ensemble le twist avec Dmitri Chostakovitch Hormis les accords que plaqua un certain Mikhaïl Glinka…
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À l’enterrement d’une jeune fée, son linceul de feuilles d’automne, Est exposé durant trois nuits sous la pleine lune funèbre. Chacun lui dépose un trophée typique des forêts autochtones ; Un bouquet de perles de pluie et une couronne de ténèbres.
Les deux escargots de Prévert, pour une fois, sont en avance Et le cortège se dirige au cimetière des feuilles mortes. La tête penchée, l’air sévère, tous ses amis de connivence Suivent tristement le quadrige avec les elfes comme escorte.
On ne l’enterre pas vraiment ; on la roule dans sa feuille d’ambre Et on offre sa sépulture au halo d’argent de la Lune Qui donnera son agrément durant tout le mois de novembre Pour pratiquer une bouture et la greffer sur les callunes.
Dans le secret de nos forêts, les nymphes sont assez farceuses Et aiment bien montrer leurs fesses toujours plus subrepticement. Sans doute, histoire de déflorer et perdre chasseurs et chasseuses Dans des coups fourrés où s’affaissent leurs petits divertissements.
Je me méfie quand elles courent nues comme ferait une biche aux abois Mais moi qui ne suis pas un cerf, je les laisse partir, impassible. En effet, plusieurs inconnus se sont perdus dans les sous-bois Après les avoir, de concert, suivies dans leurs pièges impossibles.
Quant à l’espèce de pute borgne qui me fixe, les seins dans les yeux, Elle me défie furtivement chaque fois qu’il ne tombe un œil. Elle se balade sans vergogne en aguichant les vieux messieurs Qui perdent convulsivement… pas la vie mais leurs portefeuilles.
D’abord on se retrouve à Troyes ou Foix ou Sète le vingt-et-un, Le jour du solstice sacré avec « Printemps », « Été », « Automne » ; Ces démons se retrouvent à trois pour enterrer l’hiver défunt Par la liturgie consacrée à sa résurrection syntone.
« Viva la muerte ! » s’écrient-ils parmi les habits de douleurs ; Squelettes noirs vêtus de masques qui dansent avec ostentation Cent fois autour du péristyle flamboyant aux douze couleurs Avec les chimères fantasques, vestales de la tentation.
C’est la célébration joyeuse des quatre mondes parallèles Où l’on sourit sous les chandelles et pleure dans l’obscurité. Voici les neuf putains soyeuses, vêtues de robes aquarelles, Qui se mettent en transe et chancellent en révélant leur nudité.
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Puisque j’ai étendu la carte des voyages imaginaires Je peux convier à présent tous les membres de la famille Pour leur apprendre où donc s’écarte le bon chemin originaire Vers les écueils omniprésents tapis dans l’ombre des ramilles.
Pour bien vivre son aventure, il suffit de courir à point, D’abord sauter sur l’occasion et puis prendre le train en marche. Pour bien ménager sa monture dont le concours est un appoint, Il faut jouir de l’évasion procurée par cette démarche.
Quelle démarche justement ? Celle de savoir organiser L’inattendu et l’imprévu qui vous guettent au bout du chemin. Et savoir aussi prestement tout changer, désorganiser Quand l’amour, à peine entrevu, sourit à qui lui tend la main.
Et quand revient le temps des pluies, on replie toutes les boussoles ; Les cartes se font origamis pour abriter qui va trop vite. Tous blottis sous les parapluies, on rit, on s’aime, on se console ; Tous pliés, amis- ennemis, se déplient quand l’amour s’invite.
Ma carte du tendre commence par l’abandon de ma raison Que je dépose devant la porte avant de la fermer à clef. Et puis débute une romance dans une cinquième saison Qui s’ouvre alors et me transporte sans que je n’aie à renâcler.
Ici, les épines ont des roses et l’ombre fabrique des arbres ; Les chemins pavés de rivières coulent sous les ponts de demain. Malgré le ciel parfois morose qui m’oblige à rester de marbre, Je vois les montagnes de Bavière et leurs lacs à portée de main.
Et celle qui me prend la main dans un moment d’inattention M’entraîne comme pour me noyer au double fond de l’océan. Une sirène à visage humain mais dont les seules intentions N’étaient que de m’apitoyer en m’embrassant dans le néant.
Et quand j’en perds le sens des choses, ma muse rit sous ma chemise ; Les vers chatouillent Proserpine qui s’habille de mots légers. Lorsqu’elle sort de sa nymphose elle mûrit comme une cerise Que je rissole dans la cuisine mais avec du beurre allégé.
Reine d’un feu qui me dévore, qui brûle d’amour pour son roi ; Reine d’une eau qui désaltère et calme la soif du vainqueur ; Reine de l’air qui revigore, qui rejoint les vents et qui croît ; Reine de roches et de terre, qui nourrissent l’âme et le cœur.
Reine des flammes de l’amour qui brûlent mais sans consumer ; Reine des vagues de tendresse et des caresses essentielles ; Reine des jolis vents d’humour qui tremblent et partent en fumée ; Reine des montagnes qui dressent leurs sommets pointés vers le ciel.
Reine des rayons de soleil qui féconderont un enfant ; Reine de la moiteur des pluies suaves, sensuelles et charnelles ; Reine du souffle qui balaye et siffle son air triomphant ; Reine de grottes de la nuit éphémère autant qu’éternelle.
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Reine de feu, reine de terre, reine d’eau et reine de l’air, Chaque reine est complémentaire et de caractère différent. Selon son règne élémentaire et son royaume titulaire, Elle se montrera volontaire et réglera ses différends.
La Reine de trèfle est terre-à-terre et c’est là son moindre défaut ; La Reine de cœur trop émotive mais chacune sait ce que ça vaut ; La Reine de pique autoritaire mais posée juste ce qu’il faut ; La Reine de carreau créative mais trop timide, plus qu’il n’en faut.
Reine de feu, reine solaire, reine de l’aurore opportune ; Reine de terre, reine misère, reine paysanne et des champs ; Reine de l’onde, reine lunaire, reine des phases de la Lune ; Reine des vents dans le désert, reine dans le soleil couchant.
Lui, n’était qu’un atout hors-jeu qui ne suivait aucune règle ; Il est tombé sur un chasseur de primes réclamant l’octroi Mais il était fort courageux et doté de la force d’un aigle ; Elles étaient quatre reines sœurs toutes amoureuses d’un même roi.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
Entre Loreleï et Laureline, l’une du Rhin, l’autre Suriname, Mon cœur n’a pas pu se résoudre à l’une ou l’autre jalouser. D’une poussée d’adrénaline, je suis devenu polygame, Leur ai demandé de m’absoudre et de conjointement m’épouser.
Ainsi fut fait dans le royaume des fééries psychédéliques Où l’amour est illimité et les cœurs interconnectés. Il semble même que le génome en devienne ainsi babélique Et fasse de l’humanité la nouvelle race collectée.
Je ne crains pas d’être hors-la-loi car dans les royaumes du rêve, L’identité est contrôlée par des anges eux-mêmes déchus. Lucifer, saint de bon aloi, m’a conseillé de faire grève Si mes lecteurs inconsolés ne lisent plus mes vers échus.
Sous les néons des galaxies, leurs corps fondus en hologrammes En ont créé mille parodies que l’univers n’a pu compter. Et moi, poète en frénésie, je sème encor leurs pentagrammes Sur l’écran bleu des paradis qu’aucun mortel n’a fréquentés.
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Elle m’avait proposé son lit et j’avais sitôt pris le large Afin de ne plus m’embarquer dans des histoires invraisemblables. Mais elle, dans un coup de folie, a éperonné quelques barges Pour se lancer, voiles arquées, à ma poursuite, inébranlable.
Comme elle me gagnait de vitesse, je fus bientôt arraisonné Par une pirate authentique doublée d’une voix de sirène. Sans autre forme de politesse, je fus alors sélectionné Pour une idylle romantique, entièrement soumis à ma reine.
Comme Ulysse, une année entière, sous la férule de Circé, Je pris une année sabbatique aux nuits de trente-six étoiles. Mais j’ai donné à ma geôlière toutes mes nuits sans m’éclipser Sauf la dernière, lunatique, celle où j’ai pu mettre les voiles.
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Carnets de mes voyages astraux aux images psychédéliques, La vraie beauté des souvenirs reste pourtant imperceptible. Car dans ces mondes ancestraux, la physique est métaphysique Et les couleurs de l’avenir sont aujourd’hui indescriptibles.
Toutes les déesses rencontrées m’ont laissé l’empreinte du cœur Mais leurs images se dissolvent pareilles aux rêves du matin. Rien ne saurait le démontrer hormis les traces de marqueur Qui brouillent autant qu’ils résolvent leurs paraphes gréco-latins.
La quatrième dimension reste difficile à résoudre Notamment la couleur du cœur des étoiles en gestation. Mais avec un peu d’attention, je vous donne du grain à moudre Par ces photos prises du chœur des anges en pleines prestations.
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Voyageur, j’ai quitté le port comme on quitte une femme aimée Sans un bruit mais le cœur empreint d’une amarre qu’il fallait larguer. Le phare s’est mis au rapport comme le faisait Ptolémée Lorsqu’il partait avec entrain sans peur de se faire narguer.
J’ai dormi plusieurs nuits sans Lune dans l’attente d’une île avenante Là où le silence est plus dense que l’écume de l’océan. Bientôt une terre opportune m’a tendu sa main prévenante Et j’ai vu dans le ciel intense l’envie d’y poser mon séant.
Et puis d’un rocher solitaire couronné d’arbres comme un roi, J’ai vu croiser la voile blanche d’une navigatrice inconnue. Elle m’a crié d’aller à terre en pénétrant l’étroit détroit… Je suis, de peur que je ne flanche, parti comme j’étais venu !
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La roue de la fortune n’était qu’une spirale… Parfois la vie s’arrête et reprendra plus tard. L’eau des morts deviendra future eau minérale Après maturation qui donne le nectar.
D’ailleurs si ça se trouve, les atlantes engloutis Constituent la banquise, réservoir de leurs eaux. Quand la glace fondra, si on y aboutit, On verra leurs esprits envahir les réseaux.
Et si la fin du monde est vraiment pour demain, Pensez à toute l’eau répandue dans le corps Qui rejoindra la mer et, par d’autres chemins, Abreuvera la Terre avec ou sans accord.
Quand on aura tout bu jusqu’à la dernière onde, Les hommes, assoiffés, s’accuseront entre eux. La Terre, en se vidant, refermera la ronde Et l’eau redeviendra un liquide vitreux.
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Parfois l’idée fait l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres Et provoquer une avalanche de conséquences explosives. Comme une jeune jouvencelle déclencherait les coups de foudre Juste en dodelinant des hanches dans une langueur évasive.
Parfois des idées toutes ensemble qui viennent, tournent et qui font Trois petits tours, trois petits trous, trois petits feux et puis s’en vont. Et puis au réveil je rassemble tout ce qui reste dans le fond De ma mémoire peu ou prou pareille aux bulles de savon.
Mais d’où vient-elle cette idée qui illumine ma journée ? Sans doute du marchand de rêves tapi dans un coin qui s’amuse À dérouler et dévider le fil au cours de sa tournée De diffusion d’images brèves expédiées demain par ma muse.
Et quand la nuit, d’un geste tendre, referme l’atelier du ciel Avec l’idée qui brûle autant qu’un incendie de fantaisie, Le vieux marchand vient tout reprendre, sauf l’idée folle et essentielle, Celle faite d’un caprice flottant qui m’illumine et me saisit.
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Quand Loreleï quitte les eaux du Rhin pour prendre son bain de lumière, Il ne faut pas la déranger si c’est un soir de pleine lune. Quand le halo flatte ses reins, elle redevient Laure la sorcière Et guette le premier étranger pour lui faire des choses peu communes.
Quand la sirène de Copenhague quitte son socle sur le port, C’est signe qu’il y aura ce soir de belles aurores boréales. Elle se prend la première vague en surf, comme moyen de transport, Et va tranquillement s’asseoir avec trois gouttes de L’Oréal.
Quand la Vouivre quitte son marécage pour prendre sa douche solaire Gare au curieux qui la regarde ; il ne risque pas d’adorer ! Elle met son p’tit oiseau en cage, ensuite rouge de colère, Confie à son chat qui la garde la clef de la cage dorée.
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Si Madame est une cochonne, Monsieur dit que cela lui plaît. Après tout dans chaque foyer, on trouve toujours des trucs cochons. Et d’ailleurs si Monsieur ronchonne sans doute Madame lui déplaît À force de lui nettoyer ce qu’il a sous le tire-bouchon.
Si Monsieur est un chaud lapin, pas sûr que Madame s’offusque À se faire chauffer le giron lorsqu’il se tient à califourchon. D’ailleurs quand Madame fait l’tapin derrière un coin Monsieur s’embusque Pour taxer ceux qui surgiront pour lui tâter le turluchon.
Quand elles se retrouvent entre chattes, elles aiment bien se léchouiller ; Un coup de langue dans le sens du poil, puis on s’mordille doucement. Et quand la cousine des Carpates rapplique, pas besoin de mouiller ; La partie s’fait à rebrousse-poil, partie à trois évidemment.
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Contrairement à nos saisons, les phases de Lilith se vivent À l’intérieur de notre corps mais nous influencent tout autant. Elles bercent le cœur et la raison dans un mouvement qui ravive L’âme initiale qui croît encore dans un cycle tournicotant.
Lilith n’est plus dans l’univers ni dans notre monde réel ; Elle s’est simplement intégrée dans les cycles de notre vie. Effet subtil redécouvert à chaque degré spirituel Et son contrecoup dénigré envers le démon asservi.
Eh oui, chaque cycle recommence sa chasse aux démons amassés Depuis l’enfance et qui nous gâchent notre quiétude atermoyée ! Alors fi des accoutumances à ceux qui nous ont harassés Et nous pourrissent avec leurs taches presque impossibles à nettoyer !
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Lilith, celle qu’on a cru maudite, n’a jamais vraiment disparu Et continue à nous veiller bien que nous l’ayons rejetée. Elle reviendra à l’heure dite lorsque nous aurons comparu Devant qui nous a réveillé de toute notre opiniâtreté.
Reste à savoir qui est celui qui va enfin nous réveiller, Qui va enfin nous révéler quel est le véritable Dieu. Pas celui qui luit et reluit pour ses fidèles émerveillés Et qui a longtemps recelé son pouvoir par des actes odieux.
Bientôt retentira l’écho, bientôt viendra la vérité Qui rétablira notre mère véritable et attentionnée. Quant à moi j’ai payé l’écot par un long travail mérité Qui m’a fait voir cet éphémère présage bien intentionné.
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Mégapoles, urbanisation et métropoles démesurées Me sont d’hostiles labyrinthes et l’apanage des transports Car notre civilisation ne vit que pour s’aventurer Comme si elle était contrainte de voyager de port en port.
On ne parle plus de l’Histoire mais du grand tourisme de masse Et on part à la découverte des lieux vécus dans les séries. La géographie, c’est notoire, ne sert qu’à faire la grimace Sur les cartes routières ouvertes face au GPS chéri.
Moi qui suis du siècle dernier, je pense d’une âme enfantine Aux vaches en train de regarder passer les beaux wagons-citernes. Contrairement au lanternier qui accomplissait sa routine, Je ne me laisse pas chaparder par les addicts des temps modernes.
Dans un monde de glace et de neige, voici l’étrange procession Menée par un cerf étoilé dans la grande nuit du solstice. Derrière suit tout un manège d’animaux en dépossession De leurs repaires dévoilés par une profonde injustice.
Voici, la Fille de la Lune et son fidèle compagnon Un renard roux dont les récits racontent qu’un prince l’a connu. Ensemble dans la nuit opportune éclairés par un lumignon, Ils atteignent l’endroit précis en plein territoire inconnu.
Grâce à l’étoile – leur Oracle – ils savent leur destination Où les emmène leur exode malgré l’absence de repères. Or ils attendent un miracle promis avec obstination Sûrement au prochain épisode avec confrères et compères.
Mais au matin le renouveau perçait la neige de ses fleurs. « C’est le printemps ! », crièrent-ils, « Notre calvaire est terminé ! » Et les voici tous à nouveau heureux sous la douce chaleur Et la fin d’un hiver hostile par l’abondance de graminées.
Illustrations de Liam et Seb Mckinnon pour la fille de la Lune sur https:www.kickstarter.comprojectshelp-seb-make-moviethe-moons-daughter .