Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Immersion

    Immersion

    Bien sûr je n’aime qu’une femme ; bien sûr je ne vis qu’une vie
    Et ne connais de mon royaume que ce que j’ai vu de mes yeux.
    Bien sûr je sais qu’il est infâme d’être toujours du même avis
    Et croire que ce qui fait l’homme sont ses triomphes orgueilleux.

    Pourtant si j’observe le monde avec les yeux de ma moitié,
    Pourtant si j’écoute la Terre d’après ce qu’en disent mes enfants,
    J’apercevrais à la seconde les mille éclats d’un miroitier,
    J’entendrais la clef des mystères d’un dieu qui va philosophant.

    Tableau de Victor Sheleg.

  • Polychromies

    Chocolat, vanille des îles ou fromage blanc du terroir,
    Ébène, essences exotiques ou bois des forêts domaniales,
    Chaque couleur chante l’idylle et tous les secrets du tiroir
    Qui renferment mille érotiques perspectives matrimoniales.

    Que j’aimerais être couleur qui épouserait les contours,
    Courbes, surfaces et volumes de toutes les filles du monde !
    Je serais rayon roucouleur sur femmes aux plus beaux atours
    Que l’encre de mon stylo plume rendrait mille fois plus fécondes.

    Tableaux de Victor Sheleg.

  • La femme-papillon

    La femme-papillon

    Qui es-tu, Femme-papillon qui te camoufle le visage
    Derrière une aile en trompe-l’œil pour masquer ton intimité ?
    Suivant les taches et les sillons de ton délicat maquillage,
    Je lis les pages du recueil de toute ta féminité.

    Hier encore, tu étais chrysalide, juste vêtue de ton cocon
    Mais à l’aube te voilà sortie et tu as déployé tes ailes
    Qu’un soleil doux te consolide et fasse qu’un rayon abscons
    Imprégnera l’ombre assortie aux pensées de la demoiselle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sans rancune

    Sans rancune

    Ingénue, décontenancée, elle me guettait dans la ruelle ;
    Je m’en allais philosopher en marchant vers l’observatoire.
    Dans une tenue ordonnancée et de sa petite voix cruelle,
    Elle jouait à m’apostropher d’une manière ostentatoire :

    « Eh bonjour Monsieur le poète ! Vous me semblez bien excentrique !
    À tant marcher la tête en l’air, vous atterrirez sur la lune ! »
    Puis, après l’acerbe pirouette, d’un petit rire égocentrique,
    Elle ponctuait d’un « tralalère » son petit pamphlet, sans rancune.

    Tableau d’Igor Medvedev.

  • Caresse-moi là !

    Caresse-moi là !

    Ce point sensible entre les pattes que le félin offre à ma vue
    Afin qu’une intime caresse le fasse rugir de plaisir,
    Pourrait me rendre ou psychopathe ou bien me prendre au dépourvu
    Mais comme je connais la tigresse, je me soumets à son désir.

    Photo de Graeme & Julie Aker sur https:www.flickr.comphotosbig_graeme .

  • Chapeau château

    Une tête en forme d’arène qui s’enroule jusqu’au sommet,
    La reine s’est couronnée d’office pour masquer son infirmité.
    De sa mère en queue de sirène aux atours de chant renommés,
    Son crâne prit la forme d’une vis pour marquer sa divinité.

    Tableau de Matteo Arfanotti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201112matteo-arfanotti-1974-italy.html .

  • Bateau lunaire

    Bateau lunaire

    Par la lune en guise de voile, le navigateur solitaire
    Sur l’océan du firmament dans les dimensions fractionnaires.
    Les îles deviennent des étoiles qui forment des atolls stellaires
    Et le temps suspend un moment son vol dans l’espace stationnaire.

    Tableau de Josie Wren.

  • Pomme ou carotte

    Pomme ou carotte

    Adam, là peint en chaud lapin et Ève, sa chaude lapine,
    N’ont pas tenu une journée sans croquer le fruit défendu.
    Le serpent leur mit le grappin et séduisit la galopine
    Dès que Dieu eut le dos tourné de son jardin condescendu.

    Mais la carotte est un légume qui n’apporte point connaissance
    Mais qui fait pousser les oreilles et les dents pour faire bombance.
    Alors Dieu, comme de coutume, vit que cela était tendance
    Et créa la salsepareille puis, la luzerne en abondance.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La lecture de voyage

    La géolocalisation par satellite est périmée
    Depuis l’insolite invention de la lecture de voyage.
    Par la miniaturisation de tous les atlas imprimés
    Et surtout par l’intervention d’un ingénieux appareillage.

    Tous les pays ainsi reliés par un astucieux engrenage
    Entraînent autant de roues dentées qu’il existe d’itinéraires.
    Donc plus besoin de replier des cartes de dix-mille pages
    Grâce aux chapitres indentés à leur glossaire littéraire.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • Jeux de jambes

    Jeux de jambes

    À tour de bras, les jeux de jambes font toujours tourner la planète
    Comme une folle course éperdue pour actionner l’économie.
    Ça me fatigue l’entrejambe et ça me fait tourner la tête ;
    Si ça s’arrête, j’aurai perdu mon ticket à l’autonomie.

    Photo de Costas Spathis.

  • Belles et complexes

    Les femmes me paraissent complexes a priori dans leurs discours
    Car je tâtonne entre leurs yeux, et leurs mamelles, je le confesse.
    J’entends aussi en multiplex ma langue qui leur fait la cour,
    Tandis que mon cœur cafouilleux ne pense qu’à leurs jolies fesses.

    Seulement voilà ; si je dis ça ça va pourrir ma renommée,
    Mes vers seront mis à l’index, bannis à l’unanimité.
    Aussi je demande fissa auprès de ma femme bien-aimée
    De plaider que j’ai le cortex sublimé de féminité.

    Tableaux de Charles Dwyer.

  • Les chagrins de la sirène

    Quand la sirène a le cœur gros et l’esprit comme un courant d’air,
    Elle remonte à la surface pour crever l’abcès de la mer.
    Certes, dans les textes intégraux des aventures légendaires,
    Les marins croient qu’elle s’interface entre les monstres et les chimères.

    Seuls les dauphins savent écouter ses plaintes et ses lamentations
    Car enfants naturels, ils sont de ses folles amours marinières.
    Alors ils viennent égoutter ses larmes avec ostentation
    En la consolant de chansons avec la gente poissonnière.

    Tableaux de Matteo Arfanotti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201112matteo-arfanotti-1974-italy.html .

  • L’architectonique des sentiments

    Si je traduisais en couleurs vos pensées intimes et secrètes,
    J’en obtiendrais une œuvre d’art qui vous rendrait expressionnistes.
    J’y exprimerais vos douleurs dans des nuances plus discrètes
    Et vos joies jailliraient dare-dare sur l’écran du projectionniste.

    Si j’extériorisais vos goûts, vos désirs et vos ambitions,
    J’illuminerais les obscurité ténèbres dans un plasma électronique.
    Vos sens pulseraient par à-coups des rayons à répétitions
    D’un cœur dont la maturité battrait d’un rythme supersonique.

    Tableaux de Yossi Kotler.

  • Visages et découpages

    En rassemblant les souvenirs des plus beaux rêves érotiques
    J’ai reconstitué le visage de mon Éternel Féminin.
    Elle a les yeux de l’avenir, les lèvres les plus impudiques
    Et une bouche qui envisage de m’inoculer son venin.

    Venin d’amour qui donne au cœur l’ivresse du vin merveilleux
    Qui donne au corps son coup de fouet et ouvre l’esprit enfermé.
    Venin d’amour, chaude liqueur qui coule des yeux camaïeux
    Dont le regard vient m’avouer qu’elle sent notre enfant germer.

    Collages de Christine Peloquin.

  • Belles défragmentées

    Si je rassemblais les fragments du puzzle laissé en déroute
    Quand mes rêves crèvent à l’aube par un ardent vaporisage,
    En rassemblant tous les segments de droites, de cercles et de routes
    Je reconstituerais un lobe, un nez, une bouche, un visage.

    Pièce après pièce, patiemment, je reverrais toutes les belles,
    Belles de jour, belles de nuit, belles d’amour, belles d’envies,
    Que je rencontre galamment quand mon âme se faut rebelle
    Et échappe à son corps d’ennui pour des passions inassouvies.

    Tableaux de Juliette Belmonte.

  • Bain de couleurs

    Bain de couleurs

    Quand chaque jour, la sirène requiert son bain de couleurs,
    Je l’imagine toute nue, exposée tel un joyau.
    Mais la quiétude sereine, m’impose dans la douleur
    Sa nudité soutenue par un pudique maillot,

    Tableau de Melinda Cootsona.

  • Après-midis langoureux

    Quand les jours se rallongent, les après-midis se distendent,
    Heures et minutes s’étirent jusqu’à la rupture du temps.
    Je vous l’avoue, mon regard plonge vers les poitrines qui se tendent
    Sous les chemisiers qui m’attirent d’un magnétisme transmutant.

    Plus la matière est transparente et plus mon regard semble lourd
    Plus la consistance est fragile et plus l’envie se consolide.
    Et sous la lumière apparente entre les ombres de velours,
    Je rêve d’un petit vent agile pour découvrir ces chrysalides.

    Tableaux de Melinda Cootsona.

  • Ça dépasse !

    Ça dépasse !

    « Être en avance sur son temps » ne doit pas être pris à la lettre
    Sinon nous verrions les machines tenter d’elles-mêmes se dépasser.
    Le téléphone, hier rebutant, a réussi à nous soumettre
    Et les humains courbent l’échine car ils appartiennent au passé.

    Les avions joignent déjà chaque xxx de la planète
    Et communiquent le virus du voyage comme un Eldorado.
    Plus besoin de x un « oui-ja » puisque aujourd’hui il y a internet
    Les réseaux sociaux se font chorus pour mieux nous mener en radeau.

    Locomotive folle à l’Union Station, Los Angeles, 1948.

  • Mouvement à six temps

    Mouvement à six temps

    Aujourd’hui à chaque printemps, traversent comme un météore
    Des vagues d’oiseaux migrateurs, fiers volatiles musiciens
    Car ce mouvement à six temps, qui nécessite un sextuor,
    Compose l’élan initiateur du renouveau acousticien,

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Lire à deux

    Tandis qu’on joue à quatre mains tant de partitions pour piano,
    Nous dévorons à quatre-z-yeux tous les chapitres de nos livres,
    Tenons les mêmes parchemins, les vieux bouquins artisanaux
    Et dans ce moment silencieux nos deux voix du temps nous délivrent.

    Parfois nous croisons nos lectures comme des rimes embrassées ;
    Souvent nous lisons autre chose et parfois le même bouquin.
    Quand on s’en va dans la nature on en profite pour potasser
    De vieux romans à l’eau de rose ou des fascicules coquins.

    Tableaux d’Anthony Barrow.

  • Chers petits monstres

    Chers petits monstres

    Tous mes petits défauts, tous mes petits démons
    Qui composent l’esprit et me font délirer,
    Pèsent en porte-à-faux comme un mât d’artimon
    Qui penche avec mépris et me fait chavirer.

    Illustration de Mateo Dineen.

  • L’œil turquoise

    L’œil turquoise

    Quand l’amour nécessite un phare pour naviguer en profondeur
    Sur l’océan de séduction sous une nuit d’indifférence,
    L’œil turquoise émet sous le fard de la paupière, tout en rondeur,
    Une lumière par induction qui perce un rayon d’attirance.

    Illustration de Moribayassa.

  • Les cervelles d’oiseaux

    Les cervelles d’oiseaux

    Après avoir ouvert la cage à toutes les désillusions,
    Voilà les mémoires envolées avec les oiseaux de passage.
    Quand « délivrance » et « déblocage » sont les mamelles de l’évasion,
    L’âme et l’oubli vont convoler sans le moindre train d’atterrissage.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • S’ouvrir et s’enfermer

    S’ouvrir et s’enfermer

    Le cœur s’offre aux pages ouvertes sans ressentir la moindre fatigue
    Et l’âme, jusqu’à épuisement, continue de faire sa moisson
    Puis, s’enfonce à la découverte en suivant le fil de l’intrigue
    Pour arriver au dénouement où tout finit en queue de poisson…

    Photo de Kerem © Keremcgrc sur https:hitek.fr42artiste-reves-photos-surrealistes_7763 .

  • Pliée en quatre

    Quand elle rit, elle se plie en quatre même si ce n’est pas tout à fait vrai ;
    Quand elle rigole, elle s’esquinte par tous ses membres et jusqu’au cou ;
    Après, je la vois se débattre bien même plus qu’elle ne devrait
    Et tout ça finit par une quinte de rire que tous ses os secouent.

    Elle fait toutes les positions du yoga au Kâmasûtra
    Quand elle fait l’amour dans son lit, sur le sol et le tatamis.
    Elle jouit sans opposition et, quand bien même que pourra,
    Elle se replie à la folie surtout s’il y a beaucoup d’amis.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’oiseau complémentaire

    Voici l’oiseau complémentaire, le rouge-gorge à gorge orange,
    Vêtu de plumes bleu-cerise, coiffé d’une houppette discrète.
    C’est notoire, c’est élémentaire, il possède un pouvoir étrange
    Dont les autres espèces éprises ont l’envie qui monte à la crête.

    Le Pinson des arbres de grève, le Bouvreuil pivoine lui-même,
    Le Traquet pâtre morfondu et la Linotte mélodieuse,
    Tous ces piafs poursuivent leur rêve évoquant l’oiseau de bohème
    Et voudraient être confondus à leur idole radieuse.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Levé le voile

    Une fois le voile levé sur le mystère féminin,
    L’attention est focalisée là où il n’y a rien à cacher.
    La petite culotte enlevée offre un instant fort peu bénin
    Dont rien ne peut rivaliser car on ne peut s’en détacher.

    Couverture du National Lampoon « High School Yearbook Parody 1974 ».

  • Joli masque

    Après avoir porté le masque quelle en sera l’évolution ?
    Peut-être la burqa intégrale ou bien le scaphandre autonome.
    Porterons-nous bientôt des casques qui feraient la révolution
    Par une tenue arbitrale qui confonde les femmes et les hommes ?

    Voudriez-vous une carapace avec téléphone intégré
    Reliée en sécurité dans les réseaux autorisés ?
    Ainsi chaque fois qu’il se passe un évènement dénigré
    Un système de sévérité n’aurait qu’à vous vaporiser.

    Sculpture de Tomàs Barceló.

  • La mort au cœur de la vie

    La vie occasionne la mort, la mort détermine la vie.
    Le nombre de disparitions et le nombre de sacrifices
    Sont cumulés dans les remords qui ont créé jusqu’à l’envi
    À coups de multiplication l’humanité en bénéfice.

    Mort et Vie sont inséparables l’une de l’autre dans la Nature
    Et la nouvelle floraison prend appui sur les feuilles mortes.
    La mort n’est pas irréparable mais source de progéniture.
    Finalement qui a raison ? Je crois bien que la vie l’emporte.

    Illustration de Skull ou Skirill.

  • Ces vérités bonnes à taire

    Mensonge et dissimulation ont leurs vertus en politique ;
    Escamoter n’est pas médire, on peut tromper par omission.
    Salades et affabulations font les meilleures polémiques ;
    Toute vérité, pas bonne à dire, n’est que forme de compromission.

    Les marins sont bons à tromper et leurs femmes sont bonnes à terre ;
    Parfois, à l’autre bout du monde, les conventions sont inversées.
    La règle peut être estompée surtout s’il est bon de se taire ;
    La vérité n’est plus immonde mais simplement controversée.

    Photos de Haikyuu Ships.

  • Ô Solstice !

    Une fois par an dans l’hémisphère des forêts septentrionales,
    L’astre vit son plus petit règne dans la cour du jour le plus court.
    Et ses soldats, fiers conifères, brandir leurs branches nationales
    Sur le soleil comme une araigne afin de lui porter secours.

    Une fois par an, l’autre hémisphère tourné vers les régions australes
    Voit l’astre dans l’apothéose de son règne prédominant.
    En orientant son planisphère d’après sa course sidérale,
    Notre planète est virtuose et le soleil est culminant.

    Une araigne est une sorte de filet utilisé pour attraper les petits oiseaux.

  • Interlope Impala

    Interlope Impala

    Si plusieurs dieux ont mis la main pour créer la faune terrestre,
    Chacun posa sa signature selon ses goûts et ses caprices.
    Les dieux grecs et les dieux romains ont équipés leurs clubs équestres
    D’animaux de toutes natures qui en portent les cicatrices.

    Ces cornes en tire-bouchon pour droitiers comme pour gauchers
    Me laissent à penser que Bacchus signa sa participation.
    Installé à califourchon sur l’antilope chevauchée,
    Il a rechargé ses accus en faisant bonne libation.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sortie de l’ombre

    Sortie de l’ombre

    La femme, assise dans l’ombre de son mari et ses amants,
    S’est envolée par la fenêtre par un vent d’émancipation.
    Aujourd’hui, elle montre en nombre qu’en plus de n’être que maman,
    Elle a su faire reconnaître l’atout de sa participation.

    La femme, cloîtrée mais promise à un mariage arrangé,
    S’est échappée comme la flamme d’une essence rare et sauvagine.
    Aujourd’hui, la faute commise est reproduite à l’étranger
    Dans des circonstances infâmes de spiritualités misogynes.

    La femme, conditionnée servante sous un joug de phallocratie
    S’est déversée dans l’océan dont les eaux montent inexorables.
    Aujourd’hui, la lutte fervente assure sa suprématie
    Envers des hommes bienséants malgré quelques impondérables.

    Tableau de Felice Casorati.

  • L’univers dans la tête

    Tout l’univers, là, dans ma tête aurait tendance à déborder
    Et jamais je ne trouverai de chapeau suffisamment grand.
    Toutes mes idées font la fête dans un boucan désaccordé
    Comme une folle éprouverait un mal d’amour désespérant.

    J’y couds des patchworks de pensées, j’y tricote mes idées noires,
    J’y raccommode mes regrets et nettoie toutes mes offenses.
    J’aère ensuite pour compenser toutes mes pertes de mémoires
    Que je rembourre par des secrets collectionnés dans mon enfance.

    Tableaux d’Anna Berezovskaya sur https:tanjand.livejournal.com1035982.html#cutid1 .

  • L’univers intérieur

    Se sentir nu à l’extérieur ou fortuné à l’intérieur,
    Pour les autres insignifiant mais pour moi riche d’inventions.
    Je ne me sens ni supérieur, ni spécialement inférieur,
    Mais fertile et vivifiant pavé des plus belles intentions.

    Intentions qui pavent l’enfer si j’essaie de les imposer
    À ceux qui n’ont pas demandé à vivre comme je le sens.
    Tant mieux ! Si c’était à refaire, j’essaierais de me composer
    Un esprit à recommander s’il se révèle intéressant.

    Tableaux d’Anna Berezovskaya sur https:tanjand.livejournal.com1035982.html#cutid1 .

  • Femme qui pense

    Femme qui pense avec le cœur, j’aime pénétrer ton esprit
    Afin d’y refléter mon âme dans le creuset de ton amour.
    Femme qui goûte l’air moqueur ce que ta mère t’a appris,
    J’aime réunir nos deux flammes avec un baiser de velours.

    Femme qui cultive son corps et qui le nourrit de beauté,
    J’aime sentir entre tes mamelles l’arôme de ton cœur mûri.
    Femme qui vit bien plus encore depuis l’enfance emmaillotée
    Jusqu’à sa jeunesse éternelle, j’ai l’honneur d’être ton mari.

    Tableaux de Dominique Garcin alias Domie.

  • La nuit de Cendrillon

    La nuit de Cendrillon

    Passés les douze coups de minuit, l’enchantement s’est terminé ;
    Cendrillon s’est retrouvée nue, désemparée en pleine rue.
    Elle alla cogner à mon huis qui jouxtait un estaminet
    Pensant qu’il était malvenu de provoquer les hommes en rut.

    N’étant ni le prince charmant, ni Don Juan, évidemment,
    Je lui proposai de rester à discuter autour d’un verre.
    Là, elle me trouva désarmant et décida pertinemment
    De s’asseoir sans manifester le moindre trouble mais l’œil sévère.

    Elle est partie au petit jour, enrobée dans ma gabardine,
    Promettant de la ramener sans chemise et sans pantalon.
    Elle revint me dire bonjour revêtue de ma brigandine
    Qu’elle ôta pour se pavaner entièrement nue dans mon salon.

    Tableau de Graciela Genovés.

  • L’île de la tentation

    Sur l’île de la tentation, les femmes nues sont souveraines ;
    Les hommes sont leurs chevaliers qui s’affrontent pour devenir roi.
    Du rocher des lamentations se jettent les anciennes reines
    Et les vieux rois, fous à lier, détrônés en plein désarroi.

    Sur l’île de la tentation, les rois élisent leur Vénus
    Qui règnera, reine suprême, au nom du pouvoir de l’amour.
    Elle porte la fornication jusqu’à l’ultime terminus
    Où l’amant, dans l’étreinte extrême, est emporté au petit jour.

    Tableaux de Vladimir Karnachev et de Graciela Genovés.

  • Hors saison

    Hors saison

    Les pieds ancrés dans les saisons mais pourtant la tête hors du temps
    Comme une peur de se noyer dans la fuite éperdue du temps.
    Ainsi le corps dans la maison accuse la course du temps
    Tandis que s’éloigne du foyer un esprit nu d’un autre temps.

    Ainsi le rythme impitoyable qu’impose un temps autoritaire
    Courbe le corps, flétrit les chairs comme un vêtement de saison
    Dont les modes inexorables qui soumettent les caractères
    Plient les souvenirs les plus chers dans les coins obscurs des maisons.

    Tableau d’Anna Ewa Miarczynska.

  • La censure

    La censure

    La liberté vit enfermée dans le cadre de la censure
    Comme une muraille invisible qui protège l’intimité.
    Réduite au jardin qui voit germer ses fleurs délicates en boutures
    Qu’une morale juge nuisibles, frappées d’illégitimité.

    Ainsi nous ne communiquons que par cette fenêtre étroite
    Qui n’oriente la lumière que vers une partie publique.
    Si jamais nous y appliquons une ouverture maladroite
    Sur l’intérieur de la chaumière, elle sera traitée d’impudique.

    Tableau d’Anna Ewa Miarczynska.

  • Corps à cœur

    À cœur et à cri, je m’exprime et je revendique mon corps
    Afin de pouvoir en montrer le fruit de l’humanité.
    L’âme sur l’esprit y imprime les accords et les désaccords
    Selon ce que j’ai rencontré qui empreint mon intimité.

    Est-ce que mon temple m’appartient ou m’est-il prêté à crédit
    Au débit de mon existence par une entité supérieure ?
    C’est mon devoir, je l’entretiens en évitant le discrédit
    Des vaniteuses inconsistances qui troublent mon for intérieur.

    Tableaux de Dimitra Papadimitriou.

  • Trois grâces

    Trois grâces

    Hélas, la danse de Matisse est censurée sur la planète ;
    Même avec les sexes cachés, les seins sont frappés d’interdit.
    Que la liberté en pâtisse avec ces règles malhonnêtes,
    Révèle une époque entachée d’une société abâtardie.

    Si cet organe d’allaitement mérite quelques concessions,
    Lorsqu’il est organe des sens, la censure crache son venin.
    Pourtant je tiens parfaitement à contredire cette obsession
    Qui qualifierait d’indécence la beauté du corps féminin.

    Tableau de Cesar Santos.

  • Disparition / Apparition

    Disparition / Apparition

    Lorsque la Reine de la Lune porta sa sphère à bout de bras,
    Elle prononça l’incantation qui fit s’éteindre les étoiles.
    Ensuite, dans la nuit opportune, elle scanda « Abracadabra ! »
    Et soudain sa disparition survint lorsque tomba le voile.

    J’ai un tuyau pour la trouver ; je patiente au prochain orage
    Qui vient lorsque la pleine lune troue la voûte caoutchoutière.
    La première fois j’ai éprouvé, avec une pointe de courage,
    Une allégresse, tout opportune, en regardant par la gouttière.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La liberté en marche

    Jouer au bord de la falaise les yeux bandés, c’est amusant !
    C’est comme croire que le futur ira toujours en progression.
    La liberté n’est pas à l’aise ; être confinés, c’est même usant
    Et c’est mauvais pour la culture mais plutôt bon pour l’oppression.

    L’état, au bord du précipice, a fait un grand pas en avant
    En nous brandissant la carotte de la richesse et la retraite.
    Hélas nous sommes les complices du fossé qui va s’aggravant
    Et grandit tant que l’on poireaute devant tous ceux qui nous maltraitent.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Le système féminin

    L’espèce humaine est imbriquée dans chacune de ses créatures ;
    De mère en fille, de père en fils, depuis la première pierre posée.
    Chaque cellule est fabriquée à partir de deux signatures
    Partagées lors de l’artifice d’un feu de deux sexes opposés.

    Au centre, ce puits de ténèbres, attire l’attention des mâles
    Qui gravitent autour du noyau et de l’origine du monde.
    Car ce féminin qu’ils célèbrent, l’esprit lié à l’animal,
    Incarne le plus précieux joyau dont l’enchantement les inonde.

    Tableaux de Diego Fernandez.

  • L’arbre qui marche

    L’arbre qui marche

    Hybridé aux plantes grimpante, Issu de la branche des lierres,
    L’arbre qui marche a décidé de se dégourdir les racines ;
    D’abord de manière rampante puis, en démarche irrégulière.
    Lui-même n’a point élucidé cette mutation qui le fascine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La croix et le croissant

    De la Grande Muraille de Chine au rideau de fer soviétique,
    Beaucoup de civilisations ont barricadé leurs frontières.
    Puis, nous ont fait courber l’échine en religions hypothétiques
    Qui, au moyen de privations, imposent notre vie entière.

    On nous apprend l’humilité pour ne pas offenser les riches ;
    On fait porter le voile aux femmes qui pourraient séduire les hommes ;
    Des règles d’imbécilités alors que nos dirigeants trichent
    Et une répression infâme envers les exclus du royaume.

    Tableaux de Jennifer Yoswa et Noor Sabah.

  • Toujours plus haut !

    Les petites filles sautent à la corde, montent à l’échelle, toujours plus haut ;
    C’est leur manière de prouver qu’autrefois elles étaient des anges.
    Plus tard, lorsqu’elles vous accordent de vous mettre ensemble en duo,
    Vous ne pouvez plus qu’approuver d’avoir les plus divins échanges.

    Tout est prétexte de voler, tout est prétexte de planer
    Elles iront jusqu’à surfer dessus leur planche à repasser.
    Donc je vous souhaite de convoler – et d’ici la fin de l’année –
    En justes noces assoiffées d’un septième ciel à dépasser.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Vive la télé !

    La télé me vide la tête et mes pensées sont minimales
    À grands coups de publicité et d’informations mensongères.
    Même le chat est à la fête grâce aux émissions animales
    Et j’atteins la simplicité de la parfaite ménagère.

    Dès le matin j’ai mes séries toujours faciles à comprendre
    Après viennent les magazines pour être au plus près de la mode.
    Et j’y repère pour mon chéri un bon plat facile à apprendre
    Et puis je fonce à la cuisine, je le prépare et l’accommode.

    Photos de Helmut Newton.

  • Danse avec les requins

    Danse avec les requins

    Tous les matins je m’en allais me promener sous l’océan
    Avec mon requin poisson-chien pour lui distraire les mâchoires.
    Je l’emmenais se régaler de quelques nageurs bienséants
    Pour son plaisir œsophagien et lui dérouiller les nageoires.

    Mais non, je plaisante et d’ailleurs mon requin n’aime pas les hommes ;
    En revanche il aime les femmes surtout celles au corps de sirène.
    Bien que les squales soient railleurs, ils apprécient dans leur royaume
    Les jolies nageuses qu’affame leur attrait pour les œstrogènes.

    Photo de Peter de Mulder et l’australienne Hannah Fraser photographiée par Shawn Heinrichs sur http:www.regardsurlemonde.frblogfemme-sirene-danse-requins .