Me voici entre deux étapes et je ne peux plus reculer ;
Juste avancer mais sans savoir lorsque cela s’arrêtera.
La seule force qui me retape alors que je suis acculé,
Est d’espérer apercevoir l’espoir qui me rachètera.
Photo d’Orhan Yilmaz.
Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Me voici entre deux étapes et je ne peux plus reculer ;
Juste avancer mais sans savoir lorsque cela s’arrêtera.
La seule force qui me retape alors que je suis acculé,
Est d’espérer apercevoir l’espoir qui me rachètera.
Photo d’Orhan Yilmaz.
Cette intimité impudique déguisée par un pseudonyme,
Me permet de faire apparaître tous mes fantasmes en silhouette.
Je stimule ce côté ludique par une femme nue anonyme,
Glissée dans un décor champêtre comme amusante pirouette.
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Un élixir de conscience,
Un parfum d’inconscience,
Un alcool spirituel,
Un plaisir conceptuel.
Le charme de la bouteille
Me tient les sens en éveil.
La lutte de l’élixir
Contre le vide à occire.
L’or le dote de couleur
Qui atténue les douleurs,
Et le blues qui fait de l’ombre
Ne disparaît pas, il sombre.
Tableau d’Anna Kostanian.
Comme j’ai de plus en plus de mal d’avoir un regard objectif,
Je suis monté sur le perchoir de l’examen que je poursuis.
Mais l’information minimale ne livre à mon goût subjectif
Qu’un espoir qui pourrait déchoir si je vois vraiment où j’en suis.
Tableau de Laurent Rosset.
Honoré de Balzac écrivait des reflets
En une seule phrase de deux lignes seulement.
Il y racontait tout, des satires, des pamphlets,
Le proverbe du jour, parfois même un roman.
Je ne puis qu’admirer le talent de ce maître
Qui parvint à caser sa comédie humaine.
Pour mes propres poèmes je n’ai su m’y soumettre
En au moins quatre lignes et quinze par semaine.
C’était mon rêve de cette nuit où l’on avait retrouvé 600 reflets roses inédits d’Honoré de Balzac et qu’on avait adaptés en série télévisée. Malheureusement je ne me souviens d’aucun et c’est dommage car j’aurais pu les plagier en toute impunité.
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Dans notre société factice faite du commerce des sens
Où chaque jour fait la surprise de sensations catastrophiques,
Je crains qu’à court terme, le practice de mes yeux en effervescence
Ne donne lieu, par cette emprise, à un regard photographique.
Photo de Cristina Otero.
Dans mon recueil d’informations sur les médicaments censés
Donner la jeunesse éternelle, j’ai lu les effets secondaires.
J’ai peur qu’une médication provoque un rejet insensé
Et que mes rides naturelles m’éclatent en plusieurs exemplaires.
Tableau de Matthieu Bourel.
J’aimerais que la pesanteur cesse son pouvoir sur mon corps
Pour m’échapper de l’attraction et son sortilège envoûtant.
Goûter ce moment enchanteur, ressentir de voler encore
Comme Icare en décontraction juste avant d’arrêter le temps.
Tableau de Michael David Adams.
Parfois elle joue à cloche-pied dans sa marelle imaginaire
Espérant atteindre le ciel pendant qu’elle coince la bulle
Car elle attend un marchepied, un coup de main préliminaire,
Un coup de pouce providentiel, tout simplement sans préambule.
Expression attribuée aux artilleurs à qui l’on demandait de régler les niveaux à bulle des canons, une fois la bulle « coincée » entre les repères, il n’y avait plus qu’à attendre.
Tableau de James Day.
« – Miroir Ô mon miroir magique, dis-moi si je suis la plus belle ?
Tiroir Ô mon tiroir logique, l’as-tu jeté à la poubelle ? »
« – La bonne réponse, Ô ma reine, est fourrée dans un document ;
Malgré ma méthode sereine, j’en ai perdu l’emplacement. »
Tableau d’Igor Morski.



Pour le meilleur et pour le pire, voilà, nous sommes mariés
Et ce qui va nous arriver dépendra des intempéries.
Bien sûr, au début on aspire au bonheur multiple et varié
Avec promesses enjolivées et sentiments surenchéris.
À vivre d’amour et d’eau fraîche, les coups de foudre sont fréquents
Pour faire un enfant quand il pleut pendant quarante jours de noces.
La maison se transforme en crèche et le bonheur par conséquent
S’habille en rose ou bien en bleu, Selon si les pluies sont précoces.
Tableau d’Alexei Panteleev.
La fausse vierge, un peu distraite par le passage du chariot,
Aucune aménité ne prête aux deux gémeaux indisposés
Sous la clarté un peu abstraite révélée par un scénario
Auquel, sans doute, les interprètes ne semblent pas très prédisposés.
Tableau de Marc Chagall.
La divinité égyptienne ne connaît pas la plénitude ;
L’éternité est parsemée de primauté destituée.
Osiris a connu la sienne, déchiqueté en multitude
De fragments de son corps semé mais qu’Isis put reconstituer.
Tableau de Meghan Hetrick.
Par le petit trou de la banquise, j’y vois bien mieux lorsque j’y passe
Suivi par tous mes camarades que j’aperçois sous ma visière.
À part ça, Madame la Marquise, on ne fait rien qui l’outrepasse
En venant faire la parade avec nos bateaux de croisière.
Photo de Daniel Kordan.


« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! Dit Lavoisier.
Ma ville me porte à le croire comme si c’était archiconnu.
Les urbanistes ont ce secret d’arriver à euthanasier
Les villages de nos mémoires pour des quartiers tout biscornus.
Tableau d’Erik Johansson.
Mes souvenirs me trompent en de fausses couleurs
Et l’histoire détrompe d’hypocrites douleurs.
La poutre de nos amis est un mal nécessaire,
La paille de l’ennemi devient bouc émissaire.
Tableau de Rick Gendron.
Bien sûr que l’union fait la force contre tous les vents et marées ;
Entraide et solidarité font plus que force ni que rage.
Mais plus on lutte et on s’efforce d’être solidement amarrés,
Plus la complémentarité avec la nature est un mirage.
Tableau d’Erik Johansson.
Dans la Sierra Leone on produit les diamants
Qui financent la guerre par tous ses soudoiements.
Mais où sont passées les richesses ?
Le pétrole regorge sous le sol angolais
Les multinationales d’occident l’ont volé.
Mais où est passé le progrès ?
Si aux îles Fidji l’eau est miraculeuse,
C’est pour être exploitée de façon frauduleuse.
Mais où sont passées les ressources ?
Les forêts tropicales qui abritent la faune
Troquent les bois précieux contre espèces fantômes.
Mais où sont passés les gorilles ?
Les derniers animaux victimes de l’esclavage
Font l’objet de trafics, contrebande sauvage.
Mais où sont passées les girafes ?
(Art africain de Tanzanie.
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La Terre marque de son sceau l’armistice de la bataille
Entre ses nuages d’averses contre les vents tonitruants.
La ville lavée par monceaux de ruisseaux qui la ravitaillent
Sonne la trêve, sans controverse, entre les brutes et les truands.
Photo de Kristina Makeeva.
Elle s’appelait « Sérénité », un prénom donné par sa mère
Car elle apportait son regard sur un monde plein d’avenir.
À l’époque, la pérennité, qu’offrait l’existence éphémère,
Décriait, à tous les égards, ce qu’une femme pouvait devenir.
Tableau « Eyes For The Future » 1967 de Scott Burdick.
R-d-C : Pour les Besoins physiologiques, la Terre nourricière ;
1er étage : Pour les Besoins de sécurité, la Terre hospitalière ;
2ème étage : Pour les Besoins d’appartenance et d’amour, la Terre humanitaire ;
3eme étage : Pour les Besoins d’estime et de confiance, la Terre solidaire ;
Sommet : Pour le Besoin d’accomplissement de soi, la Terre solitaire.
Tableau de Tito Nugroho.
Lorsque le soleil est parti, les lumières de la ville dansent
Comme des souris besogneuses quand le chat est aux antipodes.
Toutes ces lueurs réparties en nuages de résidences
Tombent d’une pluie trépigneuse sur le parvis des métropoles.
Tableau de Tang You Hoong.
Lorsqu’ils ont tous bien travaillé toute la semaine durant,
Tous mes voisins se décontractent dès la soirée du vendredi.
Et chacun d’aller ripailler dans un délire récurrent
Qui ne prévoit qu’un seul entracte, dimanche juste avant lundi.
Tableau d’Erik Thor Sandberg.
Quand l’heure bleue devient violette, avant la tombée de la nuit,
Les maisons semblent se ranimer de leur sommeil de la journée.
Les vieilles lanternes obsolètes reprennent l’aspect inouï
De ces feux follets arrimés au marchand de sable en tournée.
Tableau d’Evgeny Lushpin.
Quand la femme s’effeuille derrière ses paravents,
Le moindre bout de chair qui s’échappe est capté
Pour le plaisir de l’œil dont l’aspect captivant
Lui permet, pour pas cher, de se décontracter.
Tableau de Eliza Mytko.
J’ai connu ces grands voyageurs qui se nourrissent d’émotions
Glanées aux quatre coins du monde et ses merveilles menacées.
À bord de bateaux ravageurs, d’instruments de locomotion,
Ils marquent d’une trace immonde le sacre de leur panacée.
Tableau de Nathan Miftode.
Pendant que je suis endormi, les oiseaux nocturnes en éveil
Vivent leur vie de noctambule, chassent mangent et puis s’ennuient.
Leur surtension se raffermit tandis que leurs gros yeux surveillent
Les humanoïdes somnambules qui cauchemardent toute la nuit.
Photo de Sourav Mondal.
Le dépassement du mur du son produit un BANG révélateur
Car l’air est tellement comprimé qu’il détone par l’onde de choc.
Ainsi, si nous nous propulsons le pied sur l’accélérateur,
La lumière pourra imprimer son impact sur les pare-chocs.
Tableau de Stephan Schmitz.
Il paraîtrait qu’au parlement, où l’on se donne des noms d’oiseaux,
Les députaient feraient le singe dans d’absurdes prêchi-prêcha.
Soit on y jure, soit on y ment, soit les sabots dans les naseaux
Lorsque ça chauffe dans les méninges, tout l’monde s’en va, y’a plus un chat.
Tableau de Banksy.
Je ne sais qui a eu l’idée de remplacer notre berger
Par ce travailleur immigré censé nous protéger du loup…
Pourtant les chiens ont validé son embauche sans gamberger
Devant toutes les simagrées qu’il fit pour les rendre jaloux.
« Une armée de moutons, menée par un lion, vaut mieux qu’une armée de lions, menée par un mouton. »
Photo de Nogar007.
Où est passé mon Reflet-vers ? Mes phrases et leur vocabulaire ?
Où est la prose quotidienne dont mes pensées sont inspirées ?
Est-il possible que l’univers se ligue pour tout foutre en l’air ?
Eh bien non, ce n’est que Fabienne qui d’un coup m’a tout aspiré !
Photo de Toon Joosen.
Il m’a suffi d’un grand chapeau pour intriguer par ma tenue
Mon voisin du haut de l’immeuble qui se penchait à la fenêtre.
Pour parachever cet appeau, je me suis mise toute nue
Et si l’amour n’est pas aveugle, j’espère au moins qu’il le pénètre.
Photo de Reggy.
Je voudrais sortir de ce cercle dans lequel ma vie tourne en rond
Mais je ne sais pas comment faire pour appeler Dieu au secours.
Je voudrais ouvrir le couvercle pour explorer les environs
Et dénicher dans cet enfer où est l’escalier de secours.
Photo de Maco Kirahvi.
J’ai voulu noyer le poisson et changer de conversation
Pour éviter de raconter une aventure extravagante.
Mais comme j’étais pris de boisson, pour éviter l’altercation,
Et la vérité affronter, j’ai trouvé l’issue élégante :
J’ai mis la tête dans le bocal et j’ai plongé dans la piscine
En prétendant faire un record en apnée sans que je ne bouge.
À cette distance focale, je réalise – car j’hallucine –
Que l’ivresse diluée dans mon corps s’est retransmise aux poissons rouges.
Photo d’Ivan Wong.


Après la journée de la femme, nous avons fait une plongée
Dans les souffrances accumulées comme un dédale de ruelles.
Mais ces humiliations infâmes iront, hélas, se prolonger
Dans tous les cas dissimulés par une société cruelle.
Tableau de Miles Johnson.
J’aime ces hôtels imprévus qui ne figurent nulle part
Et qui me proposent une chambre complètement surréaliste.
Mes rêves, à perte de vue, sonnent le signal du départ
À des oiseaux et salamandres pour une nuit naturaliste.
Street Art surréaliste de DULK.
Pour voler de mes propres ailes, je dois pouvoir faire abstraction
De tous les formats que propose l’éducation à l’aveuglette.
Si je n’ fais pas montre de zèle pour échapper à l’attraction,
Je resterai rivé dans la pose d’une chrysalide incomplète.
Sculpture de John Morris.
M’ovationnant à bras ouvert et à grandes jambes écartées,
La réceptionniste ravie me donna les clefs de mes chambres.
En effet, j’avais découvert – je vous le dis en aparté –
Que j’y vivrais toute ma vie ; du moins de janvier à décembre.
Photo de Bague Adam.
Formant le comité d’accueil, toutes les filles à la fenêtre
Saluèrent mon arrivée à l’hôtel anticonformiste
Dont j’avais lu dans un recueil – que certains doivent méconnaître –
Qu’il s’agissait du club privé des incorrigibles optimistes.
Photo d’Ormond Gigli.
Soudain un cône de lumière surgit de l’espace infini
Ouvrit le rideau de pénombre pour évaluer son public.
C’est alors qu’en avant-première on vit apparaître un ovni
Qui devait faire partie du nombre de l’apocalypse biblique.
Photo de Joe Baran.
Un zèbre en peau de labyrinthe se retrouva fort dépourvu
Devant l’étrange trou de Babel qui pérorait en tourbillons.
Il semblait éprouver la crainte, bien que de rayures soit pourvu,
De tomber dans cette escabelle et ses nombreux microsillons.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
« Ne vous penchez pas au-dehors ! » vaut pour les trains et les maisons !
Quand vous vous mettez en ménage, restez ensemble et solidaires.
La vie passe comme un météore – souvent à tort ou à raison –
Tellement vite que déménage l’homme accroché aux courants d’air.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.


Trop de coquetteries mondaines, trop de gestes inutiles et guindés,
Trop de mimiques incommodantes, trop de paroles et trop de bruit !
J’ai souvent cette peur soudaine de cette foule dégingandée
Qui se montre un peu débordante et me coince comme un presse-fruit.
Tableau de Lilia Mazurkevich.
Soyez bienvenus à l’hôtel le plus proche de la nature ;
Savourez la vue imprenable sur votre univers intérieur !
Vous sacrifierez sur l’autel de votre cœur la nourriture
Offerte par l’impressionnable illumination supérieure.
Tableau de Tomás Sánchez.
Au pays des compétitions, des grands prix et des courses folles,
Venez consommer hors concours vos appétits, vos ambitions !
Découvrez la bénédiction des plats dont votre cœur raffole.
Mais assez de ces beaux discours et place à la dégustation !
Photo de D.J. Tennis à Palerme.



Partie sur les chapeaux de roues, les échappements rugissants,
La Bugatti vingt-deux dépasse du cadre des compétitions.
Pilote et voiture-garou forment un même corps assouvissant
La soif de vaincre les espaces contre le temps en déperdition….
Tableau de Martin Frévillel.
Quand je prends un train au hasard, peu importe le lieu ou l’heure,
Le bleu de la Gare Saint-Lazare revient m’invoquer sa couleur.
Et du tableau sortent des cris que le peintre a impressionné
Dans le camaïeu retranscrit des dégradés émotionnés.
Tableau « La Gare Saint-Lazare » de Claude Monet.
Pour lutter contre l’insomnie, je fais des rêves qui m’époustouflent ;
Quand minuit sonne, un mouton noir bêle à se décrocher la cloche
Puis les brebis le calomnient à propos d’un vol de pantoufles ;
Vers six heures, je perds la mémoire et les moutons se dégalochent.
Illustration de Gerhard Glueck.


Aimons-nous humains et cochons car nous avons le même rapport
Avec la Terre que dévore notre appétit insatiable.
Au bas du parchemin, cochons la case « passeport pur porc »
Pour que le fait d’être omnivore ne nous doit plus préjudiciable.
Illustration de Gerhard Glueck.



Je les reconnaissais au village à leurs grands yeux écarquillés
Et je pensais qu’ils les devaient à leur métier de saltimbanques.
Je m’amusais du déballage de leurs affaires éparpillées
Qu’ils surveillaient d’un air mauvais juste avant d’attaquer la banque.
Tableau de Zayasaikhan Sambuu.